‹ L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE considérée dans ses formes évolutives et anatomocliniquesChapitre 36 sur 49 · DIAGNOSTIC DES COMPLICATIONS DES ÉPILEPSIES TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES COMPLICATIONS DES ÉPILEPSIES TRAUMATIQUES

On peut voir apparaître, d’une façon précoce ou même tardive, les différentes complications « d’allure infectieuse » que nous avons déjà énumérées comme étant susceptibles d’engendrer l’épilepsie symptomatique.

a) L’encéphalite traumatique.

b) Les suppurations cérébrales.

c) Les abcès du cerveau.

d) Les méningites aiguës.

Parmi elles, par exemple, les abcès du cerveau et surtout l’encéphalite traumatique, n’éclatent parfois qu'après une période de tolérance fort longue, qui a pu dans certains cas exceptionnels se chiffrer par années, mais qui, cliniquement, constituent des complications des épilepsies précoces.

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Tardivement, au contraire, on voit s'installer chez les hystériques des états qui sont favorisés par une longue période d’hospitalisation, surtout dans les formes intenses du traumatisme.

Nous avons plusieurs fois, analysé les modalités de l’obnubilation « qui peut être résiduelle des grands traumatismes craniens (diminution de la mémoire et de l’attention volontaire). Nous avons aussi défini les troubles du caractère de certains traumatisés craniens et signalé chez les épileptiques, dans la période de légère confusion mentale, qui suit certaines crises, la possibilité de l’apparition d’équivalents, à types d’impulsions motrices simples et irrésistibles. Les formes mentales de ces crises sont stéréotypées, elles peuvent parfois être jacksoniennes (Grasset) ou s’accompagnent d’une perte complète de la connaissance ; le sujet ne conserve pas le souvenir des hallucinations qu’il a éprouvées et du bref délire qu'il a vécu.

En ce qui concerne les démences organiques, on ne pourra guère évoquer l’étiologie traumatique que dans les plaies du lobe frontal ou du centre associatif postérieur.

Nayrac admet ainsi l’éclosion de la démence sénile (rare), de chorées chroniques, de dégénérescence lenticulaires.

Enfin le traumatisme peut agir dans quelques cas rares comme cause favorisant l’éclosion d’une P. G. chez un ancien syphilitique ou même une encéphalite épidémique latente. :

Le traumatisme agit donc: 1° sur les centres sympathiques encéphaliques, dont nous avons énuméré dans d’autres chapitres les manifestations organiques;

2° II peut parfois déterminer, les troubles mentaux graves qui se mesurent à la fois par des symptômes de déficit, et par la richesse des formes mentales de l’épilepsie. Il s’agit alors de lésions importantes et diffuses des lobes frontaux, et, probablement aussi, du centre associatif postérieur.

3° On a admis qu’il favorise l’éclosion de la démence sénile, de chorées chroniques, de dégénérescence lenticulaires et qu’il joue parfois un rôle dans l’apparition d’une paralysie générale ou d’un parkinsonisme post-encéphalitique.

PSE

Nous résumerons maintenant les principales notions concernant le rôle de la prédisposition, dans l’étiologie des formes mentales, du mal comitial. 1° Certaines manifestations sont liées à quelques types de crises épileptiques traumatiques. On trouve ainsi des phénomènes d’angoisse appartenant à l’aura de la crise ou survenant sous forme d’équivalents, des hallucinations visuelles dans les lésions occipitales, auditives et très «interprétées » dans quelques formes post-commotionnelles.

2° L’éclosion des troubles psychiques diffus et complexes est grandement favorisée par les lésions des lobes frontaux et, éventuellement, du centre associatif postérieur.

3° Enfin, elle ne joue qu’un rôle occasionnel dans l’éclosion des démences organiques que nous avons énumérées.

D'une façon générale, l’importance pathogène du traumatisme est toujours plus nette chez l’enfant que chez l'adulte.

Le rôle de la prédisposition dans la pathogénie des accidents épileptiques peut être mis en lumière, en rappelant certains traits qui sont propres aux épilepsies essentielles : Les stigmates physiques de dégénérescence et les troubles endocriniens et métaboliques sont importants chez ces malades, parfois, leur façon de se présenter est particulière, ils sont à la fois sournois et obséquieux; leur caractère 1rritable est connu et on décrit souvent leurs tendances mystiques exagérées.

C’est par l'analyse de ces symptômes cliniques, par l'étude des troubles humoraux et endocriniens, qu’on précisera la prédisposition plus ou moins grande à l'apparition du mal caduque. Grâce à l’amabilité de M. le Docteur Rouquette, pharmacien en chef des Hôpitaux de Marseille, qui a bien voulu analyser pour nous et doser le calcium sanguin de 40 épileptiques, nous avons pu constater une grande instabilité de la teneur en calcium du sang de ces malades, avec de grandes hypo-calcémies dans un nombre très important des cas. Que M. le Docteur Rouquette veuille bien accepter ici tous nos remerciements.

On peut rencontrer chez les épileptiques d’origine trau-

M, Lu

matique, l’état de mal sous deux formes: tantôt ce sont des crises purement jacksoniennes et limitées qui se succèdent sans interruption pendant un temps variable et s’accompagnant d’une élévation de température marquée. On trouve aussi un état de mal formé de crises généralisées, sub-intrantes, accompagnées elles aussi d’une élévation de température, d'un état comateux dans l'intervalle des paroxysmes. La mort est fréquente, malgré tous les traitements les plus énergiques employés en pareils cas. Nous rappellerons que l'usage du Gardénal (Luminal des Allemands) ne doit jamais être interrompu, par crainte de l'apparition des états de mal. Remarquons aussi que l’usage de ce médicament n’a pas donné pour les traumatisés, les résultats heureux qu’il procure pariois dans les formes dites essentielles.

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