Conclusion d'ensemble (cf. v
La deuxième partie de ce v. reproduit presque littéralement les v. 17 et 20 b. La thèse, posée sous forme interrogative dès le début (v. 14, un düvaror mioris oûou adrôv;) est définitivement établie, renforcée successivement par le tableau des V. 15-16, par l’objection écartée aux v. 18-19 et par les arguments scripturaires des v. 20-25. Une comparaison topique vient encore souligner l'évidence qu’elle possède pour l’auteur.
La foi sans œuvres est assimilée au corps sans esprit, au cadavre, td oùuax yowpis mvevuuroc. C’est l'esprit, souffle vital, rouah (Genèse 2, 7, etc.) qui anime le corps; ce sont, de même (donep.. obrwc), les œuvres qui rendent la foi vivante. On ne voit plus très bien, avec cette comparaison, quelle part de coopération (v. 22) la foi apporte aux œuvres, car la réciproque : les œuvres sans la foi (l'esprit sans le corps) sont stériles, n’est pas nécessairement impliquée dans le raisonnement. PLUTARQUE, se référant à PLATON, était plus explicite : de samit. præc. 27, dpOGic oùv 6 ITAdtwv rapyvece, pre coux xiveïv äveu duyc, ufre duyhv äveu couaroc, &AN ofév Tiva ouvwpioc ioobporiav Diapuadt- Teuv, tt uéAoTa Th Vuyh ouvepyet Td oûuX xai ouYAxAUVEL.
« Il semble d’abord étrange, écrit MAYOR, p. 102, que ce qu'il y a de visible en l’homme soit comparé à un principe invisible, la foi, et l’invisible esprit (souffle), aux œuvres, fruit visible de la foi. » Sans doute, au point de vue moderne. Mais faire intervenir à ce propos une distinction entre foi intellectuelle, orthodoxe, « externe », et œuvres, principe agissant, ne trouve aucune base dans le texte. Il est également arbitraire de poser avec SPITTA, p. 87 s., que, si Épyx — nvebua (xivnux) et tioris — oœux, c'est parce que les œuvres sont celles de la volonté. L'auteur n’entre pas dans ces analyses. La seule foi
vivante, qui sauve et qui justifie, est la foi mise en œuvre ; sans œuvres, la foi est morte. C’est ce qu'il fallait démontrer (v. 14).
14-26. De nombreux travaux ont été consacrés à l’étude comparée de la justification par,la foi d'après les épîtres pauliniennes et d’après l’épître de Jacques. Nous résumerons les points qu’on peut, estimons-nous, tenir pour acquis.
Les propositions essentielles semblent d'abord se contredire formellement :
Romains 3, 28.
AoyKouela Yyap dixarodobar
niorer ävÜpworov yupic Épyov Jacques 2, 24.
vOLLov. dpare tr € Épyov dixa- Galates 2, 10. otar ävOporos xai oùx x où duxatodrar &vÜownros ÉË TÉOTEWG {LOVOV.
Épyoy vouou Édv un dX TLOTEWG Xptoroùd ’Inooù.
Pour Paul, la justification s'obtient par la foi seule. C’est la grâce de Dieu qui déclare justes les croyants (Romains 3, 26 ; 4, 5 ; 8, 33, etc.) sans exiger d'eux des œuvres, car par le moyen des œuvres de la Loi aucun individu ne pourrait jamais être reconnu juste devant Dieu, Romains 3, 20 ; cf. 2, 13. La foi, au contraire, possède aux yeux de Dieu une valeur telle qu'il l’impute à justice sans aucune considération des œuvres, bonnes ou mauvaises, qui peuvent l'accompagner, Romains 4, 15. En d’autres termes, la justification est toujours imméritée, Romains 3, 24. Tandis que le judaïsme recherche sa « propre justice » (Romains 10, 3), c’est-à-dire vise à être déclaré juste en vertu des prestations et observances qu’il accomplit par ses propres forces, les croyants que décrit l’apôtre reconnaissent dans leur justification l’action exclusive de la pure grâce de Dieu ; c'est elle qui leur confère, alors qu'ils ne sauraient se prévaloir à cet effet d'aucun droit, la justice même que Dieu possède, Romains 3, 26.
La foi consiste pour l’homme à soumettre tout son être à cette grâce divine, et à recevoir d’elle Le salut avec une confiance aussi inébranlable que reconnaissante. « Je crois » signifie presque : je laisse Dieu seul agir en moi. La foi est l'A et l'Q de la justice de Dieu, ëx niotewc eis mioruv, Romains 1, 17. La mystique paulinienne, qui se représente toute personnalité chrétienne absorbée en Jésus-Christ, tient étroitement à cette notion de la foi. Croire, c'est être « en Jésus-Christ », porter en soi l'Esprit du Christ. Il faut y avoir été appelé par la grâce, cf. Romains 8, 30. Grâce et foi sont inséparables. L'Evangile est la «parole de la foi » (Romains 10, 8 ; cf. CALVIN).
Les « œuvres » ainsi exclues sont celles de la Loi, de la téré mosaïque ; cf. Romains 3, 21, yxwpès vouou, pris absolument, équivaut à xopls Épyov vouou de 3, 28. On sait à combien de