PATIENCE
Prenez donc patience, frères, jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voyez : le cultivateur attend le précieux fruit de la terre, en prenant Datience jusqu'à ce qu'il ait reçu la pluie de l'automne et celle du Driniemps. SPrenez patience, vous aussi ; forhifiez vos cœurs, car l'avènement du Seigneur est proche. Frères, ne vous répandez pas en plaintes les uns contre les autres. afin de n'étre pas jugés : le juge est là, il se tient à la porte. Pour modèles de la souffrance et de la patience, frères, prenez les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Nous proclamons bienheureux ceux qui ont tenu ferme. Vous avez entendu l'histoire de la constance de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a ménagée, car le Seigneur est plein de miséricorde et compatissant.
Le ton de l’exhortation affectueuse et fervente succède inopinément aux admonestations les plus rigoureuses. L'auteur s’est maintenant tourné vers ses düeApot (cf. 1, 2, etc.), qui ont besoin de consolation et d'encouragement, soit qu'ils aient été directement, sous quelque forme et en quelque mesure que ce soit, victimes des procédés cloués au pilori dans les v. 1-6, soit que, d’une manière générale, ils passent par des épreuves non définies, comme ceux qui « patiemment les supportent », 1, 12. Ici de même, c'est à prendre patience qu’on les invite, mais en précisant la perspective magnifique qui viendra couronner pour eux cette discipline.
7. Maxpolvuñoure oùv, &deApot, Éwe rh rapouoiuc t0Ù Kupiov. Le verbe, qui est classique et qu'on trouve par exemple chez PLUTARQUE (cf. DEISSMANN, Licht v. Ostent, p. 67, n. ï), ainsi que dans les Septante, correspond bien au sens de l'expression hébraïque, fréquente notamment dans les psaumes : «lent à la colère », ’érék 'appayim (cf. ci-dessus, 1, 10). Il s'applique d'abord à la patience témoignée à autrui, Matth. 18, 26; 1 Corinth. 13, 4; 1 Clément rom. 62, 2 ; 64, puis à l'attente confiante (Lament. 3, 26) des événements, Hébr. 6, 15; cf. v. 12, rüv diù miorewc xal uaxpo- Gvuixs xAnpovouobvrov ràc érmuyysnluc. (Une nuance particulière apparaît dans Luc 18, 7 : tarder). Une lettre probablement chrétienne, du 1tre siècle, Papyr. de la Soc. vtal. 4, 290, xt,
Le
s'exprime exactement comme ici : æxpob[ü]y[er] oùûv, adehph. La distinction entre uaxpoluuetv et ütouéveuv, ou entre les substantifs correspondants, peut se ramener à peu près à la prédominance de l'élément passif dans le premier terme, de l'endurance et de la persévérance active dans le second ; cf. par exemple 1,3:5,11; Marc 13, 13 et paral.; Hébr. 10, 36, mais le plus souvent il y a synonymie en pratique.
Cette patience devra sa force inébranlable à la certitude de l’aboutissement que lui réserve la parousie. C’est donc encore la pensée des « derniers jours », v. 3, qui inspire ici l’auteur, mais il en précise l’expression. « Le Seigneur » ne peut apparemment désigner que le Messie (cf. 1, 1; 2,1; 5,14; Matth. 24,3; 2 Thessal. 2, x; x Pierre x, 16; 3, 12, etc.), et non pas Dieu comme dans 5, 4 ou 3, 9. On ne trouve pas rœpovoix (mais etoodoc, Malach. 3, 1; adventum, Asc. de Moïse 10, 12) appliquée à l’apparition finale de Dieu lui-même pour prononcer le jugement, telle que la décrit par exemple Hénoch 92-105 ; cf. HERMAS, Simil. 5, 5, 3. Ni les Septante ni JOSÈPHE ne donnent à tapouoix une portée eschatologique. SPITTA allègue bien Testam. de Juda 22, 2, ÉwG rapovotac Toù 0eod Tic duxaroobvne, mais ce texte est incertain et manque dans la recension arménienne. On ne peut s'arrêter davantage à Testam. d'Abraham, 13, également mal attesté. Enfin, dans Apoc. syr. de Baruch 55, 6, rapovoix ne vise pas l’arrivée mais le « jour » du Tout-Puissant (cf. Malach. 3, I, etc.). Les papyrus laissent le plus souvent à ce mot son sens général : présence (cf. Judith 10, 18; 2 Macchab. 8, 12, etc.) ; ailleurs ils l’emploient revêtu d’une acception technique visite (officielle, d’un souverain, etc.) ; cf. DEISSMANN, Licht v. Ostent, p. 314 ss. Papyr. de Florence, 3, 332, 5, 11° siècle après J.-Ch., un ëxdeyéuevov (cf. ci-après) oov thv tapovotav.
