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vn, 27 ; xin, 15; I Pet. n, 5) ; ici simplement faire monter sur l'autel. — ôuataa- TTîptov, de ôuaiccÇto (na.") offrir en sacrifice, ne se retrouve que dans le grec
biblique (cf. Gen. viii, 20 ; Ex. xxiv, 4 ; Lév. xiv, 20) et chez Philon, Josèphe, pour désigner un autel : 6. tou 6u[j.ta[jLa-uoç, l'autel des parfums (Le. r, 11), xb OuaiauTiîptov l'autel des holocaustes sur lequel les victimes étaient brûlées dans le temple (Mt. v, 23; xxin, 18-20). Abraham éleva lui-même l'autel pour 3'offrir son fils en holocauste (Gen. xxii, 6-9); il disposa une ou plusieurs pierres selon l'usage sémitique.
Jac. cite le sacrifice d'Isaac comme l'œuvre par excellence qui atteste la justice d'Abraham. — tov utov a^Tou insiste avec emphase sur la grandeur de l'obéissance et de l'abnégation du patriarche. Isaac n'était-il pas le fils auquel l'alliance divine était promise (Gen. xvii, 15-22)? La fidélité d'Abraham fut d'autant plus belle que l'épreuve fut plus dure. La Genèse ne dit pas que le sacrifice d'Isaac fut imputé à justice à Abraham, mais elle s'exprime à son sujet d'une manière équivalente à celle de xv, 6 : Je l'ai juré par moi-même , oracle de lahvé, parce que tu as fait cela, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai, je te donnerai une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel (xxn, 16, 17). Jac. ne considère pas seulement la justice d'Abraham au moment du sacrifice d'Isaac, ce fait est relaté comme exemple entre plusieurs autres (èÇ 'épywv); il envisage le cas d'Abraham d'une manière globale; Abraham est le type de l'homme juste, l'andi de Dieu.
L'exemple tiré d'Abraham est d'une grande autorité. Ce patriarche était dans la ti-adition juive le modèle du croyant, le père de la foi. N'était-ce pas en vertu de sa foi qu'il avait quitté son pays, cru à la promesse divine et.
É PITRE JDE SAINT JACQUES, II, 22-23. 6f
l'autel? 22 Tu vois que. la foi coopérait à ses œuvres et que::par les œuvres la foi a été rendue parfaite; ^^ et [ainsi] a été accomplie l'Écriture qui dit : « Abraham crut à Dieu et cela lui a été imputé
accepté rrmmdlation de son fils? Cf. Ecclî. xliv, T9-21 ; Sap. x, 5 ; I Mac. n, '52 ; Rom. IV, 16-21; Gàl. m, 6; Hébr. xi, 8-12; 17-19; Jubilées xvii-xix; et pour la littérature rabbinique : Strack-Billerheck, m, p. 199-201), La tradition ne relève pas de doute chez Abraham lorsque dans sa vieillesse la naissance d'un fils lui fut annoncée (Gen.'xyii, 17). Ce doute est admis par saint Jérôme {Adv. Pelagîanos, w, 12; P.Z., XXITI, 582). Saint Paul entend le rire et la réflexion d^Abraham comme un exposé de. la difficulté, sa foi et le miracle n'en sont que plus grands (cf. Lagrange, Épître aux Romains, iv, 19). Dans les Jubilées (xvi, Î9) le rire d'Abraham est le signe de la joie.
Si les fidèles abusaient de la doctrine de saint Paul pour dire que la foi sufîisait au salut, il était bon de leur montrer ce que fut la foi d'Abraham. Celle-ci n'était pas une simple adhésion intellectuelle ; elle était un principe d'action, elle se traduisait en œuvres.
