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un autre aphorisme qui lui sert d’argument complémentaire, Vire
1. Le thème est défini d'emblée par : àv rpoouwromuiatc. Cette expression, ainsi que le verbe correspondant, v. 9, et l'adjectif, Actes 10, 34 (voir aussi l’adverbe &rpoowrolunroc, 1 Puerre 1, 17 ; 1 Clém. rom. x, 3 ; Barnabas 4, 12), inconnue en dehors de la Bible, est calquée sur l’hébreu nés@ (ou Mkkir) bäânîm, prendre, lever ou regarder (avoir égard à) la face (la personne), bien accueillir, relever le visage de celui qui s’est incliné ou prosterné pour vous saluer ; cf. Job 32, 21; Genèse 32, 21 d (Rippér pânim, se concilier [quelqu'un], v. 30 b) ; 1 Sam. 25, 35; Malach. 1, 8, 9; d’où : favoriser quelqu'un; Prov. 6, 35 ; 24, 23 ; 28, 21, etc. ; le plus souvent dans un sens péjoratif : être partial, Lévit. 19, 15 (au détriment du pauvre); Deutéron. TVA MONT 7/0 00 131834 10 PS %62/"2 Pro 18,5: 2 Chron. 19, 7, etc. ; cf. Sirac. 4, 22. Les Septante traduisaient littéralement : rpécwnov Aauôaveuv, Cf. Galates 2, 6; Luc 20, 21 (remarquer les parallèles : Marc 12, 14; Matth. 22, 16, où Yyap Phémec eic Tpocwnrov &vOpwrwv). SYMMAQUE donne : rpoowromota, 2 Sam. 14, 20. Le pluriel, indiquant la possibilité de plusieurs cas particuliers, n’est attesté qu'ici (cf. Coloss. 3, 22, èv dpaAuodovAetac) ; le singulier, employé avec une négation pour affirmer l’impartialité de Dieu, se retrouve dans Romaïns 2, 11 ; Coloss. 3, 25 ; Ephés. 6, 9; Barnabas 4, 12 ; Constit. apost. 7, 31 ; ép. ps.-Clém. ad virgines I, 12, 8, nec quidquam faciamus cum discrimine personarum. POoLYCcARPE aux Philipp. 6, 1 l’insère dans l’énumération des défauts incompatibles avec la charge de presbytre. Appliquée d’abord aux juges dépourvus d’impartialité, la rooowroAnubix s’étendit facilement à d’autres cas ; elle vise essentiellement ici les gens qui rampent devant les plus puissants. Cf. Jude, v. 16, Oxvudtovres rpéowr«, flatter, et plus généralement 1 Timot. 5, 21, Xwols Tpoxpluatoc, UNDÈV TOY XATX TPOGKXALOLV.
La foi doit donc être exempte de toute considération ou arrière-pensée partiale, relative aux personnes. Cf. 1 Corinih. 12, 13 ; Gualates, 3, 28. Si elle en tenait compte, elle subirait une altération foncière ; elle serait ëv (cf. I, 21) rpoowmoAmutbiaus, inextricablement combinée à cette sinueuse diplomatie. u} Éyere invite à rompre de tels compromis si l’on s’y est laissé entraîner, et à s’en abstenir rigoureusement à l'avenir. Plusieurs interprètes supposent que la phrase est interrogative ; c'est encore l'opinion de CHAINE, p. 40 : « après un ordre, on n'attend pas une supposition comme celle des v. 2-4, mais plutôt l'annonce d’une sanction. » Peut-être, mais non nécessairement. Pourquoi l’auteur ne motiverait-il pas sa prescription ? Cf. 3, 1 ss. D’ailleurs, il emploie l'interrogation plutôt au cours de ses argumentations (exemples : v. 5, 6, 7, etc.) qu’à l'effet d’exhorter expressément le lecteur. Il n’est donc pas douteux qu'on doive préférer ici l'impératif à l'indicatif.
rhv rioriv roù Kupiou Au&v, génitif objectif. Cf. Marc 11, 22; Actes 3, 6; Romains 3, 22; Galates 2, 16 ; Apoc. johan. 14, 12; ERMAS, Simil. 6, x, 2, etc. C’est l'équivalent de év, eic, mt ou TOO.
