‹ L'épiscopat de Massillon d'après des documents inédits, suivi de saChapitre 15 sur 23 · MONSEIGNEUB, MON TRÈS-HONORÉ ONCLE · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUB, MON TRÈS-HONORÉ ONCLE

J^étais uniquement occupé hier au soin de la découverte que j'avais le bonheur de vous faire. Cet objet absorba tous les autres et me fit oublier de vous parler de la commission dont il vous a plu m'honorer. J'arrive pour la remplir à Aigueperse : je vous rendrai compte de son exécution par le premier ordinaire.

• Donnée par M. Attaix.

Celui d'aujourd'hui va partir dans peu. Je profite de ce temps pour satisfaire à mes intérêts les plus pressants, que les vôtres me firent perdre de vue dans ma dernière lettre. J'ai eu l'honneur de vous parler dans le temps d'un jugement injuste de M. de Sauvigny. Je voulus me pourvoir au conseil contre le jugement. M. de la Porte * me força de plaider devais lui. L'affaire était, depuis plus d'un an, en état de ma part d'être jugée. Les religieux, prévoyant leur condamnation certaine, en ont éloigné le jugement et ont pris tout ce temps pour surprendre, au conseil, sur requête non communiquée et sur un faux exposé, un arrêt qui ne peut se soutenir pour valider le jugement irrégulier de M. de Sauvigny. Cet arrêt du conseil ne saurait avoir lieu, parce qu'il est fondé sur des faits supposés et que je n'ai pas été entendu. Je m'y suis opposé, et, dans le temps que je poursuis mon opposition au conseil où j'ai envoyé toutes mes pièces, mes religieux sollicitèrent un jugement de M. de la Porte, qui, quoique nul, pourrait me jeter dans de grands embarras.. Si j'en crois mon procureur, ce magistrat doit donner avant le 26 satisfaction entière aux religieux à cet égard. Je lui écris pour lui représenter ce qu'il y a d'injuste dans la tentative des religieux et lui demander le délai juste et nécessaire pour me défendre au conseil. Si mes religieux ont pris un an pour y surprendre un arrêt, peut-on avec quelque apparence d'équité me refuser quelques mois pour combattre cette surprise? Je ne présumerais pas le refus de sa part, si les voies dont les religieux ont accoutumé de se serviç

' Intendant du Bourbonnais.

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auprès des secrétaires, ne me les faisaient appréhender.

Je vous supplie, Monseigneur, de me délivrer d'une crainte si bien fondée en lui demandant cette justice par le premier courrier. Il vous l'accordera sûrement, surtout si vous estimiez pouvoir lui dire un mot des pratiques dont les religieux se servent pour parvenir à leurs fins. Je n'ai osé toucher cette corde, parce que vous jugerez peut-être qu'on ne doit pas lui confier cette découverte. La peur que j'ai de vous donner trop de peine m'inspire la liberté de vous envoyer la lettre que vous auriez la bonté de faire copier à M. Guillen, si vous jugez à propos de m'accorder cette grâce. II est question d'affaires dont celle-ci ne peut vous mettre au fait : c'est ce qui me fait imaginer que vous ne trouverez pas mauvais que j'écrive moi-même là-dessus.

Il est une affaire. Monseigneur, pour laquelle j'ai pris aussi la liberté d'implorer votre crédit et vos bontés. Elle me tient à loisir au delà de tout ce que je pourrais vous exprimer : la tendresse, la reconnaissance, le mérite, l'esprit de l'état, la vertu, tout m'a entraîné à vous solliciter en faveur de M. l'abbé Montanier, pour la place d'un autre respectable ami, que j'ai eu le malheur de perdre et dont je regretterai la perte toute ma vie; vous m'avez fait beaucoup espérer en faveur de cet autre. Je vous aurai. Monseigneur, la plus grande des obligations si je vous en dois une si sensible à mon cœur.

J'ai l'honneur d'être, avec un respect infini. Monseigneur, mon très-honoré oncle, votre très-humble et très-obéissant serviteur et neveu.

L'abbé Massillon,

Vîcaîre général.

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