‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 47 sur 81 · C. Dans le vocabulaire · texte numérisé non relu

C. Dans le vocabulaire

On peut reçonriaître une influence hébraïque

a) dans l'emploi de certains mots : efuvaywyii (ii, 2), y""^^» (i"? 6),

b) dans leur acception (voir le Commentaire aux endroits indiqués) : xauffwv, IxTTÎTCTStv, TcpofftoTcov (i, 11), Tcor/iTT)!; Xoyou (i, 22, 23), TroiT^atç (vo(j(.ou) (l, 25), TtXyipoïïaOat (ii, 23), ttoisiv IXataç, cuxa, Soojp (m, 12), fAot^aXiç (iv, 4,),

àffcapTtoXo'ç (iV, 8), TTOlTjTriÇ VO[JL0U (iv, 11).

c) dans leur formation étymologique : •7rpo<roiTroXvi4'ta (ii, 1), TrpoffwTToXri- TtTsïv (il, 9), 7ToXuff7rXKY)(^voç (v, 11). Jusqu'à présent on n'a pas constaté l'usage de ces trois mots avant Jacques; peut-être est-ce l'auteur qui les a formés.

§ 2. Les traces d'hellénisme.

A. Dans le style.

1° Structure de quelques phrases. Jacques n'a pas de périodes savantes dans le genre du prologue de Luc (i, 1-4); cependant il coordonne avec aisance à un verbe principal deux ou trois propositions :

I, 2, 3 : TTÔcffav j^apàv ^Y''l<y"<^^^v OTav... TreptTrsffyiTS..., yivcoiTXOVTeç ôri...

I, 12 : [Jtaxàpioç avrip âç uTcojjievst..., oti.. . Xi^'^/srai tov CTSipavov.., âv eTrviyysiXaTO...

II, 2-4 : èh) yàp etffeXÔT)..., etffsXÔYi Se..., i7riêXEt|<Y]Te SE... xal ei7rv]TS' 2J* xaôou.,., ou StsxpiSviTe...

ri, lo-lb : £«v aoeAcpoç ti «ôSAcpTn..., £i7ry| os Tic... oTCocyexs..., [J1.V1 ôwts os..., ti oçeXoç ;

IV, 13-15 r "Ays vuv 0? Xsyovtsç... TTop£utro[ji.s9a... xai itoi'i](to[/.£V..., oitivsç oujc iTTiffTaffOe..., àTjAtç yàp Icts. .., àviiTOu Xéyeiv... iocv ô Kupioç ôeXïi, >cat Ç7iao[jt.£v...

Cette manière de s'exprimer n'est pas hébraïque, mais bien grecque

2° Emploi des particules et des conjonctions. Des particules et des conjonctions coordonnent très souvent entre elles les propositions.

Se est employé deux fois dans des citations (11, 23; iv, 6) et 34 fois par l'auteur lui même, mais d'une manière très inégale : 11 fois dans le chap. I ; 12 fois dans le cliap. 11; 4 fois dans le chap. m; 5 fois dans le chap. IV ; et 2 fois dans le chap. v (v. 12). Dans l'ensemble la proportion est faible (1). [xév est employé une fois seul (m, 17) et pi.évToi une fois avec Se (11, 8, 9), à part ce cas, Jacques n'emploie jamais [aév... Ss (2) ; cela est remarquable, car les Grecs aimaient à balancer leurs propositions avec le jeu de ces particules. Un Grec aurait donc employé davantage SI et

(1) Hawkins {Horae Synopticae, Oxford, 1909, p. 198) a compté dans Me. 158 Se. plus que dans Jacques proportionnellement, et cependant la proportion dans Mo. est bien moins grande que dans Le. (508) ou que dans Mt. (498),

(2) Dans les LXX, (aév... Se est rare, une vingtaine de fois dans le Pentateuque (d'après la concordance de Hatgh et Redpath).

C INTRODUCTION

(xév... Se, mais lorsque Jacques utilise Ss, jjiév ou [xévtoi.,. Se, c'est toujours avec un sens bien exact. Ainsi l'emploi des particules Se, {ilv, est chez lui un signe d'héllénisme et en même temps, par défaut, de sémitisme.

Il faut citer y»? employé 15 fois ; oti, dans le sens de yap, 5 fois (i, 10, 12, 23; V, 8, 11); o5x (ou \t.r{)... àXX«, 3 fois (i, 25, 26; m, 15) ; siTa une fois (i, 15) ; Sw 2 fois (i, 21 ; iv, 6); Stoxi, une fois (iv, 3); outwç, au début d'une phrase et se rapportant à ce qui précède, 4 fois (i, 11 ; ii, 17 ; 26 ; ni, 5). Le bon emploi des particules et des cpnjonctions dans l'Épître donne généralement de la variété à la construction des phrases. Il fallait bien connaître la langue grecque pour l'écrire avec autant de facilité et parfois même d'élégance.

3° Manière de discuter. Jacques veut convaincre les gens auxquels il s'adresse. Dans la plupart des cas, il n'expose pas sa pensée d'une manière didactique à la façon des sages d'Israël, mais il s'échauffe, prend à partie, discute ou prêche comme un prophète. Or, dans son argumentation, il lui arrive d'employer les mêmes procédés de style que les moralistes grecs dans la diatribe. Saint Paul a connu, lui aussi, ces procédés, non qu'il les ait imités servilement, mais il possédait assez de culture grecque pour s'inspirer quelquefois de formes littéraires que ^ les Cyniques et les Stoïciens avaient mises à la mode (1). Le P. Lagrange a étudié les origines, le genre littéraire et la technique de la diatribe dans l'introduction à son commentaire de l'Épître aux Romains (2). Le lecteur voudra bien se reporter à ce travail afin de mieux se rendre compte des analogies que nous allons signaler maintenant chez Jacques. Nous suivons en partie Ropes qui les a généralement bien mises en lumière (3).

a) Intervention d'un interlocuteur imaginaire : àXX' Ipeï ti< (ii, 18). C'était un procédé de la diatribe; l'interlocuteur posait une question, formulait une objection. Souvent le dialogue était introduit par la même formule : âXX' Ipeï nç ou par une formule équivalente : àXX' IpouvTai, (pyjat. Cependant il y a chez Jacques une différence, au moins dans l'exégèse que nous avons préférée, l'interlocuteur intervient non pour faire une objection, mais pour confirmer ce qui est dit. L'interlocuteur qui contredit apparaît peut-être dans ii, 20-22, mais sans prendre la parole; on dirait que Jacques s'adresse à lui. Dans i, 13; ii, 8, l'auteur répond à une objection tacite. Jacques utilise donc un procédé de la diatribe mais sans le suivre servilement.

b) Manière semblable de s'adresser à ceux qui écoutent : \t.r\ uXava^ôs (i, 16), 5>touflr«Te (n, 5), ôpaxe (ii, 24), ou au singulier, quand la discussion

(1) Lagrange, Épître aux Romains, p. liii-lx. Bultmann, Der Stil der Paulini' schen Predigt und die Rynisch-stoische Diatribe, Gottingen, 1910.

(2} p. LIII-LVI.

(3) Saint James ; Introduction § 2, The Uterary Type, p. 10-16.

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