ÔeXxi (H) poïfKS qaam OcXtio-yi (TSV
ses personnages au lieu de décrire leurs sentiments (cf. Le. xv, 17 ; xx, 13)» Les marchands combinent leurs projets comme si tout dépendait de leur seule volonté ; pleins de confiance dans leur habileté ils ordonnent leur vie en vue du gain, sans penser à Dieu; cependant ils pourraient le faire (v. 17). Ils sont plusieurs, soit qu'il s'agisse de diverses entreprises individuelles ou d'une entreprise commune; déjà dans l'ancienne Ghaldée, il existait des associations commerciales dans lesquelles les bénéfices étaient partagés {Contrats de Sippar; cf. Jeaif, Le milieu Biblique, n, p. 71).
14) Nous suivons le texte de WH., d'après B qui omet encore r\ devant Çwri — Soden, Vogels suivent M A : oî-civeç oûx iTriarra^Ôs tô tîJi; «îpcov :coxa yàp % Çcori u;j.t3v; ocTfAiç yap èare..., la phrase est massive avec deux y<=«p et le second est mal venu après l'interrogation.
o"i[-:iveç, employé à la place du relatif défini, forme non classique, fréquente dans le N. T. (Act. vu, 53; xvi, 12; xvii, 10; etc.), se rapporte à oî X^yav-ceç — ^[xépaç est sous-entendu devant a.^çxo^) (cf. Mt. vi^ 34; Act. iv, 3). — àT[j.i?, employé dans le sens de vapeur humide par les classiques (Arstt., Meteor., II, IV, 3), a plutôt ici la signification de fumée d'après l'acception des LXX (Gen. XIX, 28; Lév. xvi, 13; Joël ii, 30; Éz. vni, 11). Même comparaison entre la vie et la vapeur dans Sap. ii, 4 Tcape^eiosTat ô ^loç ?jp.t3v t'oç Xyiyr^ veqjéXrjç, xal ojç ô[j.£)(^Xy) BiaaxESaaOTjaeTat, et entre la vie et la fumée dans Ps. eu, 4; Apoc. Bar., Lxxxn, 6; Sénèqxje, Troad., 393-397. — çaivop.s^»Ti... àçtxvtÇofi.fvTî allitération, la même dans Mt. vi, 16 et dans Arstt., H. an., VI, vir, 1.
Jac. reprend une idée exprimée dans r, 10-11 ; il met en relief la fragilité, de la vie humaine. Les marchands en question oublient que l'avenir, mêm.e le lendemain, ne leur appartient pas. Leur conduite est insensée, tout à fait comme celle du riche de la parabole (Le. xn, 16-21).
La fragilité de la vie humaine est un thème des livres Sapientiaux; aux textes bibliques déjà cités à propos de 5x^.1?, on peut ajouter Job vii, 7; Ps., cxLiv, 4; Sap. v, 9-14; et avec le même but didactique, à l'égard des gens qui jouissent ou amassent, Prov. xxvii, 1 (cî. Introd. p.x); Eccli. xi, 16, 17.
Amen-em-opé exprime une pensée très religieuse et très belle, à propos de l'incertitude du lendemain : Ne decumbas quum tîmor est pro mane, quando lucescet, quale erit mane? Homo ignorât quale erit mane. Deus est in sua excellentia, homo est in sua humilitate. Aliud est quod dicitur, aliud est quod Deus operatur (xvin ; cf. Biblica, 1927, p. 27).
15) A une attitude folle Jac. oppose celle de la sagesse chrétienne : la sbumission à la volonté de Dieu.
nous irons dans telle ville et là nous passerons l'année, nous trafiquerons et nous ferons du gain » j ^^ vous qui ne savez pas quelle sera votre vie demain, car vous êtes une fumée qui apparaît peu de temps et ensuite disparaît. ^^ Vous devriez dire au contraire : « Si le Seigneur veut, nous vivrons et nous ferons
■■ KiSptoç = 0edç — Ç>iao[Asv se rapporte à làv ÔÉXri, de même 7toc7fo-o[jisv, tout dépend de la divine Providence, la durée de la vie et la manifestation de l'activité, en n'importe quel lieu — les deux xaf sont d'apodose. La Vulg. Clem. coupe la phrase grecque en deux et énerve la force religieuse de la pensée : pro eo ut dicatis : Si Dominus voluerit. Et : si i>ixerimus, fàciemus..,; sa ponctuation est étrange, car après voluerit on attend l'équivalent de faciemus. Wordsworth White ponctuent mieux, mais le sens n'est pas encore celui du texte grec : Si Dominus voluerit, et si vixerimus, faciemus...
