‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 110 sur 132 · IV · texte numérisé non relu

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COFFRET D'IVOIRE BYZANTIN du Érésor de fa cathédrale de Sens. — C'est an des plus curieux monuments de l'art byzantin de cette époque. La longue série de bas-reliefs qui le composent représente des scènes de l'histoire de David et de Joseph. — Couvercle. — | IV, y. pp. 716 et 717 .

Palais, il apparaissait aux Byzantins comme l'arbitre suprême de l'Eglise et de l'État. Devenu indépendant, il ne lui restait plus qu'à acquérir la domination universelle (1).

(1) Dans les cinq chapitres suivants formant la seconde partie de son beau livre (pp. 127 à 215) M. Bréhier étudie successivement les causes du Schisme : les querelles théologiques, la

Prtirrssiiiii ilu Saint-Ksprit, — les querelles liturgiques, les azymes, — les questions de disci-

730 LES PORPBYROGENÈTES ZOE ET TUEODORA

« La victoire remportée sur Hume devait avoir pour conséquence naturelle de rehausser le prestige du patriarche de Constantinople aux yeux de tous les évèques orientaux. Michel Kéroularios exerça son action despotique à la fois sur les Eglises du patriarcat de Constantinople et sur celles des patriarcats étrangers; il essaya même d'atteindre les Églises dissidentes.

« Un premier l'ait est d'abord incontestable : dans sa lutte avec Rome, Michel Kéroularios marcha d'accord avec tous les évèques du patriarcal de Constantinople. Aucun d'eux ne songea à élever la voix pour se ranger du côté de Home. L'abjuration de Nicétas Pectoratus est la seule défection que l'on puisse citer et encore ne fut-elle due qu'à la force. On ne peut trouver non plus dansle parti des philosophes: Psellos, Likhoudès, Xiphilin qui, d'ailleurs, était à ce moment en disgrâce, un foyer d'opposition contre les actes de Michel Kéroularios. Tous lui ont au contraire donné des gages de leur amitié (1) et Psellos lui-même, dans le réquisitoire où il accumula plus tard sur lui les accusations les plus terribles, se garde bien de lui faire un grief de sa conduite à l'égard de Rome. A part l'opposition du basileus, Michel Kéroularios ne trouva donc dans son patriarcat aucun obstacle à ses desseins. Bien au contraire, de tous les diocèses qui lui étaient soumis, il tira de précieux auxiliaires. La lutte avec Rome fut engagée par Léon d'Achrida, métropolitain de Bulgarie, c'est-à-dire par le chef d'une Eglise, sinon indépendante du patriarche, du moins plus libre que les autres Eglises en face de son pouvoir. Lorsqu'il s'agit d'accomplir l'acte solennel de la séparation, si Michel Kéroularios ne rassembla [tas un concile de tous les évèques du patriarcat, du moins il lit venir à Byzance des délégués des principales provinces qui tous lui prêtèrent leur concours empressé. Il en fut de même pour l'Eglise russe. Tous les faits qu'on peut recueillir nous montrent que, sous l'inlluence de son clergé, cette nation suivit docilement Michel dans la voie du Schisme (2). Ce patriarche peut être considéré comme

pline : la simonie, le mariage des prêtres, etc., — la hiérarchie : les diverses théories romaine, des Orientaux, de Kéroularios, sur les rapports entre le pape et le patriarche, — les cuises politiques enfin.

(1) Cependant voy. W. Fischer, Sludien zurbyz, Gesch.., etc., p. 18. j Voy. Bréhier, op. cit., pp. 222 à 228. A l'époque du Schisme, le métropolite de Kiev

LE S< IIISME 731

un îles principaux auteurs de la séparation qui a toujours depuis éloigné les Russes de L'Église romaine (1).

