‹ L'épingle rose (volume 2)Chapitre 2 sur 10 · I.B UÂSQUB DE VEL0UB · texte numérisé non relu

I.B UÂSQUB DE VEL0UB

La baronne lui expliqua que, partie eu toute liftte de Paiie pour obéir au maître suprême, elle n'avait pas TU la signora Negroni, et qu'elle ignorait complètement où elle se trouvait.

Elle eavtût seulement qu'elle avait écbappô aux recherches de la police, qu'elle était en sûreté, ayant pn passer à l'étranger, et qu'elle ne reviendrait en France qu'après le triomphe définitif du carbonarisme.

En parlant ainsi, la bonne Francesca ne croyait pas mentir, car elle répétait littéralement ce que le prince de Catanzaro lui avait raconté, deux heures avant le départ, dans le petit logement qu'elle habitait à Passy.

Mais sa discrétion fut absolue, car elle ne dit pas nn mot & Fabien de l'existence en partie double que menait SteUa, ni de sa naissance, ni de son mariage avec Orso, ni du pavillon de la rue du Hocher.

Elle ne remarqua même pas l'air consterné qu'il eut en apprenant que la Negroni était perdue pour lui , et elle passa à d'autres informations.

Elle annonça an vicomte qu'elle était envoyée i Sronage pour le relever de garde et cette nouvelle n'affligea point un homme qoi n'aspirait qu'à rentrer ft Paris.

La baronne devait le remplacer en toutes choses, veiller sur le trésor, commander aux fermiers, qui la feraient passer dans le paye pour une de leurs parentes, écrire & Fabien et recevoir ses lettres.

dcspo^MD» tf» «waieslà p«B»l>r«, et 4'aattt»p<rt, leebef de ï'Epmgle m vobtaîlpàs l'eirtiMMir lù-

ώme.

Le» cOMHMiAeaiioM Teaaai 4v Bi<lM||» et les otàn» veaaal de Pdtift éevaîe*4 donc péaBer {mr l'i»^ ten>édiaÈre de VraMese» et del Fabiea qui pN»* tteaieni, peur l'éubc, dM noms d'ratproBt et diverses autres précautions à l'usage d«a desapir»'. tean.

FaUeB é(Mt MtotM à pMtif , de» ^'U Mmit îd»'. tidlé à la iemi» i» bMOftM» titMafenrtu en camp»' SMvie.

Ce ne fut pas long. :

Oifteomo ftfRicse, le ntfri doiA die éiail' veuve, msâl été oIïMkt dam l'wwéc de MtnrM. Ften«eec« awHt pieeéi m jenaens atvec des f ràoçats, ef, i|MOi^ qoe 60* teint fit un pot trop Iffiin, es powaii Itk prendre pour une Française, car elle parlait o«ti^ langue asB» seceirt, sam sotspter qa'^e atraiNi de l'eaprit éi de la gaieté à ttveaidre. ^

Elle fit, dès leptfeMietjow,l%cOB^i6t»des geiui d»ta ferme, ei elle B'aceMrtwaKi towt d«aiùteàla vh «Ikampëtre, seigMitt lo jt^éitt, itiaiA le» irmta, si DoerviManl les po'ttle».

Ayant mené jadis l'existence de garnison eHsi UKvùt se Mr« à toutes le» aituatiew, et eUe- eavi- •Bfea sam effroi la perspective de passer quelque» imài et Broaagfl.

L» b«iHl»Me bA mM^fuei/t hb peu, traie eUs bah

i UJUW8 m nujam

nrit fitK MAI asiitns MsiiiKvs povr S0n4r HoniriK qra àrdt lint^né sa tête en dtenhanf k sauver H capitaine Rtmew pris par* les AutrieMens e1 f dsftié par eus, en dépit dee généreux efforts d'Orso, prince de Gatanîam.

EÏIe D« ngnttsH que CflciHa (l'Atcc*, mata «Ih! se eonsolaïf de son sAtsevee ei> m ifisarrt çne sa ehire «■nie a« eomsri «dcdb danger et qa'ellv la revenwH MentOt-

FableD put donc parfirsçirés mw «msti» de fléjonr ft Ifrouage, «t ver» le luffien dff Bfamr îl étai! de retour à Paria.

Soft pren î g i ' sofa firi, bien entefid'D, âe réméré eempte d» résultat è« acra \Bj3ge: air maître ée ['Epingle.

H oe pojmit pîas s'sftouefier avet htf towb» autKAisdam te salon de!ll'**deGassnffrar et H ^t lui fairo- dtettwmder ime enlrerae par n» détégflé * b AowAr vent^, car ff était absolomenl! în*er*t sftix affifMa (te 9& présenter chez dom HemandeZi

Ot(e mesnrrcteprudenoe antH été prise (ewlrfr' osnmaffffv eC CvaciRT a ^ c onro rw art .

