XIV NOTE PRELIMINAIRE
saint Pierre aux fidèles du Pont, delà Galatie, de la Gappadoce, de l'Asie et de la Bithynie (I Pet. i, 1); la seconde Épître de Pierre, la première de Jean, celle de Jude sont destinées aux fidèles d'Asie Mineure et aussi aux autres chrétiens. On pense à des encycliques. C'est dans le même sens relatif aux destinataires que Clément d'Alexandrie (1), Cyrille de Jérusalem (2) appellent « catholique » la lettre envoyée par les Apôtres lors de l'assemblée de Jérusalem (Act. xv, 2.3-29) ; ou qu'Origène décerne le même titre à l'Epître de Barnabe : -^éypaizxai èv xfi Bapvà6a v.ocBoXiv.'^ s-rcto- ToX93(3).
Les deux petites lettres de saint Jean (II et IIJ Jo.) qui ont une destination particulière font exception dans le groupe des Epîtres catholiques ; elles ont été mises à la suite de I Jo. à cause de l'identité d'auteur (4).
L'ordre dans lequel la Vulgate Clémentine range les Épîtres catholiques (Jac. ; I, II Pet.; I, II, III Jo. ; Jude) est celui des grands manuscrits grecs >«, B, A; on le retrouve chez saint Athanase (5), saint Cyrille de Jérusalem (6), Grégoire de Nazianze (7), dans les canons du concile dit de Laodicée (8). Il représente la tradition de la plupart des Églises orientales au iv° siècle. Saint Jérôme l'adopta. Jacques évêque de Jérusalem a joui d'une grande autorité aux origines chrétiennes; c'est peut-être pour ce motif que son Épitre a été mise avant celles de Pierre et de Jean ; l'ordre de la Vulgate correspond à la nomenclature des « colonnes » de l'Église, Jacques, Céphas et Jean dans l'Épître aux Galates (il, 9). L'Épître de Jude aurait été mise la dernière parce que son auteur était moins connu. Il se pourrait aussi que l'Épître de
(1) Strom. IV, XV (P. G., VIII, 1304).
(2) Cath. IV, XXVIII (P. G., XXXIII, 492).
(3) Contra Cels. l, 63 (P. G-, XI, 777).
(4) Si l'Épître aux Hébreux n'a pas été écrite spécialement pour l'Église de Jérusalem ou pour les communautés de Palestine, mais pour tous les fidèles issus du judaïsme, on peut dire qu'une attraction analogue s'est exercée; on l'a rangée à la suite des Épîtres pauliniennes et non parmi les Épîtres catholiques, à cause de son origine.
(5) Epit. festale xxxix (P. G., XXVI, 1437).
(6) Cath. IV, xxxvi (P. G., XXXIII, 500).
(7) Carmina l, xii (P. G., XXXVII, 474).
(8) Cf. Jacquier, Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, 1. 1, p. 297.