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lui prêter une systématisation excessive. Aussi bien la foi qui consiste à mettre toute son âme dans une prière, à en bannir hésitation, angoisse, pensées adventices, serait-elle seulement une réduction de la foi qui consiste à faire profession de l’existence de Dieu (2, 19) ? Si l’auteur ne dit pas ici, comme celui de l’épitre aux Hébreux (10, 22) : ëv rAnpopopia riorewc, le contexte souligne avec autant de puissance combien cette foi lui apparaît, pour ainsi dire, chevillée à l’âme ; prier ëv rtote. touche au mysticisme, encore que l'exposé garde le ton didactique. Cf. 5, 15. (HERMAS, dans son préc. 9, très apparenté à Jacg. t, 5-8, exhorte expressément celui qui doute à « se revêtir de la foi », 7).
On est donc fort éloigné du sens de la même locution qui semble technique dans divers contrats (papyrus) : ëv niotet, en entrepôt gagé, nantissement s’il s’agit de biens mobiliers, hypothèque pour des terres ou des immeubles. La notion de crédit explique cependant cette rencontre.
De tous les textes qu’on pourrait rapprocher de celui-ci, le plus frappant est bien Marc 11, 24 : névra 6x mpooetyeode Hat œitetole, morebere dTr ÉAdfete, xat Éotar uiv,; cf. Matth. 21, 22. Nouveau point de contact avec la tradition synoptique. — Voir aussi Sirac. 7, 10 a. — Par contre, la foi que Paul présente comme un charisme (1 Corinth. 12, 9 ; 2 Corinth. 8, 7; Galates 5, 22) consiste-t-elle uniquement, ainsi que l’affirme ici Dibelius, en une certitude de l’exaucement de la prière ? Elle a, croyonsnous, plus de souffle, de richesse intrinsèque et de portée agissante. Cf. p. II0 s. |
Condition négative et complémentaire : nÔëèv duaxxptvouevoc. Cf. le schéma : positif-négatif, v. 4-5. undév est absolu : sous aucun prétexte, à aucun point de vue. Otuxpuveiv, juger, décider, trancher (en discutant : Jwde, v. 9). En dehors du christianisme, on n’a pas rencontré le passif au sens de : être intérieurement divisé, douter (dans son cœur, Marc 11, 23; Protévang. de Jacques 1x, 2) ; (par manque de foi : Romains 4, 20 ; Homél. ps. Clément. 1, 20 ; 2, 40). Voir aussi Romains 14, 23 ; Actes 10, 20 ; 11, 12. Le préceple 9 d'HERMAS, qui combat les prières hésitantes, revêt presque l'allure d’une amplification décousue, verbeuse et décolorée de Jacq. x, 6-8 ; cf. ci-après, v. 8. IGNACE aux Tyall. 1 emploie ädiéxprroc.
Ô y%p (explication qui va renforcer l’idée au moyen d’une image) Oiaxpivomevos Éotxev xAVJo Oahdoons évemtouéve xai brriCouéve. Les comparaisons empruntées au monde marin sont assez fréquentes dans la diatribe et chez PHILON. Exemple : de sacr. Ab. et Caïmi, 90; p. 181, oùy va odAov xal por rai XAUdova @ôe xdxeios popobsevos dorétios Ürouévne, &AN va ToÙ odhou mavoauevos, aibpiav xal yaxñvnr &ydyns. L'A. T. fait aussi de la mer orageuse l’emblème de l'agitation et de l'instabilité : Jérém. 49, 23; Esaïe 57, 20, mais ces textes n'appliquent pas leurs images à des gens enclins au doute. En
tout cas, si notre auteur en renouvelle les termes non sans art, il n'a pas créé la similitude elle-même. Comme il en affectionne un bon nombre d’autres, tirées aussi de la nature mais sans rien de maritime, 1, 6 et 3, 4 ne sauraient autoriser à supposer l’épitre composée au bord d’une mer ou d’un lac, et l’auteur originaire de leurs rivages. Rien ne prouve strictement qu’il évoque la mer Méditerranée (CHAINE) plutôt que toute autre (lac de Génésareth, etc.), où le vent souffle sans plus d'obstacles. A la rigueur, il pourrait même ne connaître que par imagination ou pour en avoir entendu parler ce qu'il décrit ici.
