PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
On a remarqué souvent, que la crise d’épilepsie traumatique était marquée, dès son début, par une tendance à l’extension et à la généralisation des convulsions, à partir des premières secousses cloniques, traduction plus ou moins précise de la lésion anatomique : il semble que la crise fasse tache d'huile; on peut y voir aussi, dès le début, des symptômes subiectifs, parfois assez fixes, d’ordre sensitif ou sensoriel, qui ne correspondraient nullement au point de vue anatomique avec le début moteur: ce sont des «élancements », des « secousses électriques », des « piqûres ou encore des troubles visuels » des vertiges, comme si la crise portait en puissance, dès la période initiale sa tendance à s'étendre.
L’explication de ces phénomènes fugaces paraît du domaine de la physiologie, plus encore que de lanatomie pathologique.
Un grand nombre d’auteurs ont étudié la crise épilepti-
que chez les traumatisés craniens, et ont insisté sur l’importance des troubles vaso-moteurs d’origine centrale.
Le professeur Claude considérant, à ce point de vue, l'importance des variations de la pression, du liquide céphalo-rachidien conclut ainsi: «les oscillations de pression sont en rapport avec des oscillations vaso-motrices cérébrales : leur amplitude traduit le dérèglement du système vasomoteur et montre l'importance du facteur circulatoire dans la genèse de l’épilepsie ».
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Des cliniciens ont analysé les symptômes périphériques de ce dérèglement ; les travaux de MM. Tinel, Schiff et Santenoise ont mis au point l’étude des réactions vaso-motrices cutanées et leur interprétation à la fois physiologique et clinique. On a précisé l'étendue de ces troubles par la mesure du réflexe oculo-cardiaque (Santenoise), par celle des signes vaso-moteurs dans les aflections du système nerveux central, leur séméiologie a donc été étudiée à la fois dans ses grands caractères spécifiques et différentiels. Des auteurs se sont adressés à différentes techniques et ont utilisé plusieurs méthodes: les uns ont recherché les variations générales de la régulation thermique, les autres ont interprété les résultats obtenus par l'étude oscillo-métrique, par la mesure des températures cutanées locales.
Au moment même de la crise, et à son début, les chirurgiens ont expérimentalement constaté l’ischémie du cerveau. MM. Walther (Société de Chirurgie, 29 janvier 1919), Leriche (Société médicale des hôpitaux de Paris, 12 octobre 1920), André Thomas (Presse Médicale, 6 janvier 1921), ont décrit leurs constatations directes.
L'efficacité partielle — tout au moins — de l’opération de Leriche est venue apporter un argument nouveau. A l’étranger, et notamment en Allemagne, cette technique a été étendue à de nombreux cas et serait très estimée. On sait que, cette dénudation carotidienne devrait, schématiquement parlant, produire une vaso-dilatation paralytique dans tout le territoire artériellaire dépendant des artères dénudées, c’està-dire dans le domaine cérébral ; il existe, d’ailleurs, des effets secondaires de ces paralysies ou de ces parésies sympathiques (Ci. Traités de physiologie).
Depuis longtemps déjà on savait que la galvanisation du sympathique cervical avait permis à Brown-Séquard d’obtenir au laboratoire, des convulsions épileptiformes.
On voit donc quel intérêt à la fois pratique et théorique il y a, à déterminer l'importance et le rôle des syndromes vaso-moteurs, dans les crises épileptiques que celles-ci revêtent le type habituel de convulsions ou celui de déficit passager.
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LES MÉTHODES D'EXAMEN DES CENTRES SYMPATHIQUES ET LEURS APPLICATIONS ANATOMO-CLINIQUES
Des épreuves multiples ont été proposées pour l'étude du système sympathique et chacune d’elles a fait l’objet de critiques. Il semble qu'il faille ranger parmi les meilleures, l'étude du réflexe pilo-moteur et celle des réactions vaso-motrices cutanées. Nous devons dire un mot de ces dernières, elles traduisent les fonctions principales du système sympathique, celle qui nous occupe en ce moment et peuvent s’apprécier : directement chez l'animal par l'étude de variations de calibre des artérioles (artères à tunique musculaire) « pléthysmographie », étude des variations totales du membre ne peut être faite qu’au laboratoire: elle donne globalement la réaction artériolaire et capillaire à la poussée sanguine et au pouls ; on doit pratiquer plusieurs examens successifs chez le même malade et les résultats qui sont excellents, doivent être interprétés en fonction des données physiologiques. Il existe de petits appareils susceptibles de mesurer les oscillations de la pression, digitale, mais qui permettent surtout l’étude des capillaires (Hallion).
Les épreuves réflexes, basées sur l'examen local des changements opérés dans la vaso-motricité ne donnent pas de résultats susceptibles de mesures: ces changements ne sont pas toujours très apparents.
La mesure des températures locales nécessite un bon thermomètre spécial à alcool ; pour les déterminations délicates et instantanées, il faut avoir recours aux aiguilles thermoélectriques. Les causes d’erreurs, tenant à l'orientation, au réchaufiement, à la non-symétrie des mesures sont faciles à éliminer. Il faut connaître l'existence des réactions, sudorales localisées, qui font intervenir deux autres facteurs dans les résultats : l'élévation de température due à l'activité glandulaire ; l'abaissement thermique dû à l’évaporahion: nous préférons actuellement mesurer ces températures au niveau des faces dorsales des membres. Les résultats obtenus sur la vaso-
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motricité sont donc indirects. Nous pensons que les modifications de la température locale habituelle du tégument sont parallèles ET DE MÊME SENS que celles de la tension artérielle du membre mesurée au niveau des grosses artères: oscillométrie, pléthysmographie et proviennent de modifications complexes du tonus permanent d’origine centrale. Flles nous ont parues DE SENS INVERSE, au niveau des artérioles (modifications PAROXYSTIQUES, fugaces, dépendant surtout du tonus périphérique). Cette opinion, basée sur des mesures rigoureuses, nous paraît rétablir l'accord entre certaines constatations contradictoires faites par différents auteurs et signalées notamment par M. Périsson.
Au point de vue clinique, il importe donc, dans l’étude de l’épilepsie, de distinguer radicalement les manifestations fournies par l’oscillométrie et la mesure des températures locales, suivant le moment.
1° EN DEHORS DES PAROXYSMES et de l'émotion, les anomalies permanentes constatées dans les températures locales et les pressions artérielles, sont parallèles et de même sens: elles mesurent, en somme, le tonus végétatif résiduel.
2° AU MOMENT DES PAROXYSMES, les variations brusques des tensions et surtout de l’indice dépendant de facteurs comblexes, dans lesquels la conscience joue un grand rôle : il faut étudier les tonus des artérielles et les températures locales, par des mensurations symétriques et instantanées.
Ces précisions étant données, nous devons énumérer les principales épreuves qui permettent le contrôle des renseignements fournis :
a) L'épreuve du bain froid. — Elle augmente constamment les différences fournies dans l'étude du tonus sympathique périphérique sans en changer le sens.
L'étude des absorptions cutanées, de la boule d’œdème, de l’action de l'adrénaline « in situ », de la sécrétion provo-
quée par l’injection de pilocarpine, apportent à ces recherches une aide précieuse.
M. Périsson, étudiant dans sa thèse les fonctions sympathiques dans l’hémiplégie, est arrivé à des conclusions ana-