« Ce fut d'ailleurs vers d'autres régions que se tourna l'attention de Michel Kéroularios. Une fois le Schisme accompli, il voulut devenir le maître de ces anciens patriarcats d'Orienl qui n'étaient plus que des débris glorieux du passé, mais donl les chefs devaient former dans sa pensée, autour de lui. un cortège destiné à rehausser l'éclal de la nouvelle puissance qu'il voulait fonder.

« Une tradition persistante dans l'Eglise grecque veut que Michel Kéroularios ne se soit pas contenté d'exercer sur les autres patriarches une action individuelle, mais que, comme autrefois Photius, il les ait réunis en concile œcuménique. Malheureusement, aucun texte du XIme gjècle ne nous autorise à admettre ces affirmations. Il n'y eut, en IO.">i. d'antre acte solennel que l'Édit synodal, signé par les représentants des diverses parties du patriarcat de Constantinople, mais il est

était pour la [uemièie fois un Russe. Nestor raconte qu'après la mort du métropolite Théopemptos en ton, Yaroslav laissa sa dignilé vacante pendant quatre ans. En 1051, les évoques se réunirent pour lui donner un successeur et leur choix tomba sur un moine d'origine russe : llilarion a). Ce serait conclure trop vite que de voir dans cette élection une première tentative de l'Église russe pour se rendre indépendante de Byzance. Les successeurs d'Hilarion furent, en effet, des Grecs, et quels qu'aient été les rapports politiques entre les princes russes et les hasileis byzantins. l'Église russe vécut longtemps encore en bonne harmonie avec les patriarches de Constantinople. Sous le pontificat même d'Hilarion la règle monastique de saut Basile s'introduisit en Russie. Elle y fut apportée >'ii 1051 par un Russe nommé Antoine, qui était allé en pèlerinage au mont Athos. L'higoumène lui enseigna toutes les règles de la vie monastique, mais ne l'engagea pas à rester sur la Sainte Montagne. « Retourne en Russie, lui dit-il : avec toi sera la bénédiction de la Sainte Montagne ; île toi sortira une foule de religieux. » Ces paroles nous montrent de quel esprit de propagande étail alors animé le clergé grec. Antoine revint, en effet, à Kiev et, après avoir habité longtemps un ermitage, fonda un monastère qui servit de modèle à tous les autres. La relation laissée par les légats nous apprend qu'au moment du Schisme, l'empereur Constantin IX reçut « de la cité des Russes un exemplaire authentique de l'excommunication » lancée contre Michel Kéroularios. Ce fait prouve seulement que les légats avaient répandu dans tout l'Orient la charte qu'ils avaient déposée sur l'autel de Sainte-Sophie. Voy. encore Murait, op. cit.,\, 638. I Dans la péninsule du Balkan, par contre, la fondation d'un nouvel Etat de Serbie par Dobroslav ou Boithslav, autour du plateau de Iiioclée, eut pour résultat un recul de l'influence grecque vov. pp. 311 sqq.ï. Le nouveau prince se mit en rapports avec te pape et obtint en 10i.'> que son Ktat, soumis jusque-là à l'archevêque de Spalato, eut un archevêque spécial qui résiderait à Antivari et dont la juridiction s'étendrait sur toute la Serbie et la Bosnie. Plus tard, les historiens byzantins nous parlent de bons rapports entre le basileus Monomaque et le roi des Serbes qui reçut le titre de protospathaire Zonaras, XVII. 21 , mais il est évident qu'au point de vue religieux ces réeions échappèrent pour longtemps à l'influence arecque.

a Voy. Geilçon, n»T->. *iv., pp. 3-6-3-7.

certain qu'une Fois ce grand acte accompli, Michel Kéroularios fit tous ses efforts pour le faire accepter à l'Orient tout entier.

STAUROTHÈQUE (RELIQUAIRE/ BYZANTINE en argent repoussé et doré conservé dans l'église collégiale d'Alba Facense dans les Abrasses. — Intérieur. — [E. Bertaax, l'Art dans l'It. raérid.)

