‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 41 sur 103 · Le thème est donc introduit sans transition. En préci · texte numérisé non relu

Le thème est donc introduit sans transition. En préci

sant lui-même que l’accent repose formellement sur l’antithèse Tiotiv-Ëpyx (compléments placés en vedette avant le verbe), CHAINE, p. 55 s., se trouve démontrer qu’il fait erreur lorsqu'il attribue à l’auteur une coordination entre l’idée de jugement, V. 13, et le cüoo de la fin du v. 14.

. Ti (sous-entendu ëort) rù ëpehoc, à quoi bon? Apostrophe interrogative et implicitement négative, cf. 3, 11 s. Tournure vive et familière, sur le ton de la discussion orale (cf. v. 22, tu Vois ; 24, VOUS VOyez; I, 19; 2, 5, écoutez), fort analogue à celui de la diatribe (TÉLÈS, MUsoNIUSs et spécialement ÉPICTÈTE ; exemples : I, 4, 16 ; 2, 22 ; 6, 34 ; 3, 7, 30 ; 24, 51, etc. ; ti uéher Got; Ti oÙv opéAnce…. ; Joxeic Or. ;). — Le ms. B et quelques recensions du ms. C ont lu simplement : ri ëpehoc, ici et au v. 16; la tournure elliptique en est encore renforcée ; on pourrait se demander si xd n’est pas une correction, peut-être d’après 1 Corinth. 15, 32? Cf. x Corinth. 14, 6, rt üuac dpelow; Papyr. d'Oxyr. x, 118, verso, 30 (fin du 11e siècle après J.-Ch.), oùdèv vo Üpeloc doTepnodvroy TV YpwÔËV T} Tapovoix aùrod. O7. Gr. Inscr. Sel. 519, 28 (244-247 après J.-Ch.), oùdèv Operols h]uetv x Tarn Thle dvriypapñs éyévero. PHILON, de poster. Caini, 86, p. 241, ti Yae bpeñoc Aéyerv pèv Tu PéArioTa duavostolar dé, xai Tparrev TX aloyioro…. Ti DÈ Opeñoc x. T. À. Sirac. 20, 30; 4I, I4; Job 21, 15, ris opexix ; 15, 3. *Adekgot ou, en incise, s’efface en quelque mesure pour laisser tout son poids à la question initiale.

Edv... Aëyn Ti (quelqu'un, indéterminé ; voir au contraire Galates x, 7, 9; 5, 10), condition universelle, affirmation pure et simple (Luc 24, 23; Tite x, 16; Papyr. d'Amherst, 66, 34), bien rendue par l’infinitif : mioruv…. Eyetv, Épyx dè uh Éyn. Se vanter d’avoir la foi, ou seulement dire : je la possède, c’est se prévaloir d’une prétention non établie. Chacun se trouve en mesure de constater si les œuvres font ou non défaut. L'auteur ne dit pas d'emblée : à quoi sert-il d’avoir la foi si l’on n’a pas des œuvres ? Il n'implique, d'autre part, dans l’emploi de xioriw sans article, aucune distinction entre une foi incorrecte, insuffsante parce que seulement verbale et la vraie foi (car alors il faudrait arbitrairement supposer qu'épyx aussi désigne, par réciprocité, la seule catégorie des œuvres correctes). Pas plus ici que dans 2, : il ne s’agit d’une notion doctrinale ou didactique de la foi. Déclarer qu'on a la foi, c’est se proclamer croyant {cf. v. 19), ni plus ni moins. Ce langage consiste-t-il en propos purs et simples (comme par exemple dans Matth. 3,9 — Luc 3, 8), en confession de principes ; cette foi sans œuvres s’affirme-t-elle en priant, en participant au culte, etc. (cf. Matth. 7, 21) : l'auteur ne soulève ni cette question ni celle de la sincérité de l'individu supposé. En particulier, appliquer ri rè üpeloc à la foi qui, dans la prière, parle sans doute mais en réalité exerce déjà une véri-

table activité, contredirait des déclarations aussi catégoriques que 1, 6; 5, 15 (oo) ! Jacques n'envisage donc que le cas ainsi défini : si quelqu'un affirme qu'il a la foi alors qu'il n'a pas les œuvres, quoi qu’il dise, sa foi, en fait, est inexistante, morte (v. 17, 26), puisqu'elle reste tout intérieure et qu'il lui manque (x) Épya. La réalité concrète inflige à cette affirmation gratuite un démenti décisif. Cf. I, 4, 25 ; 3, 13.

