‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 56 sur 132 · TRIOMPHE DU PARTI LONGOBARD · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DU PARTI LONGOBARD

l'uni Mrs el des Calabres surtout, furent effroyablement décimés. Le chroni queur Aimé nous les montre s'enfuyanl dans les bois, probablemenl les forêts de l'Apennin, poursuivis courageusemenl dans ces sombres défilés

par li'- Normands. Exauguslns IJojoannrs I ha aux mains des vainqueurs.

11 allait périr et t la lance lui venait droit à férir » lorsqu'il put crier assez tôt qu'il était le « catépano ». Les Normands, joyeux de cette capture, remmenèrent lentement à Melfi où ils délibérèrent pour savoir ce qu'ils feraient de lui. Finalement, ils durent le livrer à leur chef, le prince Aténulfe, qui venait précisément de se séparer d'eux dans cette ville, aussitôt après leur commune victoire. Le Longobard conduisit de suite son illustre prisonnier à Bénévent. Humiliation suprême, le puissant « catépano », lié étroitement sur son cheval, servit à l'entrée triomphale du prince dans la vieille cité, capitale de sa race. Plus tard Exnugustos, racheté pour une grosse rançon, put regagner Constantinople. Ce fut probablemenl pour se venger des Normands, avec lesquels il s'était dans l'intervalle brouillé, qu' Aténulfe donna ainsi la liberté à ce précieux captif.

« La victoire de Montepeloso, brillante mais si chèrement achetée, la troisième remportée par les Normands dans le courant de l'année 1041 , leur valut l'alliance de plusieurs grandes villes de la Pouille et renforça considérablement leur puissance et leur influence dans ces contrées. Elle renforça surtout le parti longobard, qui triompha alors dans toute la Pouille. Les principales cités, ne trouvant plus de secours auprès des Impériaux, Giovinazzo, Bari elle-même, capitale séculaire des possessions byzantines en Italie, résidence du « catépano ». Monopoli, située comme les deux villes précédentes sur les bords de l'Adriatique, Matera, au sud de Montepeloso, sur la route de Tarente, se mutinèrent, se déclarèrent indépendantes de l'Empire et contractèrent alliance avec le parti longobard I .

Nous ignorons les raisons de la rupture qui survint inopinément aussitôt après la victoire entre les Normands et le prince Aténulfe. Aimé

(1) Sur cette troisième victoire des Normands à Montepeloso. voy. Delarc, op. cit., note 1 de la p. 114, et Heinemann, op. cit., note 13, pp. 360-361. — Skylitzès dit que la bataille se livra près de Monopoli, ce qui n'est guère admissible, tous les documents attestant qu'elle eut lieu à Montepeloso.

LES PORPHYROGÉNETES ZOE ET THEODORA

dit que ce fut par la faute du seul Aténulfe, qui aurait gardé pour lui toute la rançon payée parle « catépano ». (iuillaume de Pouille, au contraire, accuse les Normands d'avoir abandonné leur allié longobard sur l'incitation de Guaimar de Salerne.Et en fait, dit M. Ileinemann (1), cette dernière opinion semble très vraisemblable, car cette alliance des guerriers normands avec Aténulfe n'était guère pour plaire à Guaimar, puisqu'elle contribuait à augmenter le prestige d'un membre de cette famille princière de Bénévent qui, presque seule en Italie, était encore capable d'opposer quelque résistance à la toute-puissante influence du prince de Salerne dans cette région de la Péninsule. Il était donc bien clans l'intérêt de Guaimar de s'efforcer de rompre cette union des Normands avec Aténulfe, et il se peut qu'après la victoire de Montepeloso il y ait eu de nouveau un rapprochement entre les guerriers du Nord et le prince de Salerne, rapprochement dont un des résultats fut précisément que (iuaimar, en cette même année 1011, donna en fief au comte Rainulfe d'Aversa la seigneurie de Gaète 1 . Ce fut même probablement le véritable motif qui fit que le prince Aténulfe abandonna l'alliance des Normands.

Donc, la bataille île Montepeloso, qui fut suivie pour les Normands d'une brouille avec Aténulfe, leur procura d'autre part la précieuse alliance de la plupart des grandes cités de la Pouille révoltées contre l'autorité byzantine. Même Argyros, le fils du grand et vaillant patriote Miles, qui, en 1017, avait le premier introduit les guerriers du Nord dans la Pouille, enfin redevenu fidèle aux traditions paternelles qu'il semblait

COFFRET D'IVOIRE <ln Maseo Civico, de Bologne. — Vu ,/,-s bas-côtés. Griffions. — Art byzantin da\ XI"" ■"' dû XII"" Siècle.

1 "/'■ cit., [i. 87. Voy. aussi Schipa, op. cit., XII, p. 523.

2 Voy. Heinemann, op. cit., p. 361.

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