SITUATION. DATE ET LIEU DE COMPOSITION
l'an 85 (1), soit des épîtres pastorales, probablement apparues dans les premières années du 11€ siècle.
Une plus grande précision demeure accessible, si l’on remarque que l’auteur (ou le premier auteur) de x Pierre a vraisemblablement connu et utilisé Jacques entre 85 et 90, et que les pastorales supposent une situation ecclésiastique plus évoluée. Nous nous trouverions ainsi reporté aux années 75-85, et pourrions placer avec certitude l’œuvre de notre auteur entre celle de Paul et 1 Pierre. Subsidiairement, il en résulterait que l’épître aurait sans doute été écrite entre l’évangile de Marc (première édition, 70-75) et ceux de ses deux contiruateurs, Matthieu et Luc (de 80 ou 85 à 100). L'auteur serait, dans un autre milieu, l’exact contemporain de celui qui écrivit l’épître aux Hébreux.
Quels motifs, quelle situation particulière le décidèrent-ils à rédiger ses exhortations ? Si son épître était une véritable lettre, elle contiendrait au moins quelques données objectives sur « les douze tribus de la diaspora » ; leur constitution plus ou moins fixée, leur activité missionnaire, les controverses en cours peutêtre parmi leurs membres se laisseraient apercevoir, comme c’est souvent le cas dans la correspondance de PAUL, sans parler des renseignements d'ordre personnel qui ne pourraient guère manquer. Mais la littérature purement parénétique exclut précisément les allusions concrètes. On se trouve ainsi réduit à dégager quelques minces inductions de la comparaison entre notre épître et les textes de même nature, en particulier ceux d'HERMAS, qui développent fréquemment des thèmes analogues, sous une forme plus ample et supposent une christianisation plus avancée. La sobriété du langage de Jacques, ses rapports directs avec de multiples devanciers juifs cultivant la parénèse, obligent à supposer qu'il appartenait à un milieu chrétien encore relativement peu évolué.
Les destinataires de l’épître apparaissent comme de petites gens, méprisés par les riches, et risquant de se laisser attirer par la séduction d’une condition sociale matériellement améliorée. Dans quelle mesure ces craintes qu’éprouve l’auteur étaientelles fondées ? Vraisemblablement ce qu'il dit dans 2, 2-4; 4, 13 — 5, 6 vise certains cas d’espèce, assez facilement susceptibles de se multiplier. Mais la plupart des autres exhortations ressortissent à la morale générale et combattent des péchés : intempérance du langage, dissensions, avidité, murmures contre Dieu lui-mêmes, 1, 13, etc., qui ne sauraient suffire à donner des communautés ou d’une partie de leurs adhérents un signalement décisif. Ce qui semble se dessiner, c’est une tendance progressive à s'adapter en une certaine mesure aux mœurs ambiantes;
(1) ARN. MEVER (p. 306) place les « remaniements chrétiens » de la Grundschrift juive de Jacques durant les années 80-90, parce qu'il ne croit pas 1 Pierre antérieure à 95.