‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 34 sur 81 · P. L., XCIII · texte numérisé non relu

P. L., XCIII

LES i)ONNÉES DE l'ÉPITRE. LXXV

■et TApôtre la développe sans la coordonner explicitement avec l'obligation de pratiquer les œuvres pour plaire à Dieu et faire son salut. A ne considérer que les Épîtres de saint Paul, il est tout à fait possible d'admettre que des fidèles se soient mépris, comme plus tard Luther, sur la justification et l'inutilité des œuvres, L'Épître de Jacques permet d'aller plus loin et de dire que la méprise a eu lieu. Des fidèles ont pensé qu'il suffisait de croire pour être sauvé sans se mettre en peine d'accomplir de bonnes œuvres ; ils devaient probablement à la suite de saint Paul alléguer l'exemple d'Abraham qui avait été justifié sans les œuvres. Ce n'est pas à dire qu'ils aient été pécheurs comme ces mystérieux Nicolaïtes contre lesquels s'élève l'Apocalypse (ii, 6, 15) ; Jacques ne paraît pas leur reprocher de commettre de grosses fautes, mais il les reprend de ne pas faire le bien. L'erreur ne fait que commencer. Les adversaires de Paul ont pu aider à la commettre; par méchanceté et surtout par inintelligence ils ont dû exploiter contre l'Apôtre, et dans un sens immoral, sa thèse sur la justice par la foi sans les œuvres. Dans l'Epître aux Romains, saint Paul ne se plaint-il pas à deux reprises des calomnies que l'on fait contre son enseignement comme s'il encourageait à pécher (m, 8; vi, 1; cf. II Pet. m, 16). De bonne ou de mauvaise foi, des fidèles ont pu soutenir que l'Apôtre enseignait l'inutilité des œuvres pour le salut. On ne saurait dire si c'était les mêmes qui s'érigeaient en maîtres (Jac. m, 1).

Il n'est pas nécessaire d'admettre que les correspondants de Jacques aient eu en mains les Épîtres aux Galates et aux Romains. Dans ses prédications, l'Apôtre avait dû développer sa doctrine sur la justification par la foi sans les œuvres, et citer en exemple la foi d'Abraham.*Son enseignement était connu dans les milieux juifs d'Orient. Le succès de ses missions, l'assemblée de Jérusalem, les menées des judaïsants contre l'Apôtre, les missionnaires itinérants suffirent amplement à le répandre. Cependant, comme les lettres de Paul avaient un grand retentissement, il est bien possible que les correspondants de Jacques s'en soient réclamés. En tous cas la dépendance dans les termes que nous avons reconnue très probable entre Jac. et Gai. Rom. et la discussion sans doute voulue du même thème-, sous un autre aspect, paraissent bien prouver la lecture de Gai. surtout de Rom., peut-être des deux, par Jacques. Celui-ci a pu penser qu'il ne réfuterait bien l'erreur de certains chrétiens qu'en reprenant le thème de Paul sur la foi et les œuvres, mais à un autre point de vue (1).

(1) Nous ne partageons donc pas la manière de voir de M. Tobac qui écrit : « Son épître (de Jacques) ne suppose ni la prédication orale de Paul, ni ses enseignements écrits » (Mevue d'Histoire ecclésiastique, Louvaia, octobre 1926, p. 797). M. Tobac qui ne voit aucune dépendance entre Jacques et Paul, date l'Épître de

LXXVI JNTKODUGTION.

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