‹ L'Épître à DignèteChapitre 2 sur 6 · DRE A · texte numérisé non relu

DRE A

converti personne !. On admet généralement que l’épître est antérieure à Justin , au moins de quelques années ; elle remonterait même, selon certains théologiens, jusqu’au siècle apostolique?. Mais on ne peut préciser au juste la date de sa rédaction, pas plus qu’on ne peut dire le nom de son auteur : les hypothèses faites au sujet de cette dernière question sont dénuées de fondement ?.

preæ se ferens, 1845, éd. 2, 4852) cherche à réfuter. Sa dissertalion à été examinée et critiquée dans Reuter, Alg. Repertorium, XLVIIT, p. 113, 1845; Neues Repertorium, WI, p. 21, 1845; Quartalschrift, 1846; Allg. Litteratur-Zeitung, 1, 940 ss., 1846.

QI est difficile de dire comment un des derniers éditeurs de celte épitre à pu, conformément à la vieille erreur, lattribuer encore à Justin, qui écrit tout autrement, supposé même qu’elle eût été une de ses premières compositions » (Ewald, Geschichte d. Volkes Israel, NII, 148).

D’après Galland (Bibl. vet. PP.), elle aurait été rédigée avant 10, parce que l’auteur parle (ch. 3 et 4) du culte des Juifs comme si Le temple existait encore. — «La pureté de la doctrine, » dit Btœhl (opuse. Patrum selecta), et la simplicité de lexposition des principales idées évangéliques s’accordent beaucoup avec l'enseignement des apôtres, surtont avec celui de saint Paul. Et cet accord ne paraît point provenir d’une imitation artificielle de l'Écriture Sainte, mais du cœur même de l’auteur qui s’est nourri de l’enseignement apostolique et s’en est profondément pénétré » (cf. Hefele, Patres apostol. Proleg., LX). — Grossheim (Epist. ad Diognetum, 1828, p. 29), et Ewald (loc. ct.) la placent entre 120 et 130, sous le règne d’Adrien, avant la deuxième guerre contre les Juifs, époque où ces derniers, devenus plus que jamais insolents et attachés à tous les articles de leur loi, persécutaient les chrétiens, qui étaient en même temps tourmentés par les vexations continuelles des païens (cf. Epist. ad Diognetum 5, T).

# On à nommé Apollos (Galland) et Clément de Rome (Barater).

Quant à nous, plutôt que de chercher à augmenter le nombre de ces hypothèses, nous préférons avouer notre ignorance au sujet de la date précise et du nom de l’auteur de notre épitre. Nous reconnaissons seulement qu'elle est très-ancienne et qu'elle doit se rapprocher beaucoup du siècle des apôtres. Par contre, nous considérons la question d'authenticité comme réglée, et, après l'avoir sérieusement examinée, nous admettons les résultats de la critique, qui reluse à Justin l'honneur d'avoir rédigé l'épitre à Piognète. Quelles que soient les concessions que l'on fasse à Otto, on sera toujours obligé de reconnaitre des difiérences inconciliables dans le langage comme dans les pensées. Le charme de la diction, la structure correcte des phrases, une exécution rhétorique et logique; la netteté de l'expression, l'enchaïnement naturel des pensées, la précision, la clarté, la simplicité, la noblesse et l'élégance : toutes ces qualités se trouvent réunies dans notre épitre, tandis qu'elles sont tout à fait étrangères à Justin; lequel est au contraire incorrect, lourd, diffus, embarrassé, plein de répétitions et de digressions inutiles et ne pouvant s'élever au-dessus du langage le plus ordinaire. « Gette seule différence ,» dit Semisch, «suffirait pour faire rejeter l’authenticité.» Mais il en est encore d’autres, plus importantes, parce qu'elles tiennent au fond mème de l'épitre. En effet, tandis que notre auteur ne voit dans les dieux du

Dorner trouve dans la tendance du christianisme à s'unir avee la philosophie grecque, dans le point de vue indépendant et universel de l’épitre et particulièrement dans la doctrine éthique de l'eudémonie , les caractères de la personne de Quadratus (roy. Eusèbe, Hist. ecel., 4, 3.)

paganisme que des images sans vie, œuvres de la main de l’homme, Justin les considère comme des esprits personnels; tandis que le premier identifie le judaïsme avec le paganisme et ne dit pas un mot de son origine divine, le second y voit une institution préparatoire et temporaire, sans doute, mais venant de Dieu, par conséquent bonne et utile; il recommande la lecture des prophètes et déclare même qu’on peut être sauvé en suivant les préceptes de Moïse. Enfin, la théorie du Logos spermatique, du Logos apparaissant et se révélant dans les hommes avant son incarnation , est étrangère à notre auteur!.

Il est encore beaucoup d’autres différences? ; mais, en les énumérant, nous nous éloignerions du but que nous nous sommes proposé. Celles-ci doivent nous suffire. Du reste, c’est par tout l'esprit de son contenu que l'épitre à Diognète diffère des écrits de Justin. Une simple lecture de la première et de quelques passages du second fait reconnaître immédiatement cette différence d'esprit et, par conséquent, de personneÿ.

4 Theol. Real-Encyclopædie, MX, 4114.

2Une qui nous a frappé, porte sur le culte des chrétiens, dont l'épitre ne dit pas un mot, tandis que Justin s'étend longuement là-dessus: il parle de prières, d'actions de grâces pendant la Cène, de jours de fêtes, de cérémonies — le baptême et l’eucharistie — d’oblations, de jeñnes, de saintes assemblées , etc. Une seule fois notre auteur parle de privations qui rendent l'âme meilleure (ranovoyouuevn auriots 2. norous À Quyn Behruouru, ch. 6),

#(juant au personnage auquel l’épitre est adressée, il nous est complétement inconnu. Après s’être donné la peine de compter tous les Diognètes qu’il trouve chez les Grecs, Otto se décide pour l'opinion du jésuite Halloix, qui croit que notre Diognète fut le précepteur de l'empereur Marc-Aurèle.

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