XXXII
SlXKlOffUVÏ]; ÊipiQVTl.
Is. XIII, 6 : oXoXuÇêté- eyy^Ç Y^'P ^f^^" p« Kuptou.
Jér. XII, 3 : (S^YVtdOv aùrol»? sîç^fxépav ffçay^ç auTêJov.
XXXII, 20 : àX«Xà^«Te... xai xsxpà^a- T6... oTi iTïXiripciQriffav aï •^jxépai ufJLwv Etç c-cfaY^ov.
Is. V, 8 : rapines des riches; 9 : ^xouuôrj yo'P ^'^ "^^ ***'^* Kupiou ff«P«tt)6 TauTa.
Jac. II, 7,: paraît bien dépendre d'Am, ix, 12, quoique ce texte ne soit pas cité littéralement. De même Jac. v, 4 relativement à Is. v, 9. Dans Jac. v, 1,5 on réconnaîtra sans peine des réminiscences des prophètes, Jacques applique aux riches les menaces d'Is. contre Babylone et de Jér. contre ses ennemis (xii, 3) et les nations (xxxii, 20 ; hébr. xxv, 34] — oXoXuÇetv est un terme des prophètes, cf. Comm. p. 114.
b) Ressemblances d'images ou d'idées.
Jac. I, 9, 40 : Que le frère se réjouisse^'humble dans son élévation et le riche dans son humiliation.
Ez. XXI, 31 : ce qui est bas sera élevé, et ce qui est haut sera abaissé.
Is. Il, 11, 12 : l'orgueil des mortels sera abaissé,... car lahvé des armées aura son jour : sur tout ce qui est grand et superbe, sur tont
INTRODUCTION
I, 22 : soyez exécuteurs de la parole et pas seulement auditeurs.
I, 27 (les orphelins et les veuves)
II, 5 : Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde [pour les faire] riches par la foi et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment?
ce qui s'élève pour l'abaisser (trad.
Condamin)r
Ez. XXXIII, 31 : ils écoutent tes paroles et ne les mettent pas en pratique.
Is. I, 17; Mal. m, 5.
Is. XXIX, 19 : Les humbles se réjouiront encore en lahvé, et les plus pauvres exulteront dans le Saint d'Israël, lxi, 1 : L'esprit du Seigneur lahvé est sur moi. . . il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux malheureux (trad. Condamîn).
Ce que le prophète voit dans l'avenir est réalisé au temps de Jacques : les pauvres sont évangélisés (Mt. xi, 5), ils sont héritiers du royaume.
II, 13 (valeur de la miséricorde).
II, 23 : et il (Abraham) a été appelé ami de Dieu.
III, 18 : Un fruit de justice dans la paix est semé...
IV, 4 : adultères.
iv, 8 : Approchez-vous de Dieu et il s'approchera de vous.
IV, 9 : que votre rire se change en pleurs.
v, 2 : (vêtements rongés des mites).
V, 3, 4 : Vous avez thésaurisé pour les derniers jours. Voici que le salaire des ouvriers... [et] dont vous [les] avez frustrés...
Mich. VI, 8 : Jér. ix, 23.
Is. xLi, 8 : race d'Abraham mon ami (LXX : que j'ai aimé).
xxxii, 17 : et l'œuvre juste sera paix.
Os. Il, Ez. XVI, xxm.
Zach. 1, 3 : Revenez à moi, parole de lahvé des armées, et je reviendrai à vous.
Am. VIII, 10 ; Je changerai tous vos cantiques en complaintes.
Is. Li, 8 (image analogue).
Am. m, 10 : ils accumulent l'injustice, et la violence dans leurs palais.
Mal. m, 5 : J'approcherai de vous pour le jugement et je serai un arbitre prompt... contre ceux qui oppriment le mercenaire.
Les rapprochements entre Jacques et les livres prophétiques sont relativement peu nombreux si on tient compte de la place que ces livres tiennent dans le canon, mais ils sont significatifs.