La recommandation de Jac, est une forme de la piété que l'on retrouve plusieurs fois dans le N. T. relativement à Dieu le Père ou à Jésus-Christ (Act. XYUi, 21; Rom. i, 10; I Cor. iv, 19; Phil. ii, 19, 24; Hébr. vi, 3). Elle est l'expression de la foi en la Providence, laquelle est exprimée tout le long de l'A. T. La pensée est donc bien biblique. Tout au plus pourrait-on envisag-er l'hypothèse d'une influence hellénique quant à la formule, qui était d'un usage courant chez les Grecs et les Romains, et qu'on ne retrouve pas dans la Bible en dehors de Jac. et de I Cor. iv, 19. L'expression « Si Dieu lèvent» signifiait généralement chez les hellènes et les latins l'incertitude que renferme toujours une action ou un événement à venir; Mmucius Félix, Oct., 18 : Si Deus dederit; vulgi iste naturalis serina est; quelquefois elle traduisait un vrai sentiment religieux; Plat., Aie, 135<i : làv poiiXy) atS, S St&xpaxeç. OS xaXtôç ^lystç, S 'AXxtStocST). kXkh TzStqyj^T] Xéys'v; "Oti làv ôsôç IôIXt). Les Arabes la répètent souvent et aussi les Espagnols.
Jac. rappelle la fragilité de la vie humaine pour attacher à Dieu, de même Eccli. XI, 16-17. Les stoïciens ont eux aussi parlé et parfois avec éloquence de cette fragilité ; Sénèque, Ep., ci, 4-7 : quam stultum, est aetatem disponere ne crasiini quidem dominum... nihil sibi quisquam de futuro débet prom.ittere; mais ils n'aboutissent qu'au pessimisme ou à une triste résignation. Ils laissent les âmes dans leur misère. Marc-Aurèle, ii, 17 : Durée de la vie humaine; un point dans l'espace. Sa substance? changeante... La masse de son corps? putréfaction. Son âme? un tourbillon... en un mot tout ce qui est de son corps est comme une eau courante ; ce qui est de son âme, comm.e un songe et de la fumée. Qu'est-ce donc qui peut lui faciliter son voyage ici-bas? une seule et unique chose : la philosophie {Pensées de Marc- Aurèle, Trad. P. Gommelin, Garnier, Paris).
Que si la fragilité de la vie humaine poussait les plus nobles âmes du paganisme à faire un effort moral, elle était pour beaucoup d'autres une raison de plus pour jouir vite et davantage : Catulle, Carm., v; en Egypte, Hymne du Harpiste, appelé aussi Chant pour le banquet (Erman, die Litera^ tur der Aegypter, p. 314-315).
Ea face du matérialisme qui abaisse l'homme, oa de la philosophie qui l'abandonne a ses propres forces, la spiritualité dont Jac. se fait l'écho demeure incomparable.
16) vûv 8É fait opposition avec ce qui vient d'être dit (cf. Le. xix, 42 ; I Cor. XIV, 6) — xaux,aa6g, cf. i, 9, ici au sens péjoratif de se glorifier avec présomption. — àXaÇoviociç, â la place du classique àXaÇovetaiç, seulement ici et I Jo. Il, 16 dans le N. T., le pluriel indique le sens de vantardise plutôt que celui d'orgueil. — xoiauTï) car il peut y avoir Une gloire bonne comme celle de l'humble dans son élévation i, 9 {cf. Rom. xv, 17 ; II Cor. i, 12; vu, 4, 14).
