‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 42 sur 132 · GOUVERNEMENT DE MICHEL IV · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE MICHEL IV

époque - . <m le i a en place de Syméon qui s'était, on l'a vu,

retiré volontairement dans un monastère.

Toutr celle famille de parvenus était éminemment impopulaire el le basileus .Michel, malgré ses belles qualités, se trouvai! englobé dans cette commune disgrâce de sa famille avec laquelle il aimait si passionnément à faire corps.

Nous sommes restés trop longtemps au Palais

Sacré. Snrlniis-eii un manient pour dire quelques mots de ce qui se passai!

ilans l'Empire ou sur ses frontières. Les chroniqueurs, Skylitzès en particulier, en dehors de ce qui avait lieu à la cour, ne nous ont laissé pour ce règne que quelques notes infiniment courtes, rédigées dans le style le plus bref. Celles-ci témoignent cependant que ce malheureux basileus Michel, si mal préparé pour

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MINIATURE BYZANTINE d'an évangéliaire du XI**Siècle de la Bibliothèque du Mont-t 'assin. — Frontispice. ' 'poix dans on cercle. Oiseaux affrontés. — (Millet, W^-Étades,

rôle qu'il eut à remplir, si cruellement et constamment malade aussi, fut un souverain plein de vaillance et que, sous son gouvernement intelligent et fort, la défense de la frontière fut énergiquement conduite sur tous les points de son immense pourtour; car, hélas, sous ce règne comme presque toujours, l'Empire, tel un navire de haut bord sur les Ilots de l'Océan attaqué par toute une flotte, fut

(2) Arisdaguès < 1 • - Lasdiverd, op. cit., p. 18, dît que Michel avait créé un de sis frères, dont il nr «lit pas le- nom, magistros et lui avait conféré Thessali>i>ii|iie avec le pouvenu-niL-nt du la Bulgarie et des provinces occidentales, c'est-à-dire *| t'il avait l'ait de lui le domestique di s Scholes d'Occident.

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constamment assailli sur toute sa circonférence par les barbares du nord comme du midi, de l'est comme de l'ouest !

Commençons par la frontière du sud, opposée à l'immensité du monde musulman. Nos renseignements sont malheureusement bien restreints sur l'histoire de la Syrie et de la Mésopotamie chrétiennes à cette époque comme sur les incidents secondaires, certainement très nombreux, de la lutte qui se poursuivait presque constante sur cette infinie et mouvante étendue entre les deux nationalités et les deux religions, malgré les trêves jurées entre, le basileus et les Khalifes du Kaire et de Bagdad.

Skylitzès, à cette même année 1034, qui vit l'avènement si irrégulier de Michel IV, l'aventurier de Paphlagonie, note brièvement trois faits importants. En parlant des frères du basileus, j'ai déjà fait allusion au premier de ces incidents qui fut la sédition sanglante des habitants d'Antioche, la grande capitale des marches du sud. Voici le récit de Skylitzès (1) :

« Le basileus Michel, se trouvant constamment accablé par la maladie démoniaque dont il était atteint, et étant de plus mal préparé aux affaires publiques, n'avait guère que l'apparence et le nom du pouvoir. Toute l'activité, tant militaire que civile, était aux mains de l'eunuque Joannès. Un des premiers soins de ce ministre fut de nommer leur commun frère Nicétas duc ou « catépano » d'Antioche. La population de cette grande ville s'opposa d'abord à l'entrée de celui-ci dans ses murs parce qu'elle redoutait d'être trop rudement châtiée par lui pour avoir peu auparavant massacré dans une violente sédition le collecteur d'impôts Salibas qui s'était montré très dur et brutal dans l'exercice de ses fonctions. Mais comme Nicétas s'était engagé par serment à accorder une amnistie pleine et entière pour ce crime, les Antiochitains décidèrent finalement de lui ouvrir leurs portes. Mal leur en prit, car le fourbe, aussitôt maître de la cité, sans se soucier de ses serments, fit décapiter ou empaler une centaine de personnes. De plus, onze des citoyens les plus riches et les plus en vue, dont le plus important était le patrice Elpidios, lurent par ses soins expédiés enchaînés à Constantinople après avoir vu tous, leurs biens

1 Voy. Cédrénus, p. 510.

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confisqués. \ici;t:is mandai! e Ime temps à son frère Joannès que l'artisan secret de toute cette résistance était toujours ce fameux patrice Constantin Dalassénos qui semble avoir été pour toute cette race paphlagonienne un adversaire très redouté dont nous ne pouvons que deviner bien imparfaitement la mystérieuse popularité.