à Se n’est appliqué à Jésus qu'ici, dans la salutation initiale, 1, 1, et une seule autre fois implicitement, 5, 14; cf. 2, 7 ; 5, 7. Partout ailleurs, cf. 1, 7, c’est un des noms que l’épître donne à Dieu. Outre cette particularité, la tournure insolite roù Kuptou fuôv ’Incoù Xo1orod tic d6Enc a fait supposer, ici comme dans I, I, une interpolation : (ju&v) ’Incoù Xptorod, destinée à transformer à l'usage des chrétiens un écrit originairement juif. Il est certain que rc Joënc, génitif de caractéristique, cf. Luc 16, 8; 18,6; Hébr. 9, 5, serait mieux placé après Kvptov (uv), cf. 1 Corinth. 2, 8 ; Barnabas 21, 9 et déjà Hénoch 22, IA ; 25, 3 ; 27, 3,5 ; 40,3; 63, 2 ; 6 Oedc rc donc, Ps. 20, 3, cité Actes 7, 2; 6 [laure Tic SoËnc, Ephés. 1, 17 ; mêlèk hakkäbôd, Ps. 24, 7-10. Toutefois, la retouche fût-elle certaine, il resterait à prouver que l’absence du nom de Jésus dans le corps de l’épître suffit à lui ôter tout caractère chrétien; cf. p. 251 ss. Les témoins du texte contiennent tous ’Inooù Xo1orod ; deux minuscules suppriment ris d6Ënc ; d’autres mettent ces mots avant rod Kupiou (foi au Seigneur glorifié). Sur la 36Ëw, attribut du Christ transfiguré, cf. Luc 9,32 (Marc 0, 3 et parallèles) ; MAURICE GOGUEL, Jean-Baptiste, Paris, 1928, p. 218 (si ce récit appartenait au cycle passion-résurrection, il s'agirait déjà du glorifié) ; 2 Corinth. 3, 7 s.; Actes 3, 13; 2 Thessal.;2, 1x4 ; x Timot. 3, 16'; Hébr.2, 10; T Pierre x, 11, 255 4, 13; Jude, v. 24; Jean x, 14 ; 17, 22, 24. Il ne serait d’ailleurs pas impossible d'interpréter ici le texte le mieux établi par : foi en la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ ; cf. Actes 4, 33, Toù Koupiou ’Inood +6 évaorécewc, et peut-être ce sens s’harmo-
niserait-il bien, par contraste, avec roocuroAnubix, égards envers la 066x humaine ? Mais, en dépit d’un subtil raisonnement de SPITTA, p. 60, rien, soit dans le contexte, soit dans l’ensemble de l'épître, ne viendra spécialement accentuer l’idée de gloire, Rien. ne définit, par exemple, le moment (résurrection ?) où s’accomplit la glorification du Seigneur. On admettra plus naturellement que ts d66nç a la valeur d’un adjectif, à peu près comme ëv apÜæpcix dans Ephés. 6, 24. Voir aussi Jacq. 1, 25, ëruünouovñc. S'il y eut interpolation, ce fut peut-être celle de ces deux mots; comme DiBELIUS l'indique, elle serait aussi facile à admettre que celle de Au&v ’Inooù Xpioroù ; elle répondrait aux exigences toujours accrues du langage de l’adoration. WiINDISCH? envisage aussi cette possibilité. Mais en somme le tout a pu appartenir au texte primitif, si l’auteur lui-même a voulu dès l’abord, au moyen d’une expression très solennelle, opposer la grandeur imposante de la foi chrétienne aux mesquineries de la rpocwxoanuix.
2-4. Exemple de païtialité : humiliation infligée au pauvre, égards empressés réservés au riche.
NE 7x
Dibelius réagit peut-être à l'excès contre l’exégèse qui veut extraire de descriptions comme celle-ci (voir aussi 3, 1-12) des renseignements précis sur l’état des communautés que l’auteur a en vue. En fait on ignore si Jacques répond à des correspondants, comme Paul par exemple aux Corinthiens. Rien n'indique même que notre épître ait été rédigée à cause de faits précis survenus en tel ou tel lieu. Les exemples allégués sont supposés comme mise en garde, plutôt que décrits d’après certaines réalités patentes. Tel était le plus souvent le procédé de la diatribe, spécialement employé par ÉPICTÈTE. Cf. DIBELIUS, p. 121 s. Subsidiairement, ce critique se réfère à certains traits des paraboles évangéliques ; n'est-il pas souverainement impossible qu'on se tienne en fait à soi-même ce langage : « je n’ai ni crainte de Dieu, ni égards pour les hommes » (Luc 18, 4) ? Les propos supposés dans Jacq. 2, 3 ne seraient pas moins imaginaires.
Il nous semble que la force pénétrante, la chaleur, le pittoresque du langage militent en faveur d’une interprétation moins radicale. Ecartons la comparaison avec les paraboles, qui ne se donnent pas pour des scènes arrivées. En soi, Luc 18, 4 serait-il même aussi convaincant que le croit DIBELIUS ? En tout cas, que pour appuyer ses préceptes notre auteur ait recours à des descriptions plus ou moins théoriques, cela peut s’expliquer par la rigueur même de ses convictions morales, mais nous aurions peine à concevoir qu'il ne partait pas d'observations vécues. Son enseignement oral, dont l’épître porte souvent l'empreinte, n’eût pas impunément négligé de puiser à cette source. Ceci devra se préciser dans nos conclusions. C£. p. 238, 241.
Ici, en évitant de tirer des détails de l'exposé autant de renseignements explicites sur le milieu auquel il s'adresse, on se gardera pourtant d’assimiler l'écrivain à un raisonneur épris de pures spéculations. Les contacts avec la diatribe n’entraînent pas forcément l'identité constante des procédés ou des intentions didactiques.
2. « On dirait qu’on assiste à la scène. » (CHAINE, p. 41). Elle est presque aussi saisissante que le dyptique du pharisien et du péager, Luc 18, 10-14, et rappelle de plus près encore Luc 16, 19-21. La même construction sera employée aux v. 15-16 : ëàv… (description concrète), et proposition principale réprobative (réduite au v. 16 à : tt rù 6peloc ;). Voir de même 1 Corinéh. 14,003:
ëdv yo eloéhn sic ouvaywyhy duüv. La synagogue n'est pas nécessairement l'assemblée juive (Nombres 27, 17, ‘ädat Yahué ; Actes 6, 9 ; 9, 2) ou le lieu où elle se réunit (comme régulièrement dans les évangiles ; Actes 9, 20, etc.), ainsi que l’admettent SpiTTA et B. Weiss ; ce dernier suppose l’épître adressée très anciennement à des chrétiens qui fréquentaient encore les synagogues des Juifs; cf. Actes 0, 2; 22, 19. En réalité, ouvayowyñ a désigné aussi des assemblées chrétiennes. Réciproquement
ExxAnotx (cf. 5, 14) n’a rien de spécifiquement chrétien ; cf. SCHÜRER, Gesch. des jüd. Volkes, 24, p. 504, n. 11, 12. L'une et l’autre expressions sont souvent attestées dans le monde hellénistique, où ouvaywyh désigne tantôt une réunion périodique, tantôt une collectivité, association, corporation. Cf. FOUCART, Les associations religieuses chez les Grecs, Paris, 1873 ; DIBELIUS, p. 124, n. 1, 2. ’ExxAnoix prévalut de très bonne heure dans le christianisme, mais, au moins dans certaines régions, ouvaywY" s'y maintint aussi au cours des premiers siècles (ZAHN, Ernleitung, 1, p. 67). Cf. IGNACE à Polycarpe 4, 2; HERMAS, Préc. 11,9, 13 s. (assemblées cultuelles, comme ici). Voir encore DENYS D'ALEXANDRIÉ I(EUSÈBE, Hist.\ écclési 7) 0 225 01T, at, 274 Jusrin, Dial. 63, et émiouvaywyn, Hébr. 10, 25 (DEISSMANN, Licht v. Osteni, p. 81) ; — 2 Thessal. 2, 1. Si donc l'emploi de ce terme a dû rester localisé parmi les chrétiens, surtout quand l’hostilité entre les Juifs et eux fut devenue aiguë (cf. Apoc. johan. 2, 9 ; 3, 9), notre texte ainsi interprété n’est cependant pas isolé. Au surplus, ne saurait-on arguer de l’usage d’ëxxAnoix dans Jacq. 5, 14 pour statuer une rigoureuse opposition entre cette église (chrétienne) et la ouvæywyñ d'ici (supposée juive). Même si l’auteur avait puisé la présente description dans quelque homélie d’origine juive — hypothèse indémontrable, — tout le contexte obligerait encore à admettre qu'il l’adapte aux milieux chrétiens, sans qu’on puisse préciser dans quelles circonstances de temps et de lieu. Pour lui, d’ailleurs, il ne serait pas impossible que la cuvxywy désignât simplement le lieu de réunion de l’exxAnoto.