22) Ce verset indique les rapports de la foi et des oeuvres dans la vie d'Abraham," modèle proposé. Jac. à cette occasion fait constater {^Xér.ziç) combien la foi du Patriarche fut de bonne qualité.
auvTfpyst, aidait, coopérait; quatre fois dans le TST. T. en dehors de Jac. (Me. XVI, 20; Rom. viii, 28; I Cor. xvi, 16; II Cor. vi^ 1); usité ici à l'imparfait avec l'idée de durée, il ne s'agit pas d'un acte mais d'une vie. — jcto-ctç guvtjpyei Totç 'épyotç aÙTou est en opposition à maziç )(^wp\ç tc5v ïpyta'^ du V. 20. La fol coopère aux œuvres d'Abraham en étant leur principe, elle les inspire car elle est unie à la charité. La foi d'Abraham ne fut donc pas stérile {yo^pk xwv 'spytov), mais féconde en œuvres. Et les œuvres qui procédaient d'elle l'ont rendue parfaite. — èTsXstt/iÔri, aor., l'action est considérée en elle-même en dehors de la durée; opposition à àpyr} la-ctv du v. 20. — tsXswuv, achever, rendre parfait (sens causatif des verbes en ow), est employé au passif chez les classiques à propos de semences, de plantes, qui arrivent à maturité (Arstt., Gen. an., IV, viii, 4; Theophr., ^«5^. des plantes, VIII, n, 6), de temps révolus (Plat., Pol., 272 <i), de désirs, de souhaits accomplis (Hérodote,, V, XI, 3), et dans le N. T. souvent au sens moral d'être parfait ou d'être rendu parfait (Phil. m, 12; I Je. n, 5; iv, 12, 17, 18; cf. Jac. téXeiov i, 4; âno-e- XsaOeïaa, i, 15). La foi peut être rendue parfaite en elle-même, devenant plus forte par suite de l'exercice des œuvres; elle peut plutôt être rendue parfaite par les œuvres considérées comme faisant un tout moral avec elle, les œuvres sont à la foi ce qu'est la fleur à la tige, elles en montrent la bonne qualité et en sont considérées comme le complément nécessaire.
L'id:ée du v. est l'union de la foi et des œuvres. Ce n'est pas par la foi seule qu'Abraham a été reconnu juste par Dieu, la foi seule est morte, ni par les œuvres seules car les œuvres supposent la foi qui les inspire (jcb-rtç auvTfpysf), mais par l'union des deux.
•23) Ce verset établit d'après l'Écriture la bonne qualité de la foi d'Abraham que l'on vient de constater.
Quand le verbe wXrjpouv est usité par rapport à l'Écriture, il signifie toujours l'accomplissement d'un oracle prophétique ou d'une parole de Dieu ; ce sens est propre au grec biblique (Mt. i, 22; ii, 17, 23 ; iv, 14; xxvi, 54; Me. xiv, 49; Le. IV, 21; XXIV, 44; Jo. xm, 18; Act. i, 16; m, 18...) Jac. met ici le sacrifice d'Isaac (Gen. xxii) en rapport avec Gen. xv, 6 qui est cité. L'association des mêmes textes se retrouve, semble-t-il, dans I Mac. ii, 52 : Abraham n'a-t-il pas été trouvé fidèle dans Vépreuve et la justice ne lui a-t-elle pas été imputée? Elle serait donc traditionnelle chez les Juifs. C'est au moment du sacrifice d'Isaac que la foi d'Abraham atteint sa plus haute perfection. Le texte de Gen. xv, 6 n'est pas prophétique, mais la tradition appliqua à une circonstance de la vie d'Abraham ce qui était dit à propos d'une autre, ou plutôt on considéra que le texte relatif à la justice d'Abraham n'avait eu sa complète signification qu'au moment du sacrifice d'Isaac. A ce moment le texte de Gen. xv, 6 est réalisé dans sa plénitude. Le traité Mékilta (40 1») dans son éloge sur la foi, à propos de Ex. xiv, 31, rapproche d'une manière analogue Gen. XV, 6 de Gen. xn, 3 et xxn, 17 et ss. : Tu vois qu'Abraham, notre Père, par le seul mérite de la foi cpuUil eut en lahvé, hérita de ce monde et de l'autre, comme il est dit : Et il crut en lahvè, et il lui compta cela comme justice. — Ypa<pr)' cf. supra i\, 8.
