‹ L'Épître à DignèteChapitre 3 sur 6 · BUT, PLAN ET CONTENU GÉNÉRAL DE L'ÉPÎTRE A DIOGNÈTE · texte numérisé non relu

BUT, PLAN ET CONTENU GÉNÉRAL DE L'ÉPÎTRE A DIOGNÈTE

Le païen Diognète, personnage de distinction, puisqu'il est appelé yoaruvoc, était étonné de voir comme les chrétiens savaient mépriser le monde et braver la mort. Il en avait attribué la cause à leur religion : de là lui était venu l’ardent désir de connaître l'essence de la religion qui produisait de tels effets, afin de s’en faire peut-être le disciple!. Il avait donc demandé, comme il semble, dans un écrit?, en quoi consiste la religion des chrétiens, pourquoi ils se séparent des païens et des Juifs, quelle est la cause de l’amour qui les unit si étroitement, et enfin, pourquoi leur doctrine est apparue si tard dans le monde. C’est pour répondre à ces questions que notre auteur prend la plume, après avoir formé le vœu que ses paroles portent Diognète à se convertir (ch. 1).

Le plan de sa lettre est très-simple. Il était à peu près tracé d'avance. Cependant il le change un peu et adopte un ordre plus méthodique. Ce ne sera qu’à la fin qu'il exposera la doctrine chrétienne, après avoir traité la question relative au paganisme et au judaïsme et fait le tableau des mœurs et de la vie des chrétiens. Il y a donc trois parties principales dans sa lettre. L’une essentiellement polémique, destinée à montrer pourquoi les chrétiens ne pratiquent ni le culte des païens ni le culte des Juifs : réfutation de ces deux cultes

1Kabarep xar abros ouokoynoac, ch. 2.

2Ewald , loc. cit., p. 450, 1.

(ch. 2-4); l’autre plus particulièrement apologétique,

destinée à montrer lorigine divine du christianisme par l'effet de cette doctrine sur la vie et les mœurs de ses partisans (ch. 5, 6); enfin la troisième toute dog-

matique , destinée à montrer quelle est l’essence de la religion chrétienne ; cette dernière partie répond en même temps à la question de lapparition tardive du christianisme dans le monde (ch. 7-9). L’épitre se termine par une espèce de péroraison, dans laquelle l’auteur énumère les différentes conséquences de l’accepta-

tion ou du rejet des doctrines qu’il a exposées (ch. 10).

1 Les éditions de l’épître à Diognète portent encore deux chapitres. Mais tout le monde est d'accord à les regarder comme inauthentiques. En effet, l’épitre se termine bien au ch. 10, et il n’était besoin d’y rien ajouter. Ce qu’on y ajoute du reste ne se lie pas avec ce qui précède: il s’agit de tout autre chose. Le langage est emphatique, obscur, embrouillé, mystique et allégorique. Ici on cite l'Ancien Testament et l’on paraît en faire grand cas. L'auteur de lépitre n'aurait jamais dit: 2080 vouou dôerar xat rpognruwv yapis yivoszxerur. Le besoin desc rallacher à la tradition, de relever des apôtres et de les citer est dune époque postérieure à celle de lépitre à Diognète., — Le but de ces chapitres, d’après Semisch, était peut-être d'interpréter dans le sens d’une plus sévère orthodoxie les idées un peu trop libres de Pépitre. Il les croit du troisième siècle, s'appuyant sur les recommandations à imiter la foi des Pères, sur la distinction qui est faite entre les évangiles et les apôtres, entre la loi et les prophètes , sur la citation de Paul comme apôtre et sur l’allusion aux cierges symétriquement rangés (Theol. Reol.-Encycl. I, 410).— Ewald pense que ce morceau doit avoir été la fin d’un écrit qui fut composé peut-être au temps d’Irénée ou d’Hippolyte. Le but de cet écrit, d’après cette finseule, est bien difficile à déterminer. I n’était sûrement pas adressé à des païens , mais à des chrétiens et contenait peut-être une analyse de la vraie gnose avec une recommandation de chercher à la comprendre (Ewald, loc. cit., 14T, note).

