‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 107 sur 132 · JEAN, SUCCESSEUR DE LIKHOUDÊS · texte numérisé non relu

JEAN, SUCCESSEUR DE LIKHOUDÊS

essaya avec des larmes et des prières de 1rs retenir à son service. 11 appelai! Xiphilin « sa main droite». Il était trop endurci dans sa faiblesse larmoyante pour qu'on pûl espérer qu'il s'amenda! el ils persistèrent ilans leur résolution. Ainsi se trouva dispersée la pléiade des ministres philosophes. » Psellos, obéissant aux instances «lu basileus, qui ne pouvait se passer de ce! homme si habile à dissiper les ennuis de cette âme capricieuse par ses discours si variés, resta quelque temps encore dans le palais et consentit même à succéder à Xi|>hilin dans celle situation

<le « no phylax » et celle administration de la justice où ce dernier

avait conquis tant île gloire (1). Le basileus redoublait de flatterie à son égard, se dépouillant pour lui de la majesté impériale, le faisant monter sur son trône, tandis qu'assis à ses pieds comme le plus docile des étudiants, il prenait des notes sous sa dictée. « Psellos cependant se sentait dépaysé au milieu de ces ignorants Spartacus, ses nouveaux collègues. Des saintes retraites du mont Olympe, Xiphilin, de son monastère des « Kellia » (2), lui adressait lettre sur lettre pour l'engager à venir le rejoindre. Psellos, foncièrement homme de cour, hésita longtemps. Une dangereuse maladie qui survint lui fit faire de sérieuses réflexions. Le vain et frivole basileus lui témoigna durant cette épreuve le plus vif intérêt, s'informant à chaque instant de ses nouvelles par lettres autographes si tendres que leur seul souvenir lui mettait plus lard les larmes aux yeux, le conjurant de laisser là ses livres et ses études qui achevaient de l'épuiser, plongé enfin dans la plus profonde douleur. Psellos guérit, et malgré les prières de sa famille, malgré les supplications, puis les menaces du basileus, malgré ses lettres « écrites, non avec de l'encre, mais avec des larmes » il s'arracha au monde et s'enferma dans un couvent de Constantinople. » A la mort de Monomaque, il partit lui aussi

1 Voy. dans Fischer, Studien, etc., p. 19, le curieux récit de toutes les intrigues qui coûtèrent leurs situations à tous ces hommes distingués. — Voy. dans Rhodius, op. cit., p. 54, les observations sur le Tractatus de peculiis très probablement écrit, du moins inspiré par Xiphilin vers l'an 1040. et, dans ce dernier cas, peut-être écrit par Psellos. De même pour le Tractatus de prieilegiis credilorum (écrit entre les années 1045 et 10551.

2i Voy. ibid., pp. 22, 2:), la curieuse description de la vie menée par Xiphilin dans le monastère où cet homme si remarquable demeura neuf années. Le 2 janvier 1064 il devait, après un interrègne de près de cinq mois, succéder sur le trône patriarcal à son ami Constantin Likhoudès, patriarche lui-même depuis quatre ans et six mois.

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LES PORPHYHOGÉNÈTES ZOÉ ET TllÉODORA

enfin pour le mont Olympe où il rejoignit Xiphilin (1). Il devait, nous le verrons, 5 demeurer peu de temps. Xiphilin, déjà devenu l'ascète qu'il devait rester plus tard sur le trône des patriarches, épouvanta par son austérité le courtisan Psellos.

(1) Voy. dans Fischer, Studien, etc., note 3 de la p. 23, le motif véritable de la retraite momentanée de Psellos. — Voy. encore à ce propos Zachariae v. 'Lingenthal, Beitrsege, etc., p. 22 et Rhodius, op. cit.. pp. 6 et 7.

MONNAIE D ARGEN I DU BAS1LEUS CONS- TANTIN MONOMAQl'E. AU REVERS, L'EFFIGIE DE LA CÉLÈBRE \HERGE DES BLACHERNES, PALLADIUM DE L\ VILLE GARDÉE DE DIEU.

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FRAGMENT d'an de m coffret byzantin en <>s conservé au British Muséum.

Scènes de Chasse. — A'*» Siècle. — (Calai- Dation

CMAPIÎRE ¥1

Le Schisme. — Les rapports entre les Eglises grecque el romaine jusqu'au milieu du xime siècle. — Ét;it de Constantinople e( de Rome en l'ioi». Le patriarche Michel Kéroularios. — Le conflit entre les deux Églises Origines du conflit. Le revirement. Le voyage des légats. L'excuinniunieatiun. Les i. j i .-- hII. - Ext.-ni.ion de l'auturité patriarcale en Orient. Patriarcat de Constantinople. Les patriarcats étrangers'. Les Églises dissidentes. — Mort de Constantin Monomaque le 11 janvier 1055- Le u protevôn » Nicéphore vainement opposé a Theodora.

x\ vaut de raconter les derniers jours de Constantin 1/^ Monomaque, il me faut parler ici d'un événement suprême, le plus fameux île ceux qui ont valu au règne de ce prince sa renommée dans les siècles, je veux parler d'un des faits les plus considérables de l'histoire, le grand Schisme entre les Eglises d'Occident el d'Orient dont le début éclata aussi violemment que brusquement quelques mois avant la mort du basileus par la faute du patriarche Michel Kéroularios. Pour narrer en détail cette grande révolution religieuse dont les immenses conséquences politiques dominent encore l'histoire, il faudrait des volumes el îles volumes. Ce n'est point ici le lieu de traiter à fond l'historique de cette question très spéciale. Je me bornerai à dire brièvement le premier acte de ce drame, la rupture entre les deux Églises qui en l'ut le prologue dans la dernière aimer de la vie de .Monomaque. Je ne pouvais, racontant

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