EH BIEN, LA VOICI, TA DÉMONSTRATION) : {w crois, etc
La même dérision persiste victorieusement. L'astuce de celui qui se targuait faussement d’avoir les œuvres a été déjouée. Le v. 18 a énonçaïit le contraire de la vérité. l
Pour l’emploi de l'ironie ou du défi dans la diatribe (ÉPICTÈTE) et son influence, cf. DIBELIUS, p. 144, n. 1. E. DE FAYE, Origène, 11, Paris, 1927, p. 86 et n. 1. Exemples : THEOPH. ad Autol. T, 2, SetËdv por rov &VOpwrév ooù xdyw oo detËw Tov 0e6v pou. EPIC- TÈTE, 1, 6, 43, Éy@ oot deléw... où à Euod detxvue,
D'après cette décomposition, qui semble la plus adéquate au contenu du dialogue, l'adversaire n’a prononcé que six mots, v. I8 4, où mioriv Éyetc, x&y@ Épyx yo. On voit immédiatement que ces mots soulèvent l'énigme capitale dans un contexte qui n’en a déjà pas manqué. L’adversaire «a les œuvres » ; d'après lui, c’est Jacques qui «a la foi » (seule). Or, celui-ci n’a cessé de proclamer la non-valeur de la foi sans les œuvres. Cela étant, pourquoi discuter ? Il suffit de répliquer : j'ai la foi... mise en œuvres. Nous sommes d’accord.
Il est certain que l'hypothèse d’un auxiliaire de l’auteur aplanirait le terrain. Maïs nous avons dû l’écarter. Trois autres issues peuvent s’envisager.
1° On constate que la contradiction tient d’abord à l’incohérence entre la demande et la réponse :
18 a (l'adversaire) : … J'ai les œuvres.
18 b (l’auteur) : … Montre-moi ta foi.
Mais l’assertion première implique évidemment :
18 a. Toi, tu as la for (sans les œuvres) ; moi, j'ai (la foi avec) les œuvres.
18 b. L'auteur répond : Montre-moi d'abord ta foi (oov), ce qu'elle est quand tu n’y ajoutes pas les œuvres. (Au lieu de xopis, le texte reçu a : x, qui doit avoir été introduit pour conformer littéralement l'invitation à la promesse corrélative. L'ironie serait plus aiguë encore). L'auteur sait pertinemment (v. 14, 17, 19) qu'il demande ainsi une impossibilité. En retour, voici à quoi il s'engage : moi, je te montrerai ma foi (que tu prétends nulle en fait) par les œuvres (dont tu me crois dépourvu). C’est la seule manière dont je puisse te la montrer. L'’adversaire, apparemment, en imaginait d’autres manifestations.
Cette réponse donne à penser que le débat porte sur la répartition entre la foi et les œuvres considérées en elles-mêmes, plutôt que sur ce qu’en possèdent ou non l’un et l’autre interlocuteurs. Si le dialogue tendait à prouver que l’un possède ia vraie foi, l’autre une foi erronée, il opposerait entre elles :
la for — ma foi.
Il oppose en fait à : fa for (sans œuvres) — mes œuvres.