‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 33 sur 103 · NS · texte numérisé non relu

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de l'apôtre ne s'aperçoit pas à l’origine de certaines collections de Aoyix de Jésus : Matth. 5-7 ; Luc 6, 20-49 (voir aussi Marc 12, 28-31 et parallèles), destinées à servir de règles de conduite aux lieu et place de la f6rd juive. A la même tendancese rattachent Didaché 1-5; Barnabas 18-20. Des textes comme 1 Corinth. 7, 10, 25 pourraient bien attester que, de bonne heure, diverses « paroles du Seigneur » à portée normative s'étaient déjà fixées au moins dans la tradition orale et s’enseignaient au sein des communautés. On suivait de la sorte l’exemple du judaïsme de la diaspora, qui n'avait cessé de simplifier et de résumer les prescriptions légales, en les débarrassant le plus possible de leurs complications rituelles, un peu dans le même esprit que jadis Jérém. 31, 33; voir aussi Exode 35, 5; Deutéron. 28, 47; Ps. 119, 97. Certains docteurs chrétiens sont ainsi caractérisés dans 1 Timot. x, 7 : OEÉAovrec elvar uovodÜdoxæho.

Voilà sans doute comment s'explique l'allure du véritable principe que formule notre v. Pour l’auteur, comme pour HER- MAS par exemple, spécialement dans ses préceples; voir aussi Simil. 5, 6, 3 ; 8, 3, 2, etc. ; Barnabas 2, 6; JUSTIN, Dial. 11, le christianisme est conçu comme une loi nouvelle. Il n’en est pas précisément de même, dans la littérature johannique, en ce qui concerne le « commandement nouveau », Jean 13, 34; 15, 12; 1 Jean 2, 7 ss. IRÉNÉE à son tour appellera l'Evangile lex libertahrs (4, 34, 4, etc.). Loi exclusivement morale, loi moralement parfaite, loi de la vraie liberté, cf. Jacq. 2, 12. L'absence de plus amples caractéristiques semble prouver que le danger d’interprétations et de restrictions judaïsantes, danger aigu lorsque Paul écrivait notamment Galates 5, 1, 13, avait désormais été définitivement conjuré.

Pour de stricts judéo-chrétiens, en effet, il ne saurait être question d’une « loi de liberté. » Ils ne connaissaient qu’une loi, la {674 mosaïque, et ils l’interprétaient avec toute la rigueur pharisienne. Jacques, frère du Seigneur, appartenait, on le sait, à cette tendance intransigeante.

L'absence de mysticisme est ici d'autant plus frappante que l’image de la contemplation aurait très naturellement donné lieu, pour d’autres tempéraments, à des prolongements transcendants, à la manière par exemple de 2 Corinth. 3, 18 ou des mystères hellénistiques. Un texte typique à cet égard, et auquel nous avons déjà fait allusion (ci-dessus, v. 24), a été extrait par REITZENSTEIN (Historia monachorum et historia Lausiaca, p. 247) des spéculations alchimiques de Zosime : il existe un certain miroir magique où s'aperçoit l'« Esprit parfait », « qui tient toutes choses sous sa puissance jusqu’à notre mort. » Dans un miroir ordinaire, l’homme contemple les traits de son visage ; dans celui-ci, c’est l’âme qui se voit telle qu’elle est : l'esprit divin lui révèle face à face toutes les taches qui la souillent ; elle en éprouve une telle honte qu’aussitôt

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