‹ L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE considérée dans ses formes évolutives et anatomocliniquesChapitre 6 sur 49 · MAS · texte numérisé non relu

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Est-il possible de fixer une date limite à l'apparition de cette redoutable complication ? Wetzel et les premiers observateurs, au début de la guerre parlaient d’un an et demi. Dès la fin des hostilités, le délai était porté à trois ans. Le professeur Villaret, après l’étude de très nombreux cas pendant un laps de temps suffisant, admet qu'après neuf ans, l'éclosion des troubles convulsifs est encore possible, mais exceptionnelle. Pour Molin de Teyssieu, il n'existe aucune date-limite à partir de laquelle le blessé puisse être regardé comme à l'abri de l’éclosion d’une épilepsie tardive ; cet auteur pense, il est vrai, que les manifestations ultra-tardives sont très différentes des types précoces: ce sont des crises généralisées, sans perte de connaissance, profondément atypiques 6 % ne comportent que des équivalents frustes). Nous proposerons d'adopter l’opinion de Villaret, qui nous paraît concorder avec les faits assez nombreux que nous avons pu observer nousmême à la Clinique neurologique de Marseille. J’ajouterai, sans en tirer de conclusion que d’après des notes qui nous ont été communiquées au centre spécial de réforme de Marseille (docteur P.-L. Wabhl), sur 28 cas de traumatismes crâniens, avec trépanations, pour lesquels des augmentations de pension ont été demandées lors de la révision des barèmes pour cette catégorie de blessés, pas un seul n'étaya sa demande sur l'apparition récente de crises épileptiques (11 ans après la fin des hostilités). Evidemment ceux qui avaient eu de pareilles crises n'avaient pas eu besoin d’attendre une refonte des règlements pour faire augmenter leur pension.

On comprendra qu’avec de telles divergences de vues sur la durée d'observation des blessés, les statistiques déterminant la fréquence de l’épilepsie, par rapport au nombre total des traumatisés crâniens ne soient pas comparables dans leurs conclusions, à titre d'indication rappelons que pour les professeurs Claude, Guillain, cette proportion était de 10 %, pour M. Béhague 12 %, M. Souques 18 %, M. Villaret 20 %, M. Molin de Teyssieu, 52 %.

On a voulu préciser cette fréquence en fonction de la porte d’entrée du projectile. Béhagué a donné des chiffres relatifs à chaque lobe cérébral. Pour M. Marchand, il y a lieu de faire des réserves sur la méthode qui aurait été suivie pour

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établir ces statistiques : les fréquences relatives des épilepsies étant établies comme si les fréquences des blessures des différents lobes étaient égales : ce qui est manifestement inexact. Nous avons été nous-même frappé par ce fait qu'aucune déduction directe et brutale, tendant à localiser les blessures, ne pouvait faire entrer en ligne de compte certaines lésions dues au contre-coub du traumatisme qui se produisent à distance de la brèche crânienne visible. Un autre facteur important paraît échapper à cette façon de classer les faits (en considérant la seule localisation), c’est l'importance plus ou moins grande des manifestations infectieuses. Ces phénomènes ne peuvent être négligés quand il s’agit d'analyser le déterminisme d'un trouble complexe, peu connu dans son essence, comme l’épilepsie. Quant aux autopsies, elles sont trop peu nombreuses pour faire l’objet d’une statistique. En gros, il apparaît seulement que les plaies des lobes frontal et pariétal sont génératrices d’épilepsie dans des cas très fréquents, celles des lobes occipitaux moins souvent et les lobes temporaux d’une façon encore plus rare.

On a souvent insisté sur l’existence de blessures en tous points semblables, ayant une terminaison radicalement opposée en ce qui concerne l'apparition de l’épilepsie. Ceci nous conduirait tout droit à admettre l'existence d’un FACTEUR INDI- VIDUEL primordial. C'est ce qu'ont fait nombre d'auteurs.

Ne faudrait-il pas plutôt invoquer des lésions secondaires passées inaperçues à l'intervention, mais de quelle nature ? Infections minimes, hémorragies à distance, attritions profondes ?

Beaucoup font jouer le premier rôle à la diathèse ou à la constitution du sujet même, au sens où l'entend Kretschmer. Pour de nombreux auteurs, les traumatismes cérébraux détermineraient de façon fréquente une instabilité acquise de la vaso-motricité : Nous ne savons pas si cette transformation aurait une expression organique bien précise (d’après ces auteurs), mais le fait lui-même est d'observation courante. Leriche insiste sur la fréquence observée simultanément chez les épileptiques de guerre de plaques de sclérose corticale représentant la cicatrice de la lésion cérébrale primitive. C’est dans ce double fait ou plutôt dans cette double aptitude qu'il

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