FMItieii ef &nKr se- rencontrèrent, tm sofr, et te tombée de la nuit, dans l'allée des Tetives, alor» trfts pg^ fréTpieatée. Orso-ftrtyraTejHïtrisafiteclueHX. fflotrate vieoffll'ftAi coffrage-et dttzèfe dont iï venait de faire preuve ; iï Wr anmtnça que le- monrienï en Fartîoit ètatf retafdé. L'éveil ayairt éf* donné à la paKce-, tes chefe du carbonarisme voiriMcwt aïtertdre encore avairt de domter te signal; Proviwitff-'

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ment, le vicomte n'avait rien à faire qu'à se tenir pr6t «Ht à prendre les armes, soit à parUr de nouveau pour Bronage et à en rapporter tout on partie do trésor.

Après avoir ûnsi formulé ses ordres, Orso vînt audevant d'une question que Falûeo n'osùt pas lui adresser. H lui dit que la signora Negrooi, signalée par an espion, s'était réfugiée d'abord eo Angleterre, et qu'à Londres elle avait pris passage sur un navire qui l'emmenait aus. Étate~UDis.

Cette communication, que l'amoureux n'attendait gnère, lui mit la mort dans l'àme.

L'Amérique, en 1821, n'était pas, comme maintenant, à onze jours de la France. Il faUait des mois pour y aller et pour en revenir.

Stella, transportée de l'autre c6té de l'Atlantique, était perdue pour Fabien, qui tomba bientôt dans un désespoir compliqué d'accès de rage.

Sa situation était atroce. L'absence n'avait fait qu'exaspérer son amour. Il se voyait condamné à ne jamais revoir celle qu'il aimait, et il n'avait même pas la consolation de parler d'elle, car il ne se fiait à. personne et il voulait garder pour loi seul son triste secret.

Et, par surcroît de malheur, il était réduit au désœuvrement le plus absolu, puisque les caiiwnari avaient ordre de ne pas bouger.

Sa .vie se passait à jouer le soir pour s'étourdir, et, le jour, à errer à travers Paris, dans le vague espoir d'y retrouver la trace de Stella.

LE MASQUE DE VGLOUBB fil

Peut-être les domestiques italiens qui servaient autrefois la baronne n' étaient-ils pas parUs. Il n'avait pas osé demander au maître de YEpîngU ce qu'ils étaient devenas, mais un hasard pouvait le mettre face à face avec l'un d'eux.

Ce hasard ne s'était pas présenté, et il n'y comptait plus, lorsque, par une belle soirée du mois de mai, ayant dîné seul, selon sa coutume, il se dirigea vers le Palais-Royal qui était alors le vrai centre de Paris.

Les désespérés ne sont pas tous d'humeur à promener leur mélancolie dans les bois sombres et à se réfugier au désert pour s'y nourrir de leur douleur,

Fabien 'était on violent, un excessif, qui passait facilement de la tristesse la plus noire aux éclats nerveux d'une gaieté factice.

Il cherchait le bruit, le mouvement, le péril, comme un vieillard cherche le soleil.

II aurait voulu rencontrer chaque jour l'occasion d'une querelle, jouer sa vie pour un mot, perdre en une heure jusqu'à son dernier louis.

11 courait après une émotion qui lui fit oublier soD malheur.

Mais il ne trouvait sur son chemin que des gens pacifiques, la fortune lui souriait, et nulle catastrophe ne survenait pour le distraire de ses tristes pensées.

Chaque soir, il partait en guerre, et à sa grande désolation, la nuit se passait le plus tranquillement du monde.

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h'iftsëtt Aosfe

m ismëi pgf Mê slA^t^ itoi^ 4tt Mflf foi qui pefdaif ^és^oe (fW^nra, M gajfiHal «ve* «*« pernstaftce iftotfie.

ff sVaît t)«ffu br»T«« ht «hdM», faïcM' éoA jc#« risquer les parolia les plu^fttsénsés.&ytfltBfrtMSÏ^ Si^, «t fl f<erfttàit fotfs IH MAîM les pOélM» pleines (Ter.

n étaît deTenu Id tttfettt des éMn^eB^tt H ricM# âéi ptiitB pofrtef <tiii aé M«tU}«n« îtTfïrtRétéméat ft la couleur qu'il choisissait et qui ramassaient pér eé ma^èft ijiic9q«ef htibéi êa bMiï «aiA'q»^ sar la

iSjrîcïtséS figure* âé l'époqtw.

Cet étrange personnage deseemlalH 46' thUiÉrAt, pôèté et Autetlt A'aUBRtiqrie attt» LOaiffXIV, ennemi juré de Molière ef de Boilwia.

nfs (Fini riche marchand de drap dû qiïalrtier des teflbcenft, H âvatt été *cteu^ atsAU M ttéw*ition,et acteur de talent. Fea s'en é(*î( taRa ffaJl ne so«cédât à Lefcain, au Théâfrê-FVaftçws. Bo f793, devenu directeur d'un théâtre où on représeAtait dies jpfêceï rtvoiutionnaires, ii avuSï été nommé menahre suppléant de la Conventîoft naftonaïe.

Sous le Directoire, il avait aoumissiotttté du même' coup l'entreprise des vidanges et celle des je»»' Ai^ paris ; il le9 tenait encore soira Louis XTOÏ, et il possédait de notftftretn milHtffis, un &6tel priocier, des jardins merveilleux, une galerie célè]^.

