‹ L'épiscopat de Massillon d'après des documents inédits, suivi de saChapitre 6 sur 23 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

D'UNE LETTRE DE MASSILLON

A MONSEIGNEUR *«»

(Da cabinet de feu M. Fossc-Darcosse.)

Paris, le 13 juin 1705.

Dieu qui vous frappe, mon très-cher et très-estimable seigneur, vous soutient en même temps, en mettant dans votre cœur des sentiments de foi et de religion, rares parmi les personnes de votre rang, et plus encore parmi celles de votre âge. Il veut que vous appreniez par Tusage chrétien * des infirmités à faire un jour un saint usage de la santé et à rendre utiles à rÉglise et à l'État les talents et les lumières

<|u'il met en vous

Massillon,

prêtre de l'Oratoîre.

1 Massillon écrit crétien.

en envoyant un exemplaire de son Oraison funèbre du prince DE CONTI K

(Sur l'autographe.)

A Paris, ce 15 juillet 1709.

Je prends la liberté, Monsieur, de vous envoyer un exemplaire de Toraison funèbre de Monseig^neur le prince de Conti'. Ce n'est pas que je sois persuadé que l'ouvrage mérite de vous être présenté; mais c'est que l'ancienne bonté dont vous m'honorez, IMonsieur, vous donne un droit sur tout ce qui m'appaitient, et que je ne saurais me dispenser à votre égard de cette marque de respect et de reconnaissance. Faites-moi donc l'honneur, Monsieur, de la recevoir; et si vos arrangements vous permettent de m'envoyer une voiture quelqu'un des jours de la semaine qui vient, je serai r^vi de vous aller renouveler, à Villeneuve, les protestations de l'attachement respectueux avec lequel je sevai toute ma vie, Mousieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

MASS1L1.0N, prêtre de l*Oâ*atoiFe.

» Paris Maaièrcs, 1109, In-ÂP et in-lï.

242 CORRESPONDANCE INEDITK

au duc DE NOAILLESK (Sur l'autographe appartenant à M. Boiitron.)

Monseigneur,

Je compte si fort sur rhonneur de votre amitié que j'espère que vous m^en donnerez une marque en me ménageant un moment où je puisse avoir Thonneur de vous voir. J'attendrai là-dessus vos ordres. J'allai rendre hommage à votre porte, dès que j'eus fait ma révérence et mon remercîment à Son Altesse Royale *. Reprenez, je vous en conjure, mon aimable duc, les anciens sentiments de tendresse dont vous m'avez autrefois honoré. Votre élévation ne doit point vous refroidir envers vos anciens amis. Vous avez toujours été ce que vous êtes, homme d'État et capable des plus grandes choses. Vous me l'avez ouï dire plus d'une fois. Puisque vous avez pu m'aimer avec tout votre mérite, pourquoi m'oublieriez-vous avec tous les honneurs et les embarras que votre mérite vous

* Massillon venait d'être nommé évéque; il avait insiste auprès du cardinal de Noailles pour lui faire accepter la bulle du Sainl-Siéçe, c^ qui, sans doute, refroidit Tamitié que lui portait le duc de Noailles, alors prcaillent du conseil des finances.

' Lç Régent.

DE MâSSILLOIN. 213

attire? Je ne vous en ai jamais cru capable; et moi, je le suis de rattachement le plus tendre, le plus inviolable et le plus respectueux avec lequel on puisse

être,

Monseigneur,

Votre très-humble et très-obéissant ser\^iteur.

Massillon,

prêtre de l'Oratoire.

Ce mercredi matin, 17 noTembre (1717).

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