‹ L'épître de Saint Jacques [microform]Chapitre 75 sur 81 · om. eîç «nie utto (THV) et non. add. (S · texte numérisé non relu

om. eîç «nie utto (THV) et non. add. (S

r,o\uaT:Xa.-^yy6i qu'on ne retrouve nulle part ailleurs avant Jac. traduit bien, l'image et/ avec un sens intensif (koX6), l'idée, du participe. Q'în'l. qui vient de

la racine Dill « entrailles •» et signifie s'émouvoir dapatiié, aimeiv(ef. EtHORMEy, L'emploi métaphorique..., RB.,A^22, p. 514r, 515), /« apa.r^ dans la BiM«. Peutêtre est-ce Jac. qnï a créé ce néologisme' grec. — ^ oi!jfKpp.tov employé par les LXX exprime l'idée' de Dim mais sans rimage: Jac. traduit. "jl^TT par orxTtpfjitov et non par IXe7Îjj.wv comme les LXX; le sens est le même. K omet 5, Saint Augustin {Sermon ceux catéchumènes, r, 10; P'.L., XL, 634), Bédé*, , et plusieurs autres anciens comtraentatéursr, entendent tÔ -réXo?- Kupt'oo dé Ikmort dii Christ. En efFetréXoç a quelquefois fe s^ens dé mort (^S'ap. ni, 19"; Plat., Zeg., soie -ziXoç k'y^etv tou (3(ou). Cette exégèse est possible grammaticalement, mais^ elle ne paraît pas pouvoir convenir au contexte, a) S^rl s'agissait de Jésus, il y aurait sans douté l'article devant Kupt'bu comme dans ir, 1 ; v, 7, 8, 14, 15; il est vrai, ràrticle est omis dans i, 1, mais le" nom du Sauveur est écrit tout entier, b) II' ne s'agit pas ici d'un simple exemple comme au' verset précédent, mais de la glorification de l'endurance ([jLaxaptÇo[A£v) ; on s'attend donc à voir le bon rés'ultat de l'endurance comme dans i, 12, où là couronne de vie est décernée à celui qui a supporté répreuve avec courage. S'iï s'agît de la mort de Jésus, on a deux exemples, celui de Job et celui du GTirist, mais on ne voit pas la fin des épreuves, nî comment l'endurance est gloTÎfiée ; sans doute Bède parle bien de la Résurrection et de l'Ascension dé Jésus, mais ces deux événements ne sont pas mentionnés dans le texte, et puis que devient Job assis sur la cendre? c] Enfin la pilié et la miséricorde de Dieu, qui sont une explication de tsXoç, ne conviennent pas au Fils de Dieu mais à la créature. îl est donc plus logique et plus simple d'entendre toute la phrase de Job; ainsi' a compris la Peschitta.

Job est un exemple dé patience', comme Abraham' et Rahab sont des modèles de foi réalisatrice (ii, 21-26). Job, sans doute, s'est plaint de son sort avec des accents pathétiques (m), mai:s if a accepté de la main de Dieu les malheurs qui lur arrivaient (i, 21; ri, 10), et sa confiance au Souverain Juge n'a point été ébranlée (xvr, 19 ; xix, 25).

Job, dont la justice est louée par Éz. xiv, 14, 20, n'est pas nommé aîllexirs. dans le N. T.; saint Paul cite seulement une parole d'Éliphaz (I Cor. m, 19 ; Sdb-y, 13).

Le souvenir de Job dont la fin de la vie montre bien la grande pitié et la miséricorde de Dieu, doit encourager les fidèles à persévérer dans Féndurance jusqu'au moment où eux aussi seront l'objet de' cette pitié et decette miséricorde (cf. Mt, xxiv, 13).

ÉPITRB DE SAINT JACQWES, V, 12. 125

jnants. VjOUS avez entendu j>arler de l'enduraiwîe de Job et vous - rSavez la fin qiie le Seig-nem' [kii a donnée] parée ^ue le Seigneur est plein de pitié <et Ae misériGorde.