ävhe (cf. Ir, 8, 20) ypuoodaxtüAoc (hapax) ëv or Aauroë. En deux traits colorés la silhouette est campée. Les anneaux d'or, signe évident de richesse (ou de dignité et de pouvoir, par exemple royal : Genèse 41, 42), pourraient bien se rattacher de loin à de précieuses amulettes (Juges 8, 21 ; cf. notre traduction de BERTHOLET, ouv. cité, p. 74) ; ces bijoux se portaient aux narines dans l'antiquité israélite, Genèse 24, 22, 47 ; Esaïe 3, 21; Ezxéch. 16, 12; les boucles d'oreille y étaient également en usage, Genèse 35, 4 ; Exode 32, 2 ; Nombres 31, 50; Juges 8, 26; Esaïe 3, 19; cf. Prov. 25, 12. Au temps de Jésus, comme déjà auparavant (Jérém. 22, 24), le luxe des vêtements se complète par des anneaux ou bagues aux doigts, Luc 15, 22. Cf. ÉPICTÈTE, 1, 22, 18, féer Tic YÉépov roc Ypuoodc OaxruAlouc Éywyv Too. SÉNÈQUE, Natur. quæst. 7, 31, exornamus annulis digitos, omni arhculo gemma exponitur. LUCIEN, Tim. 20, parle de même de xpvoôyetp. La tendance à restreindre ces coutumes apparaîtra chez CLÉMENT d’ALEX, Pédag. 3, puis les Constitut. apostol. x, 3 les condamneront.
éo0ñc, attesté plusieurs fois dans l’évangile de Luc et dans les Actes, fait souvent à l’accusatif &o0ñv; exemple : Syloge, 817, 7. Mais on trouve éo0%rx comme ici, v. 3, dans MICHEL,
Inscr. 833, 62 (279 avant J.-Ch.). Pratiquement iuériov (qui peut se dire spécialement d’un manteau, Matth. 5, 40; Marc, 28 s. et parall.) et ëo0ñc sont des synonymes ; cf. Jacgq. 5, 2.
Aaurp6s, dans le N. T., s’applique le plus souvent aux vêtements, Luc 23, 11; Actes 10, 30; Apoc. johan. 15, 6; 10, 8; cf. 18, 14. L’étoffe et la couleur sont également somptueuses. Cf. MÉNANDRE, Frag. p. 669 :
3 0é ? e D 3 C9 éÉ&OÉV elouw oi Joxodvres edruyeiv AauTpot, Tù À Evôov räotv dvBpwmotc Écor.
La blancheur éclatante des vêtements est la grande élégance des Orientaux. — L'emploi de ëv en ce sens (latin : in) est classique.
Le riche de la parabole, Luc 16, 19, portait des vêtements « de pourpre et de fin lin » également luxueux. Voir aussi 1 Pierre 3, 3.
eicéAOn dÈ xat. Strict parallélisme, un uév étant sous-entendu après le premier eicéA0n ; cf. I, 13 ; 2, 10 ; 4, 6.
RTOYdG Ëv purap& ÉoO QT. rTwyés, primitivement : rampant, avec une nuance péjorative, mendiant, est rare dans les papyrus. Le christianisme devait réhabiliter la pauvreté. Cf. I, 9. furapéc, sale, sordide (voir aussi furæplæ, I, 21), contraste expressément avec Aaurxp6c. Cf. PHILON, de Joseph, 20, àvri buroons Aauroûv éo0ñrx &vridovrec. Apoc. de Pierre, 15, ävdpec dun burapa évdedvuevou. Papyr. de Giessen, 1, 76, 3 (11° siècle après J.-Ch.), rot- Gwvalc] furapas BB xai oroAñv ôuoiwc Aevxv. Etc. Cet adjectif s’employait aussi pour désigner des monnaies «altérées »; cf. I, II.
