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pures et simples. Le péché produit la mort, c’est pour lui un fait ; s’il l’a attribué à l’action de la convoitise, il n’a pas compliqué sa brève analyse, par exemple en se référant à la contrainte de la chair (cf. Paul, dont certaines déclarations assez analogues à celle de Jacques, Romains 5, 12b ; 6,23 ; 7, 5, impliquent une théorie plus ample) ; il n’éprouve pas davantage le besoin de s'étendre sur le résultat final. « La mort » en dit assez, Cf. Genèse 2, 17. Pour retenir pratiquement les pécheurs sur la pente, si les V. 13-15 ne suffisaient pas, aucune considération complémentaire: ne saurait mieux réussir.
Nous avons déjà rencontré aux v. 3-4 cette forme d’argumentation : À produit B, B produit (v. 4 : doit produire) C. Ce sont bien, suivant l'expression de DIBELIUS, les chaînons d’une: chaîne, plutôt que les termes d’une simple gradation ou la stricte argumentation d’un sorite. La poésie populaire a toujours affectionné ces déroulements, que la mémoire retient aussi facilement que des refrains (parfois intercalés, à chaque anneau de la chaîne) ; une strophe part du point d'arrivée de la précédente pour rebondir jusqu'à la suivante, comme l’onde d’une cascade à degrés égaux. MISTRAL, par exemple, a adapté un vieux thème de transformations ainsi bâti et dont il existe mainte variante :
… Je me ferai (A); — Si tu te fais (A), Je me ferai (B); — Si tu te fais (B), Je me ferai (C), etc. (Mireille).
Cf. Les plus jolies chansons du pays de France, Paris, Plon, s. d., p. 25 ss.
En voici deux autres exemples, où se répètent soit un vers, soit deux :
Auprès de ma blonde (dix strophes)
La verdr, la verdon (douze strophes)
Ah ! si j'avais un sou tout rond, J'achèterais un blanc mouton, (Refrain) J'achèterais un blanc mouton, Je le tondrais à la saison.
(Refrain) Je le tondrais à la saison.
(Cf. Chansons populaires de France, * Paris, 1865, passim).
… Les lilas sont fleuris ;
Tous les oiseaux du monde
Vien’t y faire leur nid.
(Refrain)
Tous les oiseaux du monde
Vien’t y faire leur nid,
La caill’, la tourterelle,
Et ma joli” perdrix.
(Refrain)
La caïll’, la tourterelle
Et ma joli perdrix,
Qui chante...
(Chanté par les soldats de Villars à la prise du Quesnoy, 1712).
Voir encore, du même modèle que la dernière, Les fraises et les framboises, neuf strophes (Dix vieilles chansons, recueillies
par JEAN GUIGNEBERT, Paris [1925], n° 1). — CH. NISARD, Des chansons populaires chez les anciens et en France, 2 vol. Paris, 1867.
Dans certain poème à forme fixe, le même mot doit se placer à la rime finale d’une strophe et à la première de la suivante. Cf. THÉODORE DE BANVILLE, Petit traité de poésie française, Paris [1872], p. 205 ss.
Sous ces aspects spontanés ou même naïfs, c’est déjà le développement de la pensée qui s'affirme et frappe l'attention. L'art oratoire, en s’appropriant un procédé analogue, en tira à son gré des effets saisissants. L'exemple classique vient de DÉMOs- THÈNE, de corona, 179, oùx eirov èv TadT oùx Eypada dE, OÙ Éypaba uèv, oÙx ènpéobeuan dE, oÙd Érpéobeuox LÈv, oÙx Érercx dE Mnôxiouc. L’auditeur est tenu en haleine, à la fois par le plaisir de deviner la répétition immédiate et par l'attente du terme final qui lui reste inconnu.