^^'.Mais avant toui, mes feères, n« jur^z pas, ni par le ciel, ni par

Le serment (12).

12) L'emphase de îtpo îtavTwv n'est pas absolue ; il y a des péchés plus gi'ands que de jurer par le ciel ou la terre; elle est relative comme dans I Pet. iv, 8, et se rapporte à oe qui précède, aux .murmiures, aux impatiences (7-11) ; Rohinson {Epfi£!sians, p. -27^) cite des ^sâ'ges analogues de îrpo tocvtwv da.ns les papyrus, à la fin des lettres. — ô{j.viexe, construit généralement comme ici chez les classiques avec l'accusatif delà persanne ou de la -chose par laquelle on jure, o[jL. Stv»yoç £i5:tûp, jurer par l'eau dm Styx (Iliade, xiv, 271), tournure bien meilleure que celie de Mt. avec Iv qui semble être wa hébraïsme 3 (v, 34- 36; xxni, 16-22); [xt^-cs àXXov Ttv^à Spxov équivaut à \).r\ ofxddai SXtoç de Mt. v, 34. — ï)Ta) forme hellénistique pour 'éarw (Ps. cm (hébr. civ), 31; I Mac. x, 31; I Cor. XVI, 22;). L'article deraiit vaï et où' rend îa formule plus claire que celle de Mt. y, 37 (cf. Lagbange, S. Matthieu, 1. c.).

Le serment au nom de lahvé était ordonné par la loi en certaines circonstances (Ex. xxii, 10, 11; cf. I Rois vin, 31); c'était en appeler au jugement de Dieu comme dans le code de Hammourabi (art. 20, 23, 103, 131, 206, etc.) ou .encore aujourd'hui dans les coutumes arabes au pays de Moab (Jaussen, Coutumes..., ^. 188-189; cf. p. 311). En dehors même des cas sde litige, le serment était loisible ; David, Èlie, Michée jurent pour affirmer la vérité d'une parole,ou d'une résolution (I Sam. xxvi, 16; I Rais, xvu, 1 ; xxii, 14; cf. Gen. xxiv, 3, 9). La formule était « lahvé est vivant! ». Dieu lui-même par anthropomorphisme est dit jurer (Gen. xxvi, 3; Deut. i, 34; Jér. xxii, 5; Ps. cv, 9; Hébr. VI, T3; yii, 21). Le serment, acte sacré, engageait en conscience (Ex. XX, 7; Lév. xrx, 12; QSfum. xxx, 3), ilne falîaît pas le prêter à la légèiHS, pour ne pas être exposé à le violer, ce qui était une faute (Lév. v, 4-6). Liongienaps le seriaeiit fut regardé comme inviolable, dut-il .entraîner les plus douloureuses .conséquences (Juges, xi, 30, 31, 35; I Sam. xrv, 24, 44); jnais par la suite il perdit de son caractàre sacré, certains craignirent moins, ■d'autres ne craignirent plus de commettre des parjures (Ecclé. jx, 2). L'Ecclé- :siastigue réagit cojitre ce laxisme (xxiu, 9 ;xxvn, ,14) qui devint d'autant plus fréquent que le aiom ineffable de lahvé n'était plus prononcé; on jurait ipar Je ciel, la terre ou toute autre créature (cf. Mi. v, 34-3.6 ; xxiii, 16--22,). .La «casuistique rabbinique essaya de tout arranger (cf. Lagrange, S. Mattkieu, ,p. 108, .1Û9; 442-M5). Suivant la formule .employée, le .serment était valable ou nul. C'était un subterfuge pour*écarter l'obligation du serment, un moyen de ruser pour mieux trorD,per; aussi les Juifs avaient-ils une mauvaise réputation parmi les païens.

