‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 67 sur 81 · ouT£ a/lie aXuxov (THV) et non outwî ooSs (S · texte numérisé non relu

ouT£ a/lie aXuxov (THV) et non outwî ooSs (S

qui attendent une réponse négative : [^Tj-irt duXXéyouatv àjtô àxavQôiv a-asaXa?; (Mt, vu, 16; cf. XXVI, 22; Me. iv, 21; xiv, 19; Le. vi, 39; Jo. xviii, 35); emploi plus rare chez les classiques. — ôtc^s désigne l'ouverture par où la source sort de terre ; chez les classiques ce mot est dit spécialement des fenêtres, ou des trous pratiqués dans les murs et le toit pour laisser entrer l'air et la lumière et faire sortir la fumée; Aristoph., Fes/j.,317, 350. — Pp<i£'-, hapax dans la Bible; verbe rarement transitif chez les classiques, Anacréon, XLiv, 2 : p. p68a faire pousser des roses ; généralement intransitif au sens de sourdre ou, en parlant de la végétation, de pousser en abondance, avec le datif, p. «vSeï se couvrir de fleurs (Iliade, xvii, 56). — TziY.pâw seulement dans- Jac. pour le N. T., ici et v. suivant; uScop est sous-entendu, Vulg. amara/n aquam; la tournure elliptique est plus vive. L'image de la source est tout à fait palestinienne (Jo. iv, 14; II Pet. ii, 17; Apoc. vu, 17; xxi, 6). Sans ses sources, la Palestine, brûlée parle soleil de mai à novembre, serait presque un désert. Pendant la saison des pluies, les eaux s'infiltrent dans les î^ssures des roches calcaires, et rencoBtrant des couches rocheuses imperméables, elles forment des réservoirs qui viennent sourdre au pied des collines. Villes et villages sont construits près des fontaines, de préférence sur les hauteurs voisines où autrefois, en cas de danger, on pouvait mieux se défendre. La vue des fontaines à certaines heures du jour, où bêtes et gens viennent boire, est un des spectacles les plus pittoresques de l'Orient.. L'idée de source amère est trop vague pour savoir si elle vient du souvenir biblique des eaux de Mara (Ex. xv, 23), ou de l'expérience personnelle de l'auteur. En Galilée, un peu au sud de Tibériade, il y a des sources d'eau chaude dont la saveur est saumâtre ; l'eau sort de terre à une température de 62° G. environ, elle contient du soufre et du chlorure de magnésium; sa vertu ourative était connue dans l'antiquité. D'autres sources du même genre se trouvent sur les bords de la mer Morte à az-Zârah et près de l'embouchure du Ouadi Zerkâ Mâ'în (cf. Abel, Une Croisière autour de la . mer Morte, Paris, 1911, p. 21 et ss.).

L'eau douce rappelle la bénédiction, l'eau amère la malédiction; mais le désordre qui existe dans l'usage de la langue ne se retrouve pas dans la nature, il est impossible qu'une source donne des eaux douces et amères. Parmi les signes extraordinaires, avant-coureurs de la fin des temps, destinésà marquer le renversement de toutes choses, le quatrième livre d'Esdras dit qu'il y aura du sel dans les eaux douces (v, 9) !

12) p.r)' comme p.r)Ti v. 11, cf. ii, 14. — La répétition du mot frères est emphatique. — - sXai'a désigne l'olivier partout ailleurs dans la Bible. La Vulg. Clem, harmonise l'expression avec à'fj.7U£Xoç cuza et traduit âXaîaç par uvas. Le figuier, la

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par la même ouverture fait sourdre le doux et l'amer? ^^ Est-ce que, mes frères, le figuier peut produire des olives ou la vigne des figues? L'eau salée ne peut pas non plus produire de l'eau douce.

vigne et l'olivier tiennent une place importante dans la culture palestinienne. Les deux premiers sont plusieurs fois nommés dans les Évangiles, comme terme de comparaison (figuier, Mt. xxiv, 32 et parallèles ; Le. xiii, 6; vigne, Mt. xXj 1; XXI, 28; sens allégorique, Jo. xv, 1). Saint Paul emprunte à l'olivier une de ses rares images tirées de la nature (Rom, xi, 17, 24).

Cueillir des olives sur un figuier, ou des figues sur un cep est chose impossible. La nature, au contraire de la langue, ne produit pas de pareilles monstruosités. Nous avons peut-être dans ce passage de Jac. un écho d'une parole de Jésus : p-iQi:t cuXXsYouatv ànb à/cav6œv axaepuXàç rj cmo TptSdXtov aîî/'.a ; (Mt. vil, 16; cf. xii, 33). Il se pourrait aussi que Jac- à la suite de son Maître emploie une figure proverbiale. Les proverbes, soit qu'ils naissent de la même observation, soit qu'ils passent comme certains contes d'un pays à l'autre, se retrouvent souvent les mêmes à travers les littératures. On rencontre chez les classiques une irhage analogue à celle que Jac. exprime ici; Séivèque, Bp. Lxxxvn, 21 : non nascitur exmalo bonunï, nonmagis guam ficus eçcolea; Plut., Morale, 472 : ttjv «[atîsXov auxa cpÉpsiv oû/t àÇtou[xEv oùSè -rrjv IXatav pdxpuç — de même Épict., Diss., II, xx, 18; Marc Aur., viii, 15.

La dernière phrase du v. présente plusieurs difficultés. Blass regarde le texte comme corrompu. En tête de la phrase, >< G^ K L P ont ou-cwç qui est lu aussi par Vulg. Pesch. Boh.; il s'agit alors d'une application. De même qu'on ne cueille pas des olives sur un figuier, l'eau de la source dont il a été parlé, ne peut pas être salée et douce. Dans K L P Héracl. les mots oùSefxta r^-^r^ ont été ajoutés pour plus de clarté devant àXuxdv. L'omission de oûtwç est soutenue par BAC, leçon probablement ,meilleure, suivie par WH., Tisch., Vogels. Ce n'est plus une application, mais une troisième image qui ressemble à la première.

giivaTat est sous-entendu — l'emploi d'un seul oiÏte n'est pas régulier, il faudrait oûSé (leçon de ><) ; la négation précédente [xv]' a dû être considérée comme équivalente à où'ts; de même dans Apoc. ix, 21, où est en parallélisme avec o3t£. — àXuxov, hapax dans le N. T. — xotîîaai liStop signifie pleuvoir dans Arxstoph., Vesp., 261; ici, produire de l'eau.

Jac. ne développe pas davantage sa pensée. Les trois images qu'il indique en peu de mots établissent un contraste entre l'harmonie qui préside aux choses de la nature, et le désordre lamentable qui existe dans l'usage de la langue. La conclusion générale se dégage d'elle-même, il faut changer de conduite, mettre un frein à sa bouche.

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