Tel est le plan de l’épitre à Diognète. Reprenons maintenant et faisons connaître avec plus de détails chacune de ses parties.

Les chrétiens ont raison de rejeter le culte des païens et de ne pas croire à leurs dieux, parce que ce culte est un culte rendu à la matière, et que ces dieux sont des êtres insensibles et inanimés, rien autre chose que de la pierre , du bois, du métal, ete. C’est ce que Diognète verra clairement dès que ses préjugés seront tombés et qu'il sera devenu chrétien. Il comprendra combien c’est absurde de servir et d’adorer de tels objets, et de haïr les chrétiens parce qu'ils ne le font pas; il reconuaîtra quelle étrange contradiction il y à de les considérer, d’un côté, comme des êtres dépourvus de sentiment, en les faisant garder pour que les voleurs ne les emportent pas, et, d’un autre côté, comme des êtres sensibles, en leur offrant des sacrifices.

Quant au culte des Juifs, c’est avec non moins de raison que les chrétiens le rejettent, car il ne vaut pas mieux que celui des païens. Comme les chrétiens, ils n’adorent, à la vérité, qu'un. seul Dieu, mais ce Dieu ils le rabaissent au niveau de l'humanité, en croyant qu'il lui manque quelque chose et en lui offrant des sacrifices. Ainsi, considérer de cette manière le Maître et l’Auteur de toutes choses, duquel les hommes tiennent tout ce qu'ils ont ; et, de plus, faire de la différence entre une viande et une autre, trouver l'une pure et l’autre souillée, comme si tout ne provenait pas du même Dieu!; attribuer à ce Dieu la défense même de faire du bien le jour du sabbat ?;

CE 1 Tim. 4, 3; 1 Cor. 10, 25-26; Col. 2, 16. CF. Matth. 12, 1-8, 10-12 pp.; Luc 18, 14-16; 414, 3-5: Gal 2 M0 6:

regarder la circoncision , cette cérémonie ridicule, comme un signe d'élection, par lequel on peut se vanter d'être un peuple privilégié et particulièrement chéri du Très-Haut ; enfin observer des jeûnes et des nouvelles lunes, et avoir continuellement les veux fixés sur le ciel pour connaître les jours et les mois ? : tout cela est de la folie, comme c’en est pour les Grecs de sacrifier à des êtres privés de sentiment. Les chrétiens ont donc raison de ne pratiquer ni l’un ni l’autre de ces deux cultes. :

Examinons ici la méthode apologétique de notre auteur. Elle est remarquable par son point de vue tranché , indépendant, universel et spiritualiste. Ses raisonnements, basés sur le simple bon sens, sont d’une clarté ét d’une logique rares à son époque. Dans la critique qu'il fait de ces deux cultes, il s’en tient à ce que lui fournit l'expérience journalière. Il ne s’inquiète pas si quelques esprits parmi les paiens et les Juifs peuvent avoir des notions religieuses plus élevées ; il critique le paganisme et le judaïsme tels qu'il les connaît par ce qui se fait tous les jours dans les temples et dans les synagogues. Pour lui, la beauté et la vérité d’un culte se reconnaissent dans la pratique. Le grand tort des païens et des Juifs, c’est d’avoir un culte matériel : les uns adorent de la pierre, du bois, du métal; les autres, un dieu imparfait, puisqu'il est dans le besoin, mauvais, puisqu'il défend de faire du bien le jour du sabbat; partial, puisqu'il favorise un peuple particulier. Aux païens il fait ce raisonnement: Vous vous prosternez, vous adressez des prières et vous sacrifiez

1Cf. Rom. 44, 5; Gal. 4, 10.