.Jac,,.àJa«;uite de N.-S. (Mt. v, 3âT36^ xxui, 16-22),, veut «que la franchise règle les ra^j)orts sodaux des fidèles. La jperfection est de ne ;paint faire de

TO vai va{, y.al to ou oli, Tva [jlyj Ùtco '/.pitnv 7C£<jY]Te. .^^KaxoT:a9eî xiç Iv û[ji.tv; 7:po(j£U5(;£<7Ôa)' £Û6u[ji.£î xiç] ^ix\'ké'Z(ù. àaSeveî tiç èv 6[ji.îv ; ^^TcposxaXEcraaGo) toùç '(-p£ffPuT£pouç t^ç lxy.XY;o'taç, xal TcpoorEU^aaSwcav Itc' aÙTOV àX£i4'aVT£ç èXaCo) èv xô ôv6[J.a'ci [tou KupCou]. ^^%al ■i^ s.^iX'h "^^Ç Tî^fyrewç

14. 07W. auTov pos< aXet^'avTEç (TH) potius quam add. (SV). — [tou Kupiou] (H) vel Tou Kuptov (TSV).

serment, afin de ne pas s'exposer au parjure et à la condamnation. Il n'est pas besoin de serment car on doit toujours dire la vérité. On croyait que Pythagore avait connu cet idéal moral : \i.r\ ô^ivovat ôeouç, àazeïv yip aO-cov SeTv àÇio'iti<jrov

■ 7îapÉ)(^ElV (DiOG. LAER., VIII, I, 22).

Par réaction contre les abus de l'époque, les Esséniens interdisaient le serment, excepté celui d'affiliation à leur secte (Josèphe, Ant. jud,, XV, x, 4; Bel. j'ud. II, VIII, 6, 7; cf. Schûrer, Gesch., II, p. 662).

La prière, l 'extrême-onction et l'exomologèse (13-16^).

Quelles que soient les conditions de la vie présente, il faut prier (13^); Jac. insiste sur deux états celui de la maladie (13)^-15) et celui du péché (16^).

13a) La souffrance et la joie expriment les deux principaux sentiments qu'éprouve tour à tour le cœur humain.

Les tournures interrogatives suivies d'un impératif équivalent à un conditionnel (cf. III, 13). Le verbe ({'ccXXetv n'est jamais employé par les classiques dans le sens de chanter ou de prier, mais assez souvent dans le sens de faire vibrer la corde d'un instrument de musique, en la touchant avec le doigt et non avec le ^îXîjxTpov. Dans les LXX, 'l'^^'^s^v traduit "ID"» et prend

alors l'acception de chanter avec accompagnement d'instrument à corde 1fî7 biJ3 (Ps. xxxii (hébr. xxxiii), 2; xcvii (hébr. xcviii), 4, 5) et même simplement celle de chanter en priant niiT'S 1D7 (Ps. ix, 12; xxix (hébr, xxx), 5;

xLYi (hébr. XLVii), 7). Dans le N. T. «j'dtXXstv perd toujours son sens étymologique et ne signifie plus que chanter à Dieu des hymnes d'actions de grâces, avec la voix ou même simplement dans son cœur (Rom. xv, 9 ; I Cor. XIV, 15; Éph. V, 19; cf. Col. m, 16).

Il faut toujours se tourner vers Dieu et prier, dans la souffrance, pour implorer son secours (cf. Ps. l, 15) plutôt que pour hâter le jour du jugement (cf. Apoc. vi, 10; Hénoch, xlvii, 1-4; xcvii, 3; xcix, 3, 16), et dans la joie, pour le remercier.

13^, 14) Jac. envisage maintenant un cas spécial de la souffrance : la maladie.