S'agit-il d’habitués de la « synagogue » ou d’individus qui y «entrent » fortuitement, cf. 1 Corinth. 14, 23 s. ? Dans le premier cas, conviendrait-il de leur désigner à chacun une place, v. 3 ? On pourrait encore supposer des chrétiens de passage dans la localité, cf. 3 Jean. Si l’auteur, comme le pense DIBELIUS, forgeait son exemple sans aucunement viser un cas concret, ces - distinctions n’auraient pas d'importance : supposons un riche et un pauvre. En tout cas, les riches du v. 6, nettement hostiles aux croyants, ne sont pas nécessairement à identifier au type de riche ici présenté, et rien n'indique qu’au contraste entre riche et pauvre s’en superpose un autre entre infidèle et fidèle. Tout l’accent porte sur l'accueil que chacun d’eux reçoit dans l'assemblée.
CrATSIO.
3. ém6%ébnre dè (variante, N, À, etc. : xai émBAébnre). Ce verbe comporte ici une déférence empressée : vous le considérez comme quelqu'un à qui vous êtes tout acquis, avec obséquiosité, presque servilement ; cf. avec faveur, Judith 13, 4; Luc x, 48; bienveillance ou commisération, Sirac. 11, 12 ; Luc 9, 38. Attesté chez les Septante, Ps. 25, 16, etc., ce sens élargi ne se trouve pas dans la langue classique, qui s’en tient à : porter le regard
sur. Voir cependant ARISTOTE, Éthique à Nicom. 4, 2. Mais on lit dans Papyr. de Leyde, W, XIV, 23 (11e ou 1e siècle après J.-Ch.) : äm6Asbév pou rÿ yevvéoe (= yewvhoet ou yevéoer), appel à la divinité. Si les deux hommes sont entrés simultanément, c’est vers celui qui porte les habits opulents que se tournent d'emblée l'attention et les prévenances.
rdv oopobvrx (cf. Jean 10, 5; verbe classique et répandu dans les papyrus ; cf. àv, v. 2; même alternance dans Matth. 11, 18, v..popodvrec) Thv éo0ÿrx Ty Axurpäv. Insistance expresse. Voilà bien la roocwnronubix saisie sur le vif.
xl etrnre. L'auteur aime à faire parler ses personnages, qui le plus souvent ne sont autres que ses lecteurs, vous; cf. I, 13 (2910; 18) ; 4, 13, 15. Ce n’est ni l’un des traits les moins vivants de son style, ni l’une des ressemblances les moins frappantes avec la diatribe. Ici, le regard de muette admiration, qui équivaut à un salut respectueux, a précédé la parole adressée au riche. Au pauvre, l’ordre de prendre une certaine place sera intimé sans aucun ménagement.
ob... où met les personnes interpellées en relief et en antithèse. Il y a là quelque analogie avec où sinus de Matth. 26,64 ; cf. MOULTON, Proleg. p. 85 s.
x40ov, pour la forme régulière xé@noo. Cf. Marc 12, 36; Actes 2, 34; Ps. 110, 1; Sirac. 9, 9; MÉNANDRE, Frag. p. 254. Les Septante n’emploient x&ünoo qu’une fois, 2 Chron. 25, 10.
de xakwc. Cf. « monte plus haut », Luc 14, 10. Il y a des places de choix, où l’on n’admet pas n'importe qui. Cf. Marc 12, 39 et parallèles. xalüc, bien (v. 8), convenablement, honnétement ; cf. MICHEL, Znscr. 163, 6 (148-147 avant J.-Ch.), xaAc Hat ÉvÔ0É&G évaorpapelc; II, névTa xaAGG Kai TpErôvroG Bpabetcac. La place ainsi désignée doit être à la fois confortable et honorifique. Cf. ALCIPHRON, épitre 3, 20, &yer ué tic AaGv els rù Bedrptov xafiouc v xaA&. Etc. Il appartiendra, dans l’Église chrétienne, aux diacres de faire placer les arrivants. Les Constit. apostol. 2, 58 leur prescrivent de s’y employer &£ &Ans tic xapdlac Îva ph mods &vÜporov yévntar À rooowréAnde (réminiscence de ACHAT
Nouveau parallélisme, cf. v. 2. xat T& nroyé elnnre ZÙ oT%û éxet (par opposition à &ôe, plus loin de celui qui parle ?) à xé&@ou Ôr0 To dxor6diov pou (par opposition à xaAwc).
Variantes : ét (atténuation évidente), au lieu de ôrd, Be, P, W, etc. — üronédiov rüv rod&v uov (cf. Ps. 110, x).
cintre pouvait se réduire en fait à un geste impérieux. Le pauvre doit donc rester debout ou, tout au plus, s'asseoir à terre, « sous mon (propre) siège », sa tête au niveau des pieds de celui qui parle. ôrorodtov, dans les Septante, traduit hädôm, marchepied (du trône), Esaïe 66, x (cf. Matth. 5,35 ; Actes 7, 49) ; Lameni. 2,1; Ps. 00, 5 ; 132, 7 ; 1 Chron. 28, 2. Des sièges avec marchepied, xafédox oùv üronodiu, sont représentés sur divers
2, 3-4 je)
monuments anciens et mentionnés dans Corp. Papyr. Rainert 1, 22, 8 (sous Antonin) ; 27, 11 (190 après J.-Ch.); Papyr. de Tebtunis 1, 45, 38 (113 avant J.-Ch.). Au ne ou rie siècle de notre ère, dans la synagogue de Capernaüm (Tell-Houm), deux séries de bancs de pierre superposés couraient le long des murs latéraux. Etc. Cf. HAUCK, p. 97, n. 94, et notre traduction de DALMAN, Les Itinéraires de Jésus, Paris, 1930, p. 192. CICÉRON, ad Athicum 2, 24, 3, parle d’un locus inferior dans le forum, où l’on s’asseyait de même littéralement aux pieds du magistrat. Voir encore Deutéron. 33, 3 ; Luc 8, 35 ; 10, 39 ; Actes 22, 3.
Le Talmud, Chebouôt, 31 a, censure la partialité d’un juge devant qui comparaissent deux plaideurs, l’un déguenilé, l’autre étalant un vêtement qui vaut cent mines. Voir aussi Didascalia, 12, une place d'honneur pour tel homme ou femme de haut rang. Pirhé À bôt x, 4 b.