L'Orphanotrophe, poursuil Skylitzès, avait déjà eu quelque soupçon de la connivence de Dalassénos dans l'émeute d'Antioche. La communication de son frère Nicétas fui pour lui un trait de lumière. Par son ordre, l'infortuné patrice, qui s'était si sottement mis dans la main de ses pires ennemis, fut immédiatement arrêté, enchaîné et conduit devant le basileus. Dès le 3 août il était déporté sur l'aride rocher de Plati. Constantin Dukas, mari île sa fille, la célèbre future impératrice Eudoxie, le même qui plus tard devait être basileus des Romains, ayant crié à l'injustice à cause de ce traitement barbare infligé à son beau-père, et invoqué les serments violés, fut île son côté enfermé dans une tour, probablement la fameuse prison des Animas. Outre celui-ci, on molesta de même, en qualité de partisans de Dalassénos, trois hauts et riches archontes d'Asie, Goudélis (1), Baïanos et Probatas. On les dépouilla de leurs biens qui furent remis à Constantin, le second frère du basileus Enfin, l'ancien protovestiaire Syméon, dont il a été si souvent question déjà, un des plus intimes conseillers de feu le basileus Constantin, parce qu'il n'avait pas, lui aussi, craint de manifester hautement sa désapprobation de tels actes, accusant le basileus de parjure à l'endroit de Dalassénos, fut, lui aussi, expulsé de la capitale et exilé au mont Olympe où on le contraignit de prendre le froc dans un monastère jadis fondé par lui (2). Sa charge fut, on l'a vu, transmise à Georges, troisième frère du basileus. Certainement Dalassénos devait appartenir à une des plus considérables familles byzantines pour qu'il ait eu ainsi à la fois de si puissants ennemis

I Voy. pp. 1S et S8 du présent volume.

(2 Les phénomènes célestes comme les convulsions du sol continuèrent à être fréquents en cette année 1031. Skylitzès (voy. Cédrénus, p. 511, et Murait, op. cit., 11,612) note encore nu tremblement de terre qui causa les plus grands ileL'àts à Jérusalem. Les secousses se succédé! nt sans interruption durant quarante jours. Beaucoup d'édifices civils et d'églises furent jetés a terre. Il y eut une quantité de morts. Au mois de septembre une colonne de feu apparu à l'Orient, ayant sa cime inclinée vers le sud, encore une comète probablement.

Voy. dans Arisdaguès de Lasdiverd, op. cit., pp. 520 sqq., une éclipse, puis les lamentations délirantes d'un fou annonçant les pires calamités.

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et de si dévoués et importants partisans el pour qu'il ait pu donner sa fille en mariage à un Dukas, un îles premiers parmi les membres de la noblesse byzantine de l'époque (1).

Le duc Nicétas ne survécut que peu à son entrée sanglante autant que déloyale dans Antiocbe. Il mourut presque aussitôt et fut remplacé dans sa charge par sou frère Constantin. Le basileus, désireux de prévenir en faveur du nouveau duc la population antiochitaine qui venait d'être traitée si cruellement, fit mettre en liberté les malheureux captifs expédiés à Constantinople.

Je possède dans ma riche collection de bulles de plomb byzantines le précieux sceau de Nicétas, duc d' An tioche? frère du basileus Michel IV. Sur ce curieux monument d'assez grandes dimensions et qui peut être daté exactement à l'année 1034, puisque cette même année vit à la fois l'élévation et la mort de ce personnage, on lit la légende que voici en beaux caractères qui occupent à la fois le droit et le revers du sceau: Seigneur, protège ton serviteur Nicétas, palrice, recteur et « catépano » de la Grande Antioche (2).

Voici les deux autres faits signalés par Skylitzès : Les habitants de la grande cité sarrasine d'Alep chassèrent le gouverneur envoyé par le basileus (3) et les corsaires sarrasins s'emparèrent de la cité maritime de Mvra, dans le thème de Gibyrrhéotes, l'ancienne Lycie. Pour la première de ces indications, nous ne savons même pas s'il s'agit d'un personnage purement byzantin ou d'un chef arabe. L'hypothèse de beaucoup la plus probable est qu'il est ici question de quelque résident grecque le basileus entretenait auprès de l'émir d'Alep, son vassal, car il y avait toujours un émir à Alep (4) ; seulement nous avons vu qu'il était devenu tributaire de l'Empire. Ce fut certainement à la suite de cet événement qu'eut lieu une expédition malheureuse des Grecs contre cette ville, expédition dont les

i Voy. Gfrœrer, op. cit., NI, p. 158. —Constantin Monomaque, auquel Zoé avait semblé vouloir du bien, fui également, ainsi que nous le verrons plus loin, chassé à ce même moment de la cour et envoyé à Lesbos dans un lointain et dur exil. Le cruel eunuque se débarrassait ainsi successivement des plus redoutables représentants de la noblesse impériale.

(2) Voy. la vignette de la p. 189. Ce sceau pourrait avoir appartenu également au prédécesseur de Nicétas dans lis hautes fonctions de duc d'Antioche, Nicétas de Misthée ou Misthéen.

(3) "Aprj/jTTY];.

î Voy. p. 71, note 4 du présent volume.

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