à(j9ev£ïv, être malade, quelquefois de maladie grave (Jo. iv, 46; xi, 1-6; Act. IX, 37); tel est le cas ici; le malade est retenu sur sa couché et ne peut pas sortir. Il s'agit toujours d'un chrétien (Iv ufxïv). — rpoffxa>6aa<T0w exprime un acte, ou un désir de la part du malade. L'entourage fait les démarches

la terre, ni par un autre serment. Que votre oui soit oui, et votre non, non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.

13 Quelqu'un parmi vous souffre-t-il? Qu'il prie. Quelqu'un est-il joyeux? Qu'il chante des hymnes. Quelqu'un parmi vous est-il malade? ^^ Qu'il appelle les presbytres de l'église et que [ceux-ci] prient sur lui, [l]'oignant d'huile au nom du Seigneur; ^^et la prière

nécessaires. — Le terme de jrpsaSuTspos emprunté au milieu juif dans lequel les anciens (D'iJp^n) jouaient un si grand rôle (par exemple pendant le

procès de Jésus), désigne souvent dans la communauté chrétienne une réalité et des fonctions toutes nouvelles : le sacerdoce (cf. Act. xiv, 23 ; xv passim ; XX, 17; I Tim. v, 17 ; Tite ï. 5; I Pet, v, 1; Batiffol, Etudes d'histoire et de théologie positive, Paris, 1907, p. 225 et ss.). Il s'agit des prêtres de l'église locale comme dans Act. xx, 17. Cette acception a été définie par le concile de Trente : Si quis dixerit, presbyteros Ecclesiae, quos beatus Tacobus adducendos esse ad infirmum inungendum hortatur, non esse sacerdotes ab episcopo ordinatos, sed aetate seniores in quavis communitate, ob idque proprium extremae unctionis ministrum non esse solum sacerdotem : A. S. (Sess, xiv; de extrema unctione, canon 4). Jac. parle des prêtres au pluriel, soit qu'il s'agisse d'un pluriel de catégorie (cf. Le. xvii, 14), soit que, la communauté étant petite, les prêtres de l'endroit viennent ensemble chez le malade. Les appeler est un conseil, comme précédemment prier ou chanter, et non- un ordre.

Arrivés auprès du malade, les prêtres prient sur lui I-k «ùto'v ; ils se tiennent debout près de sa couche^ peut-être la main étendue, et tout en priant, ils se penchent pour oindre le corps. Le temps de l'aor. âXs(i{<avx8ç semble bien être simultané avec le temps du verbe principal, comme dans Le. n, 16; Act. Xj 33. — B omet Tou-Kuptou, le sens est le même (cf. Act. v, 41; III Jo. 7); le caractère mystérieux de cette leçon la rend séduisante. L'expression ev tG dvofAairt [tou Kupi'ou] se rapporte à Jésus-Christ (Act. iir, 6; IV, 10; IX, 28; I Cor. v, 4; vi, 11; Éph. v, 20; Phil. n, 10; Col. m, 17; II Thess. III, 6). En quel sens l'onction est-elle faite au nom du Seigneur? Sur l'ordre de Jésus, ou accompagnée d'une prière dans laquelle le nom de Jésus est invoqué? La seconde acception paraît plus probable. On est oint comme en est baptisé (Act. ii, 38; viii, 16; x, 48) au nom de Jésus. 15) La prière de la foi se rapporte à la prière liturgique des prêtres et veut dire que cette prière est*faite avec foi (cf. i, 6-8). Il n'y a pas lieu de parler de l'efficacité ex opère operato ou ex opère operantis, car Jac. ne se pose pas cette question. — uc&aei qui signifie partout ailleurs dans Jac. le salut spirituel (i;, 21; II, 14; iv, 12; v, 20), se rapporte ici au malade et est mis en parallélisme avec lYspeî qui fait image ; Jésus (ô K\5pio;) soulève le malade de dessus sa couche, comme autrefois il avait soulevé la belle-mère de Pierre (Me. \, 31 : repoasXôwv ïj'ystpev aù-uTÎv) ou l'enfant possédé (Me. ix, 27; cf. Act. m, 7). ati&oei signifie donc d'abord le salut physique, la guérison, comme dans Mt. ix, 21; Me. v, 28, 34; vi, 56; x, 52; Le. viii, 48; etc. L'expression

