‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 40 sur 132 · SOLLICITUDE IMPERIALI POUR LES FILLES DE JOIE · texte numérisé non relu

SOLLICITUDE IMPERIALI POUR LES FILLES DE JOIE

sujt'llrs à demeurer sourdes à toutes les exhortations qui onl pour bul leur saint », il n'estimait poinl judicieux de chercher à les amender par des lectures [lieuses. Il ne pensai! 'pas davantage devoir user envers elles de rigueur, encore moins de violence, mais il avail fait construire à leur intention un immense et magnifique pénitentiaire, moitié hospice, moitié monastère.

Puis il avilit fait publier par t"iis les carrefours de la capitale « que toute femme, parmi celle-; qui faisaient trafic de leur corps, qui se montrerait désireuse de vivre désormais honnêtement dans L'abondance, défrayée de tmit, n'avait qu'à aller habiter ce refuge après y avoir revêtu l'habit monastique, que de cette façon elle n'aurait plus, ■ les lors, a s'inquiéter de son avenir. » Psellos termine ce curieux récit en MINIATURE d'an rouleau d'Exultei du mili lu \7 S

■ ■ , • r î environ, provenant du monastère de Saint-Pierre, à Béné-

nous disant «in une toute * . ,..-., „■.,- ... ,

1 vent, conservé anjourd Imi a ta Bibliothèque l aticane. —

(le femmes l parmi celles Prince tenant des cierges, couronnépar des anges. Séraphins.

— (Millet, II -Études, ' . 1512.)

qui habitaient sous les

toits d I .se présentèrent el furent aussitôt enrôlées comme recrues dans

cette première des armées du Saint. Nous ignorons, hélas, quels furent

1 C'est-à-dire à l'étage supérieur n serve aux femmes.

178 LES PORPUYROGENÈTES ZOE ET THEODORA

les résultats de ces efforts touchants, qu'avaient tentés déjà, plusieurs siècles auparavant, Théodora et Justinien. « Ces femmes, s'écrie toutefois Psellos, ayantchangé de moeurs en changeant d'habits, toutes ces jeunes créatures arrachées au mal, formèrent dès lors une véritable armée de Dieu, un sacré catalogue de Imites 1rs vertus » 1) !

« Le basilciis nVn resta point là, poursuit mitre chroniqueur. Dans cette recherche passionnée de son salut qui le préoccupait si exclusivement, il confia le soin de diriger son âme à ceux qui dès leur jeunesse s'étaient consacrés à Dieu et qui, ayant vieilli dans les mortifications et dans un commerce constant avec la Divinité, étaient devenus tout-puissants auprès d'EIle. Aux uns, il donnait son âme à transformer, à d'autres, il arrachait la promesse qu'ils interviendraient auprès de Dieu pour lui faire obtenir le pardon de ses péchés. Un certain nombre de ces pieux religieux, dans la crainte que le basileus n'eût commis quelque crime dont il n'oserait jamais se confesser, crurent devoir se refuser à ces instances, et ceci naturellement, dès <pie le public en eut connaissance, excita encore la médisance universelle ». « Mais, ajoute Psellos, ce n'était qu'un injuste soupçon de leur part. Pour tout homme de bonne foi, il n'y avait vraiment dans toutes ces démarches du basileus pas autre chose qu'une pieuse ardeur, un désir brûlant de trouver enfin le pardon de ses fautes. t

« Je sais bien, s'écrie encore une fuis mitre historien, que d'autres ont écrit aussi la vie de ce prince et que probablement ils l'auront racontée tout différemment parce qu'alors régnait au sujet de ce basileus une opinion tout à fait contraire à la vérité, mais moi qui ai été son contemporain, qui me suis entretenu avec les personnes de sa plus étroite intimité, je suis un meilleur juge que tous ceux-ci, à moins cependant qu'on ne refuse de me croire quand je dis uniquement ce que j'ai vu et ce que j'ai entendu. Tant pis si mon témoignage exaspère les méchants. Je n'en aurai pas moins rapporté la vérité vraie. »

Au fond, Skylitzès (2) s'exprime à peu près de la même manière que Psellos, tout en se montrant peut-être plus sévère parce qu'il était moins bien informé : « Jusqu'au dernier jour de sa vie, dit-il, Michel pleura son

1 1 Voy. à ce sujet Gedéon, Ilatp. -:.-i., note 372 de la p. 325. 2 Voy. Cédrénus, p. 513.

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