RATO
1 Timot. 2, 8; Didaché 3, 2. Yahvé lui-même est, par nature « lent à la colère », Ps. 103, 8 ; Nahum 1, 3, etc. — Voir d'autre part PLUTARQUE, Caion le jeune 1, npdcs dpynv où ray. — LUCIEN, Demonactis vita 51, donne pour l’ensemble de notre sentence un parallèle certainement fortuit, mais frappant Épouéve (rivi) néc &piora Gpéeiv, &épyntoc, Éon, xai dAlya uèv Aah@v, ro JÈ dxovwv. ’Ovyn, manifestation pécheresse, est la neuvième des douze riuoplat énumérés par le Poimandres d'HERMES TRISMEGISTOS, 13, 7; cf. G. HEINRICI, Die Hermesmystik und das N. T., édité par E. von Dogscaürz, Leipzig, TOLS,1p. 38:
Il est incontestable que, plus attentivement on saura écouter, plus on pourra contenir ou réprimer les mouvements impulsifs, les manifestations quelconques de la colère, aussi bien que des paroles également inconsidérées. Néanmoins nous ne croyons pas devoir admettre, avec WINDISCH et DIBELIUS, que l’auteur s'est ici approprié une sentence qu’il utilise sans en indiquer l'origine. Cela serait plausible pour : « prompt à écouter, lent à parler », mais la précision : « lent à s’irriter » lui appartient très vraisemblablement en propre, car il en donne aussitôt une justification, v. 20, et s’en inspire encore pour recommander la douceur, v. 21, tandis que l’usage modéré et clairvoyant de la parole sera, seulement ensuite, v. 22-25, transposé en une apologie de l’action, qui précisera en même temps dans quelle mesure 1l faut « écouter », un &xpoxrai movov; les excès de la parole ne reparaîtront expressément qu’au v. 26, sous l'aspect spécial de leur effet dissolvant sur la vie religieuse qui, au contraire, dans toute sa pureté, est essentiellement action bonne, v. 27.
Nous trouvons donc bien formulée ici l’idée générale du développement, mais elle sera exposée pour ainsi dire en zigzag, de sorte que, même si la sentence tripartite était aussi peu originale dans sa lettre que dans son esprit, l’ensemble des exhortations qui y prennent leur point de départ supposerait encore une élaboration personnelle, où persiste ce coloris de morale pratique qui dominait déjà à travers les diverses réflexions juxtaposées dans les v. 2-18.
On limite, à notre avis, trop étroitement la portée du mot èeyh quand on suppose, avec HAUCK, que l’auteur blâme ici l’auditeur qui prend l’enseignement reçu, non pas comme une vérité objective mais comme une offense voulue dont il s'irrite ; cf. Maith. 18, 15-17 ; Didaché 15, 3. Le v. 20 donne à l’ensemble une signification plus étendue. |
Aussi ne prendrons-nous pas davantage la lenteur au sens littéral, ce qui laisserait place à une certaine colère légitime seulement après coup, colère à retardement qui serait à peu près le contraire d'Ephés. 4, 26, à foc uh ÉmÔLÉTE ri Tapop-
50 I, 19-21 you dudv. En réalité, s'il faut attendre, c'est pour mieux réprimer, extirper toute velleité de réaction irritée : \
20. Car la colère (répétition, comme dans les enchaînements à plusieurs termes, v. 15) de l’homme (àvip pour ävüpwxoc, cf. v. 8) tombe sous le coup d’une condamnation péremptoire. oùx doyaterau (‘dsd, rousiv), peut déjà faire pressentir, & contrario, le primat de l’action, que souligneront avec ampleur les v. 22-25. Cf. hoyéoavro Sixaoodvnv, Hébr. 11, 32 ; Actes 10, 35 ; PS. 5,2; réciproquement, épyéteoflou duaotiav, Jacg. 2, 9; voir aussi Matth. 25, 16. Quelques mss. ont ici : xarepydCetar (C*, F, P, etc.), qui peut avoir été introduit d’après I, 3. Cela ne modifierait pas le sens ; cf. 2 Corinth. 7, 10, où les deux verbes sont parallèles, le second intensifiant à peine le premier.
La colère de l’homme stérilise la justice de Dieu, non pas celle que Dieu proclame au jugement (Sirac 1, 21), mais celle qui est valable devant lui, v. 27, celle qu'il approuve et sanctionne ; cf. Matth. 6, 33 ; 5, 20. La colère, égoïste aveuglement, éloigne donc l’homme de Dieu : Ps. de Sal. 16, 10. Elle lui fait oublier les saintes exigences de Dieu. Il n’y a ici aucune trace de l’opposition paulinienne entre « justice de Dieu » et « justice propre » de ceux qui méconnaissent la personne du Christ ; cf. Romains 10, 3 s. LUTHER : « la colère ne fait pas ce qui est juste devant Dieu. » — STRACK-BILLERBECK, I, P. 277.
Dans les v. 21-25, l'accent porte avant tout sur l’action : il pe suffit pas d'entendre, il faut agir, v. 22.
21. La transition est'aussi sobre que rapide, dé, par conséquent, en vertu du principe posé au v. 20. v xoaûtTntTt pourra bien s'opposer, dans l'esprit des lecteurs, à la colère contre laquelle on vient de les mettre en garde, mais en fait le contexte possède une portée plus large : préparez-vous tout entiers à accueillir la parole qui sauve. Négativement (proposition subordonnée), faites place nette, balayez tout vestige moralement nocif ou suspect. Positivement (proposition principale), soyez résolument réceptifs, bien disposés. Peut-être même y a-t-il dans « douceur » une nuance de ferveur qu’on serait tenté de qualifier d’aftectueuse : mettez tout votre cœur dans cet accueil. Cf. Papyr. de Londres, 1912, 107 (41 après J.-Ch.), ner rpxérnroc xat puav- Oporetac.
DIBELIUS discerne, avec une pénétration séduisante, dans arobéuevor rüoav Éuraplav xal meprocelav xaxluc, une sorte de réduction ou d’embryon des Catalogues traditionnels de vices et de péchés dont le N. T. contient plus d’un spécimen : 1 Corinth. 6, 9-10 ; 2 Corinth. 12, 20 ; Galates 5, 19-21 ; Romaïns 1, 29-37 (vingt et un termes) ; 1 Timot. 1, 9-10; 2 Timot. 3, 2-4 (5), fort analogues aux schémas répandus dans la littérature hellénistique, populaire ou philosophique, et déjà familliers au judaïsme. Cf. DEISSMANN, Licht v. Osten“, p. 267-271 ; LIETZMANN, Handbuch zum N.T. II, p. 345. 1 Pierre 2, 1 se rapproche beaucoup