‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 69 sur 81 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

IV 1 IIoOôv 7co>^£,aot xal 7:69£V {/.à5(ai èv û[ji.îv ; oùx Ivtsuôev, ex twv t^Sovôv

2. cpOoveiTE poifiBS ÇBOm çoveue-ce (THSV). — om. xai ante oux exE'e 2° (HSV) ei non add. (T).

HUITIEME INSTRUCTION : VAINCRE LES DEFAUTS QUI TROUBLENT LA CONCORDE (iv, 1-12).

La vraie sagesse produit la paix. Mais hélas la paix est souvent troublée ! D'où viennent donc les conflits parmi les fidèles? Ils viennent surtout de la recherche des plaisirs. Cette indication générale sert d'introduction à la péricope (v. 1). L'enchaînement des idées demeure très vague. Jac. s'en prend successivemenjt à plusieurs défauts : envie (2-3), amour du monde (4-6), orgueil (7-10), médisance (11-12). La même idée générale semble servir de ;ïil conducteur ; Vaincre les défauts qui troublent la concorde.

Introduction (iv, 1).

1) Les plaisirs sont cause des discordes. L'introduction est énoncée sous forme de question. On a déjà remarqué que Jac. affectionne le style interrogatif (il, 4-7; 14-16; 19-21; m, 11-13). — ît6X£jj.ot est une hyperbole pour désigner les querelles privées; de môme Ps. Sal. xii, 4. — V-'^yj'-h toujours au sens métaphorique de disputes dans le N. T. (II Cor. vu, 5 ; II Tira, II, 23; Tite, m, 9), selon un usage qui n'est pas étranger aux classiques ; Plat,, Tim., 88 * : (jLdt)(^as Iv Xdyotç itoistijOai. Les deux termes 7cdXs[jLoi et {j.ax.«t sont assez souvent combinés ensemble chez les auteurs, le premier indique plutôt un état d'hostilité et le second, des actes. De quelles querelles s'agit-il? Vraisemblablement de contestations et de disputes entre parents, voisins ou gens traitant les mêmes affaires. Il n'y a pas ici d'allusion à des controverses orageuses sur la Loi, semblables à celles que saint Paul signale à Tite : \j-dyjxz vo{jLi-/.à; Tcepifaxacro (Tite ni, 9). — èv ôfxïv indique qu'il ne s'agit pas d'une idée générale, comme dans ni, 18, mais d'une situation bien précise. — Ivt£î56£v, au sens moral dérivé du sens physique, comme dans Thuc. i, 5 ; fait pléonasme avec le substantif qui suit et le met en relief. — ?i8ovSjv signifie les plaisirs dans le sens de délectations sensibles; chez les classiques, la délectation '^est bonne ou mauvaise; dans le N. T. le sens est toujours péjoratif (Le.

-1 D'où [viennent] les guerres et les combats parmi vous ? N'est-ce pas de là, des plaisirs qui combattent dans vos membres? 2 Vous désirez et vous n'avez pas; vous enviez et vous jalousez, et vous

Yiii, 14; Titeiii, 3; II Pet. 11, 13), de même dans IV Mac. i, 22. Cette délectation n'est pas le désir, èTttOofit'a, mais le suppose; elle est l'objet de la tentation, cf. i, 14, 15. — CTTparsuofjiévcov rappelle :î6XE[ioi et ^&-ji»i, l'emploi du participe présent implique l'idée de durée. — {xéXeaiv ne désigne pas les membres du corps simplement en tant qu'organes, comme dans m, 5, mais les membres en tant qu'instruments des concupiscences mauvaises ; ce sens moral et péjoratif se retrouve plusieurs fois chez saint Paul (Rom. vi, 13, 19; ■vu, 5, 23; Col. m, 5). L'Apôtre des gentils parle aussi de lutte dans les membres : pXÉnw SI ^xepov v6p.ov Iv toïç jj-éXsaîv [jlou àvTtaxpaTeuàjievov tw v(î[JLto -cou vo6ç jiou (Rom. VII, 23); cf. Introd. p. lxxii.

Les plaisirs sont cause des états de conflits et de leurs brusques manifestations en disputes. Par une de ces figures hardies que l'auteur ne craint point, le but est pris pour la cause et le plaisir est nommé à la place de la passion. Les biens sensibles (2, 3) à l'opposé des biens spirituels, ne peuvent pas être possédés à la fois par plusieurs, par conséquent leur recherche amène des conflits inévitables. Sénèque dit très bien : ista quae appetitis, quia exigua sunt nec possunt ad alterum nisi alteri erepta transferri, eadem affeçtantibus pugnam etjurgia excitant {De ira, III, xxxv, 1). On peut encore citer une pensée analogue de Gicéron : Cupiditates sunt insatiabiles ; quae non modo homines sed universas familias evertunt, totam etiam lahefactant saepe rem publicam. Ex cupiditatibus odia, discidia, discordiae, seditiones, bella nascuntur [De fin., I, xin, 43).

L'envie (2-3).

2) Le désir qui était sous-entendu au v. précédent (cf. -fiSovcav) est ici exprimé; — iTctOujjietv, comme îm^M^ia. (cf. i, 14), signifie tantôt un désir qui n'est pas mauvais ou qui est bon comme dans Mt. xiii^ 17; Le. xvii, 22, tantôt un désir mauvais comme dans Ex. xx, 17; Deut. v, 21 ; I Cor, x, 6. Il s'agit ici d'un désir mauvais, sinon toujours quant à son objet, du moins quant à son caractère désordonné ; ce caractère est suffisamment indiqué par les verbes qui suivent.

Les manuscrits ont çove^ets xal ÇyiXoute, la phrase est difficile. Les deux verbes forment un anticlimax, qui paraît impossible. Il y a dans la. pensée une régression contraire à la psychologie habituelle. Voici les principales explications proposées par les auteurs.

a) Un sens adouci est donné à çoveustv. Il s'agirait d'une mort spirituelle donnée à l'âme (Oecumenius), ce que rien n'indique — ©oveueiv comme «vGpojîîOîcTévoç dans I Jo. m, 15, équivaudrait à aiaeiv « vous haïssez » {Beyschlag, Meinertz): mais çoveueiv n'a jamais ce sens dans l'Écriture ni chez les classiques; et deux autres fois Jac. l'emploie au sens usuel (11, 11; v, 6). On ne peut pas penser à Eccli. xxxiv (xxxi), 26, où enlever la subsistance de son

£5(£T£ Sià TO iJt.ï) acTEVffôai àjJtaç" ^acTscxs xal où Xa{ji.(3av£Te, Bibvt «axôç aÎTEtaÔE, l'va Èv "xoitç -r^Sovaiç ûpsiWV SaTCav^ffiijTE . ^fAM^^aXtâeç, six oidaT£ oxi

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