‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 30 sur 81 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Dieu ne tente pas.

Jac. I, 13, 14 : Que nul s'il est tenté ne dise : « C'est par Dieu que je suis tenté ». En effet Dieu est inaccessible aux tentations du mal et ne tente non plus personne.

Mais chacun est tenté par son propre désir, attiré et amorcé.

Maîtrise et péchés de la langue.

Jac. I, 19 : tout homme doit être prompt à écouter, lent à parler.

III, 2 : Si quelqu'un ne trébuche pas eh paroles, celui-ci est un homme parfait.

III, 6 : la langue.. » est un feu...

enflammée qu'elle est par la géhenne (fXoYtÇo[ji,évy) ôito t^ç ys^vvïj;).

Colère.

Jac. I, 19, 20 : tout homme doit être... lent à la colère; car la

B. S» XV, 11-20 : Ne dis pas :

C'est de Dieu que vient mon péché; car il ne fait pas ce qu'il déteste. Ne dis pas : C'est lui qui m'a induit en faute, car il n'a pas besoin des méchants. Dieu hait le mal... Dieu, à l'origine, en créant l'homme l'a livré... au pouvoir de son penchant... Devant l'homme est la vie et la mort; ce qu'il préfère, il lui a été attribué le pouvoir de le faire... Il (Dieu) n'a pas ordonné au mortel de pécher.

B. S. V, 11 : Sois empressé à écouter, et lent à répondre.

XXXII, 8 : Sois concis en tes paroles et dis beaucoup en peu de mots.

XX, 6 : Le sage se tait jusqu'au moment opportun ; cf. Comm.'Q. 77.

Eccli. XIX, 16 : qui n'a pas péché par sa langue? cf. 6-12.

XXV, 8 : Heureux... celui qui ne pèche pas par la langue ; cf. xiv, 1.

XXII, 27 : Qui mettra à ma bouche une garde... afin que... ma langue ne me perde pas, cf. v, 13.

XXVIII, 26 : Prends garde de ne pas pécher par elle (la bouche) cf. 13-25.

21, 22 :" l'Hadès vaut mieux qu'elle... et dans sa flamme (Iv x% <j»XoYi aÔTîiç) ils (les hommes pieux) ne seront pas brûlés; cf. v. 13-18.

Eccli. I, 22 : La colère injuste ne peut pas être justifiée, car l'impul-

MV

INTRODUCTION

colère de l'homme n'opère pas la justice de Dieu.

sion de sa colère amène sa chute, XXVII, 30 : La colère et la violence, toutes ces choses sont abominables.

Jacques ne distingue pas entre colère juste et injuste ; il est plus religieux.

Miséricorde et pardon.

Jac. II, 13 : le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde le prend de haut avec le jugement.

Eccli. XXVIII, 1-7 : Celui qui se venge trouvera la vengeance qui vient du Seigneur... pardonne la faute à ton prochain et alors à ta prière tes péchés seront déliés.

L'homme contre l'homme conserve la colère, et auprès du Seigneur il cherche guérison (le pardon) ?

A l'homme semblable à lui, il ne fait pas miséricorde et il prie pour ses péchés...? Souviens-toi des commandements .

L'idée du pardon des péchés accordé par Dieu à ceux qui exercent la miséricorde est la même, mais dans une perspective différente : Jacques a en vue le jugements dernier, l'Ecclésiatiqua le jugement que Dieu prononce sur les bons et les méchants durant leur vie, selon la doctrine de la rétribution tem^porelle.

Humilité et orgueil.

Jac. IV, 10 : Humiliez-vous (TaireivwôyjTe) devant le Seigneur et Il TOUS élèvera.

Cf. IV, 6.

I, 9, 10 : Que le frère se réjouisse, l'humble dans son élévation, et le riche dans son humiliation.

Incertitude du lendemain.

Jac. IV, 13-15 : Allons! maintenant vous qui dites : « Aujourd'hui ôu demain nous irons dans telle

B. S. III, 18 : Plus grand tu es, plus petit fais-toi (LXX : TaTretvou aeauTov).

X, 7 : Détesté du Seigneur et des hommes est l'orgueil.