Éoixev se retrouve au v. 23. Les autres écrivains du N, T. n’emploient pas ce verbe rare, éouxx, parfait de l’inusité elxw, qui a pris le sens du présent. Cf. Papyr. d'Oxyr. 6, 899, 18 (200 après J.-Ch.), GVÔpROL Yap Éoirev T Te yewpyuc, c'est à des hommes que le travail de la culture convient, est adéquat. Les comparaisons procèdent plus habituellement (N. T., Septante, etc.) au moyen de simples conjonctions, bc, &orsp, ou de l'expression courante éuouoc, ouolu éativ (n Puateix Tév oùpavéy), etc. Le datif suit souveæt les différents verbes qui marquent la ressemblance, Matth. 23, 27 ; Hébr. 2, x, etc.
-1%8œ, le flot, le mouvement des vagues, avec idée d’agitation : Luc 8, 24 ; 1 Macchab. 6, 11 ; Sag. de Sal. 14, 5. VETTIUS VALENS, p. 344, 15, parle d’un bateau exposé rois... pubproic xAôoouw. Cf, xAW0ovi Cou, Ephés. 4, 14 (figuré). .
Ici l'impression de danger s'exprime surtout dans les deux participes qualifiant ce flot et à peu près synonymes. Chacun d’eux est un hapax du N. T, éveuttôueve, soumis au vent, enflé, poussé par lui ; ce verbe n'est attesté que chez un scoliaste de l'Odyssée 12, 336, et dans le Leumon de l'écrivain byzantin du vie siècle JEAN Moscus EUCRATÈS. Le terme classique est aveuodoba ; on remarque que Jacques emploie volontiers des verbes en {{w; l’épitre n’en contient pas moins de quinze. purilouéve, de punis, éventail ou soufflet à feu, est classique déjà dans le sens d’agiter en parlant du vent : PLATON, PLUTARQUE, Dion CHRYSOST. Cf. PHILON, de gig. 11; épître d’Aristée 70, beriGovroc Tod rar Tov dép nveüuatoc. Voir aussi oxAeuouevoy, Matth. 11, 7. — Hénoch 101, 4. L'ensemble évoque la houle (cf. Esaïe 57, 20 ; Jonas 1, 4) ; «entre les deux termes, la pensée se balance comme le flot qui s'approche et s'éloigne du rivage. » (CHAINE, p. 11). Image heureuse assurément pour décrire une âme livrée au doute, ballottée, instable, sans atténuer ses perplexités mais sans les dramatiser outre mesure. Jude, v. 13 use d’une comparaison d’abord analogue, xiuara &ypix Oxdoonc #.7.)., mais en tire d’autres applications. |
7, 8. Incontestablement, 6 &vÜpwnos éxeivac du v. 7 ne fait qu'un avec &vñp dibuyos du v. 8. éxeivos ne saurait contraindre à considérer avec HORT le premier comme désignant ri du v.s, tandis que seul le dernier continuerait à s'identifier au douteur
du v. 6 : « que cet homme (qui est invité à demander à Dieu la sagesse) ne s’imagine pas que l’homme à l'âme partagée reçoive, etc. » Ne suffit-pas d'envisager cette tournure amphigourique pour s'abstenir de l’imputer à un auteur qui ne s est pas jusqu'alors montré mauvais styliste ? Aussi bien manie-t-il volontiers l’apposition : 3, 2, 6 ; 4, 12. 6 ävÜpwnoc éxeïvos paraît bien refléter un sémitisme : Hd’?$ hahou’ ; cf. Lévit. 20, 3-5, etc., ici avec une petite pointe péjorative ; cf. Marc 14, 21; Matth. 206,24 LUC 22/22 "HERMAS PTE NS, 2/7 AIT NT2 L
7. uh yo oiéolw, cf. ei mic Joxst, 1 Corinth. 3, 18; Galates 6, 3. Ah! (yo, à coup sûr!) qu’il ne se fasse pas d'illusions présomptueuses. L'auteur ne pose pas le fait comme établi; il ne dit pas s’il y a ou non, parmi ses lecteurs en particulier, des gens qui prient tout en doutant de l’exaucement. Il veut prévenir et écarter une pareille éventualité. Bien attesté dans les papyrus, le verbe oîuat, otoua ne figure que trois fois dans le N. T. : ici avec ër, dans Jean 21, 25 et Phihpp. 1, 17, suivi d’un infinitif. — Cf. Job 11, 2 ; 1 Macchab. 5, 61 ; 2 Macchab. 5, 21. Soxéw dans le même sens est beaucoup plus usuel chez les écrivains chrétiens ; exemple, Maith. 3, 0.