S'agit-il de passer des réalités extérieures aux réflexions ou décisions personnelles ? Le raisonnement de Paul dans Romains 10, 13-15 suffirait à prouver la puissance de l’enchaînement bien articulé : « Sera sauvé quiconque invoque le nom du Seigneur ; — mais comment l’invoquer si l’on ne croit pas ? — comment croire si l’on n’a pas entendu parler de lui ? — comment entendre parler de lui si on ne vous l’a pas prêché ? — comment prêcher si personne n'est envoyé ? » — Voir aussi Romains 5, 4-5, comparé plus haut à Jacq. 1, 2-4, et Romains 8, 28-30, enchaînement où l'enthousiasme s’unit à la rigueur logique.
De pures abstractions se prêtent aussi bien au même traitement et en bénéficient. Cf. le catalogue de 2 Pierre x, 5-7, qui se distingue par l’absence de gradation ou de classification : « ajoutez à la foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour. » HERMAS, Vis, 3, 8, 7, énumération assez voisine de la précédente, contient six termes, de nioric à àyarn. Sag. de Sal. 6, 17-19 : « le commencement de la sagesse, c’est un très sincère désir d'instruction ; quand on ia désire, on l’aime ; quand on l’aime, on en observe les préceptes ; quand on en observe les préceptes, on obtient l'immortalité ; quand on obtient l’immortalité, on s'approche de Dieu. » CICÉRON, Pro Roscio Amerino, 75 est peut-être plus frappant encore : in urbe luxuries creatur, ex luxurie existat avarihia mecesse est, ex avaritia erumpat audacia, inde omnia scelera ac maleficra gignuntur.
La mystique et, plus généralement parlant, la théologie n'ont pas manqué d'utiliser ce mode d'exposition. Exemples : PORPHYRE, ad Marcellam 24, moredou yàp dei dr Lévy owrnoix A mpôc Tov Dedv tuoTpoph, xai mioreboovra bc EU uéora orovddou
TRAN0T yvéôvar nept adTob, ka yvévra Épaodñvar Toù yvwobévroc, Épaodévrx DE EAriouv &yalais roépeuv rhv duyhv Dix rod Blou, éArior yae dyabais oi &yafot Tév pabawy drepéyouor. — Corpus Herm. I4, 3, obtroc &Ëloy éort voñoat xai vonoavra Oauudoa xa Bauudouvra Éaurdv paxapirar rdv yvhorov raréox Yvwpioavræ. — AUGUSTIN, dans son de catechizandis rudibus, raisonne ainsi : « On apprend, en écoutant, à croire; en croyant, à espérer; en espérant, à aimer. » — Citons encore cet extrait d’une lettre du FRÈRE LAURENT (1611-1601), dont la forme interrogative fait penser à Romaïns 10, 13-15 : « Nous ne pouvons éviter les dangers et les écueils dont la vie est pleine sans un secours actuel et continuel de Dieu ; demandons-le-lui continuellement. Comment le demander sans être avec lui ? Comment être avec lui qu'en y pensant souvent ? Comment y penser souvent que par une sainte habitude qu'il faut s’en former ? » (La pratique de la Drésence de Dieu, éd. 1924, p. 134).
Il convient enfin de mentionner un logion attribué à Jésus, Papyr. d'Oxyr. 4, 654 : où raboerar 6 Enrov Éwc &v ebon, ebov dÈ Oau6n0oetar, Oau6n0ets DE BuorAedoer, BaorAetonus DE Énavaratoera. Une sentence à peu près identique provient, d’après CLÉMENT D'ALEXANDR., Sérom., 5, 14, 06, de l’'évangile des Hébreux.
Ces diverses citations, qu’il serait facile de multiplier, suffisent à mettre en lumière la fécondité et la souplesse d’une forme d’élocution au premier abord toute mécanique, mais qui se prêta tour à tour à décrire les étapes de l’union mystique, les degrés de la connaissance religieuse et, avec notre auteur en particulier, les dangers qui menacent la vie morale, aussi bien que les forces qui la doivent alimenter. En adoptant ce procédé de style, Jacques lui imprime la marque de son tempérament ; loin de copier des modèles, il est assez maître de sa langue et de sa pensée pour revêtir d’une couleur et d’une vie originale le cadre de son argumentation.