Jusqu'à cette transformation, évidemment imminente (cf. v. 8), de toute l’économie actuelle, il faut donc demeurer ferme, soutenu par l'espérance de l’arrivée du Seigneur. ’I50ù 6 Yewpyès 4. 7. À., que les frères prennent en exemple le cultivateur, fermier ou propriétaire (papyrus), non journalier, ëpy&rne, v. 4. (Même exhortation dans Sirac. 6, 19, pour « celui qui accueille l’instruction »). On se rappelle la parabole de la semence qui croît spontanément, Marc 4, 26-20. Voir aussi Luc 13, 6-9 ; (Marc 11, 13 b) ; 1 Corinth. 9, 10 ; 1 Clément rom. 23, 45. ; 2 Clément rom. 1x, 3-5 ; 20, 3. Par contre, 2 Timot. 2, 6 met en relief la participation active du cultivateur, rùv xom&vra, à l'élaboration de la récolte.
Entre les semailles et la moisson, il faut attendre, éxdéyerar (cf. ce verbe avec Ewc, Hébr. 10, 13) rdv tiutov xapnèv tic Yüc. La haute valeur de la récolte aide à en faire espérer patiemment l'éclosion et la venue à maturité, uoaxpoluu&v x” «dr® (variante : adrov, K, L.). Cf. Luc 18, 7. Mais cette attente n’est pas dépourvue de soucis. Il faut que la semence reçoive dans le sol en temps voulu, Éws At6n, la pluie précoce et la pluie tardive, rpéiuov
(sous-entendu : 6erév, qu’ajoutent expressément 4, K, L, P, Syr1) nai üWiuov. Ces deux termes sont isolés dans le N. T. D'autres témoins du texte ajoutent non pas berév mais xaxprôv (N, ff, boh., syr?, CAssioDoRE). Cf. Exode 9, 32; Osée 9, 10; Jérém. 24, 23. Dans XÉNOPHON, Econ. 17, 4 et dans Or. Gr. Inscr. Sel. 56, 68 (238 avant J.-Ch.), rpoiuos désigne la récolte précoce. xxprov a pu être inséré dans un pays, l'Égypte sans doute, où l’on ne connaissait pas le régime des pluies qui s’observe en Syrie-Palestine. Les deux £ws du v. se comprendraient mieux avec cette interprétation, puisque parousie d’une part, fruit précoce et tardif de l’autre marquent le but de l'attente, les pluies n'étant qu’un moyen. Néanmoins on doit préférer pour rpôtuov xai ëluuov, adjectifs pris substantivement, cf. 3, II, l'application à la pluie (yôré, malgô$ ; octobre-novembre, pluie précoce, qui rend accessible au labourage puis aux semailles la terre desséchée par l'été torride ; — mars-avril, pluie tardive, stimulant la germination et permettant aux jeunes pousses de supporter les rudes chaleurs subséquentes) ; entre les deux, la pluie normale, de mi-décembre à mars, est ici sous-entendue. C’est couramment que la littérature juive fait allusion à ces pluies : Deutéron. 11, 14 (texte compris dans le chema; cf. Jacg. RO SOS OO ESS PTICrÉMAS PA NZ ALRATATONL, (x: Joël2323: Prov. 16, 16 ; STRACK-BILLERBECK, 3, p. 758 s. Il y a certainement ici un trait de couleur locale palestinienne. Est-il pris sur le vif ou fourni simplement à l’auteur par la familiarité avec les auteurs juifs ? On ne saurait le déterminer. Voir p. 209, 280.
Ce n’est qu'indirectement que le cultivateur lui-même «reçoit » ces pluies. Le véritable sujet de A4&6n serait la terre ou le fruit, auquel peut s'appliquer ër’ adr&. Le cultivateur attend le fruit, et prend patience jusqu’à ce qu'il (le fruit) ait reçu les pluies.
