‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 50 sur 81 · C. Dans le vocabulaire · texte numérisé non relu

C. Dans le vocabulaire

Jacques ne dit jamais o|xoioç Ic-eiv comme les autres écrivains du. N. T.j mais lotxsv (i, 6, 23), qui est une tournure classique jamais employée ailleurs dans le N. T. Il ne dit pas non plus Set, a-.peiXei, mais Xpv] (m, 10) qui est d'une langue bien, meilleure et est un hapax dans le N. T. Il emploie eôôuvEiv avec une acception. tout à fait classique (lu, 4), beaucoup mieux que Jo. i', 23 (cf. Comm.y Le), ôttoïoç (i, 24) qui est d'un excellent grec et se retrouve seulement quatre^ fois ailleurs dans le N. T. (Act. XXVI, 29; I Cor. ni, 13; Gai. ii, 6; T Thés, i, 9), TpoTTVÎ, àiroffxiaa|ji,a qui sont des mots rares et savants en môme temps que des hapax (i, 17).

CIV INTRODUCTION

Le nombre des hapax est très élevé relativement à l'étendue de l'Épître; j'en compte 63; sur ce nombre 45 se retrouvent dans les LXX (1), et 18 nulle part ailleurs dans la Bible (2). La proportion est bien plus grande que dans les écrits de saint Luc (3);

Le vocabulaire et le langage de Jacques sont ceux des gens de son temps (4), mais des gens instruits et qui cherchaient à bien dire. Paul aussi écrit le grec des personnes cultivées, mais il n'a pas le même souci d'éviter certaines formes de la koinè et dé se rapprocher de la langue classique.

Aucun des livres du N. T., même l'Epître aux Hébreux, n'est écrit dans un grec aussi pur que l'Epître de Jacques. Celui qui l'a rédigée avait dû lire de bons ouvrages, parmi lesquels on placera quelques Statpipai (5), Il parle une langue littéraire, qui n'est pas exempte de recherche, mais qui n'est jamais affectée. Un tréfond sémitique demeure, et apparaît assez souvent à la surface. C'est un attrait de plus, car les sémitismes ont aussi leur beauté.

Conclusion.

L'hypothèse d'une rédaction araméenne pour plusieurs écrits duN. T. paraît devenir à la mode. MM. Burney (6) et Torrey (7) ne viennent-ils pas de soutenir que l'Évangile de saint Jean a été écrit en araméen, et traduit en grec ? Depuis longtemps plusieurs auteurs ont pensé cela de l'Epître

(1) Liste dans Mayor, p. gcxlvi-ggxlvii, où il faut ajouter àye (iv, 13, v, 1), et où je retranche [j.eYa>aux.5ïv (m, 5).

(2) àvéXeoç (il, 13), àvc{ji.iÇô[jLsvoç (l, 6), ojreipatyTOi- (l, 13), à7irocrxÉa!7iJ.a (l, 17), aO^^Tv (m, 5), Ppûetv (m, 11), SaifjLovtwSï); (m, 15), ôî^/uxo? (Ij 8; IV, 8), èvdéXioç (lll, 7), gÙTr£t9iiç (ni, 17), sç:^|J,spoç (II, 13), Opriffîcoç (l, 26), xaTTjpsta (iv, 9), TtoXwJtXaYX"^©; (v, 11), TtpodW- TCoXTiJTTerv (il, 9), ^urrapt'a (l, 21), jfaXtvaywYsïv (l, 26; m, 2), j^puffoSaxTÛXtoç (ll^ 2).

(3) D'après Hawkins {Horae Synopticae, p. 198-207) Mt. a 112 hapax, dont 36 ne sont pas dans les LXX; Me, 71, dont 31 ne sont pas dans les LXX; Le, 261, dont 73 ne sont pas dans les LXX; Act., 413, dont 154 ne sont pas dans les LXX- La proportion des hapax dans ces quatre livres est donc de beaucoup en faveur des écrits de saint Luc; or dans l'Évangile de Luc un peu moins du tiers des hapax n'est pas dans les LXX, et un peu plus du tiers dans les Actes; chez Jacques c'est presque la moitié 18/45. D'autre part proportionnellement au nombre des versets, il y a davantage d'hapax chez Jac. (63 pour 108 v.), que dans les écrits de Luc (Le. 261 pour 1151 v., Act. 413 pour 1006 v.); sur une moyenne de 10 v- la proportion des hapax est de 5,833 dans Jac, 2,267 dans Le, 4,105 dans Act.

(4) A cause des formes de la koinè.

(5) Peut-être est-ce dans une Siatpiêri stoïcienne qu'il a lu l'expression -rpoxov t^; yevsVetoî (iii, 6; Cf. Comm. h c).

(6) G. F, Burney, The Aramaic origin ofthe fourth Gospel, Oxford, 1922.

(7) Torrey, The af^amaic oj-igin of the Gospel of John, dans The Harvard theological Review, oct. 1923, cité par le P. Lagrange (S. Jean, p. cii) qui maintient la composition du IV' Évangile en grec.

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