LES DONNÉES DE l'ÉPITRE. LXI
Les rapprochements portent sur vingt versets de Jacques. Or la moitié de ces versets apour objet la doctrine sociale (i, 9, 10, 11, 27; n, 5 ; v, 1, 2, 3, 4, 5) parmi ceux-ci, trois (i, 10, 11; y, 4) décèlent manifestement l'influence d'Is. ; sans doute deux (v, 1, 5) celle d'Is. et de Jér. ; quatre (i, 9, 27 ; II, 5 ; v, 3) reprennent des thèmes communs aux prophètes et aux livres de Sagesse, mais dans le style oratoire des prophètes. Parmi les dix versets qui n'ont pas pour objet la doctrine sociale (i, 3, 12, 22; ii, 7, 13, 23; m, 18; iv, 4, 8, 9) un seul (ii, 7) est une réminiscence précise (Am. IX, 12). L'usage métaphorique de (aoix«^iç est d'origine prophétique, mais Jacques peut le tenir de l'enseignement du Sauveur (Mt. xii, 39; XVI, 4; Me. viii, 38).
De ces observations on peut conclure que Jacques a surtout retenu des prophètes leurs idées sociales, et qu'il a trouvé dans leurs invectives ses plus fortes expressions (v, 1-5). Les rapprochements établis avec les LXX montrent qu'il les connaissait dans le texte grec. Ce serait enfin méconnaître tout ce que Jacques doit aux prophètes si on ne parlait pas ici de son caractère et de son style. Le souffle de ces hommes de Dieu l'anime encore. Son âme a l'ardeur, l'austérité de celles des prophètes, par moments elle rend le même son. Ce ne sont pas des réminiscences qui font vibrer l'âme de Jacques à l'unisson de celle des prophètes, mais c'est bien plutôt la vibration de l'âme qui amène les réminiscences. Ne pourrait-on pas dire que Jacques s'était tellement nourri de la lecture des prophètes, notamment de celle d'Isaïe, que souvent il pense et parle comme eux?
Conclusions.
Jacques ne cite textuellement l'A. T. que quatre fois : Jac. ii, 8 et Lév. XIX, 18, d'après les LXX; Jac. ii, 23 et Gen. xv, 6, sans doute d'après les LXX; Jac. iv, 6 et Prov. m, 34, d'après les LXX; Jac. v, 20 et Prov. x, 12, d'après l'hébreu. La citation composite de iv, 5 est très difficile à déterminer, cf. Coinm. p. 101-103.
On peut ajouter plusieurs réminiscences qui sont presque des citations d'après les LXX : Jac. i, 10, 11 et Is. xl, 6, 7; Jac. ii, 7 et Am. IX, 12; Jac. m, 8 et Ps. cxxxix (hébr. xl), 4; Jac. v, 4 et Is. v, 8. Plusieurs autres indiquées au cours de l'étude qui précède sont moins précises.
Contrairement à l'usage de saint Paul, l'auteur ne cite donc que rarement l'A. T. Il n'a pas reçu une éducation rabbinique.
Cependant les rapprochements avec l'A. T. sont très nombreux, plus nombreux que dans aucun autre écrit de la même étendue dans leN. T., mais ils sont vagues; quelquefois la ressemblance est dans les termes et pas dans les idées, plus souvent elle est dans les idées et pas dans les termes.
LXII INTRODirCTION.