Le v. 8 ne fait guère que répéter le précédent avec plus d’insistance encore ; il ramène l'invitation à la patience comme conclusion directe à dégager de l’exemple du cultivateur. Pour xat dans une comparaison, cf. obtrowc xat, I, 11; 3, 5; Matth. 6, 10; Jean 6, 57; 1 Corinth. 15, 49, etc. Quelles que soient les épreuves à subir ou à affronter, prenez patience, vous aussi, en fortifiant vos cœurs, ornpl£ate tac xapdlas du&v. Cf. Ps. 57, 8; Sirac. 6, 37 ; 22, 16 ; çâ‘ad léb, se restaurer, Juges 19, 8. Ceci fait appel aux résolutions viriles et soutenues (cf. 1 Thessal. 3, 13, Eic To ornpiéar UV Ts xapÜlas ; I Pierre 457 Su etc.), que stimulera toujours la certitude de la parousie du Seigneur, déclarée prochaine, expressément cette fois, fyyimev; cf. Luc 21, 18: Philipp. 4, 5; Hébr. 10, 25, 37 ; 1, 2; 1 Pierre 4, 7s,, comme le Royaume de Dieu dans Marc 1, 15; Maïth. 3, 2. Pour l’ampleur de la notion de « cœur », cf. v. 5. Ce même affermissement intime dû en tout cas au secours de Dieu, fait déjà l’objet d’exhortations et de prières dans l'A. T. ; exemples : Ps. 27, 14; 90, 17. Les écrivains chrétiens y insistent à leur
tour sous mainte forme : cf. Luc 22, 32; Actes 18, 23; Romains T IT 20 hessul NI SNS AE ;
9. On ne voit pas très bien comment l'auteur a été amené à placer une mise en garde contre les récriminations mutuelles au milieu d’un développement(v. 7-8, 10-11) dominé par l'idée de patience, En soi, le contenu du v. 9 se comprendrait mieux en liaison avec 4, 11-12. Il est vrai que la mention du jugement imminent, dont la certitude doit parer au danger signalé ici, n’est qu’une autre allusion à la parousie que visaient déjà les v. 7-8. DIBELIUS en conclut que Jacques aura trouvé l’ensemble 7-0 constitué avant lui à cause de cette ressemblance finale, mais qu’à l’origine notre v. formait une sentence indépendante. De pareilles conjectures demeurent nécessairement des plus problématiques, car nous ne saurions déterminer si l’auteur se sentait ou non lié par les exigences d’une composition rigoureusement logique.
Quoi qu'il en soit, son habituelle austérité morale et la hauteur des ambitions qu'il nourrit pour ses frères s’affirment ici une fois de plus. Au reste, uh orevétere, proprement : « ne soupirez pas » (cf. Marc 7, 34 ; 2 Corinth. 5, 2, 4), pourrait bien s'expliquer si l’auteur avait observé certains mouvements d'impatience, causés eux-mêmes par des frottements et dissentiments plus ou moins graves entre « frères », et compromettant la bonne harmonie nécessaire pour attendre la parousie avec sérénité. Car la définition du verbe donnée par MAyoR semble en atténuer un peu la portée ; « 1l dénote, estime ce critique, un sentiment intime, non exprimé. » Cf. Sammlung Griech. Urkunden aus Ægypten, éd. PREISIGKE, 2134, 13 (époque des Antonins), “Hocidos Oavobonc, ÉcrévaËav ot Oeot. D'ailleurs, xur &AAmhov marque bien qu'il s’agit de murmures ou de plaintes ; on est piqué, tourmenté, excédé, cf. Hébr. 13, 17, et l’on ne s’en cache pas. Le verbe est fréquent dans les Sepiante, appliqué à des plaintes et griefs fort variés.
