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LA LANGUE ET LE STYLE

§ 1. Les traces de sémitisme.

A. Dans le style.

1° Uinclusio. Jacques conclut deux fois ses développements en répétant à la fin quelques mots du début qui expriment une idée semblable , de sorte que la pensée est comme enfermée dans un cadre. C'est un procédé littéraire de la strophe hébraïque telle qu'on la retrouve souvent chez les prophètes. On le nomme « inclusio » (1).

d] I, 2-3 : nScdav j^apàv yJY^lffacrôe. .. oxav 7retp«(7{i.oïç TTepiiréffyixe... ytvwffxovTsç

OTt TO SoXt[Jt,lOV...

12 : Maxapio; àv-Jjp Sç ôttoiaIvei rretpafffxov, on Soxifxoç YSVo'fjLsvoç. . .

Uinclusio est ici évidente. Jacques exhorte les fidèles à la joie dans répreuve; au terme de son instruction il exprime une pensée qui rappelle celle du début : ireipaafjLov répond à ireipatjttoïç et Sdxt[i.oç à Soxijjliôv.

b) II, 14 : t( ocpe>.o<;... iScv ttigtiv XsY'ifl xiç e^^iv epY" Se p.-»i EX.T1"'

26 ï) TttffTlÇ X***?"- ^y^V VSXpCC EffTtV.

Dans cette péricope Vinclusio est moins évidente, mais paraît presque certaine. L'idée est semblable et les deux mots principaux tciçtiç, Ipya sont les mêmes. Trois répétitions accentuent encore ici le caractère sémitique du style : •"' ocpsXo? (14, 16), ttictiç vexpa (17, 26), li Ipywv IStxaiwôr] (21, 25), cf. infra, p. xcii.

Peut-être y a-t-il un vestige à'inclusio dans la péricope m, 13-18 où Iv elp^vv] d& la fin semble répondre à Iv TipauT^iTi du début.

2° Répétitions en forme de responsio. L'Epître de Jacques se divise en un certain nombre de péricopes qui correspondent à autant d'enseignements ou pensées principales. Or il arrive qu'un même mot ou groupe de mots est répété dans deux enseignements ou péricopes à des places parallèles ; cela est très remarquable quand les enseignements se suivent immédiatement, et rappelle tout à fait la responsio de la strophe

(1) Le P. Lagrange a relevé des exemples d'inclusio dans Mt. Jo. — voir ses commentaires, saint Matthieu, p. lxxxi, saint Jean, p. xcix. Sur Vinclusio (et la responsio) dans la littérature des Prophètes, cf. Gondamin, RB. 1910, p. 212-214 et son Jérémie, p. xxxviii-xxxix, avec nombreuses références à IslRB.

XCII INTRODUCTION

hébraïque. Les textes cités à moins d'indicalion contraire sont dans des péricopes qui se suivent immédiatement.

a) au début des péricopes :

^riXov (m, 14) et ÇvjXoÏÏTe (iv, 2).

"Ays vuv o! XsyovTsç (iv, 13) et "Aye vuv o? TrXouffioi (v, 1). L'emploi de aye avec un pluriel est d'un grec excellent, mais la répétition des mêmes termes au début de deux péricopes parallèles est tout à fait dans le style de certaines strophes hébraïques.

b) à la fin des péricopes :

vo[xov teXcIov xovtyîç sXeu6ep'iaç (i, 25) et vofxou IXsuÔEpiaç (li, 12).

On peut noter encore ^sst-q (m, 8) et [/.eaxvi (m, 17). La place est à peu près parallèle si on tient compte de la longueur des péricopes ; dans le premier cas ^Ba-nri. est à la fin du second tiers de la péricope, dans le deuxième cas.au début du troisième tiers.

Un autre exemple, mais dans des péricopes qui ne suivent pas immédiatement.

[/.axocpioç àv^op (i, 12) et o6toç (xaxaptoç (l, 25).

c) environ au 'milieu des péricopes :

xkXSJç TrotsÎTÊ (il, 8) et xaXwç Ttoisî? (il, 19).

Un autre cas dans des péricopes qui ne suivent pas immédiatement.

lotXEv xXuocovi (i, 6) et eoixsv avSpi (i, 23).

Signalons enfin Xopv de i, 21, qui paraît Jbien répondre à Xoyœ de i, 18 dans deux péricopes qui se suivent, mais sans parallélisme de situation.

Quelques-unes de ces répétitions peuvent être fortuites, mais on admettra difficilement qu'ail n'y ait pas là dans l'ensemble un procédé littéraire de composition.

3° Formules schématiques. Assez souvent Jacques répète la même expression.

a) dans la même péricope :

TTOiî^Tal Xoyou xal ]x^ àxpoaTat {aovov (i, 22), oùx axpoaTvîs. . . àXXà 7rotiqT:J)ç epyou- (25).

Ti o:pcXoç (il, 14, 16) ;

■}\ TTicTTiç, làv f/v] î'f^i^ Ipya, vexpa IffTiv (li, 17),, vj Triatiç X'^'P^'î '^^"* êpyuiv àpyiq. i<Ttiv (20), -fj TTiSTiç /(opiç epywv vexpa IffTtv (26).

'A^çtaècij. ô Trax^p TÎjfxwv oux èl epywv ISixaio^g-/) (il, 21) ; 'Paàp fi TTopvvi oùx et epywv lotxaiwôv) (25) ;

'fl <ro(fia avojôsv (m, 15), /j Bk àvtoOgv crotpia (17).

IIoÔEV TTo'Xefxoi xal ttoÔev [Ji.a;^at (iv, 1) ; [loiysaQe xai TcoXsfxstTs (2).

h) dans des péricopes différentes :

Tov (TTc'iyavov.., âv iTCïiyyeiXaTo Toïç àyaTccoffiv auTov (i, 12), TV]? ^affiXeia; ^ç sTryiyysiXaro Toïç aYKTCwfftv auTov (ii, 5).

{XY) yaXivaywyûiv yXSffffav lauTOu (i, 26), x^^'vaycoyriaai (lll, 2).

Chez les Grecs on retrouve des répétitions de mots, d'expressions.

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