des victimes devant des statues : donc ce sont là vos dieux. Or, ces statues ne sont autre chose que de la pierre, du bois, du métal, des choses viles, méprisables, sujettes à la pourriture : donc vos dieux sont tout cela. Quels dieux ! et vous voulez que les chrétiens les adorent ! et c’est parce qu'ils ne le font pas que vous les faites mourir! L'auteur avait intérêt à traiter ainsi ces dieux, car il devait expliquer pourquoi les chrétiens n’y croient pas : à ce point de vue son raisonnement est sans réplique. Le paganisme savant, représenté par les philosophes, n'est guère mieux traité. II appelle mensonges et charlatanisme ! leurs spéculations sur la recherche de l'essence de Dieu, parce qu’ils veulent trouver ce Dieu dans le feu, dans l’eau , dans la matière, dans ce qu'il a lui-même créé. Il leur faut, comme au peuple, un Dieu qu'ils puissent voir de leurs yeux et toucher de leurs mains. £ Tous ceux qui ont lu l'épitre à Diognète, ont été étonnés du mépris avec lequel les Juifs y sont traités , de l'ironie moqueuse qu’elle déverse sur le judaïsme. Les autres auteurs du second siècle font au moins mention de l’ancienne alliance ; ils parlent de son ori- - gine divine et de sa place dans les desseins de Dieu ; ils proposent des exemples de conduite dans l'Ancien Testament, et tiennent surtout en grand honneur les prophètes, dont ils citent à chaque instant les prophéties comme se rapportant à Jésus-Christ; l'épitre à Barnabas elle-même, si opposée au judaïsme, trouve partout dans l’Ancien Testament des types du Sauveur. On ne voit rien de tout cela dans notre épitre: point

l'Teparerx ar mhavn T. yonrev, ch. 8.

de citations de passages, point d’allusions à l’histoire biblique. On dirait presque que les livres sacrés des Juifs sont inconnus à notre auteur. D'où vient cela ? lui sont-ils réellement inconnus ? ou est-ce à dessein qu'il passe sous silence toute l’ancienne économie ? À notre avis, il aurait bien pu connaître le judaïsme et son histoire, sans cependant, conformément à son point de vue philosophique et général, en parler autrement qu'il ne le fait. Les sacrifices, le sabbat, la circoncision, les viandes défendues, les jeûnes et les nouvelles lunes sont considérés comme des ordonnances indignes du caractère de la divinité. Il n’est pas possible que le souverain Maître de toutes choses, l’Invisible, qu’on adore d’une manière invisible, ait laissé de pareilles ordonnances aux hommes. Par conséquent, tout ce que vous dites d’apparitions extraordinaires de Dieu, de lois par lui établies, de cérémonies instituées, est faux, et si c’est là ce que contiennent vos livres sacrés, ils ne sont que des récits inventés. Quoi! Dieu aurait institué des sacrifices, défendu certaines viandes, établi le sabbat ! mais c’est une impiété que de croire cela, c’est rabaisser Dieu au niveau de l’homme, c’est dire qu’il défend quelquefois de faire le bien, c’est le considérer comme l’auteur de choses mauvaises et inutiles. Ainsi, il n’y a rien de commune entre l’ancienne alliance et le christianisme; elle n’a point eu de raison d’être, et nous verrons plus loin que, antérieurement à l'envoi du Logos, elle est confondueavec le monde païen. Élevé dans le judaïsme, ne pouvant abandonner complétement des idées qui lui avaient été si chères, et voulant au moins les faire servir à quelque chose, Paul avait divisé l'humanité en deux classes : les païens et

les Juifs. La loi était bonne selon lui, elle avait sa place dans l’économie divine. Mais ici l’apôtre se trouve de beaucoup dépassé. Il avait bien enseigné qu'on peut «manger de tout ce qui se vend à la boucherie,» que tous les jours sont égaux, que la circoncision ne sert de rien!, mais il avait aussi recommandé de ne pas scandaliser les faibles ?, il s’en tenait encore aux préceptes noachiques $, et n’osant se résoudre à abandonner le mot de circoncision, il en faisait une image, «la circoncision du cœur.» Toutes ces cérémonies et observances non-seulementsonttraitées, dans notre-épître, de folies, superstitions et vanteries absurdes, mais sont même regardées comme mauvaises, Comme impies.

Nous avons analysé le côté polémique de l’apologie de notre auteur ; passons maintenant au côté. positif, apologétique proprement dit.