9 : Comment s'enorgueillirait celui qui est poussière et cendre ?

Eccli. I, 30 : Ne t' élève pas toimême de peur que tu ne tombes.

B. S. XI, 16, 17 : Tel s'enrichit à force de privations, et voici le fruit de son salaire : à l'heure où il se

LES DONNEES DE L EPITRE

ville et là nous passerons l'année, nous trafiquerons... » ; vous qpii ne savez pas quelle sera votre vie demain, car vous êtes une fumée..* Vous devriez dire au contraire :

« Si le Seigneur veut...

dit : J'ai trouvé la tranquillité, maintenant je vais jouir de mes biens, il ne sait ce qui l'attend :

il abandonnera aux autres ses biens et mourra.

La pensée de Jacques est plus religieuse, cf. Prov. xxvii, 1 supra, p. l.

Morale sociale.

Jac. I, 9 : Que le frère se réjouisse, l'humble dans son élévation (u^'Si)-

I, 27 : La religion pure et sans tache... est de porter secours aux veuves et aux orphelins...

II, 15, 16 : Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture quotidienne et que quelqu'un d'entre vous leur dise :

a Allez en paix... » et que vous ne leur donniez pas les choses nécessaires à leur corps, quel avantage ya-t-il?

II, 9 : mais si vous faites acception de personne, vous commettez un péché. . . cf. v. 1.

II, 6 : Vous outragez le pauvre!

Est-ce que ce ne sont pas les riches qui vous oppriment...?

V, 3 ; votre or et votre argent

B, S. XI, 1 : La sagesse du pauvre le redresse (LXX àvii^l'wffev), et le fait asseoir au milieu des grands.

IV, 10 : Sois un père pour les orphelins, le remplaçant de leur mari aux veuves, et Dieu t'appellera son fils et te sera miséricordieux... cf. XXXV, 14.

IV, 2-Q : Ne fais pas languir l'âme indigente,... n'agite pas les entrailles du malheureux...

Ne refuse pas l'aumône à l'infortuné, ne méprise pas la requête du pauvre...

IV, i : Mon fils, ne raille pas la condition du pauvre.

X, 22 : Il ne faut pas mépriser le pauvre qui est intelligent, ni honorer quiconque est élevé.

cf. 19 : quelle classe est digne d'honneur? ceux qui craignent Dieu.

XIII, 17, 18 : L'hyène vit-elle en paix avec le chien? Ainsi peut-il y avoir paix entre riche et pauvre? La nourriture du lion, ce sont les onagres du désert ; ainsi la pâture du riche, ce sont les pauvres.

Eccli. xxîx, 10, 11 : Dépense

INTRODUCTION

l'argent pour le frère et l'ami, et qu'il ne se rouille pas sous la pierre pour [sa] perte. Place ton trésor selon les commandements du Très" Haut, et il te sera plus avantageux que l'or.

XXXI, 25, 26 : Le pain de ceux qui ont besoin est la vie des pauvres, celui qui les en prive est un homme de sang; il tue le prochain, celui qui (lui) enlève la subsistance, il verse le sang, celui qui dépouille le mercenaire de [son] salaire; cf. v. 29.

B. S. XXXV, 17 : La prière du pauvre traverse la nue; cf. iv, 6.

Le chap. xin de B. S. est une satire calme mais incisive de la conduite des riches et des mœurs sociales du temps. Les mots impies, coquins (Dan "'ttrJK) sont synonymes de riches (liary). Jacques a un style plus violent, mais les deux auteurs devant des situations semblables proclament la même morale.

sont rouilles et leur rouille rendra témoignage contre vous... Vous avez thésaurisé pour les derniers jours.

V, 4. Voici que le salaire des ouvriers... dont vous [les] avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus aux oreilles du Seigneur des armées.

Serment.

Jac. V, 12 l'interdit.

Prière dans la maladie.

Jac. V, 13 : Quelqu'un parmi vous souffre-t-il? Qu'il prie.

Eccli. xxiii, 9-11 ; xxvii, 14 en défend!' abus.

