P. G., VII
(3) On en trouvera une longue liste dans Mayor, p. lxxiv et ss.
"XX INTRODXJCTIOÎ*.
mêmes idées. Les ressemblances d'Hermas et de Jac. sont nombreuses également, mais peut-être moins probantes. II est vrai, un même fonds d'idées et d'expressions de la catéchèse, la même influence de l'A. T. peuvent expliquer bien des ressemblances entre l'Epître de Jac. et la littérature chrétienne des deux premiers siècles, néanmoins une dépendance de celle-ci par rapport à celle-là demeure possible et, dans certains cas, très probable (Clément Romain).
Le silence du canon de Muratori qui ne nomme pas l'Epître de Jac, et celui des auteurs ecclésiastiques latins qui ne paraissent pas en faire usage avant la seconde moitié du iv^ siècle, n'est pas une difficulté décisive contre une utilisation de l'Epître par Clément ouHermas (1), Zahn admet un oubli temporaire de l'Épitre (2)., Cela est très possible. Dans l'Église de Rome, en effet, durant le premier siècle de son existence, l'élément juif a dû être influent (3) ; puis quand les Gentils devinrent très nombreux, l'Epître adressée à des Juifs a pu être peu à peu laissée de côté, et plus tard utilisée de nouveau.
§ 2. La Canonicité.
Les témoignages du IIP au F® siècle.
L Dans l'Eglise grecque.
Le plus ancien témoignage sur la canonicité de la première Epître catholique est celui d'Origène (-|- 254-255). Il est très important, car Origène connaissait beaucoup d'Églises et exerça une grande influence/ Or le maître alexandrin reçoit l'Epître dans son canon et l'attribue à Jacques (4).
Il cite Jac. ii, 26 comme parole d'Écriture, en même temps que la première Epître aux Corinthiens : T:veu[*a Se % Yp«<{>^ vra-cs [xsv tvjv Siavoiav xaXsî, àç Ttîi (TTTOuSàÇeiv eîvat T:fiv Ttapôevov àyiav 7i:v£upt.«Tt x«l crtofAaTi* ttote Se tÎ)v i^VX."^^ ojç Ttapà 'laxoijîcjj : (â<77rep §s to a()i\j.x xtopiç tcveu[/.«toç vexpov Iffiiv (o).
(1) On a rapproché àe. Jac. quelques passages de TertuUien : ah$it ut Dominus tenture videatur (De orat. vui, P. L., 1, 1164; cf. Jac. i, 13); nnde Abraham amicus Bei deputatus? {Adv. Jud. n, P. L., II, 600; cf. Jac. ii, 23). Mais TertuUien a pu prendre ces idées et ces expressions dans l'A. T. (cf. Comm. aux endroits cités).
(2> Geschichte des nt. Kanon, 1, Leipzig, 1889, p. 963.
(3) Il est difficile d'admettre que Giarade ait chassé tous les Juifs de Rome en 48. Le texte des Actes (x;viir, 2) et celui de Suétone [Vita.Claudii, xxv), qui parlent àe l'expulsion des Juifs sur l'ordre de Claude, sont à combiner avec un texte de Dion Gassius (lx, 6) d'après lequel, à cause de la difficulté d'une expulsion générale, la police se contenta d'interdire les réunions. L'édit n'a donc pas dû être complètement exécuté. On a chassé sans doute les Juifs les plus tapageurs ; quelques autres ont dû prendre peur et partir aussi.
(4) In Jesu Navae, hom. vu, 1 (P. G., XII, 857).-
{h) Select, in Psat. xxi, 6 (P. G., XII, 1300); texte cité, I Cor. vrr, 34.
LES DONNÉES DE LA TRJUïITION ET DE l'hISTOIRE. XXI-
II nomme Jacques comme quelqu'un de bien connu : piocxàptov IvwTriov TOtî 0SOU taireivooffôar cprict yh.p 'làxcopoç* « ^airsivwôviTe Ivojtciov Kupt'ou xai &i|/d(T8t ôiJLaç » (1).
Il lui donne le titre d'Apôtre : cpïjarlv ô i;coaToXo« (2)... xaOojç çy](it 'laxwêoç 6. àîroffToXoç (3) .
Quelques auteurs pensent qu'Origène mentionne les doutes de quelques Églises quoique lui-même tînt l'Épîfre pour inspirée et authentique (4). Ils allèguent généralement deux formules de citations :: 1° làv yàp XeyiTfai [aÈv TciaTtç , x<*^P^< ^s EpY««>v tuyx,<«vïi, vexpa Icttiv :^ ToiauTV} ô; Iv TÎ] <pspo{jiévyi 'Iax(6êou 5iri(iToX9î àvéYvw(x.ev (5). Mais le participe cpÊpofjiévT^ n'implique pas une restriction dans l'affirmation d'Origène; l'expression équivaut à « Epître communément reçue ». Origène emploie le même terme relativement à l'A. T. : twv toivuv (pepotitévouv ypa^wv xoà Iv^ TTctoatç IxxXrjffc'atç ©sou 7r£TriffTeu{i.evwv eîvai ôeitov, OU relativement aux Actes et aux Epîtres : cpàuxwv j^sfà tÔc sûaY^éXia x&ç Tcpà^eiç xal Taç iTCiçToXàç cpIpSdQai Twv àTcocrToXwv (6).