Pour rioruv Eye, Éoya Eyeuv, cf. Apoc. de Baruch 14, 12; d'Esdras 7 TR 2ISIIS NA

uh Jüvarar N nioric oùoat adrov ; deuxième interrogation résolue d'avance par la négative et précisant la première, ri rù 8pehoc: Pour oùow, cf. I, 2I; 4, 12; 5, 15 (note philologique). La foi, sans les œuvres, peut-elle sauver cet homme ? Non. On ne tentera pas plus de préciser la notion de salut : sauver de quoi, comment, quand (bientôt ?), que celle de foi. Le christianisme primitif est unanime à chercher — et à trouver — le salut dans la foi, à fonder sur elle son espérance eschatologique. Mais, tandis que les évangiles (Marc 5, 34 et parall., etc. ; cf. Luc 812; [Marc 16, 16]), les Actes (546519 115; 11: 16, 31)ket PauL (x Corinth. 1, 21; Romains 3, 28, etc. ; voir aussi Éphés. 2, 8, etc.) proclament : la foi sauve (ou : justifie, PAUL), procure la vie éternelle (Jean 3, 16-18 ; cf. 8, 24, etc.), notre épître pose ici : la foi à elle seule, la foi professée ne sauve pas. (Cf. Apoc. de Baruch 51, 7 ; 4 Esdras 8, 33 ; homél. ps. Clément. 8, 5). La comparaison des deux conceptions s’imposera donc pour déterminer leur portée respective et la piace que l’enseignement exposé par Jacqg. 2, 14-26 occupe dans l’ensemble de la littérature et de la pensée religieuses de l’époque. Voir ci-après, p. I10-I13.

15-16. Petit tableau dessiné à l’appui du v. 14, comme celui des v. 2-3 venait représenter en action la rpocwroAmubia du v. I. Si l’on peut y voir l’esquisse d’une parabole conditionnée essentiellement par la conclusion, v. 17, faut-il, avec DIBELIUS, renoncer à l'interpréter en même temps comme un véritable exemple de foi sans œuvres, emprunté à la réalité vécue ? Assurément, les paroles du v. 16 expriment, à la lettre, plus d’inerte indifférence sous leur enveloppe de bienveillance facile que de foi, sans compter ce qu'en fait elles ont de cruellement dérisoire. La conclusion, v. 17, introduite par oûtwc xai ÿ nioru, donne bien aussi au tableau la valeur d’une comparaison. Mais l’auteur n’assimile-t-il pas entre elles jusqu’à les identifier l'attitude opposée au frère ou à la sœur nécessiteux et la foi stérile du v. 14 ? En tout cas, ici comme pour les v. 2-3, la scène ne procède certainement pas de la seule imagination ; si l’indignation intime n'y transparaît pas expressément, on a peine cependant à se représenter que l’auteur se soit plu à arguer d’un cas dont ni lui ni ses lecteurs n'auraient jamais eu quelque proche analogie sous les yeux. D’aussi pénibles descriptions ne s’inventent pas pour démontrer une vérité théorique ; elles s’inspirent de l’expé-

rience, sous peine de verser dans un dilettantisme dont nous n'avons pas trouvé trace dans notre épître. Le cas décrit peut ne s'être pas présenté très souvent ; du moins importe-t-il d'en prévenir le retour et la contagion.

15. Le détail ne milite pas plus que l’ensemble en faveur de l'interprétation théorique, à l'appui de laquelle DIBELIUS invoque notamment l’imprécision &denpès n &dehpn, comme s’il ne pouvait réellement s’agir tantôt d’un indigent, tantôt d’une indigente. Ils sont frère ou sœur, membres de la communauté ; ils ont donc, d'emblée, droit à l'assistance fraternelle.

Variante : À, K, L, Vulg., syr.-philox, ajoutent Sè après éàv.

vyouvéc, naturellement, signifie : à peine vêtu, en haillons, déguenillé. Cf. Job 22, 6, n'ayant que le vêtement de dessous ; 24, 7, 10 ; 31, 19 ; Esaïe 58,7. (Sens littéral : Genèse 2, 25 ; Job 1, 21; et peut-être Marc 14, 52). Papyr. de Magdebourg, 6, 7 (1r1e siècle après J.-Ch.) : un plaignant a été dépouillé de son iu&rroy ; il ne lui reste que le yirov (cf. 1 Sam. 19, 24, probablement ; Luc 6, 20; Matth. 5, 40). Voir aussi Jean 21, 17; Berlin Gr. Urk. 3, 846, 9 (11° siècle après J.-Ch.), «lypada oo ôTt yuuvés eiue. Etc. Les écrivains classiques mettent aussi parfois l'adjectif attribut au pluriel après deux sujets singuliers coordonnés par #. Cf. œùroïc.