16. Cette fois, la transition saute aux yeux. L'auteur va représenter l’origine divine de toute grâce, tout don parfait, tout bien, v. 17. Il a établi, v. 13-15, qu’on ne saurait imputer à Dieu la tentation. Il passe du négatif au positif par une apostrophe remplie de sollicitude : attention, mes frères bien-aimés, pas d’équivoque, pas de malentendu !
M mhaväole. Cf. x Corinth. 6, 9 ; 15, 33; Galates 6, 7; — IGNACE aux Éphés. 16, 1 ; aux Phlad. 3, 3 (avec àÿeAgot pou) ; aux Éphés. 5, 2, unes rhaväow. Cette formule, dont les Septante n’ont qu'isolément l'équivalent : undë nhaväode, est attestée au style direct chez ÉPICTÈTE, 4, 6, 23, meptepyôuevos xnpôoow xai Ayo uh mhaväoe, &vdpec, éuot xxAdG éoriv. Ailleurs le même philosophe emploie : un éE«raräofe. Voilà donc un contact direct entre les écrivains chrétiens et la diatribe. Le sens figuré de rhxväw (proprement : écarter, égarer, cf. 5, 19) est d’ailleurs courant dans les #nscriptions et les papyrus. Voir encore Luc
27, 8 : Baérere uh rhavnre (les parallèles, Marc 13, 5; Maith. 24, 4, ont ce verbe à la voix active).
&ÿeoot uov &yarnrot. Cf. v. 2; 1 Corinth. 15, 58. À l'exception de 3, 10-12, « mes frères » ne se trouve dans l'épitre que soit en passant d’un développement au suivant comme 1CI, 4, II ; 5, 9, 12, 10, soit en tête d’une sentence, I, 19 ; 2, 14; 3, I ; 5, 7» soit en abordant un point à préciser au cours du développement déjà commencé. Cf. à dyarnrès àdekp6c après ou avant un nom propte : Coloss. 4, 7-9 ; Éphés. 6, 21; (2 Pierre 3, 15) ; adekpov œyarnrov, Philémon,.v. 16; &yarmroi ou, I Corinth. YO; LA rdv éyarnrév uov, Romains 16, 5, 8; &yarnroi seul, 1 Pierre 2,11; 4,32; Jude, v:3,27, 20 ;'2 Pierre 3,4, 3,14; 41) DT e0mM9 22 IGNACE aux Magnésiens 11, 1; aux Smyrn. II, I, etc. ; GyxTnTé, 3 Jean, v. 2, 5, 11; Romains 16, 12. Lettre de Psenorisis, Pafyr. de Grenjell 2, 73 (fin du 1e siècle après J.-Ch.), *AroôMow roccôvréow &yarnré &dekpé èv K(vot)w yaipeuv. Etc. « Frères bienaimés » n’est pas attesté dans la littérature juive.
D'une manière générale, les trois noms les plus caractéristiques que les chrétiens des premiers siècles se donnèrent entre eux collectivement furent : &ytiou, &deApot et éxxAnoia (rod Oeod). Cf. les suscriptions des épîtres. Notre auteur n’emploie pas le premier. Pour le dernier, cf. 5, 14. TE l
17. rûoa 36|oc &yalon ka] mäv Swlonux TélActov forme un hexamètre, défectueux il est vrai au second pied, éybrachus, mais aisément corrigible : réaux pour &yalñ. Cette cadence, qui se prêtait aux adaptations liturgiques, est-elle venue d’ellemême sous la plume de l'écrivain, tout pénétré de la majesté de son sujet, comme le montre le ton grave et presque solennel du contexte ? Nous inclinerions à l’admettre, car la rencontre, curieuse en soi avec 1 Corinth. 15, 33, où Paul cite un vers proverbial en disant : 1h mAaväore, reste isolée et pourrait se réduire à une coïncidence. D'ailleurs l’hexamètre ne se suffit pas à lui-même ; c’est arbitrairement qu’on a proposé de sous-entendre deux fois le verbe être : « toute donation est de valeur ; tout présent est parfait. » Si donc il y avait emprunt ou réminiscence, il ne s'agirait pas d’un dicton reproduit tout entier, mais du premier vers d’un ensemble plus ou moins étendu, utilisé ici pour un autre exposé. Or, à l'encontre des fragments cités dans Actes 17, 28 et Tite 1, 12, l'original n’a pas été découvert dans la poésie grecque.