4. où Ouexptünte ëv éxuroic. Aoriste moyen, plus ou moins gnomique. Le reproche est sévère, mais le tour interrogatif (où manque dans B, ff, par suite apparemment d’une confusion avec ov, dernier mot du v. 3) lui donne une certaine familiarité. Pour le verbe, cf. 1, 6. Ici, on ne saurait l’interpréter par : hésiter, douter. L'expression parallèle, éyéveoûs xprrui, et la TeocwmroAnubix condamnée au v. 1 sont décisives : ne vous livrez-vous pas en vous-mêmes à des distinctions ? Cf. didxoroic, 1 Corinth. 12, 10 ; Romaïns 14, x, appliquée comme ici à BtA0ytouv; Hébr, 5, 14. ëv éavtois pour duiv adrotc, Cf. Éœutodc, I, 22, ou, avec le sens : év &\Afhouc, entre les uns et les autres (riches et pauvres). Le Testam. de Zabulon 7, 2 exhorte à agir &dtæxptroc; Cf. Jacq. 3, 17. D'après PHILON, de somn. 2, 35, p. 663, Dan est diaxploswc.… xat ToUNc Toxyukrwy (o0u6oAov).
nat éyéveode xpirai duxhoyiou&v moynp&v ; La consonance duexpiOnre — xpurai est voulue, cf. I, I, 2; 2, 20, etc. Le génitif a, de nouveau la valeur d’un adjectif ; cf. 1, 25 ; 2, I; 3, 13; Aptoiv Baacpnutac, Jude, v. 9; 6 xpurhc The dduxiac, Luc 18, 6. Il n’y a pas de raison pour affaiblir la pensée en retranchant xoutoi (KÔNNECKE, Emendationen, 1908, Berträge zur Fürderung christl. Theol. x, p. 14) ; vous êtes (mus par) de mauvaises intentions. Cf. Jérém. 11, 10; Marc 7, 21 (Maïth. 15, 19), ëx Tic xapdlac Tv &vOporwv ot duxAoyuouoi où xaxoi (movnpoi; ce dernier terme implique toujours expressément culpabilité ; cf. 4, 16; Jean 3, 19: 7, 7; 1 Jean 3, 12; Actes 25, 18; Coloss. I, 2x). Suooyicouar et Sixkoyiouoc ont eu un sens technique judiciaire ; cf. WiLCKEN, Archiv für Papyrusforschung, 4, p. 368 ss., conventus du magistrat. Voir aussi Papyr. de Londres 358, 19 (vers 150 après J.-Ch.), 8mou ëdv rdv rod vouoÿ Gixhoyioudv [ñ] dtxato- Sooiay moin[on. Etc. Dans Phihpp. 2, 14, yapis yoyyvouüv xai Sixhoyioudy (voir aussi 1 Timot. 2, 8), le cas est visé où les mauvaises décisions passeraient aux actes et provoqueraient divers désordres. Sag. de Sal. 1, 3 condamne les « pensées per-
verses » qui « séparent l’homme de Dieu. » rovnpès signifie primitivement : en mauvais état, de mauvaise qualité, défectueux, usé, d’où : moralement corrompu. Exemples de Gixloytouot ainsi répréhensibles : Sirac. 11, 2-6 (mépris du pauvre) ; Marc 2,65. :; Luc 5, 21 ; Romaïns 1, 21, EuarawÜnoav ëv rotc GLxhoyouoïc abr@v. Déjà dans les Septante, le sens de ce mot (pensée, projet, etc. ; mahä$äbé) est fréquemment péjoratif : Esaïe 59, 7; Prov. 6, 18 ; 15, 26, etc. Le blâme équivaut à : où ypn, 3, 10, suivi, comme ici au v. 5 de &ÿeApot pou. On ne saurait s'exprimer avec une simplicité plus significative.
5. Axoboute, &deApot uou &yarnrot (cf. Prov. 4, 1). A l'appui de l’exhortation initiale, v. 1, l’auteur dégage la leçon du tableau esquissé dans les v. 2-3. Voulant parler au cœur de ses frères, il emploie les accents les plus persuasifs; non seulement il persiste à faire expressément appel à leur attention, et même à leur assentiment supposé d'emblée par la tournure interrogative : n'est-il pas vrai que, maïs il introduit son nouvel argument par une apostrophe à la fois affectueuse et insistante ; cf. 1,19; 1, 16, un rhaväofe. « Écoutez-nous, dit-il, mes très chers frères. Sans doute il a dessein de nous proposer quelque chose de bien remarquable. » (BOSSUET, Sermon sur l’'éminente dignité des pauvres dans l'Église. Sermons choisis, Paris, 1845, p. 330. Suit la paraphrase de Jacq. 2, 5-6a). C’est bien le cas de se montrer raybs ei To dxodoot, I, 19. Cf. 4, I3.
