IV. Les Psaumes
a) Ressemblances d'idées ou dHmages, avec rapprochements textuels
d'après les LXX.
Jac, I, 15 : -^ iTtiOujxia cuXXaêouaa TtxTci à[JLapTiav.
Ps. VII, 15,. à propos du méchant :
tSol> wSivYjffsv àvo[xiavj auvéXaêev tcovov
xal
ETSxev aôixtav.
même image de gynécologie, tout au plus pourrait-on admettre une vague réminiscence dans Jacques.
Jac. m, 5, 6 : lâob ■JiXixov itup v)Xixiiv iÎXtiv âvocTTrei... Y^wcrora... (pXoYtÇouaa tov Tpo)^bv TY]? Ysveaecriç.
Ps. Lxxxii (hébr. Lxxxiii) 14, 15 :
ô ôsoç [Aou, 6ou aÙTobç 6<; rpoj^ov, ...ônszi TTup â 8iacpXé|ei SpujjLÔv.
même image du feu qui brûle la forêt pour illustrer des idées entièrement différentes, Jacques parle de la langue et le psalmiste demande à Dieu de châtier les ennemis d'Israël. La présence du mot xpoypv dans Jacques, où il est si difficile à expliquer, n'est qu'une coïncidence.
Jac. m, 8 : {f'ktaaaa.) [AecyTri îou 6«vaTïjçopou.
Ps. cxxxix (hébr. cxl) 4 : •o>tovrj- (Tav yXtocrffav auxSv dxrei otpewç, îo; àcrTci- Swv UTTO xk J^EiXr) auTwv.
réminiscence probable du Psaume dans Jacques.
Jac. v, 11 : izohja-nkxy/yoi; lariv [ô] Kupioç xal otXTip[;LO)v.
Ps. cil (hébr. cm), 8 : ot)CTecpp.ojv >ca\ eXe71[jlwv ô jcupioç, [j.axpô6u[j.o; xai ■jroXusXeoç.
Expression biblique qu'on retrouve avec des variantes dans Ps. lxxxv (hébr, Lxxxvi), 15; ex (hébr. cxi), 4î Ex. xxxiv, 6; Joël ii, 13; sur iroXucTtXayxvoç cf. Comm. p. 123 et s.
INTRODUCTION
b) Ressemblances d'images ou d'idées.
Jac. I, 26 : Si quelqu'un pense être religieux et ne met pas tm frein à sajangue...
III, 3 : nous mettons les freins à la bouche des chevaux pour que ceux-ci nous obéissent et nous conduisons tout leur corps.
III, 7 : toute espèce de bêtes et d'oiseaux, de reptiles et d'animaux marins est domptée et a été domptée par l'espèce humaine.
IV, 8 : Lavez-vous les mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs...
Ps. xxxix, 2 : Je garderai ma bouche avec une muselière.
cxLi, 3 : Place, lahvé, une garde à ma bouche.
XXXII, 9 : Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet sans [intelligence], on [les] instruit avec le mors et le licou...
VIII, 7, 8 : Tu as placé tout sous ses pieds, brebis et bœufs tout ensemble, et même les animaux des champs, les oiseaux des cieux et les poissons de la mer.
Lxxiii, 13 : C'est donc en vain que j'ai gardé mon cœur, que j'ai lavé mes mains dans l'innocence.
Cf. V. 1 et Ps. xviii, 25 ; xxiv, 4.
Dans les images et dans les expressions de Jacques on peut admettre quelques réminiscences de ces textes des Psaumes.
Deux sujets prêtent à de nombreux rapprochements, les péchés de la langue et les idées sociales.
Les psalmistes parlent souvent des péchés et des méfaits de la langue (Ps. v, 10;x, 7; xii, 4, 5; xv, 3: xxxv, 15, 16; xxxvi, 4; lu, 4, 6; Lvii, 5; LViii, 5; lix, 8, 13; lxii, 5; lxiv, 4; xxix, 12; lxxiii, 8, 9; CI, 5, 7; cix, 2, 3; cxx, 2; cxxxix, 20; cxl, 4]; ils en parlent généralement avec un accent douloureux et parfois passionné; à les entendre on a l'impression de gens qui ont souffert de la calomnie et de la médisance. Jacques lui aussi insiste sur les péchés de la langue (m, 1-12; IV, 11, cf. I, 19), mais il ne se plaint pas; il traite un sujet de morale, il exhorte. Il se rapproche beaucoup plus des sages que des psalmistes; il n'exhale pas une plainte mais donne un enseignement. Cependant les Psaumes ne sont peut-être pas complètement étrangers à la place importante qu'il donne dans sa lettre aux avis relatifs à la langue. L'image du venin (Jac. m, 8) vient sans doute du Ps. cxl, 4, celle du feu (Jac. m, 6) vient peut-être du Ps. cxx, 4, où à propos des méfaits de la langue, il est parlé de « charhons ardents ».
Les idées sociales de Jacques ressemblent beaucoup à celles des Psaumes. Voici quelques rapprochements.
Jac. I, 10, 11 :il (le riche) passera comme une fleur d'herbe. Le so-
Ps. XXXVII, 2 (relativement aux méchants, qui sont aussi des riches-
LES DONSEES DE L EPITRE
leiL.. a séché l'herbe, et sa fleur est tombée... Ainsi le riche se flétrira dans ses entreprises.
II, 5 ; Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde [pour les faire] riches par la foi et héritiers du royaume. .. Cf. i, 9 : Que le frère se réjouisse, l'humble dans son élévation.
V. 16) : comme l'herbe ils se flétriront vite, comme la verdure du gazon ils passeront.
20 : Les ennemis de lahvé sont comme la gloire des prairies... ils s'évanouissent (cf. Ps. xc, 5-6).
cxiii, 7, 8 : Il (lahvé) retire la malheureux de la poussière, il lève le pauvre du fumier pour [le] faire asseoir avec les princes, avec les princes de son peuple.
La pensée de Jacques est plus spirituelle; chez lui l'élévation de l'humble est morale, dans les Psaumes comme dans Job elle est plus matérielle.
Jac. v, 1 : Pleurez en poussant des hurlements sur les malheurs qui vous arrivent.
V, 3 : Yous avez thésaurisé.
V, 5 : Vous avez vécu sur la terre dans la mollesse et les délices.
v, 6 : Vous avez condamné, vous avez tué le juste. Cf. ii, 6 :
Est-ce que ce ne sont pas les riches qui vous oppriment. . . ?
Ps. Lxxiii, 18-20 (à propos des méchants qui accroissent leurs richesses) : Oui, tu (lahvé) [les] places sur des voies glissantes, tu les fais tomber en pièces. Gomme ils sont en ruines en un clin d'œil ! Ils s'écroulent, ils disparaissent dans une terrible catastrophe.
Lxxiii, 12 : heureux toujours, ils accroissent leurs richesses.
XXII, 30 : tous les gras du pays (pour dire les riches). Cf. lxxiii, 7.
XXXVII, 14 : Les méchants (les riches) tirent le glaive, ils bandent leur arc, pour faire tomber le malheureux et le pauvre, pour égorger ceux dont la voie est droite.
xciv, 5, 6 : lahvé, ils (les superbes, les méchants) écrasent ton peuple, ils maltraitent ton héritage ; ils égorgent la veuve et l'étranger, ils assassinent les orphelins.