« Ce fut d'abord au seul des trois patriarches orientaux qui fit encore partie de l'Empire, au patriarche d'Antioche, qu'il s'adressa. Nous avons vu qu'il n'avait pas attendu la rupture officielle avec Rome pour

/ i SCHISME

faire appel à sa fidélité el qu'il lui avait raconté à sa manière el le voyage des légats el leur conduite à Gonstantinople. Cette lettre ne lui parul

mm

STAUIiOTHÈQUE (RELIQUAIRE) l'.YZ \NTINE en argent repoussé et doré conservé dans l'église collégiale d'Alba Fueense dam 1rs Abrasses. — Face extérieure. — (E. Bei*taux, l'Art dans 1*1 1. raérid.)

pas suffisante et après la déposition de la bulle sur l'autel de Sainte- Sophie, il lui en adressa une seconde pour lui raconter toujours à sa manière les événements qui s'étaient accomplis et lui donner en même

temps ses instructions. Son récit de l'ambassade pontificale est plein d'une mauvaise foi qui consiste non dans le travestissement mais dans l'omission des faits. Il ne raconte au patriarche d'Antioche ni ses efforts pour attirer les légats dans un piège, ni l'émeute qu'il excita contre le basileus. Il affirme même qu'il n'a agi que par ordre de Monomaque, et, s'il ment avec cette hardiesse, c'est qu'il possède un document suffisant pour appuyer son dire, la lettre d'humilité et d'approbation qu'il a arrachée à la faiblesse du basileus. En même temps, c'est un mot d'ordre que Michel Kéroularios envoie à son collègue d'Antioche. Il lui dicte la réponse qu'il aura à faire aux communications qui lui viendront de Home car il se pose en face des prétentions latines comme le défenseur de la vraie foi des Orientaux et des droits de tous les patriarches.

« La réponse que Pierre fit à cette lettre et à la précédente ne fut peut-être pas de nature à contenter Michel Kéroularios. D'abord le patriarche d'Antioche lui montra qu'il se considérait comme son égal et non son subordonné. Puis, tout en acceptant sans contrôle toute l'histoire que lui contait Michel Kéroularios, et ne ménageant pas son indignation à cet Argyros, ce laïque assez osé pour se mêler des affaires de l'Église, il ne croit pas qu'un schisme soit nécessaire, il examine à sa manière toutes les difficultés qui existent entre les deux Eglises (1), et fait tous ses efforts pour qu'un accommodement devienne possible, suppliant Kéroularios avec des prières déchirantes d'éviter une rupture désolante : « Si les deux reines de la terre sont dans le trouble, partout régneront les larmes, hélas en abondance, partout les famines, les pestes, dans les campagnes et dans les villes; nulle part nos armées ne seront plus jamais victorieuses. »

« Tel fut le cri déchirant que l'idée même d'un schisme arrachait à Pierre d'Antioche. 11 ne vit pas dans son aveuglement que ce mal qu'il

(1) Avant tout Pierre se défend en son nom et en celui des patriarches de mentionne]- le pape dans ses diptyques, mais, à ce sujet, il se donne le malin plaisir de convaincre Miche] Kéroularios d'inexactitude. Entre le sixième synode et l'année 105i, en effet, il est clair que le nom du pape a été rétabli dans les diptyques des Églises d'Orient. Quand a-t-il été rayé depuis, Pierre d'Antioche ne le sait, mais il se souvient de l'avoir vu, quarante ans auparavant, mentionné dans les diptyques de l'Église de Conslantinople sous le patriarche Sergios. Et avec une complaisance ironique, il rejette la faute sur le chartophylax ou secrétaire de Michel Kéroularios.

redoutait (Mail déjà consommé. Bien plus, il ne sembla pas se douter qu'il s'était mis de fait à la suite de .Michel Kéroularios el que la position qu'il avait prise sur les trois principales questions en litige : l'addition au symbole, la matière de l'Eucharistie et le mariage des prêtres, le rangeai! bon gré mal gré du côté des ennemis de Rome. .Michel Kéroularios n'en demandait pas davantage. Satisfail de sa victoire, il ne songea plus à obtenir de Pierre d'autre concession.

