H. E., VI, XIV
(2) Sghmidt, Historisch Kritische Einleitung in d. N. T., Giessen, 1818; Berthold, Einleitung, Erlangen, 1819.
(3) Studia Biblica, Oxford, 1885, p. 142-150.
CVI INTRODUCTION
pas (1). M'ais la question est de> savoir si l'Épître der: Jacques; est comparable à la &uerre juiçe, ou encore au Matthieu grec. Nous ne le croyons: pas; La* manière dèt discuter, dans laquelle nous avons cru devoir reconnaître une influence' delà d^/aerz&è^ fait partie delà structure même delà lettre. Pareille influence qui paraît bien s'exercer jusque sur le choix de certains termes (àXX' Ipeï tiç, oô jç^pV], aye, cf. supra\, s^explique bien mieux si l'auteur a écrit' en grec. Le rythmei, les allitérations, qui disparaissent dans les traductions (2), sont dans Jacques' un autre argument très fort en faveur d'un texte grec original. D'ailleurs Jacques qui écrivait à des Juifs de la dispersion ne dë^vaitpas s?adresser à'eux en langue araméenne, car la plupart d'entre eux ne la comprenaient pas.
Il reste' donc à savoir si Jacques évêque de Jérusalem a pu si bien «crire en grec, c'est-à-dire s'exprimer d'une manière si littéraire^ dans: une langue qui n'était pas habituellement la sienne. La question dépasse de beaucoup l'hypothèse d-un original araméen, elle intéresse surtout l'authenticité de l'Epître; C'est sans doute à la langue et au style que pensait Érasme, quand il disait que l'Épître de Jacques n'était pas assez hébraïque pour être l'œuvre de Jacques évêque de Jérusalem : « Nec {referre videtur) hebraîsmi tantum quantum ab apostolo Jacobo qui ftierit episcopus Hierosolymitanus expectaretur » (3).
Qu'un certain nombre de Juifs galiléens, et peut-être beaucoup d'entre eux, aient parlé le grec, est un fait de plus en plus admis. Cette langue était celle qu'on parlait dans les villes de la Décapole de l'autre côté du lac de Génésareth, et aussi' dans les ports comme Tyr, Ptolémaïde, Césarée (4). La connaissance du grec était donc nécessaire, ou pour le moins très utile, aux Juifs de Galilée qui avaient des rapports avec les villes voisines, qu'il s'agisse des commerçants, ou des simples paysans qui allaient vendre leurs produits, voire même des conducteurs de bêtes de somme. D'autr^.part les gentils.habitaient assez nombreux en Galilée, ils avaient certainement l'influence que donne le fait d'appartenir à. une société-plHS- cultivée: et plus forte, en; l'occurrence, au- monde grec. Par. curiosité, par intérêt, on devait alors apprendre leur, langue, comme aujourd'hui en Palestine on. apprend le français et l'anglais. Deux Apôtres portent des noms grecs, André et Philippe, et les deux Apôtres Simon. (5) sont appelés 2i'[ii.wv à la. manière grecque, et non 2uffewv qui est
(1) jBèi!. jud/. Proœm., \.
(2.) On peut comparer par exemple;: i, 2, itstpao-jjioïî; TteptTtéavi-cs jtoixiXotç, Vulg.. Clém. in teniationes varias incideritis ; 6, «vE[ji.iÇo[jiévn) xal ^nTtÇo(ii.évtî), Vulg. movetur et circnrafertnr ; etc.
(3) Annotationes in Epistolam Jacobin, à la fin, en conclusion.
(4) Gf; ScHûKER, Gesch. ii : Der Hellenismus in den nicht-j'ûdischen Gebieten, p. 27-56.
(5) Simon Pierre et Simon le zélateur (Me- in, 16,19).