La citation de la Genèse est faite d'après les LXX, avec changement de 'A6pa[i en 'ASpaâp.. Actuellement dans tous les grands manuscrits des LXX, on lit : -/.at êjttaTsuasv, la leçon Ixcareua-ev Se était une lecture courante au premier siècle; on la retrouve dans Rom. iv, 3; Philon, De Mut. Nom., 111; M. ii, p. 605; Clem. RoM. Epist. I ad Cor. x, 6; Justin, Dial., 92. Au lieu de la tournure passive èXoYt'aOri, l'hébreu a le sens actif : « Abraham crut lahvé, et il lui compta cela à justice. » Dans le texte de la Genèse la foi d'Abraham a pour objet la promesse d'une postérité, saint I^aul l'entend bien en ce sens, Rom. IV, 19. La foi du patriarche n'est pas une simple adhésion intellectuelle, mais un principe d'action, comme le montre la suite de sa vie; selon la distinction de Bède citée plus haut (v. 19), Abraham crédit in Deum mais non crédit Deo. — IXoyfaOrj, ce verbe, comme 3.U?n avec S, qu'il traduit (Gen.
XV, 6; Ps. XXXII (xxxi), 2; cvi (cv) 31; II Sam. xix, 20), signifie compter, porter au compte de, avec, au sens moral, l'idée de punir ou de récompenser : [iï] XoYtÇdasvôs aûroîç xà TuapaTcxoSfjiaira (II Gor. v,. 19; cf. Rom. IV, 6, 8).
o!y.a:oauv>jv chez les LXX signifie la justice au sens d'une vie conforme à la volonté de Dieu; ce terme est en quelque sorte un synonyme de sainteté, de perfection, de conduite bonne et méritoire (Ps. vu, 9 en parallélisme avec (îxax.ta; Ps. xvii, 21, en parallélisme avec >'.a6;tp£6Trjç ; cf. Job xxvn, 6; Prov. X, 2). Telle est bien aussi la signification de ce mot dans Gen. xv, 6, au sens littéral propre. Abraham est reconnu juste, c'est-à-dire fidèle à Dieu. La Genèse n'envisage pas. la justification première au sens catholique, ni l'imputation de la justice au sens luthérien. Saint Jérôme, saint Jean Chrysostome et toute son école n'ont jamais vu dans Gen. xv, 6 la justification première. L'acte de foi d'Abraham est considéré comme une œuvre parfaite, sainte. Le Ps. cvi (cv), 31, emploie la même expression à propos de l'exploit de Phinées (Num. XXV) y.%\ sXo-^iQ^r\ aÙTto efç Sc/catoauvv^v ecç ysvcàv xxi Yevsav.
(Pour plus de détails sur Gen. xv, 6, cf. Lagraiyge, Épître aux Romains, . p. 84-86).
Dans l'Ethique d'Aristote, la justice est considérée comme une vertu parfaite, qui résume les autres en elle-même,- son, domaine ne dépasse pas l'homme et la société : aSxr) uèv ouv rj Stxatoa'jvyi àpstr] jxév saxt -sXefa, akV oiy^ (XTcXcSç àXXèt Tcpôç i'xepov (Et/i. Nie. V, I, 15). Dans l'A. T. la conception de la justice est beaucoup plus profonde; la justice est une vertu religieuse, elle est avant tout l'accomplissement du devoir envers Dieu. Pour Aristote le juste est un sage, chez les Hébreux il est un saint.