« L'adhésion même mitigée du patriarche d'Antioche à la cause du Schisme entraînai! celle de tous les métropolitains el évêques qui lui étaient subordonnés. Des deux autres patriarches d'Orient au contraire, il ne pouvait attendre les mêmes secours, puisque les titulaires d'Alexandrie et de Jérusalem étaient toujours en terre musulmane et n'avaient conservé que des vestiges de leur grandeur passée. Ces deux prélats vivaient sous la domination des Khalifes fatimites depuis la lin du x""' siècle. Le représentant de la dynastie était alors Moslançer, dont le règne dura soixante ans et qui, l'année même du Schisme, en 1034, essayait de renverser le Khalife de Bagdad et de rétablir l'unité de l'Islam. 11 eut avec Constantin IX des rapports de courtoisie qui nous sont attestés par les chroniqueurs du temps (1) et qui s'expliquent par le danger commun qui menaçait les deux souverains, celui du Turk Seldjoukide Toghroul-beg. D'après Psellos, ces rapports n'auraient pas été à l'honneur de Constantin IX et, d'ailleurs, on ne voit pas que Michel Kéroularios ait songé à s'en servir pour agir sur les patriarches de Jérusalem et d'Alexandrie. Ce fut le patriarche d'Antioche, dont les relations avec eux devaient être fréquentes, qu'il chargea de leur communiquer ses volontés. Il lui importait beaucoup, en effet, d'obtenir l'adhésion de ces deux patriarches, car elle devait dans sa pensée achever de décider tout l'Orient en sa faveur. De plus, il craignait de se voir devancer par les Latins. Enfin, les dispositions de ces deux patriarches lui étaient suspectes : il avait entendu dire qu'ils mentionnaient le pape dans les diptyques de leurs églises. Le patriarche de Jérusalem (c'est Humbert lui-même qui nous l'apprend) avait conservé les usages des azymes

I Psellos, I, pp. 193-194 (éd. Sathas : - Cédrénus, II, p. 607; — Michel Attaleiates, p. 49 17 et suiv.). — Voy. encore pp. 611, 612 du présent volume.

736 LE* PORPHYROGÉNÈTES ZOE ET THEODORA

et le mouvement incessant des pèlerins occidentaux qui se rendaient en Terre-Sainte pouvait le faire pencher du côté de Rome. 11 fallait donc se hâter de le gagner, lui et son collègue d'Alexandrie à la cause du Schisme. Aussi, lorsque, après la scène de l'excommunication, Michel Kéroularios écrivit pour la seconde fois à Pierre d'Antioehe, il joignit à sa lettre deux missives exactement pareilles avec mission de les faire parvenir à leurs destinataires ses collègues d'Egypte et de Palestine. Nous savons par Pierre d'Antioche que ces lettres arrivèrent à leur destination, mais nous ignorons quelles réponses leur furent faites. En l'absence de documents, il est seulement permis de constater que les trois patriarcats restèrent attailii's à l'orthodoxie et s'unirent plus étroitenii'iil au siège de Constantinople. Désormais tous les membres de l'Eglise grecque furent solidaires vis-à-vis de l'Église latine, et le patriarche de Byzance put parler au pape en leur nom.

« Mais il ne suffisait pas à Kéroularios de gagner l'opinion des Grecs orthodoxes. 11

MEhMLLON byzantin d'or COIIIIlt peut-être, même avant le Schisme, le

êmaiUé trouvé eh Russie. ~ XI*"- nroiet plus audacieux encore de reculer les

XII"" siècle. — (Kondahow, Coll.

A. W. de Zwénig.) limites de l'Eglise grecque et de faire rentrer

dans son giron quelques-unes des Eglises hérétiques qui s'en étaient séparées à l'époque des conciles œcuméniques. Il s'attaqua à l'une des plus puissantes, à l'Église arménienne.

