‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 117 sur 132 · AI · texte numérisé non relu

AI

* Hr

iZfiÊÊ;

' ^5' «jp

tta

rl££,h

f/jQ^ •

Wkây^E *^'3

Ta

~ \1 ii Jhh'

saTj mB* m*

Wf l

MIMATUHE BYZANTINE il'nn êvangèliaire du XI "Siècle, conservé au couvent dCIviron, on Mont-Athos. — Nativité du Christ. —'Miller. H^-Étades, B

77S LES POHPHYROi-ENÈTES ZOE ET THEODORA

aucune raison de craindre d'approcher le nouveau souverain. Parmi cette foule de hauts personnages, on distinguait de nombreux grands chefs militaires accourus des thèmes les plus lointains d'Asie où se trouvaient situés leurs vastes domaines que leurs familles jadis, eux-mêmes plus tard, en des jours meilleurs, avaient reçus en fief des basileis qui leur voulaient du bien, tant pour les récompenser de services rendus que pour les encourager à défendre à la tête de leurs contingents ces frontières reculées de l'Empire.

« Ces généraux avaient échoué dans toutes leurs tentatives individuelles pour se faire rendre justice par le basileus. Ils estimèrent qu'ils ne réussiraient à triompher de l'hostilité traditionnelle des bureaux à leur endroit que par une démarche collective. Pourquoi fallait-il que ceux qui, pour le salut de l'Empire, passaient, comme eux, leurs nuits à veiller, leurs jours à combattre, ne parvinssent pas à obtenir ce que d'autres qui n'avaient jamais vu l'ennemi en face et menaient en sécurité une existence tranquille, recevaient avec usure. Telles étaient les pensées de l'armée aigrie autant qu'exaspérée. A la tête de ces chefs mécontents, tous originaires à peu près des mêmes régions d'Asie et dont plusieurs s'enorgueillissaient de leurs noms retentissants tels que le vestarqne Michel Bourtzès ou les frères Constantin et Jean Dukas, se trouvaient le magistros Isaac Comnène (1) et le glorieux capitaine Katakalon Ivékauménos de Colonée, tous deux illustres entre tous. Le basileus accorda à tous ces vaillants une audience à laquelle ils se présentèrent

(,1) Sur l'illustration et l'origine d'abord macédonienne , puis paphlagonienne des Comnènes, sur les origines et les jeunes années d'Isaac en particulier, voy. la Chronique de Nicéphore Bryenne, éd. Bonn. p. 19; voy. surtout Maedler, op. cit., pp. 12-13 et 41-42. Je rappelle qu'Isaac. était fils de Manuel Érotikos Comnène dont il a été question souvent dans cette histoire (voy. Épopée, I, pp. 390 à 394, et H, pp. 15, 17 et 506) et d'une mère probablement alliée à la maison macédonienne. 11 avait un frère, Jean Comnène, et une sœur mariée au protospathaire impérial Michel Dokeianos. Né vers 1005, il perdit son père vers 1015. Lui et son frère furent élevés par les soins du basileus Basile et reçurent une éducation essentiellement militaire. Basile II le maria à une des fdles de l'ancien dernier souverain de Bulgarie, Jean Vladistlav, nommée Catherine 'Epopée, I, 394). Probablement sous Constantin VIII, il partagea la disgrâce de son parent Nicéphore Comnène (voy. p. 10 du présent volume!. Ce fut vraisemblablement Constantin Monomaque qui lui donna le commandement des troupes d'Anatolie, commandement que Théodora lui fit enlever dès qu'elle fut revenue au pouvoir par la mort de son beau-frère. Profondément ulcéré par cette disgrâce imméritée, il s'était retiré dans ses terres de Kastamon d'où il ne devait sortir que pour devenir basileus d'Orient. Il était âgé d'environ cinquante ans à l'époque dont j'écris l'histoire ei qui vil son avènement.

Page 1