Dans le N. T. 8ix«ioativr] garde l'acception des LXX, et en prend une nouvelle. L'acception de SixatoonSvr) au sens de perfection morale se retrouve dans Mt. V, 20 : làv jjiri Ttepiacsiar) î»[j.âiv v\ BixaioatSvr) tcXsIov tôjv Ypa^ijiaTécov y.a\ cpapioatcov, où p.r] slfïéXôïjTE £iç Tïjv PactXst'av tô5'« oùpavwv, (cf. Lc. I, 75; Jo. xvi, 8, 10; II Cor. vi, 14; I Pet. II, 24, etc. et infra, m, 18). Chez saint Paul, Sixaioiivri signifie souvent la justification, ou état de justice, selon une acception propre à l'Apôtre (Rom. I, 17; m, 21; iv, 11, 13; v, 17, 21...).
Dans la citation qu'il fait de la Genèse, Jac. garde le sens littéral propre et reste dans le plan juif. A cause de la qualité de sa foi, Abraham a été reconnu juste par Dieu, c'est-à-dire comme ayant une conduite bonne et sainte. Saint Paul cite le même texte dans sa thèse sur la justification par la foi, Gai. m, 6, Rom. iv, 3. Il veut établir qu'Abraham a été justifié par la foi, mais il ne dit pas que la justification première d'Abraham eut lieu au moment visé par Gen. xv, 6. Avant les révélations faites en Canaan, le Patriarche était déjà l'ami de Dieu. Il semble bien que dans l'usage qu'il fait de Gen. xv, 6, Paul veuille seulement montrer aux chrétiens que c'est la foi qui rend agréable à Dieu et non les œuvres de la Loi (cf. Lagrange, Epître aux Galates et Epître aux Romains aux endroits cités); il entend donc Gen. xv, 6, comme Jac. dans le sens d'un éloge de la foi d'Abraham, seulement il apporte cet éloge en exemple dans une thèse différente. Ce même éloge vaut chez Jac. pour établir l'inutilité de la foi sans les œuvres, car la foi d'Abraham fut active, et il vaut chez Paul pour montrer qu'Abraham a plu à Dieu par sa foi.
Abraham est appelé « ami de Dieu » dans le texte hébreu de II Ghron. XX, 7 ïîlHN (LXX : tÇ> TjYaTtTjixéycî) uou), et dans celui d'Isaïe xli, 8 "lanfî (LXX : 'A6paà[z Sv rf{iizf\rjaL, Sym. xou oifXou p.ou). Ce procédé de citation appelé rémez (allusion) est fréquent chez les Rabbins. L'amitié de Dieu pour Abraham est mentionnée plusieurs fois dans l'A. T. lahvé appelle Abraham son serviteur 'ASpaà^i. xou waiSoç [xou (Gen. xviii, 17, transcrit çt'Xou [jlou par Philon, De Sobr. 56; M. i, p. 401); Azarias prie Dieu 5tà 'ASpaàpL xov r,ya7crj{Aévov utco aou (Dan. m, 35). La mention de cette amitié se retrouve dans les apocryphes {Jubilées xix, 9; xxx, 20; IV Esdr. m, 14), chez Philon {De Abraham, 89-98; M. ii, p. 14, 15), cf. Pirkê Aboih, v, 4. De la tradition juive, elle a passé chez les auteurs chrétiens (Glem. Rom. Epist. I ad Cor. x, 1 ; Tertullien, Adi>. Jud., ii; Irénée, IV, xvi, 2) et chez les Arabes; ceux-ci désignent Abraham sous le nom de « l'ami d'Allah » ou simplement de « l'ami » El Khalil J-:;A=sri, Ce titre synonymique a été donné par les Arabes à l'antique ville d'Hébron où est le tombeau du Patriarche.