S'en prendre ainsi à autrui et vivre en mésintelligence apparaît bien mesquin en même temps qu'insensé. Cela expose à la condamnation ; cf. Matth. 7, 1; Luc 6, 37. Voir aussi ciaprès, v. 12. Or, de toute manière, le jugement (cf. 2, 125. ; 4, 12) est imminent (v. 8; cf. 1 Pierre 4, 17 s.). « Le juge » luimême va faire triompher la cause des opprimés ; il mettra fin à tout déni de justice. Ne prétendez pas follement anticiper sur sa souveraine décision. Par le support, la bonté fraternelle, le pardon (cf. Coloss. 3, 13, dv ri rpôc rive Éyn uouvhv, aussitôt après : uoxpobvuiuv), préparez plutôt, pour cette suprême comparution, une atmosphère paisible et unifiée. Faute de quoi, le jugement vous frappera impitoyablement, cf. 2, r2.
Red Toy Ovpév Écrnnev. Cf. Marc 13, 20; Matth. 24, 33; — Apoc. johan. 3, 20. rç0 en général équivaut à la fois à pro et à ante. Les Septante l'emploient pour traduire Ziphné, cf. rpù
Teoowrov, Malth. 11, 10; Luc 9, 32. Le sens local, devant, est classique mais rare dans le N. T.: cf. devant la porte, Actes ‘12, 6, 14; devant la ville, Actes 14, 13. Papyr. de Petrie, 2, 45, 111, 24 (246 avant J.-Ch.), rod [rc néanc] 690v éfhveyxav. Or. Gr. Inscr. Sel. 50, 12 (milieu du 111€ siècle avant J.-Ch.), dvabeïvar rpù Toù ve roù Atowioov. Voir aussi rpù évhaluüv, 2 Macchab. 8, 17 ; 3 Macchab. 4, 4 ; papyrus.
Qui est 6 xpurnc ? Dieu ou Jésus ? Il n’en est rien dit. Si, comme nous croyons pouvoir l’admettre, le lien entre les v. 7-8 et 9 n’est pas, pour l’auteur en tout cas, aussi dérivé qu'on le supposerait au premier abord, la seconde hypothèse paraîtra la plus probable. Mais malgré tout ce v. 9 formule en quelque mesure une rapide digression. Cela s’observe surtout par rapport aux deux v. suivants, qui développent des exemples historiques à l'appui de l’exhortation à la patience contenue dans les v. 7-8.
10, II. « Les exemples vivants sont d’un autre pouvoir », pourrait-on dire lorsqu'on voit, après le simple recours didactique et impersonnel au cas du cultivateur évoqué dans le v. 7, apparaître maintenant avec plus d’ampleur les grandes figures de l'A. T., dont les lecteurs de l’épître n'auront évidemment aucune peine à se rémémorer l’histoire. Ce sont d’abord, 10-11 4, les prophètes considérés tous ensemble ; c’est ensuite, 11 b, Job, dont la patience reçut de Dieu un couronnement magnifique. Rien ne saurait mieux stimuler le courage de ceux qui actuellement endurent de lourdes épreuves. Cet appel aux héros du passé est d’ailleurs traditionnel. Cf. Daniel 9, 6 ; Sirac. 44, 1065s. ; 1 Macchab. 2, 1 ss. ; 2 Macchab. 6, 18 ss. ; 4 Macchab. 5, 1ss. ; 17, 23. On sait que le chap. 11 de l’épître aux Hébreux esquisse, pour ainsi dire, les grandes lignes d’une épopée des héros de la foi; cf. spécialement les v. 33 ss. (les prophètes). Voir encore Matth. 5, 12. D’après Jean 13, 15, Jésus invite les siens à le prendre lui-même en exemple, üréderyux yap Edwxx duiv {va x. Tr. À. Voir de même 1 Pierre 2, 21; — 1 Clément rom. 179 L.
10. broderyua (cf. Hébr. 4, 11 ; 2 Pierre 2, 6), au sens d'exemple ou de spécimen, est bien attesté dans les papyrus et les 2nscriptions. On le rencontre aussi chez XÉNOPHON et POLYBE. Cependant le pur atticisme lui préférait rapdderyux. Voir Inscr. de Priène, 117, 57 (1er siècle avant J.-Ch), [roA]roù xædv dmoderyux [napacrhouc]. — L'allure de la conversation familière, que nous avons plusieurs fois observée (cf. I, 5 ; 3, 10 ; 4, 16, etc.), se retrouve encore dans les mots : « prenez (en) exemple. »
Cet exemple doit fortifier en vous aussi bien l'intrépidité dans la souffrance que la patience. xaxomdÜeux, hapax, peut être compris soit activement (4 Macchab. 9, 8, avec üropovi), soit passivement (Malach. 1, 13, G; 2 Macchab. 2, 26 s.; à la fois Bemühung et Beschwerde ; cf. DEISSMANN, Bibelstud., p. 91 s.; 263 s. D’après une note de DITTENBERGER (O7. Gr.
