‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 34 sur 103 · TN25 6I · texte numérisé non relu

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elle les écarte ; elle en est libérée. Elle accède au repos divin et demeure dans cet état sublime où l’on connaît Dieu en étant connu de lui. Le regard qui se fixe sur le miroir de l'Esprit saint se détourne du même coup de tous les pseudo-dieux et démons ; on s’unit à l'Esprit ; on devient un homme parfait. Notre texte, dans sa sobriété, n’exprime-t-il pas un idéal aussi élevé et peutêtre plus accessible que cette union mystique amplifiée comme à plaisir ?

xai rapaueivac. L'auditeur oublieux s’en va, v. 24. L'’auditeur attentif demeure (cf. 1 Corinth. 16,6 ; Philipp. x, 25 ; Hébr. 7, 23), « persévère » (CALVIN). Dans plusieurs papyrus et inscriptions, on discerne l’idée de demeurer pour servir ; cette nuance viendrait bien ici à l’appui de tours Éoyov. Noter aussi la consonance des deux verbes en rxpt; cela se reproduit décidément à trop de reprises pour qu'on échappe à l’impression d’un procédé choisi de propos délibéré ; cf. v. I-2, etc.

L'opposition est expressément soulignée une fois encore. L'homme ici décrit n’est pas l’éxpourhc émuAnouovis caractérisé au v. 24 (l'expression se retrouve dans À bôt 3,8), tout au contraire. Nouvel exemple de génitif attributif ou qualificatif, cf. v. 23, tournure nerveuse et probablement influencée par des réminiscences sémitiques. Elle est familière à l’auteur, cf. 2, I, 4 ; 3, 6,13 ; 5, 15. émtAnouovn, hapax (formé régulièrement d’après le verbe ‘ëxAf0w, comme reiouovn, Galates 5, 8, d’après reilw), n’est employé ailleurs que par Sirac. II, 27, xtxwotc pas ÉTtÀNopovnv mouet tTovpñc, et peut-être par un poète comique contemporain d’Aristophane, CRATINUS (d’après une correction de MEINEKE). Le grec classique avait un autre mot, ërAnouoovvn.

Il y a presque symétrie avec le v. 23 : auditeur de la parole et non route — non auditeur oublieux mais romtns épyov. Le vieux mot français « maître d'œuvre », qui s’appliqua en particulier aux architectes, rendrait assez bien la pensée si, dans ce titre traditionnel, on accentuait moins l'autorité du chef que l’activité de l'artiste. Auditeur et exécuteur sont toujours parallèles, mais le second génitif est objectif, cf. momrai A6you, V. 22 ; rouMmTNs VoUov, 4, II. — L'auteur se rencontre de nouveau avec SÉNÈQUE, épitre 75, 7, non est beatus qui scit 1lla, sed qui facit. Voir aussi ÉPICTÈTE, Dissert. x, 4, 5-12, que le lecteur (des écrits de Chrysippe) pratique l'Épyov rc &perñc, seule condition de la xpoxor.

oÙtos maxdpros Èv Th moumoer &uroÙ Éorat. Cf. Esaïe 56, 2; Jean 13, 17 ; Luc 12, 43. Forme originale de béatitude (cf. v. 12 ; uax&pror, I Pierre 4, 14) ; elle met en relief l'œuvre entreprise, poursuivie, menée à l’achèvement ; on voit le personnage faire ses preuves : de la contemplation il a passé résolument à l'action fidèle ; ce travail, bien conçu, s’harmonise avec la loi de liberté ; le bonheur va l'accompagner (èv), le couronner. Une chaleur contenue, une ferme et mûre conviction animent ces mots si

simples. Sans se départir du ton de la conversation, l'écrivain a frappé une sentence susceptible de se graver dans les esprits et de gagner l’assentiment réfléchi de tous ceux qui la mettront à l'épreuve. Qu'on la compare plutôt à l'analyse casuistique des récompenses réparties, d’après À bdt 5, 14, à « celui qui fait.…., celui qui ne fait pas, etc. ». Littérairement, en outre, le souci d’art est incontestable ; il se révèle à la fois par le balancement entre les termes comparés et par l'équilibre soutenu depuis le mot initial, romrai, v. 22, jusqu'à la rowou placée finalement dans sa pleine lumière, v. 25.

