‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 37 sur 132 · INGRATITUDE DE MICHEL ENVERS ZOE · texte numérisé non relu

INGRATITUDE DE MICHEL ENVERS ZOE

comme une lionne en cag.?. Plus elle semblait résignée, plus ils croyaient devoir prendre de précautions à son endroit I .

Le basileus renonça donc peu à peu à toute vie commune avec sa triste compagne et la séparation c- < > 1 1 1 1 > t < ■ t < - fut l 'allai re de peu 'le temps. H y avait bien des raisons à eel abandon. Une «1rs principales fut, il faut bien le dire, la santé déplorable du pauvre Michel. Son état habituel d'hydropisie le rendait par lui seul tout à l'ait impropre à la vie conjugale. Puis, il ('■prouvait une humiliation affreuse de ses attaques d'épilepsie en présence de sun impériale épouse. Puis, encore, il avait des remords terribles d'avoir été envers son malheureux prédécesseur parjure à l'amitié comme à (mis ses serments. Enfin, il fut confirmé dans ces dispositions hostiles à l'endroit delà basilissa, par les pieuses admonestations de ses conseillers spirituels, saints personnages avec lesquels il aimait tant à s'entretenir, pour obéir auxquels il s'efforçait de vivre en parfaite tempérance, en abstinence de tout commerce charnel, même légitime.

Skylitzès (2), plus libre de dire sa pensée que Psellos, s'exprinir en termes beaucoup plus nets sur l'ingratitude de Michel envers la basilissa, surtout sur la politique sans scrupules de son frère l'eunuque : « Zoé, dit-il, ayant placé Michel sur le trône, se figurait qu'en place d'un époux et d'un basileus, elle n'aurait qu'un esclave, (l'est pourquoi, ayant aussitôt rappelé au Palais tous les eunuques paternels, ses créatures de jadis, qui en avaient été éloignés par feu le basileus Romain, elle s'efforça tout d'abord de toute son àme de gouverner seule avec leur aide. Mais, hélas pour elle, tout alla presque aussitôt en sens contraire, car le frère

I L'Orphanotrophe ayanl été malade, "ii alla jusqu'à accuser avec quelque vraisemblance Zoé d'avoir voulu le faire empoisonner. Voici la version en apparence assez plausible de Skylitzès sur ce fait qu'il est seul à nous faire connaître, et qu'il place à l'année 1 l»:is : i Gomme Joannès, dit-il, allait prendre un purgatif, Zoé, en ayanl été informée, aurait fait remettre par l'intermédiaire de Sgouritzès, un de ses plus fidèles eunuques, des sommes considérables au médecin de l'eunuque avec promesse des plus grands honneurs el de richessi infinies s'il voulait consentir à introduire un poison dans le remède. Mais un petit serviteur du médecin ayant dénoncé le fait à Joannès el la tentative d'empoisonnement ayant été ainsi empêchée, le malheureux médecin fut esilé à àntioche, d'où il était originaire, tandis que le proiôspHthaire ijms'aiitin Mmikoupelès, qui avait consenti à mêler le poison au médicament, fut banni de Constantinople. Quant à la vieille basilissa qui, suivant l'expression de Skylitzès, avait ainsi rherché a venger à sa manière ses peuples pressurés par l'eunuque, elle n'en demeura que plus strictement consignée au Gynécée, soupçonnée dans ses moindres actions.

(2] Cédr., p. 506.

du nouveau basileus, Joannès, qui n'avail élevé son frère au trône que pour régner sous son nom, homme pratique et plein d'énergie, aussitôt installé au Palais, craignant que Michel, qui était plutôt un automate en ses mains, n'éprouvât quelque dommage (car il avait sous ses yeux l'exemple de Romain), expulsa à nouveau du Palais les eunuques de la basilissaet ses femmes les plus fidèles, et les remplaça par des gardiens et des femmes à lui, en sorte que plus rien ni de grand, ni de petit, ne se lit au Palais sans sa volonté. Il s'opposait aux moindres mouvements de labasilissa, si bien qu'elle ne pouvail même aller au bain sans sa permission. » En somme, la pauvre femme dut renoncer de suite à toute espèce d'autorité et ne fut plus qu'une esclave aux mains de ce terrible homme. »

Avant tout ainsi disposé au Palais dès le début du nouveau règne pour les trois personnages qu'il y tenait dans une sorte de demi-captivité: Zoé, Théodora et Michel, le tout-puissant eunuque, poursuit le chroniqueur, expédia des lettres impériales partout l'Empire, mandant mensongèrement à tous les fonctionnaires que le basileus Romain étant venu à mourir de sa mort naturelle, le nouveau basileus Michel avait été proclamé et uni à la basilissa Zoé, encore du vivant et parla volonté de son prédécesseur!

Tous s'inclinèrent devant ce mensonge officiel; tous adorèrent le nouvel autocrator et le saluèrent d'acclamations de bienvenue, malgré les phénomènes extraordinaires qui avaient, dès les premiers jours, alarmé la superstition populaire I .

« Pour bien juger ce règne de Michel IV, a dit fort bien M. Bury, la meilleure autorité contemporaine que nous possédions est de beaucoup YHistoire de Psellos. Tout le récit que cet écrivain nous fait du gouvernement de ce basileus nous donne une impression de grande impartialité, impartialité dont on ne peut malheureusement pas toujours le féliciter. Et son témoignage si favorable au basileus Michel nous est confirmé par celui également contemporain de Michel Attaleiates, très bref, mais également très élogieux. « Le basileus Michel, nous dit ce dernier dans son Histoire, laissa derrière lui bien des traces de sa vertu 1 .

(1 Voy. p. 167, note 1 du présent volume.

2 Éd. Bonn, p. 10. « IloW.i -r,; ipîTr,; zi;«reiùv s!xovi<7u.xTï ■>■ Le jugement de Skylitzès (voy. Cédr., 531) est également favorable.

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