PL. IX
MOS ÙQUE BYZ I VTINE de l'é inte-Sophie de Kiev. — Fragment
■■ Communion rlss Apôtr ■' innnnt le vin. (Soc. "»/). héol.)
LA FA l ORITE 1/ UNI
n'en était point informé. C me je
l'accompagnais un jour, alors qu'il se faisait porter chez elle, M. nias se trouvant être aussi du cortège, elle l'attendait dans un appartement du Palais debout derrière le grillage du liuii'i'iV. Le basileus s'étant arrêté un moment sur la route absorbé dans ses pensées, l'autre eu profita de suite pour jeter à la b'ien-aimée les regards les plus enflammés, avec les si m rires et les gestes les moins équivoques. Son visage en était tellement transformé par l'émotion que Monomaque lui-même s'en aperçut. Me touchant doucement l'épaule, il nie dit : « Vois ce pauvre diable! 11 l'aime encore malgré tout ce qui lui en est arrivé de fâcheux. » Je me mis à rougir, niais le basileus poursuivit tranquillement son chemin tandis que l'autre continuait son amoureux manège avec une effronterie encore plus éhontée. Cela dura jusqu'à la mort de Monomaque et bien au delà, car la jeune femme étant retombée à ce moment au rang de simple otage, Boilas continua à l'aimer vraiment à la folie. »
Après nous avoir ainsi longuement entretenus de la jeune favorite, Psellos retourne à la vieille basilissa Zoé dont fragment de sculpturi ..
. tinesar bois des XI*" ou Xlln'Si,
d retrace une dernière lois le portrait , , , ,, ,,,. /„-,„.«. /.„
en nous racontant sa mort survenue
dans le courant de l'année 1050. « De
la première jeunesse de l'impératrice, non
(Kondàkow, pi. XLVI1 ■lt-,1, j
ne -aïs que peu
666 LES PORPHYROGÉNÈTES ZOE ET THEODOHA
de chose et seulement par ouï-dire, et ce peu de chose je l'ai narré déjà. Je parlerai maintenant d'elle dans sa vieillesse alors que je l'ai bien connue. Ce n'était point un caractère. Je ne veux point dire pour cela qu'elle fut tout à fait déséquilibrée, mais elle était complètement inapte au maniement des affaires publiques, et avec cela d'une nonchalance vraiment incurable. Elle avait pu au début de sa vie posséder certaines qualités naturelles, mais il n'en restait guère trace maintenant. J'en excepte toutefois sa profonde piété vraiment extraordinaire. Son âme était comme suspendue à Dieu auquel elle reportait tout ce qui lui arrivait. Elle avait en Lui une foi, une confiance infinies. Mais j'ai parlé déjà de tout cela. Elle était d'humeur très inégale, par moment tout à fait douce et clémente, passant ensuite par des périodes d'extrême dureté. On la gagnait très facilement par la flatterie. Feignait-on le coup de foudre à sa vue, elle vous accablait de ses bienfaits. Voulait-on la remercier, elle vous envoyait au cachot. Si le basileus n'y eut mis bon ordre, elle eut infligé sans motif ce traitement à une foule de gens.
« Gomme elle était la plus orgueilleuse et la plus vaniteuse des créatures, son action était funeste, parce qu'elle était sans mesure dans ses libéralités, comptant uniquement sur l'argent pour se faire bien venir de tous. Pour peu qu'on lui vantât les hauts faits des basileis de sa race, de son oncle le grand Basile surtout, elle rayonnait de joie et de fierté. Bien qu'elle eût dépassé les soixante-dix ans, son front n'avait pas une ride, son teint était demeuré celui de sa belle jeunesse. Elle s'était pourtant voûtée et ses mains tremblaient. Pour sa toilette, elle en était arrivée à se négliger fort, ne portant plus jamais ni riches vêtements, ni rubans, ni joyaux, toujours vêtue d'étoiles simples et légères. Elle n'assistait aucunement le basileus dans l'administration des affaires, tenant au-dessus de tout à conserver la liberté absolue de ses journées, non point pour les consacrer à ce qui intéresse d'ordinaire les femmes, à Qlerou à tisser, mais au seul service de Dieu, l'unique chose qui occupât ses pensées, et non point dans cet ordre d'idées pour prier, chanter à vêpres ou aller à confesse, mais chose étrange, pour confectionner des encens à l'aide de drogues provenant des Indes ou de l'Egypte. »