‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 42 sur 103 · ZE · texte numérisé non relu

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Mais l'emploi du style direct, ici comme dans la diatribe, ne suffit pas pour qu'on puisse établir si l’auteur attribue ou non à l’objection la portée d’une opinion sincère, sérieusement avancée à l'effet d’ébranler ou renverser sa propre position. On constate, chez EPICTÈTE en particulier, que ce mode d’élocution sert le plus souvent dans le dialogue à formuler un argument opposé au sien, mais qu’il a lui-même imaginé. Exemple : il suppose un athlète qui, mis en demeure d’exhiber ses épaules (SetË6v por tobc &uovc), répond : 13e pou Tobs éAripac. Ailleurs (ÉPICTÈTE, DION, SÉNÈQUE, PLUTARQUE), l’auteur du dialogue prête bien d’abord l’objection à un auditeur réel, mais insensiblement 1l en vient à ne plus discuter qu'avec un adversaire imaginé ; cf. HORACE, Satire 1, 1. L'ensemble des v. 18-20 sera seul éventuellement susceptible d’élucider la nature exacte de l'intervention : objection proprement dite, remarque de sens commun, position neutre dans la question contestée.

Où commence la réplique de l’auteur ? Le v. 20 lui appartient de toute évidence. Il adresse un blâme formel à son interlocuteur : & &vpowne xevé. Cf. x Corinth. 15, 36, &ppoy ; voir aussi Romains 9, 20, où tic et ; 2, I, © ävOponre rüc 6 xpivwv. (En bonne part : 1 Timot. 6, 11). Il déclare insoutenable la valeur positive de la foi dépourvue d'œuvres. C’est l'équivalent du v. 14, renforcé par toute l'argumentation développée et débattue dans l’intervalle. Dès lors, le v. 19 ne peut qu’annoncer la conclusion réprobatrice : quelle foi est la tienne ; elle s’identifie à celle que professent les démons ! Cette démonstration par l’absurde ne saurait se séparer de l’apostrophe à l’homme qu’elle atteint ; dans les deux v. c’est bien l’auteur qui parle.

Mais répond-il, par cette contre-offensive (cf. ÉPICTÈTE et très fréquemment dans la diatribe en général), à l’ensemble du v. 18, dont les mots Üet£6v lot tv mioriv oov yawpis Tüv Épywv (cf. ÉPICTÈTE, 2, 10, 24, deléaré mor ri. qui soit un vrai stoicien) le mettraient en demeure de prouver la consistance de sa foi sans arguer des œuvres ? En s'exprimant ainsi l'adversaire n’userait d’aucune ironie. Là gît la difficulté. Comment ce champion des œuvres (v. 18 a) inviterait-il sérieusement son antagoniste à prouver que sa foi sans œuvres s'avère féconde ? Il ne pourrait que l’en défier, jouant sur le velours. Si donc ces mots sont ironiques, le v. 18 b se trouve au diapason du v. 19 : échange de propos persifleurs (19, ce que tu me montreras, ce n’est pas du tout la foi établie par les œuvres dont tu te prévaux sans en réalité les avoir ; c’est une foi que les démons partagent). Mais l'identité du ton s'explique plus naturellement si c’est la pensée du même personnage qui s'exprime sans interruption. En attribuant le tout à l’auteur, on obtient :

18 b (Défi). Toi, montre-mor ta foi (mais) sans les œuvres (In petto : JE SUIS BIEN SÛR QUE TU NE LE POURRAS PAS). —

Moi, je te montrerai ma foi par les œuvres. (NOUS POURRONS COMPARER ; TU AURAS SATISFACTION),

— (Réponse) :

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