ÜT&pxovoLv, proprement : commencer ; ce sens s’est affaibli dans la xown. Cf. par exemple Actes 8, 16. Papyrus.

Aeirw comporte souvent l’idée de déficit, cf. 1, 4. Avec le génitif, I, 5.

Ts épnuépou (hapax) roopñc, la ration suffisante pour une journée (Matth. 6, 11 ; Luc 11, 3). Cf. DIODORE, 3, 22, 3 ; DENYS D'HAL. 8, 41, 5; ÆLIUS ARISTIDE, de paraphthegmate 49, 537, 631. POLLUX, Onomasticon, rù els Tv Értoboav uh mévov. VETTIUS VALENS, p. 62, 17, &ruyets xai &oyñuovac mouobot nai évdestc Tñc ëpnuépou Toophc. PHILON, 2n Flacc. 17. Ps. PLUTARQUE, an vitos, p. 499 C. Etc. Voir aussi Luc 1, 5. — Expression « aussi typique que possible », reçue, conventionnelle, déclare DIBELIUS, p. 143. Elle désigne néanmoins avec autant de naturel que d'intensité l'extrême dénuement. Les contrats d'allaitement emploient couramment non pas toopñ mais son équivalent rpopeix.

A la pénurie de l’habillement et de l’alimentation ne s'ajoute pas la mention d’une égale misère en ce qui concerne le gîte (cf. Sirac. 20, 21). Mais cela ne permet aucune hypothèse d'ordre géographique, car l’auteur ne prétend pas énumérer tous les aspects possibles du dénuement qu’il décrit. Par contre, à propos de Matth. 6, 25-34, il ne serait pas impossible que les conditions économiques de la vie en Galilée eussent rendu secondaire la préoccupation du logement.

16. elrn dé... uh dote dE... Cf. v. 14, Aëyn Ti Éxetv…. dE un #yn. À quoi servent les paroles si l’on s’abstient de passer aux actes (1, 22), surtout lorsqu'il y a si impérieuse urgence. — ri

2€ bu@v (Luc 11, 15, partitif ; avec éort, Matth. 7, 9), cf. 3, 13, etc. ; Üueic dE, 2, 0. … es

Yréyers ëv eionvn, formule d’adieu traditionnelle, lekow (singulier : lék) besdlôm, Juges 18, 6; 1 Sam. ï, 17; 20, 42; 29, 7; 2 Sam. 15, 9; 2 Rois 5, 19; Tobit 12, 5 ; Judith 8, 35; Jubilés 18, 16; — Actes 16, 36; — elc eiphvmv, Marc 5, 34; Luc 7, 50; 8, 48. Portez-vous bien. En s’abordant, on formule un souhait analogue, eipnvn ôuiv (oo1), Jean 20, 19, 26 ; [Luc 24, 36] ; voir aussi Luc 10, 5 et l'emploi d’eipvn dans les Salutations épistolaires mentionnées à propos de Jacq. 1,1; cf. 3 Jean, v. 15. Pax vobiscum se fixera dans diverses formules liturgiques.

Si ceux qui éconduisent les indigents se bornaient à leur adresser cet adieu banal, peut-être exprimeraient-ils par là une sorte d'invitation implicite à chasser les soucis, dans l'esprit du sermon sur la montagne : ayez confiance, votre Père céleste pourvoira à vos besoins (Matth. 6, 25-34). Mais ils renchérissent et ajoutent : Oepuaiveole xat yopréCeoûe, puis, apparemment, ils tournent le dos et n’y pensent plus. Le prêtre et le lévite de Luc 10, 31 s. avaient eu du moins la pudeur de garder le silence en « passant outre. » Nos personnages, moins réservés, se moquent du monde. On ne peut même pas taxer leur langage d’ironie (cf. v. 18 s.), alors que, comme dit 1 Jean 3, 17, ils « ferment leurs entrailles » à toute commisération. Les deux verbes, il faut en convenir, ne donnent pas la reproduction ne varielur des propos tenus par les gens que l’auteur condamne. Il y a des limites au cynisme lui-même.

