AU CHAPITRE DE CLERMONT
(Sur une ancienne copie.)
Paris, le 22 novembre 1717.
Messieurs,
Je ne saurais qu'être très-sensible aux marques do bonté dont vous voulez bien m'honorer. Il fallait à une église aussi illustre que la vôtre, par les grands évéques qui Tont gouvernée, et par le mérite des sujets qui la composent actuellement, un évéque qui pûf en soutenir toute la dignité. Il s'en faut beaucoup que j'en sois capable; mais j'y porterai de bonnes intentions, si je n'y porte pas de bonnes qualités. J'espère encore que votre secours et vos conseils suppléeront à tout ce qui me manque ; et quand je serai connu de vous, peut-être ne me trouverez-vous pas
24i CORRESPONDANCE INEDITE
indigne de rhonneur de votre confiance. Permettezmoi de vous la demander par avance, et de vous assu rer qu'on ne peut être avec plus d'estime et de res pect que je suis, Messieurs, votre, etc.
au P. GAUTHIER,
supérieur du collège de V Oratoire de Marseille^»
(Sur l'autographe faiitanC parlie de la collection de M. le marquis de Clapiers.)
Un homme de Dieu comme vous, mon Révérend Père, doit mè plaindre beaucoup et prier pour moi. C'est l'office le plus essentiel que je puis attendre de l'amitié dont vous m'honorez. C'est tout ce que je puis vous dire dans l'accablement de lettres et d'affaires où je me trouve dans ces commencements. Je n'aurais rien à souhaiter si le diocèse de Clermont devenait un jour digne de votre zèle. Avec un ouvrier comme vous, je me croirais bien fort; et je pense que je vous représenterai un jour si vivement les besoins de cette grande église, que votre piété ne vous permettra pas de vous y refuser.
' Déjà publiée par M. Tabbc Rayle, Le P. Gauthier mourut ea septembre 1720 de la maladie contagieuse qu*il gagna au service des pestiférés. Malheureusement, il ne se signala que trop pour l'appel. V. son éloge dans le nécrologe des appelants, 1751, p. 168 et 169, et une lettre de lui du 2 février 1718 dans les Réponses des PP, de t Oratoire de Marseille, (Bibliothèque nationale, Imprimés, t. V du Catalogue. N» 1081.)
DE MASSILLON. 3l5
Souffrez que je remercie ici tous nos Pères de
riionneur de leur souvenir, que je me recommande
à leurs prières, et que je vous proteste de tous les
sentiments d'estime et de respect avec lesquels je
suis, mon Révérend Père, votre très-humble et très-
ol)éissant ser\'iteur.
Massillon,
prêtre * de TOratoire.
A Paris, le 2 décembre '.
Au Révérend Père, le Révérend Père Gautier, supérieur du collège de l'Oratoire, Marseille '.