LES FORMES TARDIVES ET ATYPIQUES DE L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE
Il existe, à côté des iormes typiques que nous avons décrites des formes beaucoup plus discutées, qui sont atypiques ou tardives.
Epilepsie extra-rolandique. — Malgré le nombre de cas d’épilepsies traumatiques suivies d’autopsie, il semble que les épilepsies extra-rolandiques puissent encore être discutées. En effet, ce que nous avons dit des foyers par contrecoups, se produisant à distance rend plus facile à interpréter les cas opératoires d’épilepsies extra-rolandiques, présentant des phénomènes moteurs, qui ont été rapportées par les observateurs. Il faut savoir qu’un foyer, sous cortical, étendu, voire même une sclérose microscopique corticale, peuvent fort bien exister et expliquer ces manifestations. Telle est l'opinion, défendue par de nombreux auteurs, parmi lesquels, les Professeurs Leriche et Villaret.
Peu vraisemblable est, la localisation rolandique dans les cas où les symptômes sont très atypiques, et ne peuvent vraiment être rattachés à cette étiologie, après avoir été analysés cliniquement. Nous avons observé parfois ces mani-
festations atypiques, à forme de malaises généralisés avec
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obnubilation, mais conservation de la connaissance. On eut pensé à des équivalents, si des crises franches avaient été présentes. Rien ne prouve d’ailleurs, que ces « équivalents » évoluant d'année en année, ne se transformeront pas en épilepsie franche (Villaret), par une évolution anatomique discrète et progressive. Pour Molin de Teyssieu, les épilepsies tardives sont toujours atypiques, disséminées, accompagnées de symptômes aberrants. Elles ne produiraient pas de perte de connaissance.
On conçoit que l'interprétation de ces cas-limites, soit fort difficile, au point de vue du syndrôme épileptique et qu’elle soit une question d'espèces. On fait entrer, habituellement, cependant, dans le cadre des épileptiques certains syndromes comme le «clonisme partiel continu de Kojesnikow », certaines suspensions bénignes du tonus de posture et les auteurs modernes proposent d’y faire rentrer certaines contractures (Béhague, M”° Bénisty).
L'interprétation des formes sensorielles pures paraît plus facile. Il s'agirait, en effet, d’équivalents sensoriels très nets de l’épilepsie, dans les observations que nous avons consultées ; le caractère particulier de ces manifestations « épileptoides » est d’être accompagnées de troubles objectifs légers de la fonction, décelables par les examens spéciaux. Il semble bien qu’il s'agisse là, dans le domaine sensoriel, d’un mécanisme homologue, de celui de l’épilepsie « sensitivo-motrice », ou pour mieux dire, d’une forme spéciale du syndrome épileptique. Telle fut d’ailleurs l'interprétation donnée aux cas de la littérature médicale. |
Pour répondre avec précision à ces problèmes de pathogénie, comme pour prévoir, l’'aggravation des formes atypiques, il faudrait connaître la nature intime des phénomènes qui se passent durant le temps de latence, fort long, de certaines épilepsies. L'étude des signes neurologiques n’a pas donné jusqu'ici des résultats très probants, quand on l’applique à cette période imprécise. C’est pourquoi nous proposons de soumettre systématiquement toutes les formes suspectes, à des examens mettant en lumière des anomalies de la régulation thermique et de la régulation des températures cutanées.