Rappelez-vous comment Dieu agit : oùy à @edc ééelééarto. Le N. T., comme les Septante, n’emploie ëxAéyw qu’au moyen (bärah). Cf. Papyr. de la Soc. Ital. 4, 422, 14 (rie siècle avant J.-Ch.), radra rx dofevéotepx ëyAcËduevoc, etc. Ce verbe peut signifier simplement : choisir, Luc 14, 7; mais il désigne plus souvent l'élection divine, peut-être déjà sous-entendue dans le Sodhoc de Jacq. 1, 1. Cf. Deutéron, 4, 37; Jérém. x, 5, 9; Ps. de Sal. 9, 9 ; Marc 13, 20 ; 1 Corinth. 1, 27 s.; Ephés. x, 4; Jean 6, 70; 13, 18; Actes I, 2, etc. ; &popiCw, Romains 1,1; Galates 1, ES ete
Troc rrwyobs T& xéouw (variantes : ëv r@ x6ouw, minuscules ; rod xéouou, A4?, C?, K, L, P, corrections et atténuations évidentes). On peut comprendre : pauvres en biens de ce monde ; dès lors, le terme opposé qui suit signifierait, par compensation : riches, bien pourvus, en foi; mais ce renversement de la situation s'exprime plus logiquement par la comparaison entre « le monde » et « le Royaume » dont l’héritage est promis aux élus. Il convient de voir en r& xéouw un dativus commodi (cf. Suvara T@ Oe&, 2 Corinth. 10, 4; doreioc r& Oe, Actes 7, 20), pauvres au regard du monde, selon son jugement, mais rAovotouc àv riorer, riches du point de vue de la foi (nuance qui échappe à la traduction), ce que Paul, estime DIBELIUS, exprimerait sans doute par : év Xprot&. Cf. Luc 12, 21 ; 1 Corinth. x, 5 ; 1 Timot. I, 2; 6, 18; — Efphés. 2, 4, et l'expression rabbinique : riches en
(connaissance de) la Loi, « en bonne volonté », etc. Voir aussi Anistée, 15, tehelx xai mhovolæ duyÿ.
On retrouve ici, à travers les lignes, la conception religieuse de la pauvreté déjà apparue dans 1, 0. Si les premiers adeptes du christianisme se recrutèrent surtout parmi les gens d’humble condition (1 Corinth. 1, 26-20), en se proclamant riches devant Dieu ils n’attachent à cette conviction aucune aspiration ou revendication d’ordre social ; ils ne se montrent pas conscients d'une infériorité de fortune qu’il importerait de corriger. La vraie richesse, d’après notre auteur, ils la possèdent déjà. Cf. Testam. de Juda 25, 4, pauvres — riches ; de Gad 7, 6; PHILON, de somn. 1, 179, p. 647 ; de prœm et pœn. 104, p. 424; de spec. leg. 2, 23, p. 274 ; 2 Corinth. 6, 10 ; 8, 0 ; Apoc. iohan. 2, 9 ; HERMAS, Simil. 2, 5 (et la réciproque : Luc 12, 21). Mais l'élection divine de ces pauvres n’implique de leur part aucune espèce de mérite. Il n’est dit ni que l’élection s'étend indistinctement à tous les pauvres, ni qu'aucun riche n’en bénéficiera jamais.
xai xAnpovéuous This Baprasiac hc (attraction) èrnyyelaaro toc œyar@otv «drov. Cf. 1, 12. La vraie richesse n’est pas seulement une possession présente. Elle comprendra aussi l’héritage (Matth. 5, 5) du Royaume (Matth. 5, 3 ; Luc 6, 20 ; Matth. 25, 34, préparé, ici : promis). Cf. x Corinth. 6, 9s. ; 15,50 ; Galates 5, 21; Ephés. 5, 5 ; Hébr. 6, 12. Le Royaume de Dieu, déjà peu mentionné par Paul, n'apparaît qu’une fois dans notre épître ; il équivaut certainement au salut ou à la vie (éternelle), cf. l’image de 1, 12. Cette promesse se meut bien dans la ligne de Luc 6, 20, uax&pror où rTwyot, tt Üperépa éoTiv h BxotAsix rod Oeod, mais n’en dépend pas nécessairement. Voir aussi l'héritage de la vie éternelle, Marc 10, 17, 30 et parallèles ; Luc 10, 25. — Cf. la Loi « royale », va LO!
L'élection, avec la promesse (générale) qui y est attachée, Dieu la réserve donc à ceux qui l’aiment ; cf. épâître à Diognète, 10. Voilà pourquoi ils sont dès maintenant « riches quant à la foi », alors que leur situation extérieure les confine dans la pauvreté.
6 a. Si Dieu confère ainsi aux pauvres le rang d'honneur, celui-là commet une impiété, « pervertit l’ordre de Dieu » (CaL- VIN), qui leur (rrwyév, collectif ; le pluriel marquerait moins nettement qu’il s’agit d’un exemple) inflige un traitement avilissant. Cf. Prov. 14, 21, Ô &riuatov (bdz) rnévnrais auaprävet ; 22, 22 ; Sirac. 10, 23 ; Luc 20, 11; Actes 5, 41. Papyr. de Petrie 2, 4 (6), 15 s. (255-254 avant J.-Ch.), dw0 (lire : Geuvèv) y&p &cruv év byhat aruuateobar. Etc. Voir aussi, dans 1 Corinth. 11, 22, les inégalités choquantes dans la manière de prendre le repas du Seigneur, xaraoybvete tobc un Éyovrac. La règle excluant toute roocwnolmubla tient en deux mots, 1 Pierre 2, 17 : navrac TLUNOUTE.
6 b-7. Ce qu’une pareille partialité a d’odieux ressortira d’une manière plus criante encore, si, outre l'élection divine
des pauvres, on envisage les griefs imputables aux riches. Ces griefs sont patents, comme le souligne la forme interrogative persistante : n'est-il pas établi que... ? L'auteur les répartit en trois séries, de gravité nettement croissante :
19 xxraduvaorebovoiv du&v. Ce verbe, qu’en dehors d’icile N.T. emploie seulement au passif dans Acées 10, 38, iouevoc révruc rodc xuraSuvacrevouévouc drd To JuxGéhov, est plus fréquent dans les Septante : opprimer, tyranniser, subjuguer, hônd, ‘4säq, Jérêm. 7, 6; 22, 3; Ezxéch. x8, 12; 22,\7 ;, Amos 4, 7; 8,4 G; Michée 2, 2, otxovc xaraduvéoreuov; Zachar. 7, 10; Sag. de Sal. 2, 10; 15, 14; 17, 2; Hénoch 46, 7. Cf. Pirké Abôt 2, 4. Papy. d'Oxyr. x, 67, 15 (338 après J.-Chr.), xuraduvaorebovres ÈTéyououv rüv quiv JLapepovrwy oixomé[dw]v (litige immobilier). La construction avec l’accusatif est la plus habituelle, mais on trouve le génitif comme ici chez DIODORE, 13, 73, 6. Cf. HERMAS, Préc. 12, 5, où JUvatar xaraduvaoreverv Tv douAwv Toù Oeod. On peut en rapprocher xaraxvouedw et xateËovotate, Marc 10, 42; Matth. 20, 25 (Luc 22, 24 a les verbes simples) ; r Pierre 5, 3. Jacq. 5, 5-6, montrera des cas concrets d’oppression.