Il faut cependant reconnaître que l’influence, consciente ou non, d'un autre auteur, expliquerait assez bien une légère nuance de décousu dans la pensée. Après les v. 14-15, c’est de l’homme que vient toute tentation, on attend : de Dieu vient le bien et non le mal (idée courante dans le judaïsme hellénistique, PHILON, passim ; Aristée 205, etc. Cf. Matth. 7, 11: Luc 11, 13. Avec la tournure : « toute donation etc. », on a : le bien, tout bien vient de Dieu. Si, néanmoins, l’ensemble du v. 17 reste original, est-on contraint de le tenir pour d’abord
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indépendant des v. 13-15 et ensuite utilisé comme démonstration, approximative quant à la forme, du principe : le mal ne peut venir de Dieu ? Cette hypothèse, admise par DIBELIUS, pousse un peu loin la fragmentation. -
rnücx, ràv n'a rien de limitatif; il ne qualifie ni S6ow ni Swpnux d'entier ou d’intact (FEINE : lauter; cf. Actes 23,1). Comme à peu près constamment devant un nom de chose ou d'action, il signifie : tout (quelconque), chaque.
Entre Géo et Sopnux la synonymie est aussi étendue que possible, comme il convient pour des expressions gouvernées par le parallélisme de la phrase. Théoriquement, les suffixes permettent de distinguer le don, acte, la donation, et le don reçu, résultat de l'acte, « Geben-Schenken » (HAUCK, p. 65). déou, que le N. T. n’emploie qu'ici et, dans Philipp. 4, 15, avec Auduis (doit et avoir), est très usité en comptabilité : versement, remise (en espèces ou en nature), paiement (d’impôts, etc.) ; cf. papyrus et ostraca ; plus généralement, ce mot peut signifier : dépense, Sirac. 42, 7, etc. Cf. EPICTÈTE, Dissert. 2, 0. dopnux n'apparaît également qu'une autre fois dans le N.T., lui aussi chez Paul, Romains, 5, 16 ; cf. yéotouæ, au v. 15. Le texte suivant lui associe l'adjectif ici appliqué à Sdooù (cf. Matth. 7, 11, doce dyadd) : dote ai por yéotra nai Tv E(u)roo00ev révrwo[v] xai Téyax Jwomuara, fragment peut-être magique du 1v° siècle après J.-Ch., Papyr. de la Soc. Ttal. x, 20, 23. On rencontre ce mot, rare et poétique, chez SOPHOCLE et XÉNo- PHON. S'il semble impliquer plus nettement que S6ou ce que le don a de spontané et de généreux, en conclurons-nous, avéc MAyoR, que d6o1ç s'applique à la sagesse du v. 5, et Sopnux à la couronne de vie du v. 12 ? Limitation injustifiée. La pensée de l’auteur plane ici, pour ainsi dire, dans l'absolu.
Les adjectifs, eux aussi de signification en principe équivalente, marquent une gradation : bon, précieux ou excellent (pour celui qui reçoit le don), — parfait (en soi ; cf. v. 4).
ävoBev, cf. 3, 13, 17. Les trois acceptions de cet adverbe sont représentées dans le N. T. comme ailleurs : 1° (venant) d'en haut, notamment cinq fois dans le quatrième évangile, cf. ëx Toù oùpavoÿ, Jean 3, 27, à rapprocher de notre v. 174; — 2° (transposé dans le temps) d’origine plus ancienne, depuis l’origine, antiquus (cf. Sylloge, 920, 81), Luc, ï, 3 ; — 3° de nouveau, Galates 4, 9, raw &vwlev. — Ici comme le plus souvent le sens primitif est clair : tout don parfait vient du ciel (odpxvéBev). Rabbi Khanina ben Pazzi disait : « Il n'y a pas de chose mauvaise qui descende d’en haut. » (Sanhédrin 59, 2 ; cE. STRACK- BILLERBECK, 3, p. 572). Voir aussi PHILON, de somn. 1, 26. Un fragment hermétique, Képn xéouov, dans Siobæ Ecloge physicæ et ethicæ, déclare que tout bien (beautés de la nature) vient drd roù bmepxeuwuévou. Cf. PLUTARQUE, non fosse suav. vivt, 22, 1102 D. — HERMAS, Préc. 9, 11.