2° ou ffUYX^p^ôsv àv ÔTto tSv TrapaSej^ofAsvtov to* IIicrTiç ytapXç ipyonv vexpdc Iffxiv (7)-. Le contexte montre qu'il ne s'agit pas de fidèles qui reçoivent l'Épître de Jacques par opposition à d'autres qui ne la reçoivent pas, mais de fidèles qui suivent son enseignement alors que d'autres ne le suivent pas. Origène ne nous paraît donc pas mentionner de. doute dans les Églises sur la canonicité de Jac.
Il trouve à Alexandrie une tradition déjà ferme. Clément, son prédécesseur au Didascalée, a peut-être commenté Jac. dans ses Hypotyposes (8), Cassiodore l'affirme (9),
Après Origène, l'Épître de Jacques demeura dans le canon alexandrin. Denys {j- 265) cite Jac. i, 13 comme parole d'Écriture, après Mt. iv, 1, à propos de la tentation : ô Sa ©soç TtecpàÇcov xoh<; ■nsi^a.ayt.o'bç Tcspicpepet àç à-rteipa«yToç xaxSv. ô Y^p 0eoç, cpvja-tv, àîreipaaroç Io-tiv x«xwv (10). Didyme commente Jac. (11), saint Athanase dans 39« Épître festale, datée de 367, dresse la liste du canon, liste « à laquelle, dit-il, il n'y a rien à ajouter ou à
{1) Select, in Psal. cxviii, 153 {P. G., XII, 1621).
(2) Select, in Psal lxv, 4 (P. G., XII, 1500; cf. Jac, v,.13).
(3) Com. in Joan. fragm. 126, édition de Berlin, t. IV, p. 570.
(4) Batipfol, L'Église naissante : Le Canon du Nouveau Testament, RB. 1903., p. 16; peut-être Jagquiek, Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, t. I, p. 261-262.
(5) Com. in Joan. xix, 6 {P. G., XIV, 569); cf Jac, ii, 26.
(6) Com. in Joan. i, 4, 5 (P. G., XIV, 28).
(7) Com. in Joan. xx, 10 (P, G., XIV, 592) ; cf. Jac, ii, 26.
(8) EUSÈBE, /f. E. VI, X£V, 1.
(9) De inst. div. litt. viir {P. L., LXX, 1120).
(10) Interpretatio in Lucam, xxii, 46 (P. G., X, 1596).
(11) Fragments dans P. G., XXXIX, 1749-1754.
XXII INTftODUCTION.
retrancher »; les sept Épîtres catholiques sont nommées dans l'ordre actuel entre les Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul, et attribuées, la première à Jacques, et les autres aux mêmes auteurs que maintenant. A part l'ordre de nomenclature le canon d'Athanase est le même que celui du Concile de Trente (1). Le grand évêque cite Jac. dans ses ouvrages (2). Son quatrième successeur, Cyrille, compose un commentaire de Jac. dont il ne reste que quelques fragments (3).
Le témoignage d'Eusèbe dans son Histoire, dont « les huit premiers livres paraissent avoir été achevés .en 312 » (4) n'est pas aussi ferme que celui d'Origène. Après avoir raconté la mort de Jacques évêque de Jérusalem, Eusèbe ajoute : Totau-ra xal ta x«Tà 'laxwêov o5 ^ -repiotr] Twv ôvo[jia^o[Jt.lvcov KttÔoXixSv liriffToXwv eivai "Xé-^Biai' îïréov SI, a)ç voÔst^erat {x^v, ou ■rtbXXot youv TtSv TcaXaiSv aÔT^ç l(ji.vri(/.oveu<jav. (5ç ouSè t^ç XeYOfiévriÇ 'louâoc, [jl(5cç xa\ auT^ç ouffï]? tS)v eitt^ ÀeYopiévtdv xaôoÀixwv o[Ab)ç S' icrfXEV xal tauxaç (xerà twv Xotirwv ev itXefcTai; SeSr,aoffteu[jiévaç IxxXrjdiai; (5). Un grand nombre d'Églises lisent donc publiquement les sept Épîtres catholiques avec les Épîtres de saint Paul (^et^ twv Xoitcwv) ; ce sont ces Églises qui attribuent la première des Épîtres catholiques à Jacques, évêque de Jérusalem. Eusèbe qui veut être complet (îstIov Se), mentionne -le doute de quelques Églises, fondé sur le silence de plusieurs anciens, mais lui-même ne s'y arrête pas et conclut pour la réception de l'Épître (fffîxsv). Quand il dresse le catalogue des Écritures, et à cause des doutes qu'il a déjà signalés, Eusèbe range l'Épître au nombre des avxiXeYojAeva, ou livres discutés (avec Jude, II Pet. II et III Jo.), par opposition aux vp6a ou apocryphes {Actes de Paul, Pasteur d'Hermas...) et aux Ô[jioXoYou[j<.eva, ou livres admis de tous (6). La preuve que lui-même la recevait ressort de ses ouvrages ; il fait usage de l'Épître dans son traité De ecclesiastica theologia[l), ailleurs il la cite comme Écriture (8) et même une fois sous le nom du « saint Apôtre » (9).
Dans la seconde moitié du iv^ siècle saint Cyrille de Jérusalem (10), saint Grégoire de Nazianze (11), saint Épiphane (12), Amphiloque évêque