29 xat adrot ÉAxouoiv duäc els xpurhpux ; Hat adrot souligne le nouveau grief ; cf. xat adroc, Luc 19, 2. ËAx«w, tirer, traîner, entraîner, à lui seul renchérirait déjà sur opprimer, en le précisant, car ce verbe qui fait image comporte une idée de contrainte et même de violence, brisant toute possible velléité de résistance ; cf. Actes 16, 19 ; 21, 30. Papyr. de Tebtumis x, 5, 179 (118 avant J.-Ch.), rooorerdyaor ÔÈ unôè Tods otpa(rnyodc) Hat Toùs &AAOUG Tobc mpès Taic Tpxyuatelals ÉAKELV TIVAG TOY HATOULXOUVTUV EV TL yopx ei Aetrovpyiac idtuc. Papyr. d'Oxyr. 4, 654, 1S. (logion n° 2), Xëéyer ’[[noodc...rives] ot ÉAxovrec ue [eis rhv BaorAeiuv si] h BaorAcix v odpa[vé éoriv ;...], DEISSMANN, Licht v. Osten®, p. 365, lit rà xpurnota (cf. ouvédoux, Marc 13, 9 ; Matth. 10, 17) au lieu de +ÿv BaotAeiav. On peut en rapprocher Éovpov, Actes 17, 6 ; oùpuv, Actes 8, 3, et xaraobpn, Luc 12, 58.
xpirhplov, proprement : capacité de juger, puis : critère, puis : tribunal, Suzanne, v. 49 ; 1 Corinth. 6, 2, 4. Papyr. de Hibeh ï, 29 Fr. (a) recto, 5 (vers 265 avant J.-Ch.), av 5è Irene xptBnrooa[v élrli] roù d[node]deryuévou x[pr]rnptou.
tc.
Si les riches vous poursuivent en justice, est-ce uniquement pour vous écraser, en obtenant des sentences qui sanctionnent leurs violences et votre misère, ou vous font-ils condamner pour des motifs religieux (cf. Actes 6, 12) ? L'un et l’autre, peut-être (quoiqu'on attendrait plutôt en ce cas Giwxovow, cf. Matth. 5, 10; Galates 1, 13, etc.), car le troisième grief, v. 7, amène des considérations nouvelles :
7. 3° Point culminant de la gradation. Dieu lui-même est outragé.
De nouveau «rot vient intensifier les agissements des riches,
cf. v. 6 b. ëp” buäc revendique exclusivement pour les fidèles interpellés, par opposition à leurs oppresseurs, «dot, la possession du xxAdv üvouæ. Quel est ce nom et comment les riches le « blasphèment-ils » ?
Bhacpnuéw, tenir de mauvais propos, médire, injurier, outrager, Cf. év oÙc &yvaobouv Parxopnuodvrec, 2 Puerre 2, 12 ; Coloss. 3, 8; Tite 3, 2; plus spécialement, outrager Dieu ou le Christ, Actes 13, 45 ; 18,6 ; 26, 11 ; 1 Timot. x, 13 ; (x Corinth. 12, 3), etc., par exemple par des serments ; cf. Jacq. 5, 12. On en rapprochera 1 Pierre 4, 14, ei dvadiCeoËs èv dvouart Xotorod, axäptor ; voir aussi Matth. 5, 11; Luc 6, 22 ; — Romains 2, 24, td évouæ To Oeod de duc Paxopnueirar ëv rois Éôveouv (Esaïe 52,'5); 1 Timo. 6, 1 (par la faute des chrétiens) ; 1 Clém. rom. I, 1. is Üeodc BAxopnusiv se rencontre chez PLATON ; cf. VETTIUS VALENS, p. 44, 4 ; 58, 12 ; 67, 20. Les apostats Gui tic dvastpopñs adT@v Baxopnuodvres Thv 606v, dit la /ettre des Églises de Lyon et de Vienne (EUSÈBE, Hist. ecclés. 5, x, 48) ; cf. 2 Pierre 2, 2.