Or An[u]berar ri rap roù Kupiou. Le Seigneur désigne évidemment Dieu, celui qui donne (v. 5), comme dans 3, 9 ; 4,10, 15; S'ANIONTI: CPAS AIAANIESUS
8. ävñhe Otbuyoc. La répétition du mot : homme (avec un adjectif qualificatif l’auteur n’emploie pas &vfpwroc ; cf. I, 23; 2, 2; 3, 2) n'était pas indispensable ; c’est peut-être encore un hébraïsme. Les Septante, de même, prennent souvent &vio au sens général d’ävôpwroc (Psaumes, Proverbes, etc.).
Sibuyoc, plus précis que dtxxpivôuevos (v. 6), ne se trouve qu'ici et dans 4, 8 à travers toute la Bible. On le rencontre chez PHILON, puis fréquemment chez les Pères : 1 Clément. rom. 23, 2 S. (rpopnyrixdc A6yoc), défini par : où duoréCovres Th Vuyt ; 2 Clém. rom. 11, 2. Didaché 4, 4 a le verbe correspondant. HERMAS n'emploie pas moins de quarante fois le substantif. On en rapprochera iyAwococ (Sirac. 5, 9) ; doyoc (1 Timot. 3, 8) ; diopoownoc (Testam. d'Asser 2); Guyvouc (PHILON, de merc. meretr. 4, p. 209), etc. Il y a bipartition dans l’âme hésitante. Cf. Hénoch 01, 4; Ps. 12, 3, beléb wäléb, cœur partagé ; èv xapdla Goo, Sirac. 1, 25 (texte grec) ; Midr. Tankhouma commentant Deutéron. 26, 16. Voir aussi les sceptiques, cé‘äphim. Ps. 119, 113 (hapax), que G rend fort approximativement par rapävouovc. Le CES de Siguyos n’est autre que &£ 6Anc rc buyñc, Deutéron.
äxatäotatoc, également isolé dans le N. T. (cf. 3, 8 et le substantif 3, 16), n’est du moins inconnu ni des Septante : Esaïe 54, 11, ni en dehors de la Bible : POLYBE, etc. Voir aussi T'estam. de Job 36; HERMAS, Préc. 2, 3 : la médisance est un dxaréorarov dausoviov Defixionum Tabellæ, ed. A. AUDOLLENT, Paris, 1004,
n° 4 (Cnide, 11° ou 1er siècle avant J.-Ch.) : dvariômu Aduaror koi Kôpar Tov Thv oixlav Lou dxaté[o]rurov rouodvræ. Cf. 2 Corinth. 6, 5, émeutes. Précisé par èv réoacs rai 60oïç œdrod (bekol deräkäw, Ps. 9x, 17 ; Prov. 3, 6, etc. ; cf. Actes 14, 16 ; voir aussi Jacq. 3, 11), &xaréotaros donne un parallèle exact à Sibuyoc : même fragilité, même incohérence dans la conduite que dans la vie intérieure ; tout est précaire, endommagé, compromis par le fléau du doute. Cf. HERMAS, Préc. 9, spécialement 5 ; 7, 8-12. Ici l’auteur définit et constate, plutôt qu'il ne prophétise.
1, 5-8 est un petit développement aux contours arrêtés non sans finesse, au contenu sobre mais substantiel. Il s’en dégage un contraste puissant entre la munificence divine offerte à tous et les obstacles que, comme à plaisir, l’homme qui tergiverse oppose à son propre épanouissement spirituel. Très vite, en effet, l’exhortation à la prière a cessé de viser uniquement la demande de la sagesse. C’est au sens le plus général que la prière, quelle qu'elle soit, doit s'affranchir du doute et puissamment revivifier la pieuse confiance en Dieu, qui, apparemment, s’alanguissait parmi les destinataires de l’épître. Cette pensée reviendra avec au moins autant d'intensité et de ferveur presque au terme de l’épître : 5, 13-18.
Il y a peut-être opposition voulue entre les deux conclusions : V. 4, Ëv undevi..., v. 8, Èv roc.