B. S. xxxviii, 9 : Mon fils, si tu es malade ne t'emporte pas, mais prie Dieu, car c'est lui qui guérit.

La pensée de Jacques est plus générale. La maladie n'est qu'une forme de la souffrance. La prière des presbytres (Jac. v, 14) est bien différente de celle du malade.

Jacques ne cite jamais le Siracide d'une manière littérale. Les ressemblances consistent dans le choix des sujets traités, la même constatation a été faite à propos des Proverbes et des Psaumes. La plupart de ces sujets sont communs avec les autres livres de Sagesse ; à noter cependant dans la manière de traiter les sujets traditionnels par Jacques et Ben Sira une présentation analogue de certaines idées : même antithèse entre écouter et parler (Jac. i, 19; B. S. v, 11), métaphore de la flamme appli-

LES DONNEES DE L EPITRÉ

LVH

quée à la langue (Jac. ïh, 6; Eccli. xxviii, 22), rapport entre colère et justice (Jac. 1 5 20; Eccli. i, 22), rouille de l'argent (Jac. v, ,3; Eccli. xxix, 10). Parmi les sujets qui ne sont pas communs avec les autres livres de Sagesse, les uns, miséricorde et pardon, serment, se retrouvent dans saint Matthieu (cf. infra,^. Lxvetss.) dont Jacques en la circonstance se rapproche plus que de BenSira; les autres, attitude dans la tribulation, prière dans la maladie ont des acceptions différentes dans Jacques; seule l'origine de la tentation, quoique traitée d'une manière plus psychologique dans Jacques est expliquée de la même façon. Il y a donc beaucoup de ressemblances vagues, peu de ressemblances précises. Néanmoins les unes et les autres paraissent suffisantes pour conclure à une influence qui a pu être profonde de Ben Sira sur Jacques. Les rapprochements textuels avec les LXX, l'emploi de mêmes mots rares (1) indiquent peut-être de la part de Jacques la connaissance du texte grec de Eccli.

Vil. La Sagesse.

Attitude dans la tribulation.

Jac. I, 2 : Tenez toujours pour joie d'être en butte à des épreuves de toutes sortes...

1, 12 : Heureux l'homme qui supporte l'épreuve (Tt£tpa<y[jLov)j car, en étant sorti à son honneur,' il recevra la couronne de vie...

Sap. III, 4, 5 : Leur espérance (des justes) est pleine d'immortalité. Après avoir subi des peines légères, ils recevront de grands bienfaits, car Dieu les a éprouvés (iTcetpacjev...)

V, 15, 16 : Les justes vivent éternellement... ils recevront le magnifique royaume et le beau diadème de la main du Seigneur.

L'image semblable de la couronne ou du diadème désigne la même rétribution auprès de Dieu. Les deux auteurs veulent encourager en montrant la récompense qui suit l'épreuve, mais le Pseudo-Salomon enseigne seulement l'espérance, il ne s'élève pas jusqu'à la joie.

Demande à Dieu de la sagesse.

Jac. I, 5 : Si quelqu'un d'entre vous est dépourvu de sagesse, qu'il la demande à Dieu.

Sap. VII, 7 : j'ai prié et l'esprit de sagesse est venu en moi; cf. VIII, 21-ix.

La sagesse n'a aucune part avec le mal ou l'envie : Sap. i, 4; vi, 23, et Jac. m, 14, 15.

(1) lTiCkria\f.mr\, Ttot'ïidiç (Jac. I, 25), hapax dans le N. T., ne se retrouvent dans l'A. T. que dans Eccli. xi, 27 ; xix, 20.

INTRODUCTION

Péchés de la langue.

Jac. IV, 11 : Ne médisez pas ((A^ xaTaXa)veÏTe).

V, 9.: Ne murmurez pas... les uns contre les autres.

Morale sociale.

Jac. 1, 10 î le riche... passera comme une fleur d'herbe.

IV, 14 : vous êtes une fumée qui apparaît peu de temps et ensuite disparaît.

II, 6 : Est-ce que ce ne sont pas les riches qui vous oppriment

(jtaTaSuvaffTStJooa'iv]... ?

V, 6 : vous avez tué le juste.

Le péché.