Üeouxiveode, en vous couvrant bien, cf. z Rois Tr, 1; Aggée 1, 6: Job 31, 26; Prou.:31,2r ; Exode 22, 260$ /PIECTAROVE) Quest. conviv. 6, 6. yopréteobe (cf. y6pTov, I, II), mangez ad hb1tum, à satiété, littéralement : bourrez-vous, se dit, par exemple, des animaux qu’on engraisse. Au moyen, ce verbe équivaut pratiquement à écfio. yoptaciæ, nourriture des hommes : Or. Gr. Inscr. Sel. 200, 17. Les deux verbes peuvent être ici soit au passif soit au moyen ; le sens reste clair : débrouillez-vous; moi, je me tiens coi. (Cf. « mon âme, mange, bois et te réjouis », Luc 12, 19).

un dore de est au pluriel par une sorte d’attraction de üu&v. ru, indéfini et pratiquement collectif, équivalait presque à : rel(s) ou tel(s) d’entre vous. L’anacoluthe est donc plus appatente que réelle.

de, après un verbe lui-même précédé ou non d’une négation, sert à en détacher expressément le complément : Matth. 18, 25 ; Actes 17, 6 ; 21, 14, 34 ; 1 Covinth. 4, 18.

rà énirhderx, hapax du N. T., est cependant usuel dans la xotvñ. Cf. 1 Macchab. 14, 34; 2 Macchab. 2, 29; JosèPHE, passim. Papyr. du Fayoum 22, 24, 7à émrhdeux rapéyov ; 1bid. 22, 27. Or. Gr. Inscr. Sel. x, 200, 23 s. (1V® siècle après J.-Ch. ; texte non chrétien) ; Papyr. de Hibeh, x, 100, 10 (vers 270 avant J.-Ch.), paiement sic rà énurmôleli. Déjà XÉNOPHON, Vect. 4, 38,

emploie rù émrdecov au sens de : choses nécessaires à la vie corporelle. Adjectif, ce terme est souvent parallèle à £uxopoc. Le sens primitif était : approprié, convenable.

ti to 6peñoc ; CÉ. PLAUTE, Epid. 116 s., nam quid te igitur rettulit beneficum esse oratione si ad rem auxillium emortuum est ? Le circuit est achevé (v. 14) ; la démonstration établie. Il aurait fallu «rompre ton pain pour l’affamé, et que... le déguenillé, tu le vêtisses. » (Esaïe 58, 7). C£. Lament. 4, 4; Jérém. 4, 7, G; Exéch. 18, 7, 16 ; Job 31, 17, 195. ; — 22,6 s. — Matth. 25, 35-37, 42-44.

17. Conclusion, obrwc, pareillement, identiquement (après une comparaison : I, IL ; 2, 26 ; 3,5 ; cf. Luc 15, 7, —0 ; 17, 10).

éav ph Exn (V. 18), cf. ywpic, v. 20, 26, dépourvue de,

vexpoc, morte, au figuré : stérile (comme le sein maternel qui n'a pas enfanté, cf. Marc 4, 10 — Matth. 13, 22 ; Romaïns 4, 19), vaine, v. 26. Cf. Romains 7, 8 ; Hébr. 6, 1 ; 9, 14; ÉPICTÈTE, Diss. 3, 16, 7; 23, 28. On peut en rapprocher Luc 15, 24, 32; Apoc. johan. x, 18 ; 2, 8 ; 3, 1. Cf. Berlin Gr. Urk. 4, 1024, VIX, 16 (Ive ou ve siècle après J.-Ch.), &Aénox rhv dvodl[aiuovlæ, tt Coax [rlpocepépero rois Bou[Aouévoic] de vexot. — 1 Corinth. 15, 14, 17, foi vide ou vaine, condamnée à l’anéantissement, ordre de considérations particulier à Paul.

#40” éxvrhy pourrait signifier : pour elle seule {sola, ff), pure tautologie après év uh ëyn Éoyx. L'autre interprétation qu'on a proposée n'est pas plus satisfaisante : 2n semetipsa (Vulg.). Dans les Septante, on trouve : surtout (Genèse 30, 40 ; 43, 32 ; 2 Macchab. 13, 13); cf. Actes 28, 16, chez soi; (Romains 14, 22, xarà ceauroy, dans le privé ; voir aussi 3 Jean, v. 15, xx’ bvou«, individuellement), nuances qui se rapprochent de so/a. Cette expression est un abrégé de ëdv uh Eyn éeyæ. En soi, la foi est morte, avant même d’avoir montré en fait sa stérilité. CHAINE, p. 70, dit exactement : « La foi si elle n’a pas les œuvres est morte en elle-même, et c’est parce qu’elle est morte qu’elle n’a pas les œuvres. » Il y a cercle vicieux. Cette foi n’a pas même le pouvoir de passer aux actes.