auTw £tç SixaioadvYjv », jtai çiXoç 0eou ev.'k-qBri. ^opocxe axi è^ epY^<*>v Stxatouxai av6po)7coç. x.al oûit èxTcCc-Tewi; ^aovoV ^^ôtioiwç Se x,at 'Paà[3 "/j Trop.VTj oùx è^ epYWV èâixaiwÔT},.- ùxoâelafxév?/} toùç àY*ï'é}40U,ç. xocl âxépa ôâw £%^ar'
De rares philosophes païens ont entrevu l'amitié de Dieu pour l'homme, Xéis., Ment., II, i, 33 (c'est la Vertu q]ai parle) : 8i' Ijxl i^fXoi [xlv 6eoïs ovxeç, surtout Plat,, Leg., 716 «^ : ô {/.èv acSipgtov ôew çiXoç, 8[xotoç yf^P — Epict. i^iss. IV, 111,, 9 : èX£i50£poç Ydcp Et(ii, xai çpi'Xoç tou ôeoS. Mais cette amitié est si abstraite et si froide qji'elle ne saurait être comparée à celle de Dieu pour Abraham et encore moins à celle de Jésus pour ses disciples (cf. Jo. xv, 14, 15).
24)^ Jacques tire la concfusion de l'argument scripturaire emprunté, à la T-ie. d'Abraham. Cette conclusion est la réponse directe au v. 20, et. peut-être aussi une réponse au v. 14,. car l'auteur semble penser à toute la démonstra- • tion qu'il vient de faire; il se place a un point de vue général (avOpwTcoç) et s'adresse à tous (ôpSirE) comme au début de la péricope (àSsXipot [j.ou 14; t^s... Il 6[iiSv,. 16). — Sixaiourai même sens que èSixaiaSOT; v. 21. Dans Rom. m, 28 : XoY,iÇ.d[ie6a oùv StxaioîSaOat ^rtaTst avôptoTtov X'*^?'? 'spywv vd(i.ou.,. le verbe 8i/.. se rapporte à. la justification première, il n'y a donc pas de contradiction avec le texte de Jac. De même pour Gai. ii, 16. Quand Paul parle de la question que Jac. traite ici, il pense comme lui : Ce ne sont pas en effet ceux qui entendent lire une loi qui sont justes auprès de Dieu; mais ce sont ceux qui la. mettent en pratique, qui seront reconnus justes (Rom. ii, 13, trad. laAGilANGE). Cf. Introd. p. LXX et ss,
La conclusion est dirigée contre ceux qui pensent que la foi qui ne serait pas accompagnée d'œuvres suffit au cours d'une vie pour être juste devant Dieu. Aussi Jac, met-il l'accent sur les œuvres. Dire que c'est parles œuvres et non par la foi seule qu'on est juste, revient à dire que c'est par la foi unie aux œuvi'es, La foi est nécessaire (tclijtiç cuvrjpyei, v. 22), mais elle ne suffit pas. L'union de la foi et des œuvres pour être agréable à Dieu, et donc pour être sauvé au jour du jugement, telle est la conclusion qui ressort de l'exemple d'Abraham, et qui prouve le bien-fondé de la thèse. . 25) L'exemple de Rahab (Jos. ii, vi) est parallèle à celui d'Abraham (21) et se rapporte semblablement au v. 20. Le but est le même. L'exemple d'Abraham est convaincant, ce patriarche n'est-il pas le juste par excellence ? Maïs voici une cananéenne, une courtisane, qui dé pécheresse qu'elle était, est devenue, par ses œuvres unies à sa foi, agréable à Dieu, Ce deuxième exemple est décisif. Même forme interrogative.
xat est emphatique. — âSt/atéÔYi même sens que v. 21. — uTToSsiap-évr], ce verbe seulement 4 fois dans le N. T. ici et Le. x, 38; xix, 6; Act. xvii, 7, toujours avec le sens, fréquent chez les classiques, de recevoir un hôte sous son toit; la forme simple sans 6ît6 est davantage usitée en ce sens par le N. T. (Hébr. XI, 31 à propos dé Rahab), et moins par les classiques. — aYyé- Xou; est un des rares exemples du N. T. où ce nom.de messagers soit donné à des hommes et non à des êtres célestes (de même Le. vu, 24; ix, 52). Vuîg. : nuncios. Cette acception qui est classique se retrouve dans- les LXX où dcyYÉXoç traduit T]KSa entendu souvent d'hommes envoyés en mission
comme justice » ; et il a été appelé ami de Dieu. 24Yous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seule. 25 De même Rahab la courtisane n'a-t-elle pas été justifiée par les
(Gen, XXXII, 3 (4) ; I Sam. xi, 3, 4;xvi, 19...). L'Épître aux Hébreux (xi, 31) appelle les mêmes envoyés de Josué xaraoxdTcouç, lu ici, chez Jac, par G Kmg L Bok. Fesc/i. sans doute par analogie avec LXX ; anéffTetXev 'Iyj<jouç... Siio veavi'oxouç xataffxojtsîSaai (Jbs. il, 1).