Le culte des chrétiens est tout le contraire du culte païen et du culte juif; il est essentiellement spirituel comme le Dieu auquel il s'adresse, et il se manifeste dans leurs mœurs et dans leur vie,

Extérieurement les chrétiens ne.se Sa point des autres hommes ; ils n’ont point de pays, de langue, de coutumes, d'institutions à part; ils.se trouvent partout, chez les Grecs comme chez les Barbares, et, s’accommodant aux usages, au costume et au genre de vie de tous les peuples, ils mènent aux yeux de tous une conduite étonnante et admirable. Ils sonten chair, mais

“Rom. 14,541 Cor.4, 102 01 66:

#Rom. 14, 1-6, 14-15 ; 4 Cor. 8, 7-11 ; 4 Cor. 10, 28. NE Vas por A cl

#Rom. 2, 29.

ils ne vivent pas selon la chair; ils habitent cette terre, mais ils sont citoyens du ciel!. Ils aiment tous les hommes et leur font du bien, mais tous les haïssent et cherchent à les faire périr. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers, les Grecs les persécutent, et cependant leurs ennemis ne peuvent dire quelle est la cause d’une telle haine. Pour tout dire par une comparaison, les chrétiens sont dans le monde ce que l'âme est dans le corps. Comme elle est répandue dans tout le corps, ils le sont dans tout le monde ; comme elle est invisible dans le corps, leur culte est invisible dans le monde ; comme la chair haït l'âme, parce que celleei l'empêche de jouir, le monde haïit les chrétiens, parce que ceux-ci combattent contre la jouissance des plaisirs; comme l’âme contient le corps, les chrétiens contiennent le monde; comme l’âme immortelle habite une tente mortelle, les chrétiens habitent un monde périssable , en attendant la céleste incorruptibilité.

Ce morceau le plus admirable de toute l’épitre par sa forme, ne l’est pas moins par les idées belles et pures qu’ilrenferme. « Ne pense pas apprendre des hommes, » avait dit notre auteur à Diognète, «le mystère du culte des chrétiens.» Sa pensée nous paraît être que ce mystère est un principe divin qui agit sur la conscience chrétienne et terid à se manifester dans la vie. Ge culte intérieur et invisible dont il parle, n’est, au fond, qu'un acte qui se passe entre Dieu et la conscience, et par lequel une force nouvelle est communiquée à celle-ci pour l'aider à faire le bien. La vie en est l’expression et, par

1 Cf. Rom. 8, 1, 4, 12, 13; Gal. 5, 13; Éph. 2, 19; Phil. 3, 20; 2 Tim. 2, 12. |

cela même, la preuve: c'est à elle qu'on reconnaît le chrétien, puisque extérieurement rien ne le sépare des autres hommes et qu’en lui-même son culte est tout esprit. Il y a ici accord parfait avec ces paroles du quatrième Évangile, dont le point de vue spiritualiste ressemble du reste assez à celui de notre épître: «Elle vient, elle est déjà venue l'heure où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car tels le Père demande que soient ceux qui l’adorent: Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité. Mais notre auteur appuie particulièrement sur ce que ce culte doit se manifester dans la vie du chrétien. Le vrai culte pour lui, c’est une vie 1rréprochable et sainte, c’est la tendance perpétuelle vers la perfection. Il est moins mystique que Jean, plus pratique, et je dirai plus philosophe.

Avec un point de vue si élevé, nous comprenons l’aversion de l'épitre pour le culte païen et juif, qui consistaient en formes extérieures, en cérémonies pompeuses parlant aux yeux et à l'imagination. Mais nous comprenons aussi pourquoi elle ne dit pas un mot des cérémonies réligieuses des chrétiens, de leurs assemblées, des prières et des lectures d’édification faites en commun, toutes choses dont il est beaucoup parlé, non-seulement dans Justin et d’autres auteurs de cette époque, mais aussi dans le Nouveau Testament. L’auteur n’a peut-être pas songé que ce besoin de manifester en commun ses sentiments religieux est un des moyens qui agissent le plus efficacement sur la volonté morale et, par suite, sur la vie du chrétien.