18-19. Ce « petit dialogue a donné bien du mal aux commentateurs. » (E. MÉNÉGOZ, Étude comparative de l’enseignement de saint Paul et de saint Jacques sur la justification par la for. Etudes de théologie et d'histoire, 1907, p. 126, n. 1. — Fidéisme, CDR 22 ut),

18. Extérieurement au moins, en prenant directement à partie un interlocuteur supposé, ru (le futur marque une pure hypothèse), l’auteur adopte un procédé familier à la diatribe des Cyniques et des Stoïciens : &AN épet tue, GAN épobvrat, noi, inquit, etc. Chrysippe, en particulier, était resté célèbre pour l'allure pleine de vie et même passionnée qu'il donnait à sa dialectique par ces rapides dialogues imaginés, tels autrefois les orateurs athéniens. Il en fut de même d’Aristote, Télès, Plutarque (vai-ny%), Sénèque, Marc-Aurèle ; voir aussi les lettres

de Cicéron. Les dialogues d’Épictète, à leur tour, poussent l'adversaire dans ses derniers retranchements (&GAA&..., I, 2, 10; 6, 26, etc.) ; ils frémissent d’ardeur persuasive pour la volonté, tandis que ceux de Socrate visaient à obtenir l’assentiment de la raison. Cf. R. HIRZEL, Der Dialog, 1805, I, p. 369 s. ; IL, p. 2475.

De même ici, il ne s’agit plus de prévenir une objection (cf. 1, 13), ou de préciser le débat en écartant d’abord de la discussion la part de vérité professée en théorie de part et d'autre (2, 8). Mais le contradicteur prend lui-même la parole. Cf. 4 Macchab. 2, 24. — Romains 9, 19, épeïs mou odv; II, 19, épeis oùv; 1 Corinth. 15, 35, &AAX ëpet vic. Barnabas, 9, 6. Homél. ps. Clément. 9, 16 ; 11, 12. Etc. Ce fait, qui saute aux yeux, a pourtant soulevé des contestations : SCHWARZ, KARO, KÔHLER ont compris par ri l’auteur en personne. Cela simplifierait l'interprétation en ramenant le dialogue au monologue, mais dès lors à quoi bon le cadre dialogué ?

ris pourrait aussi désigner un gwidam venant appuyer l’auteur et réfuter ou confondre à son tour le premier rx, celui du v. 14, qui dit avoir la foi mais qui n’a pas les œuvres. Car, pour &M4, la signification : même, qui plus est, que dis-je ? n’a rien d’insolite. Cf. Jean 16, 2 ; 1 Corinth. 7, 21 ; 2 Corinth. 7,1x (six fois). « L'auteur, avec sa modestie habituelle, » s’effacerait derrière un représentant de la foi parfaitement mise en œuvre. (MAYOR, p. 96). Lui-même n’'élèverait pas pareille prétention. Se rallient à cette hypothèse VON SODEN, MOFFATT, PREISKER. D'autres réduisent sa modestie au simple emploi d’un artifice littéraire : le tiers mis en scène, qui abonde dans le sens de l'écrivain, n’interviendrait que pour frapper davantage l’attention du lecteur. On a même cherché à déterminer s’il faut voir en lui un Juif (ZAHN, HOFMANN), un moraliste pur (HAUPT), ou un chrétien (le plus grand nombre des interprètes, en dernier lieu BEYSCHLAG, MAYOR, GRAFE, BELSER, BŒHMER, CHAINE). Sans même demander où et pourquoi, dans cette hypothèse, l’auteur reprendrait lui-même la parole (cf. l'incertitude de CHAINE, p. 61 : « le tiers parle sans doute encore au v. 10, et Jacques reprend au v. 20 »; GEBSER attribue à l’« assistant » Jes v. 18-23), il suffit, pour en mesurer la fragilité, de constater qu'on ne trouve nulle part &AN épet tic ou une formule ‘équivalente sans valeur adversative. DIBELIUS, d’autre part, remarque fort exactement qu’en opposant le rc du v. 18 au ri du v. 14, on perd de vue la différence entre style direct et style indirect : le dernier personnage introduit est mis en scène ; nous l’entendons parler. Du précédent il était question dans l’exposé même de l’auteur : si l’on dit, si quelqu'un dit que... (je suppose que quelqu'un dise que.….). Rien ne permet de placer sur le même plan deux interlocuteurs si inégalement apparus, l’un à titre hypothétique dans la pensée de l’écrivain, l’autre en intervenant pour son propre compte au milieu du débat.

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