sxêaXouoa, chasser, forcer a partir (Mt. xxi, 12 et parallèles; xxii, 13; Me. Y, 40), ici simplement faire, partir, envoyer, comme Mt. ix, 38; Ja. x, 4; peut-être avec image, par allusion à Téscalade (Jos. ii, 15).
Rahab était une courtisane qui exerçait son métier à Jéricho. — TtépvT) désigne la femme qui se conduit mal en vue d'un gain (Mt. xxi, 31; Le. xv, 30; I Cbr. VI, 15). La descente des envoyés de JTosué chez Rahab qui les accueille avant dé les connaître, montre que cette femme recevait volontiers chez elle et était connue comme telle. Le code de Hammourabi défend aux prêtresses l'accès des tavernes (art. 110, trad. Scheil), sans doute parce que ces lieux étaient mal famés. Josèphe [Ant. j'ud., Y, i, 2, {7), quelques autres Juifs, des Pères, comme saint Jean Chrysostome, ont essayé d'adoucir le terme de courtisane donne à Rahab par l'Écriture. Ils firent de Rahab une hôtelière, chez laquelle les -envoyés dé Jbsué auraient tout simplement logé. Mais le Targum sur Josué n, 1 garde le sens péjoratif qui est d'ailleurs le vrai sens de l'hébreu naif et du grec 7t6pvr); de même saint Ambroise : meretriœ {in Ps. xxxvii, 3; P. L., XIV, 1020), Bède. De plus, parler d'hôtellerie en Canaan, à cette époque, est un anachronisme; il ressort de la lecture de la Bible, que chacun emportait en voyage ses provisions et couchait où il pouvait. Pour Jac, comme pour Hébr. XI, 31, la foi et les œuvres de Rahab sont d'autant plus admirables que cette femme a été plus pécheresse auparavant. Dans Apoc. (xvn, 1, 5, 15) wdpvY] est dît par métaphore de la Babylone coupable,
Jac. ne parle pas de la foi de Rahab qui était célèbre chez les Juife. Hébr. XI, 31 en fait l'éloge. Les paroles de Rahab montrent bien qu'elle croyait au vrai Dieu : C'est lahvé votre Dieu qui est Dieu dans l^s deux en haut et sur ïa terre en bas (Jos. ii, 11). Les prodiges opérés par Dieu en faveur de son peuple l'ont convaincue, elle sait que les Hébreux seront vainqueurs. Sonattitude confirme ses paroles, elle se dévoue pour les envoyés de Josué au risque de sa vie.
La foi de Rahab ne fut donc pas inactive et vaine, mais se traduisit en œuvres de charité. Jac. en indique deux : la réception des envoyés Israélites et l'indication d'un autre chemin. A cause de ses œuvres Rahab devint juste devant Dieu, IBixaiw^r). Sa foi, l'aide qu'elle apporta aux Hébreux, rachetèrent son passé. Jac. considère sa conduite comme une conversion. Il met l'accent sur les œuvres, mais les œuvres ne vont pas sans la foi, elles la réalisent.
Rahab, type des nations païennes qui devaient se convertir, mérita d'être comptée parmi les ancêtres du Messie (Mt. i,. 5), au même titre que Thamar, Ruth, Bethsabée, femme d'Urie, qulelles aussi n'étaient pas israélites.
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