Il s'agit généralement de préceptes moraux exprimés d'une manière analogue. Ces préceptes se retrouvent plus ou moins dans tous les Livres Sapientiaux, à l'exception de l'Ecclésiaste, qui traite un sujet spécial et difficile (1) ; ils faisaient donc partie de la sagesse traditionnelle ; ils étaient pour les sages des thèmes à réflexion et à enseignement. On peut suivre le développement de ces thèmes depuis les Proverbes jusqu'à Jacques , Voici quelques exemples : origine divine et demande à Dieu dé la sagesse (Prov. 11,3-6; viii, 22-36; Eccli: i, 1; li, 13; Sap. vu, 7; viii, 21-ix; Jac. I, 5); colère (Prov. xiv, 29; xvr, 32; xxix, 22; Eccli. i, 22; xxvii, 30; Jac. i, 19); humilité et orgueil (Prov. xxïx, 23; Ps. cxiïi, 7; Job V, 11; Eccli. i, 30; m, 18; x, 7; Jac. i, 9; iv, 10); universalité du péché (Ps. XIX, 13; Prov. xx, 9; Job iv, 17; xv, 14; Eccli. xix, 16; Ecclé. VII, 20; Jac. m, 2); ignorance du lendemain et fragilité de la vie humaine (Prov. xxvii,!; Eccli. xi, 16, 17; Jac. iv, 13, 14). Deux thèmes souvent traités concernent la langue et la morale sociale. La langue a du venin (Ps. cxL, 4 ; Jac. iir, 8) ; elle est puissante (Prov. xvin, 21 ; Eccli. v, 13 ; XXVIII, 13-26; Jac. m, 5); à propos d'elle on parle de charbons ardents, de flammes, de feu (Ps. cxx.. 4; Prov. xvi, 27; Eccli. xxviii, 21, 22; Jac. III, 6) ; celui qui ne pèche pas par la langue est parfait (Prov. x, 19 ; xii, 13; XIII, 3; Eccli. xix, 16; xxv, 8, etc.; Jac. m, 2); aussi faut-il être prompt à écouter, lent à parler (Prov. xi, 12; xxix, 20; Eccli. v, 11 ; xx 6; xxxii, 8; Jac. i, 19). Les riches vivent bjen et sont gras (Ps. xxii, 30 ; Lxxiii, 7; Job XV, 27; xxi, 24; Jac. v, 5); ils frustrent, le mercenaire de son salaire (Eccli. xxxi, 25-29 (xxxiv, 20-24) ; Jac. v, 4 ; cf. Deut. xxiv, 15); ils oppriment le peuple (Prov. xxx, 14, 15; Ps. xiv, 4; xxxvn, 14; xciv, 5, 6; Job xxiv, 2-11; Eccli.- xiii, 17, 18; Sap. ii, 10; Jac. ii, 6); égorgent le pauvre (Ps. xxxvii, 14; xciv, 21; cf. Jac. v, 6). Ils sont fragiles et le malheur va fondre sur eux (Ps. lxxiii, 18-20; Job xv, 21-24, 30; xxvii, 19-21; Jac. v, 1, 2). Il ne faut pas faire acception de personnes et mépriser le pauvre (Prov. xiv, 21; xvii, 5; xxiv, 23; xxviii, 21; Eccli. IV, 1, 19, 22; Jac. ii, 1, 9). Dieu élève l'humble (Ps. cxiii, 7; Job v, 11; Eccli. xi, 1; Jac. i, 9). Parmi les petits, on nomme la veuve, l'orphelin (Ps. xciv, 6; Job xxiv, 21; Eccli. iv, 10; Jac. i, 27; cf. Ex. XXII, 22; Deut. xxiv, 17). Il faut donner sur l'heure (Prov. ni, 28; Eccli. IV, 2-6; Jac. ii, 15, 16).
De bonne heure il se constitua donc dans l'enseignement des sages un fonds commun d'idées et d'expressions que l'on répéta par la suite (2).
(1) Il est possible que Jac. iv, 5 fasse allusion à Ecclé. xii, 7 (cf. Comm. p. 103); mais les autres ressemblances sont certainement fortuites (Jac. ni, 2 et Ecclé. v, i, 2; vn, 20; Jac. v, 12 et Ecclé. ix, 2). Qohéleth était trop profond pour être facilement compris et exercer une influence en dehors d'une petite élite intellectuelle,
(2) La même chose se produisit pour le genre apocalyptique.