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LE KàafjfJf OB Vp/)UBB

Il adorait |£s fleurs, «t un boioiQ* 4'Mprit. qui se aç^VÇfii^t àe l'oiigi^it de »a foiiiinp, «voit ^nfr BOtaïBé Q» Eubtej^ borticulteur la piiofe M.^t llor,.

Il D'est reetô de lui que BOf^ nom ipâcrit i l'&ngle d'une rue percée après iS3P aur ('«EaplaçeuiËat dg sa roagoifjqus hvbiïation.

Booreault se p^épcGup^lit des vietoîres remporUfig eb^ue soir p«r ^aiiisn ds ^rouege, et on l'aval vh assùter à la partie que le vicomte jouaH tontât m cef^lo des étrangers, lAot^t à Frasçati, i&nlbi, A b maison Marivaux, tantât à L^ Diaie<Hi IJpwwit, ri^ de la Chaus^ d'Antiç, tajttbi dan^ le» utloo^ du 3fi ou du 154. a^i Mafs-noyal.

(,e g^ijiral des jeus »v|dt be^ ip tfaoïpçFtef d# sa personne sur les points menacés par un assaillit kaf^i, fi^ lï^sjûUant le battail. tou)«urâ-

Afqie BoufA^ult, af ant observé ^U.eativeiajeit\ 1^ allures de son ennemi, avait fini par devio#' q<Mfifit «RDefBijovait powr s«d.iptFjur#ii'Hftflgraiad*tWW»n, pJflUt que p»r calcul et pap goùf,.

Il p^ns^it avec raj&Qp, qu'wi joyr i^u l'Mi'^i M a« f^tjgu^fSit (i£ coffj|^4ttrfi ^t il ne le radoubait pl^f,

Du r^te, çji #§ Uvfitiil ^ye? F4i9« à ^P gçti^ »<i9f U) trpnîç £t gijftrwite, Fabjep t«P^f Pftn* 6'P8 isufcW, Hpe iM)i(4tfitÇ ifï)*iljgt|fll£.

. BçffWig^e PHF d^s lfPquâtiÀrp# qui l'ijmt, vtt

baronne, la police avait eu longtemps l'tg^ lyr lu

U L'ÉPINOLE ROSE

EDe D8 s'était point émne dn voyage ea ScdntODge; car elle savait que Fabien y allait souveat, dans le but de vendre quelques arpents de terre ponr se procurer des ressources.

Au retour, elle l'avait surveillé, mais la vie qu'il menait l'avait déroutée.

A la direction générale et à la préfecture, on tenait maintenant pour certain que ce neveu dévoyé d'un noble pair n'était qu'un simple mauvais sujet, mangeant Son blé en herbe, pour entretenir ce qu'on appelait jadis l'équipage du diable, mais ne songeant point à conspirer.

GénénUeœent, les joueurs et les amoureux vivent en paix avec le gouvernement de leur pays, et le cas de ce Fabien était tout à fait exceptionnel.

Ses succès au tapis vert avaient cela de bon aussi qu'ils le mettaient pour un temps à l'abri des embarras d'argent.

Rognée et hypothéquée, la malheureuse terre de Brouage ne pouvait plus Ini en fournir beaucoup. Il était même fort heureux que le comte René ne réclamât point sa part des revenus, car son frère eût été fort embarrassé de rendre des comptes.

Et le jour n'était peut-être pas éloigné où René, brouillé avec eoq oncle et rés(du à épouser quand même la belle Octavie, voudrait sortir de l'iDdivision et vendre son lot que Fabien n'était pas eo état de lui acheter.

Cette situation contribuait à empêcher le vicomte

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démocrate d'aller voir son ^é, quoiqu'il eût pour lai une affection véritable.

Il ci^nait que René ne loi demaod&t des explications qn'U ne Be Bouciait pas de lui donner. Il craignait surtout que l'idée ne vint à son frère départir pour Brouage où il aurait fait de singaliëres découvertes, et U savait bien qae René ne partirait pas sans le prévnnir.

Aussi évitait-il de le rencontrer, et fréqaentut-il de préférence les endroits où le jeune comte ne se montrait jamais.

Le Palais-Royal était de ceux-là. Les gens vertueux ne hantaient guère, surtout le soir, ce grand caravansérail du plaisir.

A peine osaient-ils venir y goûter la cuisine renommée de Véry ou des Frères Provençaux.

On n'y rencontrait plus l'ex-arcMchanceUer Cambacérès qui, souS l'Empire, ne manquait jamais d'y faire après son dîner une promenade circulaire en compagnie de son féal d'Aigrefeuille, l'illustre gourmand, et de qnelquea parasites.

Hais les galeries de bois, les tripots et les cafés y attiraient une foule bigarrée à laquelle Fabien ne craignait pas de se mêler.

Ce soir-là, fatigué de gagner toigours et peu pressé de monter au jeu, il eut l'idée d'entrer dfms un café, pour voir s'il y trouverait un ami à qui parler ou un ennemi à qui chercher dispute.

Il avait le choix, car en ce temps-là chaque é(ablissement ayait son opinion politique, et à pai't

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