Zoruw xaraBaivov. La Vulgate suppose une virgule après ëoruv : desursum est, descendens a Patre luminum. Le premier verbe définirait l’origine céleste du don parfait, cf. 3, 17 ; HERMAS Pré 0, Il; 11;,5 ; lersecondesa transmission, par descente, de son auteur, Dieu, à ceux qui le reçoivent, les hommes. Il semble beaucoup plus probable que le tout se tient et que l’idée de descente a été intensifiée par la tournure éottv xata- Bxïvov, qui pourrait se rattacher à quelque influence sémitique. Cf. Marc, 13 25, Écovrar rinrovrec (le texte parallèle, Matth. 24, 29 dit simplement : mecodvrai) ; 2 Corinth. 5, 19, ñv... xaraAdoowv ; 9, 12, éoriv rpocavarAnpodon ; Galates 4, 24, criv &\ANYoOpoUEVX (insistance voulue). Etc. La Vetus Ttala et la Pechitto ont ainsi compris ce texte. La plupart des critiques admettent la même interprétation ; ROPEs fait exception. Voir encore 3, 15.
and toù Ilurpdc T&v porwv. Cette périphrase permet d’apercevoir la coloration en quelque sorte astronomique du monothéisme qui conditionne toute la piété de l’auteur. Si ailleurs (x, 27; 3, 9) il donne à Dieu le nom de Père en pensant à ses rapports avec les hommes, ici nous sommes en présence du Père au sens de créateur, auteur (Genèse 1, 3). Cf. Job 38, 7, 28; Esaie 60, 20; Ps. 136, 8; 148,13; PHILON,' de Shec. leg. 1,100, p. 227, T& Toù xoouov ratpi (même expression dans 1 Clém. rom. 10,2); de ebr. 8x, p. 369, rov ratépa Tv 6Awv. Apoc. de Moïse, 36 (CERIANI, Monumenta sacra et profana, 5, 1), évontiov rod porèc Tv 6AwV, Toù matpdc Tüv porowv. Testam. d'Abraham (éd. M. K. JAMES, 1802), B, 7 : rmarñp rod pwroc. On peut aussi rappeler td Oavractov (éclatante et pure) ps (de Dieu), x Pierre 2, 0, puis 1 Twmot. 6, 16, pic oixév &rpéoirov (quoique la qualité de créateur n’y soit qu'implicite, mais cf. v. 13), et Ephés. x, 17, 6 rare Ts doënc, cette gloire étant de nature essentiellement lumineuse. (APULÉE, Metamorph. 11, 7, appelle Isis : mater siderum). Mais l’affinité sera peut-être plus frappante encore entre 6 marne T&v poruwv et à rarhp Tüv rveuudrov de l’épître aux Hébreux 12, 0, car les luminaires (’6rîm, Jérém. 4, 23 ; Ps. 136, 7; ci. le cycle astronomique du livre d'Hénoch, 72-82, spécialement 72-75) ont toute une préhistoire mythologique, estompée mais restée vivante dans le judaïsme aux environs de l'ère chrétienne. On les tenait pour des esprits bienheureux, poursuivant leur course cosmique que règle une grandiose stabilité inaccessible aux hommes. Toutefois l’épître aux Hébreux procède aussi — et plus directement — de la conception de Dieu « Père des esprits de toute chair » (des hommes), Nombres 27, 16. Ici, l'impression de beauté lumineuse, de splendeur, est évoquée en un seul mot, qui fait comme apparaître l’immensité du ciel, où tout gravite conformément au décret initial du Créateur. Plus Simplement encore 1 Jean 1,5 s'éloigne définitivement de l’ancien animisme cosmique et pose l’axiome : « Dieu est lumière ». PHILON, toujours dépourvu de concision, se trouve synthétiser