est générate, on doit admettre bien des exceptions, car il faut toujours moarimne ïois ; 3-a.<c. n'entend certainement pas dire que les Hdèles seront toujofliiîs guéiEis, mais 51 iraet sn relief A'-eJÉet ffcysîqae de l'onction. Le salut spirituel n'est pas excluj J.ac. va en parler.: si le malade a commis des péchés, ceux-ci seront pardonnes; mais le sens spirituel de at&asi et d'sYepeï est secondaire. — xa^jivovxa, le malade, littéralement : le souffrant. — àçsGYîaerai tournure impersonnelle cnwéme dans 'Mt. xa, 32; Le. xii, 10; an sens teciiniqiue de'pardoa des péchés, fréquent dans le N. T. Le péché hypothétique est plutôt ici un péché grave ou une attache déréglée, car tout le monde pèche en matière légère (m, 2; cL I Ja. J, 8). On ,peut donc être malade sans avoir péché,; Jac. ne pense pas comme les amis de Job qiue malade soit toujours équivalent de pécheur; il se rappelle peut-être le correctif que Jésus avait apporté à l'antique conception sémitique qui établissait une corrélation étroite entre le péché .et la jnaladie (Jo. ix, 1-3).

Note sur x-'extuême-onciion.

Le rite que Jac. vient de décrire est Je sacremejnt de l'extrême- onction. Celui qui le reçoit est un chrétien assez gravement malade ; Je ministre est un prêtre, le rite est une prière acconipagûée d'une onction d'huile, et l'effet est à la fois physique et moral, guérison du corps et pardon dés péchés. Jac. ne donne pas les détails que nous aimerions connaître. Y avait-il une ou plusieurs onctions? Gomment étaient- elles faites? Ms'' Ruch dit très bien : « Sa recommandation très claire jpour des initiés serait trop .succincte et trop vague jsi olle était une révélation tout à iait nouvelle. Les preshytres n'auraient pas su ce .qu'ils devaient faire... les fidèles auraient été impariaitement rfinseignés sur les effets à attendr-e, les dispositions à présenter j) (Die de ThéoL cath. L'E:ctrême- Onction, t. V, c. 1925). Le rite était .donc connu et pratiqué dans les communautés.

Ojq trouvera dans l'article du Dict. de Tkéol. mentionné ci-dessus, une étude sur l'interprétation traditionnelle du texte de saint Jacques. Il sufïïi ici de rappeler le Concile de Trente (Session. XIV) qui a résumé et promulgué toute cette tradition : « Si quis dùrerit extremam unctionem non esse vere et proprie sacramentum <i .Christo Domino nostro institutum (cf:. Me. VI, 13) .et a beato Jacobo Apo.sto.lo promulgatum (Jac. V, 14)., sed ritum tantum acceptum a Pairibus, aut figmentum humanum, A. .S. 3) Canon 1. Les Pères affirment l'identité du sacrement, tel que l'Église l'entend et le pratique, avec le rite récommandé par 'saint Jacques : identité du ministre qui est le .prêtre, du sujet qui est un naalade, des effets spirituels et physiques, pardon des péchés, guérison du corps, si cette guérison est utile au salut (De sacramento extreniae unctionis, chap. là m. Canons 1 à 4; Denz. .907-910; 926-929).