Jac. I, 15 : le péché consommé engendre la mort.

V, 19 : èàv Tiç... TrXavviÔYi àno t^ç

Sap. 1, 11 : Gardez- vous donc du murmure inutile, et dispensez votre langue de la médisance (âïco x«T«'Aa-

Xiaç).

Sap. II, 4 : notre vie passera comme des traces de fumée ; comme une vapeur, elle sera dispersée.

V, 14 : car l'espérance de l'impie passe... comme la fumée dispersée par le vent; cf. 8-13.

II, 10 : Opprimons (xaTaSuvaa- TEufft«)[jL6v) le pauvre [qui est] juste ; cf. 10^-19.

II, 20 : Condamnons le (le juste) à une mort honteuse.

Sap. I, 12 : Ne recherchez pas la mort dans l'égarement de votre vie, cf. V. 11, 13-16; ii, 24, 25.

V, 6 : lsrXavïiÔY)[JLev aTrb ôSou àX7j6s(aç.

Les rapprochements entre Jacques et le Pseudo-Salomon sont peu nombreux mais précis, même image du diadème ou de la couronne, de la fumée, de la mort dans des thèmes pareils. Jacques ne cite pas la Sagesse, mais a pu être influencé par elle.

YIII. Les Prophètes.

a) Ressemblances d^ idées ou dHmages avec rapprochements textuels

d'après les LXX.

Jac. I, 3, 12 : Soxipov, Soxi[jloç.

I, 9, 10 : kauxtxffôw... ô SèTrXouffiocç.

1, 10, 11 : hjçàvôo; •/oç'zw TcapeXsiiffe- Tai. âveT6i)iev yàp ô ^Xioç abv tÇ xauffwvi xal 6$>3pavev Tbv -^opTov, xa\ to av9oç

OCUTOU IÇéTTEffEV.

Zach. XIII, 9 : SoxtjiLW auroùç àç

SoXtfxàÇsTOtt TO j^puffiov.

Jér. IX, 23 : (xy) xaox^àffQw 6 ttXoucioç Iv TÛ TrXouToi aÔTou.

Is. XL, 6, 7 : Ttaff» <yàpÇ X^P'^OÇj "^^ 7r«<7« So^a àvOpciOTCOu àç av6o; j^opxou" IÇrjpixvOyi ô }(^ôpToç xai to <xv6oç IÇeitÊffsv {hébr. dit en plus « quand le souffle de lahvé vente dessus »).

LES DONNEES DE L EPITRE

Jacques se rapproche plus d'Is. que des textes de Job et des Psaumes cités plus haut (p. xLiii, xlvi). Is. oppose à la fragilité humaine la pérennité de la parole de Dieu. Jacques transpose l'image et parle seulement de la fragilité du riche. La même citation d'Is. conserve tout son sens dans 1 Pet. i, 24. Est-ce que le vent brûlant ne serait pas dans Jacques une réminiscence du souffle de lahvé lu dans le texte hébreu et omis dans les LXX que Jacques cependant semble suivre?

Jac. I, 12 : âç ÔTtojiiévsi ireipàiJ{ji,ov... hfi'^tta.i Tov CTTeçavov trfi Ço^ç.

Zach. VI, 14 : 5 Se oTEcpavoç sorat toïç

Ô'TCOfJt.SVOUO'tV.

Le thème est différent; ce qui n'est pas le cas dans Sap. (cf. supra.).

II, 7 : TO xaXov ovojxa to l7ri>cX7)6èv !(}>' ôp,aç;

m, 18 : xapTcbç Se SiKatOffuvviç ev gîp^vju entsipexai.

V, 1 : xXauaaxe oXoXuÇovteç e'Jti t«ïç TaXatTîtoptatç.

V, 5 : Iv ■^[AEpa orçay^ç.

V, 4 : xai aî poai twv ôspiijavKov eî; ta cbra Kupiou <japa«i)6 eîceXviXuôav.

Am. IX, 12 : eGvyj Iç' oôç iTctxlxXiTrai

"ÏO OVOfXK [JLOU Itc' «UTOUÇ.

Is.

euTai xa epy* iiflÇ

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