Au lieu de se soumettre à Dieu les marchands se glorifient de leur habileté aux affaires, de la grandeur de leurs projets ou d'autres choses sejnblables. Toute cette gloriole est mauvaise, c'est-à-dire un péché, car elle ne fait pas cas du souverain domaine de Dieu. L'Ecclésiastique est sévère lui aussi à l'égard des marchands ; pour lui les gens de négoce sont rarement honnêtes (xxvi, 29-xxvii, 2); Amos nous montre ceux de son temps faussant la mesure et la balance (vin, 4, 5). Isaïe compare Tyr, la grande cité commerçante, à une courtisane (xxiii, 16). Jac. n'envisage pas, au moins explicitement, la malhonnêteté commerciale mais simplement le manque de foi.
17) Jac. conclut par une maxime d'ordre général. Comme tout sage oriental, il aime les sentences, cf. ii, 13; m, 18.
xaX(5v (cf. m, 13) opposé à juovrjpdc du v. précédent; saint Paul emploie aussi l'expression xaXov tcouïv (Gai. vi, 9). — àt^apTia aÙTw rappelle l'expression sv (TOC àfiap-cta fréquente dans les LXX (Deut. xv, 9; xxiii, 22; xxiv, 15...) — aôxS fait pléonasme avec eiSôti, et est un hébraïsme (cf. Introd. p. xcvni), même tournure dans Mt. iv, 16; Jo. xv, 2; Apec, n, 7.
La connaissance entraîne des devoirs et si l'homme qui sait se soustrait à ces devoirs, il pèche. La connaissance devient cause du péché, étant donné les mauvaises dispositions de celui qui la possède. Notre-Seigneur exprime plusieurs fois cette idée (Le. xn, 47; Jo. ix, 41; xv, 22, 24); saint Paul la développe longuement dans l'Épître aux Romains à propos de la Loi. Dans les circonstances envisagées par Jac, les marchands connaissent la fragilité de la vie humaine et l'existence de la Providence divine. Mais leur foi est stérile. Ils savent ce qu'ils devraient faire (15), et comme ils ne le font pas, ils sont coupables. C'est une nouvelle conclusion du thème sur les œuvres (cf. I, 22, 25; n, 14-26; m, 13).
Avertissement AUX riches (v, 1-6).
Suite de menaces et de reproches.
Il ne s'agit plus de commerçants qui partent en voyage pour entreprendre des affaires, mais de propriétaires fonciers (4) qui ont leur fortune faite, exploitent leurs terres et aussi... leurs gens. Ici encore, comme dans ii, 6,
ceci ou cela ». i^Mais maintenant vous vous glorifiez dans vos vantardises; toute gloriole de ce genre est mauvaise. ^^ Celui donc qui sait faire le bien. et ne le fait pas, commet un péché.
Jac. a sans doute en vue des chrétiens (avec Zahn). Ropes, Windisch, Camerlynck, entendent icXoiSotot d'infidèles ; Mayor, Meinerts, surtout de non chrétiens ; on allègue la sévérité du langage; quand Jac. parle à des frères, dit-on, il exhorte pour convertir (iv, 7-11), ici il porte une série de jugements pour condamner. Mais Jac. estime sans doute qu'une exhortation serait inutile. La perspective des châtiments de Dieu, jointe à une réprobation formelle et publique, a dû lizi paraître seule capable défaire réfléchir les riches en question et de faire cesser le scandale que donnait leur vie. Les idées, le style et même les mots rappellent les l'eproches et les menaces
que les prophètes faisaient aux riches de leur temps. On retrouve chez Jac. l'éloquence de ces hommes de Dieu et on sent passer chez lui le même
souille de colère divine.
Il ne faut pas oublier que ces riches sont mauvais; ils conservent leurs biens avec un attachement coupable (2, 3), ne paient pas le salaire dû (4), Oppriment les bjaves gens (6),. La généralisation ol 7uXo;5atot est oratoire
(cf. iij 10), elle répond à. un groupe de gens que l'auteur a en vue.