EATIG. (TreAclor x.T.À
Le raisonnement de Jacques est le plus serré. Il semble que Paul ait voulu plutôt donner une liste complète que fixer avec rigueur un processus psychologique. En somme, vu la fréquence du thème : patience, fermeté, héroïsme dans et par la souffrance, à travers la littérature juive et chrétienne primitive, rien de probant ne rapproche particulièrement entre eux ces deux développements. Si l’un des auteurs avait connaissance du texte de l’autre, nous ne pouvons conclure qu’il l’ait formellement imité. ARN. MEYER (p. 105) se prononce à peu près dans le même sens.
L'idée de la souffrance injuste frappant les chrétiens revient à plusieurs reprises dans la première épitre de Pierre; celle de Jacques ne lui donne certes pas la même place presque prépondérante ; notre auteur procède par juxtaposition de sentences et d'exhortations plutôt qu’en suivant un plan d’ensemble. Au surplus, dans 1 Pierre 1, 6-7, les « épreuves diverses » qu’il faut endurer établissent bien, comme ici, rù Soxiurov Üuüv rc tioreuc, mais on s’en tient là, tandis que pour Jacq. x, 4 il importe de s'élever jusqu'à la perfection morale. Enfin, Soxiuov précisé (x Pierre 1, 7) par l’image de l'essai des métaux précieux (cf. Sirac 2, 5 ; Prov. 17, 3 ; 27, 21) comporte la nuance : de bon aloi, authentique, alors que Jacq. 1, 3 exprime seulement l’idée de vérification. Ici encore, l’ample exposé de 1 Pierre 1, 3-12 (car les v. 6-7 ne se suffisent pas à eux-mêmes) d’une part, les lignes rapides de Jacq. 1, 2-3 d’autre-part, développent une pensée dont ni l’un ni l’autre écrivain n’a la paternité. Cf. ci-après, p. 261-263. On peut regretter qu’un rapprochement mieux défini
ne vienne pas jeter quelque lumière sur les dates respectives de la
composition de ces deux épiîtres. Mais, en l’espèce, des expres-
sions partiellement identiques n’entraînent pas nécessairement
influence directe d’un texte sur l’autre. Tout au plus admettra-
t-on que l’idée était dans l’air et que l’épître de Jacques n’a pas
e être composée longtemps avant ou après la première de lerre.