LES DONNÉES DE l'ÉPITRE. LXIII
Mais les sages tout en reprenant souvent les thèmes de leurs devanciers, les vivifiaient par leurs observations personnelles ; à travers le treillis de leurs fenêtres, ils regardaient avec attention ce qui se passait dans la rue (cf. Prov. vu, 6) et de leur étude personnelle ils tiraient des leçons utiles pour leurs disciples. Après eux, on répéta ce qu'ils avaient dit, mais sans observation personnelle et piquante, donc d'une manière plus théorique et moins proche de la vie (1).
L'Épître de Jacques, comparée aux Livres de Sagesse, nous apparaît au terme de ce long développement. Les sentences morales sont vagues et générales, on ne voit pas toujours bien à quelle situation précise elles correspondent, ni quel sens exact il faut leur donner. Cet enseignement vient des Livres Sapientiaux, mais pas toujours directement; il a été répété bien des fois avant d'être écrit dans l'Épître de Jacques et est devenu plus religieux à mesure que la piété a pénétré les âmes. En effet, à côté des spéculations et de la casuistique des rabbins, il y avait chez les Juifs un enseignement populaire répétant les leçons des vieux sages d'Israël. Dès lors l'Épître de Jacques ne serait-elle pas un échantillon de l'homilétique juive des synagogues adaptée par un auteur chrétien?
C'est encore à des thèmes catéchétiques juifs que font penser les rapprochements que nous avons notés entre l'Épître de Jacques et les livres historiques et prophétiques.
La foi d'Abraham, de Rahab, la prière efficace d'Élie, devaient être citées souvent en exemple. La conversion de la courtisane de Jéricho devait beaucoup servir dans la prédication aux prosélytes et aux craignant Dieu.
On sait que la littérature des Livres Sapientiaux (à part quelques Psaumes messianiques), s'est développée longtemps dans une lig^e parallèle à celle des Prophètes, sans que l'une ait influencé l'autre. Les ressemblances qui existent entre elles viennent du même idéal moral et religieux. 11 faut arriver aux derniers sages inspirés pour trouver dans leurs écrits un écho des prophètes. Les textes de Ben Sira contre les nations (xxxv, 2l-xxxvi, 19; l, 25, 26), ceux du Pseudo-Salomon sur le bouleversement cosmique, la conversion des peuples, la Loi lumière du monde (Sap. v, 17-23; xiv, 11-14; xviii, 4) rappellent l'enseignement des prophètes, l'attente du jour de lahvé. Mais cet écho est tellement affaibli qu'il ne vient peut-être pas directement des prophètes, mais des espérances que ceux-ci avaient suscitées dans la nation. Chez Jacques, comme probablement dans la prédication juive, l'influence
(1) A l'époque du N. T. et depuis un certain temps déjà, les Juifs avaient pris l'attitude de gens parfaits comparés aux gentils ; alors ils ne se sont plus jugés eux-mêmes de peur que l'honneur de leur Dieu en souffrît. Les thèmes sur l'ivrognerie, la débauche, la femme de mauvaise vie, qui reviennent souvent dans les livres de Sagesse et dont Jacques ne parle pas, étaient tombés ea désuétude.
LXIV INTRODUCTION
des prophètes se rencontre avec celle des sages. Jacques n'est pas seulement un sage comme Ben Sira, ilest un homme d'action, un prédicateur comme Amos, Isaïe. Une comparaison entre B. S. xiii, et Jac. V, 1-6 est suggestive. Ben Sira moralise, en écrivant tranquillement une satire; Jacques se tient sur la brèche, lance des menaces, on croirait entendre Amos à Béthel.
L'existence d'une catéchèse juive répétant et adaptant l'enseignement des livres de l'A. T. et utilisée par Jacques explique bien les ressemblances nombreuses et généralement imprécises que nous avons relevées entre l'Épître et ces livres de l'A. T. (1). Le Talmud a conservé l'exégèse érudite et subtile des rabbins ; il est regrettable que la prédication populaire qui devait se donner dans les synagogues, du moins dans quelques-unes, ne soit parvenue jusqu'à nous que dans quelques passages de Vagada.
% 2. UEpttre de Jacques et le Nouveau Testament.