Chez les premiers écrivains chrétiens, subsiste encore l’antique notion du nom réalité objective, sorte de double de la personne qui le porte. Prononcer le nom divin sur quelque chose ou quelqu'un, c’est l’introduire dans la sphère divine, en faire la propriété de Dieu, le placer sous sa protection. Le peuple d'Israël, ses sanctuaires, Jérusalem, sa ville sainte, ses personnes et ses objets sacrés sont maintes fois désignés par : ceux sur qui le nom de Yahvé (mon nom) est invoqué (nigrä’ Semi ‘al), Deutéron. 28, 10 (Amos 9, 12); Jérém. 7, 10; 14, 9; 25,205 ESaie 43, 7203, 10:2,Chron “7, 14: Daniel of xs s5 2 Macchab. 8, 15; Ps. de Sal. 0, 18 (9) ; 4 Esdr. 10, 22, etc. De même le nom de Jésus, porté par les chrétiens ou invoqué par eux, 1 Corinth. 1, 2 ; Romains 10, 12 ; Actes 9, 14, 2x ; 2 Timot. 2, 22, ou sur eux, marque qu'ils lui appartiennent, appose sur eux son sceau (cf. Apoc. j0han. 14, x, etc.). Aïnsi, l’on parle, enseigne, prêche, commande au nom de Jésus, Acées 3, 6 ; 4, 7ss.; 5, 28, 49 ; 9, 275. ; 16, 18 ; 2 Thessal. 3, 6s. On fait des miracles, on chasse des démons, on est guéri au nom de Jésus, Marc 9, 38. ; Luc 9, 49 ; [Marc 16, 17]; Actes 4, 10 ; 30, 13; Jacgq. 5, 14. On ploie les genoux, on prie, remercie, obéit, on a la vie, on est justifié au nom de Jésus, Philipp. 2, 10 ; Jean 14, 13 S. ; 15, 16; Ephés. 5, 20 ; Luc 10, 17 ; Jean 20, 31 ; 1 Corinth. 6, 11. Le rôle de ce nom est capital dans le culte : on est baptisé au nom du Seigneur Jésus, Actes 2, 38 ; 8, 16 ; 10, 48 ; 10, 5, etc. (cf. Jus- TIN, Apol. 1, 61, 10 ss.), le baptisé lui-même prononçant (confessant) son nom, Actes 22, 16. On se réunit en son nom, 1 Corinth.5, 4; les onctions se font au nom du Seigneur, /acqg. 5, 14; on prophétise en son nom, Matth. 7, 22, etc. 1 Pierre 4, 14 exhorte à souffrir « au nom du Christ. » C’est, par excellence, « le nom », Actes 5, AI ; 3 Jean, v. 7; voir aussi Romains I, 5 ; IGNACE aux Ephés. 3, 1 ; 7, 1. La formule familière à l'A. T., transposée au
Seigneur (Jésus), se retrouve dans HERMAS, Simil. 8, 6, 4, rù évoux xuplou To émtxAnfèv èx” adroëc (cf. 8, z, 1). Etc. (85 2 A. SEEBERG, Die Anbetung des Herrn be: Paulus, Riga, 1891. HEITMüLLER, Im Namen Jesu, Gœttingen, 1903. BOUSSET KYPIOZ XPIETOZ?, 1921, p. 84 ss., 224-233. Rien n'indique ici que l’auteur pense spécialement ou exclusivement à l'invocation prononcée lors du baptême, comme HaAuCK le suppose.
Toutes les analogies mentionnées permettent d'interpréter rd xahdv bvoux Tù émuxAn0èv ëp’ duc par le nom de Jésus (cf. v. 1; Matth. 10, 22 ; Luc 6, 22 ; 21, 12), qui recevait facilement diverses caractéristiques complémentaires ; exemples : Philipp. 2, 0, Tù bvoua Tù rép rüv ôvoux ; Actes 4, 12, Üvouux.. Td DedouÉvoy v &vOpomous àv & Jet cw0var Quäc. Epithètes (évruuov, ceuvév, etc.) pour ëvoua : Deutéron. 28, 58 ; 2 Macchab. 8, 15 ; HERMAS, Vis. 3, 335 4,1; Simil, 0, 18, 5: 1 Clém. rom: I, 1258, 1. Voir aussi Xototiavéc, Actes 11, 26; 1 Puerre 4, 16.
Un des graffiti déchiffrés à Pompéi énonce assez curieusement le nombre d’un « beau nom » : ’ Auéptuvoc Euvnoûn ‘Apuoviac Th idlac x(v)pla(s) Èx” &y 0 De d dp@uèds pe (ou : œAE) Toù xæhoD dvouaros. Cf. DEISSMANN, Licht v. Ostent, p. 237. Les Manichéens acclamaient « Mani, seigneur du (au) beau nom. » Cf. E. PETERSON, EIZ OEOËZ, p. 277.
Sans vouloir presser la distinction entre xanéc et &yaxbéc, on peut admettre avec HoRT que xaxA6s désigne ce qui est immédiatement reconnu beau et bon, &y«@6cs s'appliquant plutôt à ce qui est bon en raison de ses résultats. Cf. Jacg. 3, 13; 1 Pierre 2, 12.
érixaléw, au sens d'invoquer, appeler sur (Actes 7, 59; 2 Corinth. 1, 23, etc.), se rencontre souvent dans des textes magiques. Exemple : Papyr. de Leyde W, 1x, 35 (11° ou re siècle après J.-Ch.), émxanod rov tic bouc xai rdv Tic nuépac Bebv, etc.
Il y a donc antagonisme entre certains riches et les chrétiens auxquels l’auteur s'adresse. Mais aucun des termes employés ne permet de voir dans le conflit une persécution à proprement parler ; celle-ci est autrement menaçante dans 1 Pierre 4, 12-14, par exemple. Voir aussi Philipp. 2, 15-18.
Si l’on se rappelle deux épisodes des. Actes, à Philippes, Actes 16, 19, et à Éphèse, Acfes 10, 24, on peut constater que l'expansion du christianisme vint parfois compromettre certains intérêts commerciaux, prompts à appeler les autorités administratives ou judiciaires à leur aide. Vers l’an 112, PLINE LE JEUNE exposera à Trajan (lettres 10, 96) que le marché des viandes sacrifiées aux dieux tombe dans le marasme, qu'on ne vend plus d’encens, etc. Des représailles s’exerçaient aussi, sans recours aux pouvoirs établis, contre les chrétiens esclaves, 1 Prerre 2, 20, ou journaliers, Jacq. 5, 4. Il est donc vraisemblable que les riches visés ici aient été des païens, plutôt que (HAUCK) des Juifs, dont aucune caractéristique spéciale ne ressort du
tableau. Qui sait même si l’hostilité qui frappe les chrétiens ne veut pas atteindre aussi en eux une secte suspecte a priori en raison de son origine juive ?