Le magistère infaillible de l'Église a donc défini directement le sens de Jac. v, 14, 15. Il la. défini à J'en contre de l'opinion de quelques rares théologiens, comme Gajetan, qui ne voyaient dans le texte de Jac. que la mention d'un charisme, et surtout à rencontre des négations du Protestantisme. Les auteurs

delà foi sauvera le malade et le Seigneur le lèvera. S'il a commis

-de la Réforme attaquaient violemment la doctrine de l'Église à propos de ce texte. Luther : « Je le dis, si l'on a jamais délire c'est surtout ici. Je ne m'arrête pas à ce que cette épure n'est pas de l'Apôtre Jacques... Serait-elle de l'Apôtre Jacques, Je dirais : il n'est pas permis à un Apôtre d'instituer un sacrem,ent, de sa propre autorité » (De captivitate Babylonis, 185; cf. 186, 187). Au dire de Calvin, l'extrême-onction est « une bastellerie et singerie par laquelle ils (les catholiques) veulent contrefaire les Apôtres, sans propos et sans utilité y> [Instit. chrét., IV, xix, 18). D'après les Réformateurs Jac. ne parle pas de l'extrême-onction, qui n'est qu'une cérémonie superstitieuse, mais d'un charisme ou d'une pieuse coutume.

Une pieuse coutume, telle est l'interprétation actuelle de l'ensemble de la critique rationaliste, indépendante ou moderniste, condamnée de nouveau dans le Décret Lamentaèili, proposition 48 (Denz. 2048). La démarche des prêtres est, dit-on, une visite de charité et l'onction d'huile un remède quelconque; Loisy : « L'auteur ne manifeste pas l'intention de proniulguer un sacrement du Christ, mais de recommander une pieuse coutume » (Autour d'un petit livre, Paris, 1903, p. 251). H est vrai, la visite des malades est recommandée dans la Bible et dans les écrits rabbiniques. Le Siracide exhorte à prendre soin des malades, c'est une œuvre agréable à Dieu (vu, 35) ; il en sera tenu compte au jour du jugement, ajoute Notre-Seigneur qui s'identifie avec le malade, de telle sorte que visiter un malade c'est le visiter lui-même (Mt. xxv, 35-40) . Dans le Talmud, les rabbins recommandent aussi cette œuvre; visiter un malade c'est allonger sa vie {Nedarim 39) ; il fallait même prier pour lui : Celui qui va faire une visite à un malade ne doit pas s'asseoir sur un lit ou un siège, m.ais s'envelopper dans son manteau et implorer la pitié de Dieu pour le malade (Shabbath 13). Mais dans Jac. il ne s'agit pas d'une œuvre si bonne soit-elle, les prêtres viennent pour accomplir une fonction liturgique. Il est vrai encore, l'antiquité a reconnu la vertu thérapeutique de l'huile et s'en est servie (Pline H. N, XXIII, XXXIX, XL); chez les Hébreux, l'huile était surtout utilisée pour guérir les plaies (Is. i, 6; cf. Jér. vni, 22; xlvi, 11); on la mélangeait quelquefois avec du vin (Le. x, 34) ; Rabbi Meir permettait qu'on fasse cette mixture et qu'on oigne un malade le jour du sabbat, mais il arriva qu'il fût malade ce jour-là; alors raconte Rabbi Siméon ben Éléasar, il ne voulut pas qu'on lui fît ce remède (Jer. Berac. 3, 1, cité par Lightfoot, Horae Hebraïcae, t. II, p. 343). Mais chez Jac. l'onction d'huile n'est pas un remède; l'onction est accompagnée de la prière et est faite au nom du Seigneur; elle est un acte religieux dont l'effet est non seulement physique mais moral. De même que <îhez les Juifs il y avait des ablutions qui ne sont pas le baptême, de même il y avait une pratique médicale qui n'est pas l'extrême-onction. L'ablution était symbolique et le remède se prêtait au symbole. Il n'y a pas de difficulté à admettre que Notre-Seigneur ait donné à l'onction des malades une efficacité surnaturelle et l'ait élevé, ainsi que l'ablution, à la dignité de sacrement. Le texte de Jac. est tout à fait dans ce sens.

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