‹ L'Épitre de Jacques: Étude critiqueChapitre 73 sur 103 · LP · texte numérisé non relu

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n'implique pas nécessairement l'étude directe et personnelle de tel ou tel de ces livres. Mais en soi il reste vraisemblable que Jacques ait été familier avec un ouvrage vraiment classique comme celui du Siracide et qu’il lui ait dû, consciemment ou non, certaines réminiscences.

Les contacts avec la Sagesse de. Salomon se montrent un peu moins fréquemment. Cependant, en particulier le chap. 2 de ce livre a pu exercer quelque influence sur les développements de l'épître de Jacques où riches et pauvres apparaissent en un radical antagonisme.

Les Testaments des douze patriarches sont, avec le Siracide, l'écrit juif auquel notre commentaire nous a le plus souvent Héportén Ciynotammentr/2c7.21, 3, 45123; 17:14, 5, 7, 8: 5, 11, etc. (1). Mais c’est ici très spécialement qu’il convient de tenir compte du caractère parénétique qui s'affirme de part et d'autre. Il en ressort qu’un certain genre de thèmes, de cadres, de formules était adopté dans cette tradition, sans que forcément, en s’y conformant, un auteur ait emprunté à tel ou tel de ceux qui l’avaient cultivée avant lui le détail des exposés où il se rencontre avec eux. C’est pourquoi, si frappantes que soient les observations signalées plus haut, nous ne croyons pas qu'il faille en exagérer la portée. En tout cas, elles ne sauraient suffire pour préciser et justifier la théorie de SPITTA, en prouvant que l'épître de Jacques émane du judaïsme. La parenté se trouve mieux appréciée par EPPEL, quand il résume ainsi l'inspiration des Testaments : « Ce sont surtout les tendances humanitaires que nous voyons grandir et s'affirmer... la pitié envers les faibles, etc. (2). » Plus qu'une dépendance directe, non rigoureusement démontrée, envers un hypothétique Testament de Jacob, lui-même voisin des Testaments de ses fils, 1l y a analogie dans l'esprit général et dans l’emploi de formes fixées par la tradition. Encore Jacques a-t-il évité toute allure diffuse et composite ; son œuvre garde une indiscutable unité.

Nous avons, d’autre part, noté par places d’intéressants rapprochements avec PHILON, par exemple en ce qui concerne certaines images. Mais on sait combien peu cet écrivain était lui-même un créateur, et à quel point il puisait dans le bien commun à toute la philosophie populaire de son temps. Est-ce ou non par son unique entremise que notre auteur s’en inspire à son tour? Il reste impossible de le déterminer, mais Jacques semble bien avoir disposé d’autres sources du même genre.

Abordant le N. T., l'attention se porte immédiatement sur les multiples passages de l’épître de Jacques qui rappellent les paroles

(x) MAYOR, p. CXvIII-CXxX1, donne un tableau détaillé des textes à comparer, (2) Le piétisme dans les Testaments…., ouv. cité, p. 188. — On sait, d’ailleurs, que cet écrit a subi des interpolations d'origine chrétienne,

de Jésus d’après les évangiles synoptiques, d'assez près pour qu'on puisse y supposer autant de réminiscences. L'analogie est triple. En ce qui concerne la forme, les logia évangéliques sont le plus souvent rattachés entre eux sans rigueur, assez extérieurément, ou même, surtout chez Matthieu, juxtaposés sans aucun lien, tout comme les brefs développements qui remplissent la plus grande partie de notre épître, principalement ceux des chap. x et 5. En second lieu, de part et d'autre le style est sentencieux ; l'impératif y domine ; plus d’une image ou tournure coïncide, qu’il s'agisse de la rouille et des vers (/acgq. 5, 2s.), de la vie aux champs (3, 12; 5, 7), de l’apostrophe : « adultères ! » (4, 4), de l’exhortation à la patience et à la vigilance (5, 9), ou de l'exemple des prophètes (5, 10, 17 s.). Enfin, la tendance au rigorisme moral le plus strict (1, 5 ss. ; 4, 3 ; 5, 165s., etc.) n’a pas besoin de démontrer combien elle reproduit l'inspiration constante de l’enseignement de Jésus. Si la note ébionite, particulièrement affirmée chez Luc, ne saurait telle quelle se confondre avec la censure des « riches » dans l’épître de Jacques, il est cependant remarquable que ces deux auteurs se servent de quelques expressions non attestées ailleurs dans le N. T. (x), et que Luc luimême n'emploie pas dans les Actes.

Sans prétendre dresser la liste complète des textes à considérer (2), relevons-en un certain nombre parmi les plus significatifs (3).

Jacques | Évangiles synoptiques.

1,5. Matth. 7, 7 ; Luc 11,0,S.

LSe2rs, Matth. 7, 21, 24; Luc 6, 46ss.,

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