Depuis l'époque du concile de Chalcédoine, en 431, l'Église arménienne s'était séparée de l'Église grecque, non par sympathie pour la doctrine d'Eutychès, mais par haine du nestorianisme, qu'elle accusait le concile de restaurer. Elle avait gardé la tradition de Grégoire l'Illuminateur et des trois premiers conciles œcuméniques ; elle avait donc vécu de sa vie propre, au hasard des invasions et des conquêtes, et ses coutumes différaient en plusieurs points de celles de l'Église grecque. L'usage des pains azymes, notamment, était universel en Arménie, et Michel Kéroularios devait aborder, dans cette circonstance, un terrain de

MOSAÏQUES BYZANTINES de l'église du couvent de Saint-Luc en Phocide. — Saint Cosme. rrucifixion. — XI— Siècle. — < Millet, H'-'s-Étades, C. 1S88.)

combat tout préparé. De plus, il se trouvait que, de ce côté, loin d'être en opposition avec la politique impériale, ses desseins étaient d'accord avec ceux de Constantin IX. Ce prince, nous l'avons vu en effet, avait

738 LES PORPHYROGÉNËTES ZOE ET THEODORA

résolu d'exécuter le traité conclu entre l'empereur Basile II et le roi d'Arménie, d'après lequel, à la mort du roi, le pays devait revenir à l'Empire romain (1). Or, nous l'avons vu encore, le dernier des Pagratides, Kakig H, avait succédé à son père en 10i2, au mépris de ce traité. Constantin IX avait réclamé, en 1045, le territoire de la ville d'Ani et toute la Grande Arménie (2). Le roi Kakig avait été détrôné et avait fait sa soumission; il avait reçu en échange de sa couronne de grands biens en Cappadoce dans lesquels il devait terminer sa vie (3). L'Arménie avait été donc annexée à l'Empire. II est vrai que cette réunion fut bien éphémère; les généraux de l'empereur eurent à lutter contre la mauvaise foi des chefs locaux qu'ils étaient obligés de prendre comme auxiliaires, et surtout contre un adversaire plus terrible, contre le sultan seldjoukide Toghroul dont les attaques avaient depuis peu commencé. Néanmoins, avec des alternatives de succès et de revers, la cause de l'hellénisme devait triompher encore quelque temps en Arménie et aux succès politiques s'étaient jointes des victoires religieuses auquel Michel Kéroularios ne fut pas étranger.

« Il est probable que ses efforts pour amener à lui l'Eglise arménienne furent antérieurs au Schisme et il est possible que dans cette œuvre il ait eu pour lui l'appui de Constantin IX dont la politique était pour une fois d'accord avec la sienne. Mais, dans sa pensée, rattacher l'Église arménienne à Constantinople, c'était faire triompher la cause du Schisme. Dans la deuxième lettre que l'archevêque d'Achrida adressa au clergé romain, il lit allusion à l'attachement des Arméniens pour les azymes et rapprocha leur erreur de celle des Juifs. L'attaque devint bientôt plus pressante et Xicétas Pectoratus, l'adversaire des Latins, composa sans nul doute sur l'ordre de Michel Kéroularios un traité contre les erreurs arméniennes. Quatre de ces traités sont inédits, et si l'on juge par le début du premier, ils doivent porter sur les controverses théologiques qui séparaient les Arméniens des Grecs. Il y est question des deux natures du Christ et de la doctrine monophysite. Le cinquième de ces

(1) Voy. pp. 480 sqq.