cet aphorisme et l’idée du « Père des lumières », de somn. I, 75, p. 632, rpérov uèv 6 Oedc püc éort…. ka où uôvov püc, AA at TUVTOUG ETÉpOU purdc &pyérurov. Voir encore un texte gnostique, mentionné ci-après, à propos de 5, 20. Mais il serait hasardeux de comparer au gnosticisme la pensée de notre auteur (cf. GRAFE, J. 1n U., p. 44) ; elle peut assez bien se situer dans l’étape transitoire des temps hellénistiques, où le monothéisme se fraie la voie vers une pleine spiritualisation. Ceci ressort surtout de la fin du v., en dépit des difficultés qu’en soulève le texte :
Tup” G oÙx EVL TapañAXy} À} Tor Anooxiaoua. Tapk SUIVI du datif, auprès de, chez, en, ne s’applique dans le N. T. qu’à des personnes (rapù [r&] Oe&, Marc 10, 27; Matth. 19, 26; Luc 18, 27 ; Romains 2, 11 ; Ephés 6, 9), sauf une fois, Jean 10, 25, rapa T& cravp@. Les papyrus emploient à plusieurs reprises rapa Toic Peoic, par exemple avec les verbes ebyoma, mpooxvvEu, etc.
oùx Eve (cf. Galates 3, 28) semble bien exclure ici non seulement un fait mais une possibilité. ëw, pratiquement synonyme d’éort (Ëveori), cf. Sirac. 37, 2 ; 4 Macchab 4, 22, est une forme intensifiée de la préposition év, ou plutôt le vérbe composé réduit à la préposition. Cf. LE P. ABEL, Gramm., p. 82. On trouve de même Ënt pour Éneoriw, map& pour répeoriv. Relevé sur des inscriptions attiques du 1v® siècle avant J.-Ch., usuel chez HOMÈRE et HÉRODOTE, ëv semble être d’origine ionienne. N, P et quelques minuscules ont Lu oùx Écruv.
Tapañhayh, hapax, changement, modification, vicissitude, variation (demutatio, HILAIRE DE POITIERS, de Trimitate 4, 8, citation de Jacgq. 1, 17), n’a pas de portée spécifiquement astronomique. Ainsi Aristée, 75 l’emploie à propos de pierres disposées alternativement, A0wv étépov map” Étépouc, Toïs YÉveot Tapa- Aayhv éyovrov. De même chez ESCHYLE, PLATON, POLYBE. Si EPICTÈTE 1, 14, 4 l’applique au cours du soleil et de la lune, d’où résulte sur la terre une uerx6oA, le terme technique en astronomie est mapdAñaËtc. Cf. Dion CASSIUS, 76, 13, Tv ve roù Aou rapahAaËLV xl To Tv uepv x. T. À. — Voir encore Malach. 3, 6, G. (Dieu dit :) ox fAotouo. Hénoch slave 33, 4. PHILON, leg. all. 2, 9, 22.
Au contraire, toon, hapax, se dit anciennement déjà de l’évolution des astres. Exemples : HÉRODOTE, rporat Oepuvai, solstice d'été ; THUCYDIDE, repè flou roonac, vers les tropiques. Voir aussi PLUTARQUE, toor nept rod &épæ, changement de température. Papyr. de Hibeh 1, 27, 120, fMou tpomai eic Oépoc. Etc. Denutéron, 33, 14; Job 38, 33; Sag. de Sal. 7, 18 s., roonüv dAhayas Kai ueraBohdc xatpov, Évaurod xbxAOUG Hal dOTÉpOY Béoers. Si ce mot équivalait exactement au précédent, pourquoi &rocxiaoux ne gouvernerait-il pas l’un et l’autre ? Il ÿy a donc certainement une nuance nouvelle dans rponÿs érooxiaoua. Il semble que rapæ\æyñ, changement pur et simple, venu d’abord