MI-AIRES DE GEORGIE
est fait par Yahia 1 : « Les officiers de la reine régente lui conseillèrenl de réclamer, au nom de son lils, la restitution des forteresses jadis cédées par le père de celui-ci au basileus Basile et de les occuper. Aussitôt le basileus Constantin envoya le parakimomène Nikolaos avec une année en Aphkhasie - .dans la troisième année de son règne, et celui-ci la ravagea.
FRESQUE BYZANTINE de l'église cathédrale de Sainte-Sophie de Kiev. Archanges. — AT" Sièie. — (Soc. Imp. rosse d'Archéol.i
Il brûla des villages, il tua une foule de gens, et fit une quantité innombrable de prisonniers. Le reste se sauva dans les montagnes inaccessibles et dans les places fortes où les troupes ne pénétrèrent pas ; et plusieurs de leurs chefs sortirent vers lui et la reine et son fils lui demandèrent pardon et excuses pour le passé et jurèrent obéissance complète et soumission sincère au basileus, promettant qu'ils rempli-
(1) Éd. Rosen, p. 70.
(2) Les historiens byzantins De disent pas un mot de cette expédition ni des projets belliqueux de la régente d'Aphkhasie.
3fl LES PORPHYROGÉNÈTES ZOE ET THÉODORA
raient toujours tous ces désirs et que personne d'entre eux n'agirait plus contre lui, et cette affaire fut arrangée à leur satisfaction réciproque et le parakimomène Nikolaos rentra sur le territoire de l'Empire ».
La version d'Arisdaguès de Lasdiverd, historien arménien, est quelque peu différente. « Dès le courant de la seconde année de son règne (1). raconte-t-il, le basileus Constantin avait envoyé en (trient, en qualité île gouverneur, c'est-à-dire en qualité de domestique des Scholes ou de généralissime, l'eunuque Nicétas (2). Celui-ci, étant passé en Géorgie, par de fallacieuses paroles persuada nombre il' « aznaours » ou nobles du pays de quitter leurs chefs héréditaires pour se rendre à la cour du basileus, à Constantinople. Enchanté de leur arrivée, Constantin les combla de présents, d'honneurs et de dignités pour les indemniser de l'abandon de leurs possessions, leur assignant en outre des bourgs et des villages avec titres perpétuels confirmés par un écrit revêtu de son sceau... Au commencement de la troisième année du règne de Constantin, l'eunuque et parakimomène Syméon partit à son tour pour l'Orient, c'est-à-dire pour les mêmes régions de Géorgie, avec une armée bien plus forte que celle que le basileus Basile avait sous ses ordres dans sa dernière expédition de l'an 1022. Il pénétra dans le royaume de Géorgie, mais il n'eut le temps de rien terminer, car ta nouvelle de la mort de Constantin étant arrivée peu après, il se hâta de retourner avec son armée à Constantinople ».
U Histoire de la (léorgie ('■)) donne quelques détails de plus: « L'armée de Syméon, dit-elle, traversa les contrées déjà ravagées par Basile en les saccageant encore plus cruellement et vint dans le ïhrialeth jusque sous les murs de la forteresse de Cldé-Carni (i), possédée alors par Liparit, fils de Liparit, « éristhaw » des « éristhaws ». Là, le parakimomène fit encore sa jonction avec quelques autres « aznaours » dissidents à la tète de leurs contingents ». Il est probable que ces « aznaours » soutenaient un candidat au trône auquel l'Empire se montrait plus favorable qu'au petit prince héritier légitime et que c'était pour procéder à l'ins-
(1) Mars 1027 à mars 1028.
(2) Voy. p. 7 du prosent volume.
(3) Éd. Brosset, I, p. 312.
i) Ou Cldé-Cari ou simplement Kahrni, ville située dans le nord de la Siounie.