(2 Voy. pp. 488 sqq.

i l'sellos, I (t'd. Sathas , p. 193 : " où 'fifxyy ti |i;(Jo; tîjç 'Apfisvîcov o'.y.ntu'siy.ïi'-j; y?,:. »

traités esl adressé à la luis aux Latins et aux Arméniens, mais la répétition des argunuMils, déjà développés dans le premier traité, el des allusions aux usages des Arméniens prouve que ce sont eux surtoul qui sont visés. Nicétas leur reproche non seulement de se servir d'azynir-, mais encore de mettre dans le calice du vin pur et froid au lieu d j mélanger, suivant l'usage de l'Eglise grecque, l'eau chaude, symbole de la chaleur que l'esprit du Christ doil répandre dans mis âmes (1). L'exhortation qui termine ce traité convient surtoul aux Arméniens. Nicétas les conjure d'abandonner l'hérésie des azymes el toutes les autres dont il a l'ail mention dans les traités précédents.

i D'autre part, des négociations devaient se poursuivre directement à Gonstantinoplé même avec le clergé arménien. Les historiens de l'Arménie nous signalent les voyages fréquents, à cette époque, des i catholicoi » d'Arménie dans la ville impériale, (le fui d'abord le patriarche Pierre ou Bédros qui, appelé à Byzance, craignit d'avoir le sort du roi Kakig et consacra avant son départ un nouveau catholicos (2), Kakig II, qui régna jusqu'en 1061. Il esl impossible de savoir quels succès Michel Kéroùlarios avait obtenus avant sa mort, mais il est certain qu'après lui son œuvre fut continuée avec zèle par les empereurs. En 1060, Constantin Dukas convoqua une assemblée d'évêques grecs qui essaya en vain de faire aboutir l'union des Églises. Aussi, après la mort de Kakig, grâce à la politique impériale, aucun successeur ne lui fut donné. Le siège patriarcal resta vacant pendant quatre ans. Au bout de ce terme le basileus lit élire un patriarche favorable à l'union. Ce patriarche nommé Grégoire II vint à Constantinople en 1077; mais, à cette époque, les préoccupations des Byzantins s'étaient portées ailleurs : le rapprochement avec l'Arménie fut abandonné et Grégoire II se mit en rapports avec Grégoire VIL L'œuvre de Michel Kéroùlarios fut donc abandonnée de ce côté et l'Eglise latine recueillit plus tard les fruits de cette négligence.

« Dans l'entreprise gigantesque qu'il avait assumée, Michel Kéroùlarios manqua, en effet, du principal allié de tous les grands réformait Hergenrœther, Monum. ad Photium pertinentia, pp. 139-143. (2) Voy. pp. 490 sqq.

LES l'ORPHYROGÉNÈTEs ZOE ET TIIEODORA

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teurs, du temps. Ses efforts pour gagner l'Orient à sa cause durent être rapides et souvent hâtifs ; aussi les succès furent-ils inégaux. Il vit l'Italie échapper à l'Église grecque et ne put lui donner l'Arménie : du

moins il commença à constituer un faisceau d'Eglises, indépendantes dans leur hiérarchie, mais toutes réunies dans une même pensée d'orthodoxie et de haine contre Rome. Désormais le même mot d'ordre était donné par Byzance à Kiev, à Antioche, à Alexandrie, à Jérusalem, et cette solidarité, établie au xie siècle entre tous les sièges épiscopaux de l'Orient, allait faire échouer plus tard toute tentative d'union avec Rome. Mais cette domination spirituelle devait paraître incomplète à Michel Kéroularios, si elle ne pouvait disposer pour son ser-

MIN1ATURE BYZANTINE d'un rouleau d'Exultet

conservé à la Bibliotltèque Barberini à Rome. — L'Église vice de toutes les forces

sous la figure d'une basilissa sows le porclie d'un édifice nn«i:mi-B p» =nrj.,lpc flP

symbolique. - iRœmische Quartalschr., t. XIII., politiques et SOCiaieS ue

Byzance. Après s'être emparé du pouvoir suprême dans l'Église, il chercha à subordonner l'État à l'Église et à devenir le maître universel (I).»

(1) Voy. encore sur le Schisme: Cédrénus, éd. Bonn, II, pp. 555, variante à la ligne 17: l'higoumène Michel Mermentoulos de Stoudion.

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