‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 45 sur 103 · Deuxième exemple. Rahab · texte numérisé non relu

Deuxième exemple. Rahab

éuoiwc, dem, ditto (doabrac), cf. Jean 5, 19, etc. ; quelquefois cet adverbe équivaut seulement à : quant à ; cf. 1 Paerre 5, 5. ôuolws DE nat : Luc 5, 10; 10, 32; 1 Corinth. 7, 3 s. Les deux

exemples empruntés à l'A. T. sont ainsi placés sur la même ligne et prouvent la même vérité. Rahab aussi a été justifiée par ses œuvres, tout comme Abraham. Aucune différence n est marquée entre le patriarche et la prostituée cananéenne (répwn, sans commentaire ; sans doute la conversion de cette femme est-elle implicitement supposée dans le sens de Maïth. 21, 31), si ce n’est que notre auteur parle de cette dernière plus brièvement et, de tout le récit du livre de Josué qui la concerne (Josué 2, 1-21 ; cf. 6, 17, 25), mentionne seulement deux traits :

Rahab accueillit avec hospitalité (sens classique pour Üürodéyouv depuis HOMÈRE ; cf. Luc 10, 38 ; 19, 6; Actes 17, 7) les envoyés, &yyérouc, mal'äqim, Genèse 32, 3; Aggée x, 13, etc.; Luc 7, 24 ; 9,52; Sylloge 512, 7x, n° siècle avant J.-Ch., etc., messagers humains ; Hébr. 13, 2 appuie l’exhortation à l’hospitalité sur la tradition des visites que les anges [de Dieu] font aux hommes. — Ici, les mss. C, L, etc. ont corrigé, à la fois pour préciser sans doute et pour réserver aux êtres célestes le titre d’anges ; ils lisent : xaraoxémovs, comme dans Hébr. 11,31; 1 Clém. rom. 12, 2 (cf. ff, nuntios) : Josué 2, 1 b. — De curieuses analogies avec l'épisode de Rahab et sa mention ici et dans Matth. 1, 5 ont été relevées par WiNpiscH, Zetschr. f. Alitestam. Wass. 1018, p. 188 ss., chez VALERUS MAXIMUS et NÉANTHÈS DE CYZIQUE. — Sur l'emplacement traditionnel de la maison de Rahab, on peut consulter GEYER, léinera Hierosolymitana sæculr IIII-VIITI, Wien, 1898, p. 24. En 333, le pèlerin de Bordeaux dit l'avoir vue près de la source de Jéricho, à quelque distance de la route joignant cette ville à Jérusalem.

Puis elle les renvoya (ëx6&\Aow sans nuance péjorative [Jean 9, 34S. ; 3 Jean, v. 10], cî. Marc 5, 40; Matth. 0, 38 ; 12, 35 ; Luc 6, 42 ; 10, 2, 35 ; Papyr. de Ryland 2, 80, x (rer siècle après J.-Ch.), éxôahere eiç TX yœouara [rod [[xpeutrou] *Avor bSoopbhaxac) par un autre chemin (étépx sans article, tout différent, cf. Romains 7, 23; Galates 1, 6) : Josué 2, 155.

On attendrait qu’au moins en ce qui concerne l'accueil ménagé aux envoyés, Rahab soit présentée comme manifestant sa foi par ses œuvres, ainsi que cela vient d’être souligné à propos d'Abraham (v. 22, cf. v. 23) ; c’est à ce titre que Rahab prend place dans la célèbre galerie des héros de l’ancienne alliance que glorifie l’épître aux Hébreux (11, 31). De son côté, 1 Clém. rom. 12, qui paraphrase le récit de Josué 2, dit textuellement : dià mioruw xai puloËeviav o60n ‘PadS À répyn (12, 1), et 1l la place également en parallèle avec Abraham (10), « trouvé fidèle pour avoir obéi aux paroles de Dieu » (10, 1), et gratifié d’un fils Già tioriw xal quhoËeviav (10, 7), ainsi qu'avec Lot (11), « sauvé de Sodome à cause de son hospitalité et de sa piété » (11, 1). I manque, de plus, la sanction obtenue par «les œuvres » de Rahab, tandis qu'Abraham « fut appelé ami de Dieu » (v. 23). La tradition d’origine juive qui, greffée apparemment sur Josué

6, 25 b (voir aussi Ruth 4, 21, G), fait de cette ancienne païenne une ancêtre de David et de Jésus (Matth. x, 5 ; cf. le Talmud : de Rahab descendirent huit prêtres dont deux prophètes, Jérémie et Ezéchiel, Midr. Samuel Yalkout Jos. 10 s. ; Josué l’épousa ; elle entra dans la tribu de Juda; diverses indications rabbiniques, STRACK-BILLERBECK, I, p. 20-23), n’a pas été utilisée ici. Notre auteur, comme ceux des épîtres citées ci-dessus mais indépendamment d'eux, a dû ajouter le nom de Rahab à celui d'Abraham simplement parce que cette femme figurait en général dans les énumérations des personnages illustres de l’histoire sainte, qui amplifiaient encore les thèmes de 1 Macchab. 2, 51-60 ; Sirac. 44-50. Mais il ne s’est pas soucié de caractériser au juste la foi et les œuvres de l'héroïne, l’opinion qu’il soutient étant déjà, estimait-il sans doute, suffisamment établie par l'exemple du grand patriarche. Ce n’est donc qu’extérieurement (y&o au v. 26 manque dans B, 1175, syr., Vulg.; — ff y substitue : autem) que la conclusion de l’ensemble du développement commencé au v. 14 est rattachée au v. 25. La portée en est générale.

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