Ce dernier mot est encore un hapax. Cf. Sirac. 19, 20; 51, 18. Sylloge, 547, 48 (211-210 avant J.-Ch.), rñc D roumoews Tÿs gixé[v]ros ai Tic dvayopebolelos émueAmOvar Tùv Yoauuatée x. 7. À. G. : ma‘àsè. Voir au v. 22 l'explication de roumrhc.

26. Plusieurs témoins du texte contiennent des essais de transition : ei dé, C, P,.ff, Vulg., etc. ;. eivor, ëv ôuiv, W. En réalité, la continuité de la pensée ne se marque guère qu'extérieurement, par un nouveau raisonnement disposé comme celui du v. 23 : et tic... oùros. Mais, tandis que depuis le v. 21 l’auteur développait le thème : rayds eic To duodoat (V. 190), c'est maintenant l’exhortation opposée et complémentaire, Boadbds sis rd AxAow, qu'il va illustrer. Parler à tort et à travers annule toute vie religieuse. Suivant le même schéma que précédemment (v. 23, 24, négatif, 25, positif), la contre-partie, affirmant toujours le primat de l'action bonne, s’opposera immédiatement, v. 27, à cette sentence péjorative.

Joxet, s'avise, se persuade, voire même s’imagine ; Cf. 4, 5; Matih. 3, 9; 1 Corinth. 3, 18 ; 8, 2; Galates 6, 3; — 1 Corinth. 10, 12; Jean 5, 30 ; 2 Corinth. 11, 16. Dans les papyrus on rencontre fréquemment édv Joxet (cor, etc.). Avec ürt : Jacq. 4, 5.

Oonsxds eivau. L’adjectif, accentué parfois Gpñoxos, est un hapax, qu'on n’a pas retrouvé non plus en dehors de la Bible. Par contre, Oonoxeix, cultus, est employé dans Actes 26, 5; Coloss. 2, 18 (cf. 23, éreAobpnoxeia) ; 4 Macchab. 5, 6; Sag. de Sal. 11, 16 ; 14, 14, 16, 18, 27 ; 1 Clém. rom. 45, 7, Opnoxevévrov Thv… Oonoxeilav ; 62, 1; JOSÈPHE, Antig. 4, 4, 4, etc.; Bell. Jud. 7,3, 3. PHILON distingue Opnoxsiu de écuérnc et d’edcébeux. PLUTARQUE, Vif. Alex. 2, fait dériver ce mot de Opÿoox : Jouet TÔ Opnoxeterv bvoux Taic naraxôpous yevéodor-ixai meptépyoic tepovoytauc. Les papyrus ont assez souvent le pluriel, Bpncxsieu, actes rituels. Dans Syloge, 656, 48 (Éphèse; x siècle après J--Ch.), on lit : edoe6ëic nüouv Opnoxelav éxrehécacav rÿ ed, à propos de la surveillance du mont Artemision, consacré à la déesse protectrice de la ville (Actes 19, 27s., 34s.). On rapprochera spécialement de nos v. 26-27 Ilomuävdoncs , 12 (éd. PARTHEY, Berlin, 1854), xai todro éoriv © eds, T0 näv…. rodrov rdv À6Yov, & Téavov, rpooxbver rai Ophoxeue…. Opnoxeix DE rod Oeoù pix éoti, uh eivat xwxov. La plupart des textes mentionnés emploient

Opnoxeix au sens de culte, honneur rendu, adoration exprimée à la divinité, religion en actes (prières, aumônes, jeûnes, etc.). Le dernier s'étend aux sentiments. Étant donné le v. 27, on donnera ici à Gpnoxôc la portée la plus large : religieux en pensées, en parole, en pratique. Cf. Actes 26, 5. À consulter J. vAN HERTEN, Oonoxelx, EdAdGeux, ‘Ixérns, Bejdrage tot de Kennis der rehigieuze Terminologie in het Grieksch, Amsterdam, 1934. Vocabulary, s. v.

