‹ L'épiscopat de Massillon d'après des documents inédits, suivi de saChapitre 9 sur 23 · LETTRE DE SOANEN · texte numérisé non relu

LETTRE DE SOANEN

à MASSILLONK (Du Recueil des lettres de Soanen, t. II, p. 499 et saiv.)

La Chaise-Dieu, 18 avril 1729.

Ayez pour agréable, Monseigneur, que je vous renouvelle les assurances de mon dévouement, par la bouche du R. P. Dom..., prieur de cette abbaye, qui va vous rendre ses devoirs, et qui a bien voulu se charger des miens. Je ne puis vous parler par un plus sûr interprète de ma vénération pour vous que par celui à qui j'ai confié ma conscience et mes sentiments pour Dieu. Je me joins à ce cher Père pour vous demander. Monseigneur, la continuation de vos bontés pour les jeunes ordinands de cette abbaye, dont tous

1 On lit à^mXet Nouvelles ecclésiastiques, 1728 (a^du 3juin) : « Extrait d*ane lettre de Clermont en Auvergne du 3 mai. — M. Massillon vient de finir sa visite du côté de la Ghaise-Dieu. Dés qu*il fut a portée de Tabbaye, à Ariane, le prieur et un autre religieux allèrent lui faire compliment, et lui présentèrent une lettre de M. l'évéqne de Seuez, pour l'engager à venir se reposer dans l'abbaye; mais il a refusé, et il a répondu dans les termes suivants : Les Pères... sont venus pour m'engager à pousser jusque chez vous; mais vous n'ignorez pas. Monseigneur, que mes prédécesseurs et moi sommes en contestation avec ces Pères pour les droits de visite. Il ne convient pas que je fasse la planche, et que je préjudicie à mes successeurs. J'aurais pourtant un vrai empressement de vous voir; il ne tiendra qu'à vous ; je voudrais vous posséder un mois au moins à Beauregard. Si vous voulez demauder cette permission, on ne vous la refusera pas; ou bien consentez que je la demande pour no:is voir, bien que nous soyons éloignés de sentiments et de conduite. »

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les sujets m'édifient beaucoup par leur piété et leur charité.

Je ne vous dis rien, Monseigneur, au sujet de vos dernières lettres du 14 et du 19 janvier 1729, non pas parce qu'elles n'étaient qu'une réponse à ma dernière : car je ne compterai jamais avec vous, me faisant un devoir de vous prévenir en amitié ; mais uniquement parce que je me tiendrai avec joie à la règle si sage et si aimable que vous-même m'avez proposée, en me mai'quant, avant vos deux dernières lettres, que vous vouliez conserver avec moi l'union de votre cœur, malgré la différence de vos sentiments, me disiez-vous, et de votre conduite.

Je me ferai une douce loi de votre maxime qui, dans le temps présent, est plus nécessaire que jamais. D'ailleurs, tous les principes que vous m'alléguez dans vos deux lettres sont absolument les mêmes que ceux de M. l'archevêque d'Embrun dans les siennes. Mais, en même temps que je vois une entière conformité entre vos dogmes et les siens, je me flatte qu'il y a une différence infinie dans vos cœurs : c'est ce qui m'a porté à lui répondre par une lettre un peu vive, qu'il m'a forcé lui-même de lui écrire.

Mais pour vous. Monseigneur, à qui Dieu m'a uni partant de liens sacrés, non-seulement de l'épiscopat, mais encore de notre éducation et de notre ministère précédent, je ne vous répondrai que par ma tendresse et par mes vœux; etj'aimerai toujours beaucoup mieux les petites plaies de l'ami, que les fausses caresses de l'ennemi.

28U CORRESPONDANCE INEDITE

k Vintendant DE LA GRANDVILLE.

(Sur Tautographe, aux archives du Puy-de-Ddme.)

Le cardinal de Fleury avait reçu une lettre signalant rinconduile de^ moines clunisiens du Ris, et il avait écrit à M. de la Grandville, â Clermont, le 15 juin 1729, de prendre des informations sur cette affaire, M. de la Grandville chargea M. de Merville, subdélégué de Thiers, d'une enquête secrète à ce sujet. M. de Merville défendit les religienz, et le 12 août M. de la Grandville rendit compte au ministre du résultat de l'enquête de son subdélégué, ajoutant toutefois que les moines du prieuré du Ris ont mauvaise réputation, et que l'évéque deClermonl s*e» plaint beaucoup.

Il n'est que trop vrai, mon cher intendant, que les moines du Ris mènent une vie scandaleuse. J'ai fait de mon mieux pour les corriger; mais comme ils ne dépendent pas de la juridiction épiscopale, tous mes avis et toutes mes visites ont été inutiles.

Je ne crois pas que vous deviez renvoyer cette affaire à M. d'Evry; j'aurai l'honneur de vous en dire les raisons. M. le cardinal vous charge de cette commission non pas comme intendant, mais comme à un homme de confiance, ainsi qu'il m'adresse quelquefois des affaires qui regardent les diocèses voisins.

Je vous embrasse mille fois, et suis avec tous les sentiments de respect et de tendresse que vous me connaissez, mon cher intendant.

Votre très-humble et très-obéissant ser\'iteur.

Ce mardi

à M, MORANGESy chanoine de la cathédrale, secrétaire de Vévêché.

(Sur Taulographe, aux archives du Puy-de-Dôme'.)

Vous ne doutez pas, mon cher monsieur, que je n'aie été infiniment touché de la mort de votre pieux frère '. C'est une vraie perte pour mon diocèse et pour moi; aidez-nous, je vous prie, à la réparer. Vous savez qu'il était chargé de la supériorité des Hospitalières et des Filles de la Visitation. Il avait gouverné ces deux monastères avec beaucoup de douceur et de modération, et y avait toujours maintenu la paix et l'union. J'espère que vous voudrez bien lui succéder dans la même fonction de supérieur, et je ne doute pas que vous ne succédiez aussi à l'esprit de paix et de prudence avec lequel il a gouverné ces deux monastères. Ces bonnes filles, qui sans doute sont fort touchées de la mort de leur supérieur, seront consolées d'en avoir un qui le remplace par le nom et par la conduite. Je vous embrasse, mon cher monsieur.

Ce 8 juillet.

' Déjà publiée par M. Allaix.

* M. François Moranges. également chanoine de la cathédrale de Clcrmont, et prieur de Saint-Sandoux.

âK2 CORRESPONDANCE INÉDITE

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