Inscr. Sel. 244, 12, im siècle avant J.-Ch.), le grec tardif tend à appliquer ce mot non tam de malis, quibus quis afictatur, quam de negotiis laboriosis et molestis, quæ in se suscipit. Voir aussi : endurance, Berlin. Gr. Urk. 4, 1209, 7 (23 avant J.-Ch.), oùdev onovdñc où xaxomadluc rapélinov. Inscr. de Priène, 125, 7 (fin du 11e siècle avant J.-Ch.). Le ms. N porte : xxhox«yaiuc, terme classique ; c'est apparemment une correction. Il doit s'agir surtout des souffrances subies (voir cependant MoFFATT : fortitude), tandis que uaxpobvuix met en relief la constance délibérée, cf. v. 7. Le seul fait de souffrir, en lui-même, n’aurait rien d’exemplaire. Pour l’appel à l’ensemble des prophètes, cf. Maith. 5, 12; 23, 29-31 ; Actes 7, 52 ; Hébr. 11, 33 ss. ; 1 Clément rom. 45-46. Ce groupe n’est pas strictement délimité ; par exemple Sac. 40, 9 comprend parmi les prophètes Job, que nous allons voir mentionner ici, v. 11, en parallèle avec eux. 1 T'hessal. 2, 15 parle des Juifs qui ont « tué le Seigneur Jésus et les prophètes, et nous ont (nous-mêmes) persécutés. » On attendrait, tout naturellement semble-t-il, que Jacques aussi ajoutât à l'exemple des prophètes celui du Christ. Cf. x Pierre 2, 21 5. ; Hébr. 12, 2, etc .Les partisans d’une origine juive pour notre épître arguent volontiers de ce silence, difficilement explicable, au moins en apparence, de la part d’un auteur chrétien. Cf. p. 260, 281.
Les prophètes ont parlé àv (manque dans À, K, L) ré ôvouart Kopiou (cf. besëém Yahvé, Michée 4, 5; Daniel 9, 6, G; ëmi, Jérém.'20, 9"; 26; 16% 44, 16; =" Actes ANx7 s. > Hébr 13/7), Cette précision n’est pas destinée à les distinguer des faux prophètes qui parlaient au gré de leurs propres impulsions, mais elle insiste sur la grandeur de la vocation prophétique. Parlant au nom du Seigneur, ils n'étaient pas moins exposés aux plus dures souffrances, aux persécutions, au martyre, Matth. 5, 12; 23, 20 ss., 37 — Luc 13, 34; Actes 7, 52: Hébr. 11, 30ss., alors que, semble-t-il, leur fidélité eût pu leur valoir, de la part de Dieu, une protection spéciale. Vous donc qui, sans être des prophètes, vous efforcerez de manifester votre piété par une patience inébranlable, ne vous attendez pas plus que ces illustres héros à échapper à de terribles tribulations. Que le vivant souvenir de leur vaillance vous soutienne, quoi qu’il arrive. VITE Ceux qui firent leurs preuves de la sorte, activement et jusqu'à la fin, robs broueivavrac (intransitif, cf. 1, 12; Luc 2, 43; Acies 17, 14; Papyr. de Peitrie, 3, 43 (3), 14, 1112 siècle avant J.-Ch., dix td Oshdopoy détüoat ue broueïvo [rester] [Éwc ITadv t. Etc.), nous les proclamons bienheureux, uaxapilow, cf. Luc 1, 48; VETTIUS VALENS, p. 88, 25, un homme né sous l'influence de certaines planètes ônd roMGv paxaprofoerau. L'idée rappelle 1, 3, 12; le contenu de ce dernier v. montre que, littéralement, l’auteur applique bien la forme traditionnelle de la béatitude aux héros de la patience. Cf. Daniel 12, 12, G9, paxdouoc 6 Ütouévov, 4 Macchab. 7, 22.