Supposons donc un homme intimement sûr de lui-même quant à la ferveur de sa vie religieuse. Quelle n’est pas son erreur, combien 1l s’abuse, dès qu’il laisse sa langue aller son train, débridée ! un yaavayoyév YAdooav adrob. L'image du frein reviendra plus loin, 3, 2-3. Le verbe, isolé dans le N. T. et non attesté antérieurement, est employé de même au figuré par PHILON, quod det. pot. ins. sol. 23, p. 196, par HERMAS, Préc. 12, I, puoñoec Tv movnpdv émvuiav al yalivaywyhoetc adrhv, et par POLYCARPE, aux Philipp. 5, 3, yaxvaywyobvrec Éautods &nd marpds xxxod. Cf. LUCIEN, T'yrannicida, 4; ràc Tüv NJov@v Opééers yaaivayodons. Etc. PLUTARQUE dit simplement : xaAvow. Rapproché du ch. 3, notre v. doit viser surtout l’acrimonie des controverses, plutôt que la médisance en général, déjà énergiquement censurée comme impie dans Ps. de Sal. 72 ; cf. STRACK-BILLERBECK, 1, p. 226-231.

L'homme religieux mais enclin à l’intempérance du langage est pratiquement une non-valeur, tout aussi bien que l'éxpouris értAncuovhs précédemment censuré. N'imposer à sa langue aucun contrôle, aucune limite (Ps. 34, 14; cf. x Paerre 3, 10; Ps. 141, 3), porte fatalement préjudice à l’action simple et bonne. S’imaginer que cette indiscipline peut laisser intacte ladoration religieuse, que l’une s’accommodera de l’autre, serait une gageure. « De vaines paroles abusent votre âme », déclarait de son côté le T'estam. de Nephtali, 3, 1. Quant à Epic- TÈTE, il adresse à ses auditeurs le reproche que voici : « Vous proférez des lèvres de belles sentences ; c’est pourquoi elles sont sans force et mortes. » (Cf./ici uévauoc). (Entret. 3, 16, 7; CHANT SSTO2);

AAA drarév mapôlav ædroÿ, construction calquée sur ur Xavayoyov YAGooav «droù. Quelques mss. ont éaurod les deux fois ; d’autres, une seule. Au lieu de maîtriser sa langue, le bavard s’abandonne aux illusions ; cf. l’effet analogue des faux raisonnements, v. 33, rapahoyiComevor éaurobc.

äruräw, très fréquent dans les Septante (cf. Sag. de Sal. 4, 11, etc.), est au contraire fort rare dans le N. T., où, en dehors d'ici, on ne le trouve qu’une fois, Ephés. 5, 6. Un seul papyrus et deux passages de PLUTARQUE tendent, de même, à faire supposer qu’il tombait peu à peu en désuétude, alors que son composé &Earar&w se rencontre plus souvent, par exemple dans Romains 16, 18, ééararoouw ràc xapdlac ; I Corinth. 3, 18, etc.

xapSiav, le cœur, doit s'entendre de l'esprit ; la sensibilité se confond avec le raisonnement, à la manière sémitique, léb, siège de l'intelligence et de la pensée ; exemples : x Rois 3, 9; 10, 24 ; Esaïe 6, 10, que cite Jean 12, 40; JérÉMAs 2x LPS TE 37, que cite Actes 8, 21; Testam. de Ruben 1, 4; 3, 6; 5,3; de Siméon 2, 1, 4 ; 4, 7 ; de Lévi 6, 2 ; 8, 10, etc. ; cf. Marc 6, 52, où yap ouvirav… LAN fiv adrév h xapdia rerwpwœuévn ; Matth. 24, 48; Luc 12, 45; Actes I4,-x7.