1 Jean 4, 23-24.

Ce tableau de la vie et des mœurs des chrétiens avait pour but de montrer que le principe ou la doctrine qui produit de tels effets, vient de Dieu. Voici maintenant en quoi consiste cette doctrine.

Dieu a envoyé le Logos aux hommes et a voulu l’affermir dans leurs cœurs. Il l’a envoyé non pour exercer la tyrannie ou pour répandre la terreur, mais pour manifester sa douceur et sa clémence; il l'a envoyé aux hommes comme roi, comme Dieu, pour sauver, pour persuader, non pour violenter, car la violence n’est point en Dieu ; pour appeler, non pour persécuter, pour aimer, non pour juger.

Les motifs de cet envoi ont été l’ignorance dans laquelle se trouvaient les hommes à l'égard de Dieu, puis leur état de péché.

Personne ne pouvait connaître ce qu'est Dieu. Les vaines spéculations des philosophes qui cherchaient son essencetantôtdans le feu, tantôt dans l’eau, tantôtdans un autre élément, ne sont que mensonges et charlatanisme. Car personne n’a pu voir ni faire connaître Dieu. Il a donc fallu qu'il se monträt lui-même : or, il se montre par la foi, qui seule a le privilége de le voir. Elle le voit plein d’amour, de patience, de bonté, de véracité dans le plan de salut qu'il a conçu et préparé dès le commencement, qu'il a communiqué à son Fils seul, et qu’il a par lui révélé et fait connaître aux hommes.

Le second motif de l’envoi du Logos était l’état de péché dans lequel se trouvaient les hommes.

Dieu, voulant nous convaincre par nos propres actions que notre nature ne pouvait obtenir la vie, et nous porter à n'avoir recours qu'en sa bonté, nous a abandonnés à nos propres forces, a permis que, poussés par

le plaisir et la cupidité, nous agissions conformément aux penchants déréglés de notre cœur, et, sans se réjouir de nos péchés, les a tolérés, créant, pendant ce temps d’iniquité, l'esprit de justice ou la nouvelle économie. C’est pour cela qu'il a retardé l’envoi du Logos. Mais notre méchanceté étant arrivée au comble et ayant été démontré de la manière la plus évidente qu’au lieu de la vie nous n'avons à attendre que la mort, la bonté et la puissance de Dieu nous ont sauvés au temps fixé d'avance par lui. [la pris lui-même nos péchés, a donné son propre Fils en rançon pour nous et nous a considérés comme justes à sa place. C’est ainsi que nous avons pu obtenir la vie.

L’acceptation de ces doctrines aura pour premier effet de faire reconnaître à Diognète l'amour de Dieu envers les hommes, amour qui s’est manifesté en ce que Dieu a créé le monde à cause d’eux, leur assujetüssant tout ce qui est en lui, en ce qu'il leur a donné la raison et l'intelligence et le privilége d'élever vers lui les yeux, en ce qu'il les a formés à son image, leur à envoyé son Fils unique et leur à promis le royaume céleste qu'il donnera à ceux qui l’aimeront. En second lieu, Diognète , en reconnaissant cet amour, se sentira inondé de joie, puis sera porté à vouer un égal amour à Celui qui l’a aimé le premier, amour qui se manifestera dans limitation de la bonté de Dieu. Imiter Dieu, cest se dévouer pour son prochain par une charité sans bornes. Alors on voit de la terre Dieu gouvernant le monde dans le ciel ; alors on commence à parler des mystères de Dieu; alors on condamne l’imposture et l'erreur du monde et l’on admire ceux qui souffrent pour la justice; et lorsqu'on sait déjà vivre de la vraie

vie du ciel, on ne craint pas la mort d'ici-bas. Quant à ceux qui rejettent ces doctrines et qui persécutent les chrétiens, ils mourront de la véritable mort, ils seront condamnés au feu éternel qui les châtiera jusqu’à la fin.

Tel est le contenu général de notre épître. Pour que nous puissions maintenant plus facilement en comparer les doctrines avec celles du Nouveau Testament et savoir en quoi elles s’y rattachent et s’en éloignent, nous allons exposer systématiquement ses idées théologIques.

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