robrou uéraroc ÿ Ppnoxela. Vaine (cf. 2, 20, xevéc), sans valeur, inexistante est en réalité cette piété prétendue. Cf. $awe’, Malach. 3, 14, etc., appliqué souvent au culte des idoles, Jérém. 2, 6, etc. Actes 14, 15. — Papyr. d'Oxyr. x, 58, 20 (288 après J.-Ch.), ra uaraix avañwuare. — Jacq. 2, 14, 16, ti rù 6peñoc ; etc. Les deux formes du féminin, u&rtaros et mataix, sont classiques.

27. Variante.» £, F, G, H\omi\7@ CET Prerret2;\20etc, rapa De.

En regard de la religion illusoire, la religion effective, agissante, est xafapt xat duiavroc. Pour le choix de ces deux caractéristiques se complétant l’une l’autre, cf. v. 5. C’est intentionnellement que le mot Opnoxeix, point d'arrivée du v. 26, est répété aussitôt, au point de départ de la sentence opposée ; cf. V. 3-4, 15, 19-20.

xa0apot xat utuvros. Ces adjectifs sont de même associés chez PLUTARQUE, Péniclès 30, 2; PHILON, leg. all. 7, 50, p.53; HERMAS, Préc. 2, 7 (le cœur) ; Simil. 5, 7, 1 (la chair). Etc. &utavroc vient à l'appui de xaÜæpi et marque l'absence de souillures matérielles et morales, cf. 1 Prerre x, 4 ; Hébr. 13, 4, peut-être aussi en écartant l'idée de profanation, car maivo peut traduire hilëél (Esaïe 47, 6), rendu ailleurs par Be6rndow. Hébr. 7, 26 attribue cette qualité au Christ, le grand-prêtre, « qui n’a rien de commun avec les pécheurs. » &ortov, à la fin de notre v., en sera bien le corrélatif. Un fragment de BACCHYLIDE (éd. JEBB), 3, 86, décrit le ciel immaculé : BaObs pèv «i0no &uiaxvrocs. Pour xa@apéc (äxd, etc.), cf. DEISSMANN, Bibelstud., p. 196, 221. Le v. entier établit manifestement qu'il ne s’agit pas de pureté rituelle. Voir de même Targ. Jérus. 1 (Deutéron. 6, 5), adoration « véritable, intègre. »

napè T@ Oeci xai Ilarpt (cf. 3, 0), juxtaposition déjà établie par le judaïsme, cf. 1 Chron. 29, 10 ; Sag. de Sal. 2, 16 ; 3 Macchab. 5, 7; PHILON, leg. all. 2, 67, p. 78. Voir aussi Ps. 68, 6 ; Esaïe 63, 16 ; Srrac. 23, 4 ; Odes de Sal. 9, 4. — Ici, cette expression n’a donc rien de spécifiquement chrétien, alors même qu’on la retrouve chez Paul (1 Corinth. 15, 24; cf. Ephés. 5, 20, etc., et la formule paulinienne de salutation, &rd @eoù Ilarodc Auüv x. 7. À., Romains 1, 7, etc.), et que la paternité de Dieu occupe constamment le premier plan dans les évangiles. rapd — liphné, be'êné (èvontov, évavrtov). Les papyrus emploient plusieurs fois rap oo Cf. HÉRODIEN 5, 61.

La religion pure et sans tache se manifeste, «ürn (attraction) éotiv, devant Dieu, le Père, par des actes : conduite envers autrui, ordonnance d’ensemble de la vie personnelle. L'emploi des infinitifs émoxérreoor, rnpeiv, marque essentiellement la valeur absolue des prescriptions ; cf. Actes 15, 28 s. Il est moins fréquent dans le N. T. que celui des propositions conjonctives ; voir notamment 1 Jean 3, 16.

C’est apparemment à titre d'exemple (cf. les longues énumérations du Xvre égyptien des morts), exemple particulièrement significatif après avoir appelé Dieu le Père, que l’auteur caractérise l’action bonne par l’exercice de la solidarité secourable envers orphelins et veuves, érioxénreofar ôppavobs Kat yhpxs èv Th OAiber adrüv. Peut-être, en décrivant cette « attitude charitable mais [du point de vue mystique, sans doute] un peu sèche » (R. Wizz, Le Culte, 1, 1925, p. 401), Jacques jugeait-il nécessaire de rendre ses lecteurs spécialement attentifs à l’une de leurs obligations pratiques (cf. Midr. Esther 2, 5 [93a], expliquant Ps. 106, 3 : qui exerce la miséricorde ? Celui qui élève dans sa maison un orphelin), sans rappeler en outre toute une série d’autres œuvres inspirées du même esprit, mais le dernier membre de phrase du v. suffit à indiquer que les bons offices à rendre aux familles endeuillées et nécessiteuses n’ont en l'espèce rien de limitatif.

énioxénreoar (päqad), visiter pour rendre service, assister, témoigner un intérêt effectif. Cf. SOPHOCLE, Ajax 854; XÉNo- PHON, Cyrop. 5, 4, 10, etc. ; Sirac. 7, 35 ; Matth. 25, 36, 43. Le sens primitif est : inspecter, examiner, perquisitionner, comme pour érioxonéw. Mais déjà dans les papyrus on trouve la précision : visiter. Cf. Actes 7, 23.

dppavodbs xai ynpas, velômim we’almänôt (plus souvent : ’almäné) constamment nommés ensemble dans l'A. T., et maintes fois avec d’autres catégories de malheureux recommandés à la bienfaisance (opprimés, étrangers, etc.) ou même investis d’un droit à l'assistance. Cf. Exode 22, 22 (à rapprocher du code de Hammourabi 172, 177, etc.) ; Deutéron. 10, 18 ; 14, 29 ; TONI TAN 2A NL ALO- 21620 NL2/S 27010" ESdie LL T7: 10,2" Jérém. 5, 28 ; 7,6 ; 22, 3 ; Ezéch. 22, 7 ; Zachar. 7, 10 ; Job 22,9; 24, 3; 20, 125. ; 31, 10 ss. ; Ps. 68, 6 ; 82, 2, 3 (condamnation de la partialité comme dans Jacgq. 2, 1) ; 94, 6 ; 146, 9; Sirac. 4, 10, etc. Les papyrus contiennent de multiples requêtes pour des orphelins. Dans le N. T., ôppavous ne se trouve qu'ici et une fois au figuré, Jean 14, 18 (cf. Lament. 5, 3 ; ÉPICTÈTE 3, 24, 14, &ç ôppavobs &puelc. Etc.). Mais les veuves y sont souvent mentionnées, soit comme victimes de spoliation, Marc 12, 40; Luc 20, 47 ; voir aussi Luc 18, 3 s. ; soit comme entourées de la sollicitude des fidèles et par eux assistées, Actes 6, 1; voir aussi 9, 36-41. Des règles peu à peu précisées viendront organiser ce service : I Timot. 5, 9 ss. (Cf. IGNACE à Polycarpe 4, 1; PoLy-

66 NP à

CARPE aux Philipp. 4, 3; 6, x; Barnabas 20, 2), non sans laisser de la place aux initiatives personnelles, comme celle qui est ici recommandée. Voir encore HERMAS, Préc. 8, 10 ; Simal. I, 8 ép. ps. Clém. ad virgines 1, 12, 1, pulcrum quoque aique uhile est visitare pupillos et viduas. À consulter : JEAN RÉVILLE. L'ordre des « veuves » dans la première société chrétienne... Revue du Christianisme pratique, nov. 1895, p. 330-342. | v rh OXiVet adr@v. Littéralement : pression, d'où : oppression, anxiété, affiction (ici, spécialement : pauvreté}. Cf. gêne : Or. Gr. Inscr. Sel. 444, 15 (125 ou 77 avant J.-Ch.), di r&s Tüv tékewov GxtVeic. L'emploi de èv pour marquer la condition, l'état, est assez fréquent dans le grec hellénistique. L’urgence du secours nécessité, aussi bien que l’appel à la compassion et à la sympathie agissante tiennent dans ce seul mot : leur détresse. &oruov éaurov Tnpetv. Cf. 1 Timot. 6, 14, rnpfoxt tv évrolnv (Jacq. 2, 10, rùv vôuov) &onuov ; 2 Clém. rom. 8, 6. L'adjectif n’a pas un sens rituel ; cf. 2 Pierre 3, 14 et même 1 Pierre ï, 19, qui l’applique à l’agneau immolé. Une inscription d’Eleusis ({nscr. Gr. Berlin, 2, 5, 1054 C, 4, vers 300 avant J.-Ch.) parle de pierres dyuæic Aeuxods danthaouc. Voir aussi /ob 15, 15, G>; Protévang. de Jacques 4, 3. Pour rnpeiv, cf. 2 Corinth. II, 9; 1 Timot. 5, 22, &yvdv rhper. Les deux acceptions de ce verbe, observer (cf. 2, 8) et préserver, sont bien attestées dansles papyrus. äro roù xoomou. Cf. 4, 4; (3, 6); 2 Pierre ï, 4; 2, 20; 1 Jean 2, 15-17, etc. Le monde est sous l'empire du diable ; tout fidèle, consacré au service de Dieu, doit échapper à ce contact impur. C£. Ephés. 2, 2, vous marchiez autrefois xwrt tdv ai&va (économie) roù xoouou (leu) robrou,; 1 Corinth. 3, 18 s.; Tate 2, 12, etc. : Cette conception pessimiste du monde terrestre et présent s'était déjà fait jour dans le judaïsme. Cf. Hénoch 48, 7 ; 108, 8, etc. Testam. d'Issakur 4, 6. Tr. Sanhédrin 8, 15. Mais elle ne va pas jusqu’à l’ascétisme proprement dit : cf. Jean 17, 14 s. Pour &ro avec la nuance : éloignement, rejet, cf. Actes 20, 26; Matth. 27, 24; Romains 7, 3; Nombres 5, 31, ànd äuæprtixc, nigq@ min. S1 l’auteur était juif, il y aurait lieu d’attendre des précisions relatives à la pureté rituelle. Il en serait de même de la part des judéo-chrétiens ; cf. Acies 15, 29 et l’attitude de Jacques, frère de Jésus, d’après Galates 2, 12. On ne s’explique bien les deux données : charité — intégrité morale, qu’à la lumière de la « loi de liberté », v. 25, c'est-à-dire de l'Évangile, affranchi du légalisme juif mais approfondissant la prédication toute morale des grands prophètes, non sans contact, plus ou moins conscient, avec la philosophie stoïcienne populaire de l’époque. Dans Romains 12, 1, PAUL définit rhv Aoyuwxhv Autosiav par « l'offrande de vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. » Ces mots, complétés par la guaderoix du v. 10, donnent à notre v. un parallèle suggestif, et contribuent à définir le tempérament religieux de chacun des deux auteurs.

Jusqu'au terme du développement persiste bien l’idée fondamentale, sur laquelle se sont comme entre-croisées les exhor tations successives qui ne la perdaient jamais de vue mais SVT subordonnaient : acta, non verba. Cf. v. 19. Elle ressort finale-ment dans toute sa force, comme l'essence non plus seulement de la sagesse humaine mais. de la communion avec Dieu.

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